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EAN : 9782070365692
512 pages
Gallimard (04/04/1974)
4/5   98 notes
Résumé :
A cent trente mètres de là et six étages plus haut, le Chacal tenait fermement son fusil bien calé au centre du coussin, l’œil vissé à la lunette.
Il distinguait avec netteté la visière du képi, les yeux cernés au creux des orbites, la tempe grisonnante au milieu de laquelle se croisaient les fils du collimateur. Doucement, sans hâte, il pressa la détente... Une fraction de seconde plus tard, il considérait le centre de la cour sans parvenir à en croire ses y... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Chacal de Frederick Forsyth est un remarquable roman noir qui a pour cadre la France des années 60.

L'Algérie vient d'obtenir son indépendance et l'OAS qui tire ses dernières cartouches, n'a plus qu'un but : TUER DE GAULLE.

Après plusieurs échecs, dont le dernier au Petit Clamart scellera le sort du colonel Bastien Thiry, l'OAS décide de changer de méthode. Seul un tueur étranger est en mesure de réussir cette mission : le Chacal.

Ce roman raconte par le détail cette tentative d'assassinat. Dans un premier temps on vit au jour le jour avec ce tueur dans toute sa préparation.

Mais comme souvent dans ce genre d'histoire, un grain de sable viendra dérègler la machine et on assistera dans la seconde partie à la traque mise en place pour stopper le tueur.

C'est vraiment bien construit, pendant toute la lecture je me suis identifié aux différents protagonistes, successivement tueur et chasseur.

En outre, je trouve l'atmosphère des années 60 remarquablement décrite : la lutte contre l'OAS bien sûr mais aussi toute cette "guéguerre" entre services dans une Vème République qui se cherche encore et qui vit sous l'ombre tutélaire du grand homme. Un vrai régal......

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Frederick Forsyth, né en 1938, est un des maîtres du thriller, et particulièrement du thriller politique. « Chacal », son premier roman (1971), raconte la préparation d'un attentat contre le général De Gaulle ; « le dossier Odessa » (1972) traite de la traque des anciens nazis ; « Les Chiens de guerre » (1974), évoque un coup d'état africain, perpétré par des mercenaires à la solde d'un grand trust (ces trois premiers romans, d'une écriture parfaite, sont des modèles du genre, et figurent parmi les meilleurs de l'auteur).

Rappelez-vous (les moins jeunes), ou essayez d'imaginer (les autres) : nous sommes en 1962. le 22 août, le Général de Gaulle (vous voyez qui c'est ?) a été victime d'un attentat au Petit-Clamart, en Région Parisienne, organisé par le lieutenant-colonel Bastien-Thiry. le Général en réchappe, mais il est confirmé que l'opposition armée en place (l'OAS, Organisation de l'Armée Secrète) est plus que jamais résolue à l'action violente et terroriste pour arriver à ses fins. C'est le point de départ du roman : l'OAS recrute un tueur international (de nationalité anglaise) pour tuer Qui vous savez, pour la somme modique d'un demi-million de dollars. Pour honorer ce paiement, l'OAS organise une opération en masse de vols à main armée. Les services secrets, français et britanniques, se mettent de la partie et partent sur la piste du Chacal, c'est le nom que s'est choisi le tueur (surnom qui pourrait provenir de la première partie de ses prénoms et noms, Charles Calthrop). La traque est intense, d'autant plus que le tueur, soucieux de ménager ses arrières, tue systématiquement toutes les personnes qu'il croise dans sa folle équipée. Et le temps presse, l'attentat pourrait avoir lieu à la date symbolique du 25 août, date de la Libération de Paris…

Si vous voulez savoir si De Gaulle a bien été assassiné le 25 août 1962, ne comptez pas sur moi pour vous le divulguer. Lisez donc ce roman, vous ne le regretterez pas, il est passionnant de bout en bout, et de plus soulève un pan de l'histoire politique contemporaine, certes, bien revisitée pour cause de fiction romanesque, mais les arrière-plans sont véridiques, les rouages des services secrets, et leur rôle dans les grands évènements historiques, bien démontrés, et on s'aperçoit « qu'on ne nous dit pas tout ! » (mais ça on le savait déjà).

« Chacal » a donné lieu à deux films, un vrai et un faux : le vrai, signé Fred Zinnemann en 1973, avec Edward Fox dans le rôle du Chacal, est relativement fidèle au roman, bien joué et bien réalisé par un grand nom du cinéma ; le faux, réalisé par Michael Caton-Jones en 1997, avec Bruce Willis et Richard Gere, utilise le même titre mais l'histoire est très éloignée du roman (c'est la mafia russe qui veut tuer un ponte américain)

le thriller politique est toujours d'actualité : des auteurs comme Robert Ludlum , John Grisham ou Tom Clancy sont aujourd'hui des références incontournables, (et je ne parle pas des jeunes générations qui leur ont emboîté le pas avec talent) mais des auteurs comme Frederick Forsyth, Jack Higgins ou Daniel Easterman leur ont ouvert la voie il y a plus de cinquante ans…

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Écrit dans les années 70, imprimé en peu d'exemplaires et vendu sous le manteau, Chacal est l'un des premiers livres romancés parlant de tentatives d'assassinat sur un politique. Certes, certains diront que c'est un « vieux » livre mais l'adage ne dit-il pas que c'est dans les vieux pots que l'on fait la meilleure soupe ?

Frederick Forsyth offre au lecteur un roman noir au style vif, incisif, regorgeant de détails très réalistes. C'est haletant, pas le temps de respirer, le lecteur est embarqué et même happé dès les premières pages de cette histoire. Tout est absolument bien ficelé pour vous rendre accro et ne pas refermer ce livre avant de connaître la fin de l'aventure de ce tueur professionnel.

Tout est fascinant dans ce roman, tout est grandiose et à la fois très perturbant. Il y a des chapitres qui ne laissent pas indifférent : l'un d'entre eux pue l'homophobie ; dans un autre les protagonistes parlent d'abattre un homme sans sourciller, sans que la question de savoir si l'on peut ôter une vie sans s'encombrer de remords paraisse seulement se poser.

Chacal, c'est une expérience incroyable, croyez-moi. Et même si, sans avoir besoin d'être un spécialiste de l'histoire contemporaine, on sait d'avance que le contrat n'a pas été honoré, on se laisse happer et on adhère, tout sonne tellement vrai.

Un livre à lire absolument, un livre que vous n'oublierez pas, un livre que je referme avec regrets…


Lien : https://ogrimoire.com/2022/0..
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Bastien-Thiry est exécuté en mars 1963 au fort d'Ivry après avoir foiré l'attentat du Petit-Clamart. D'aucuns estiment l'OAS en totale déroute et quasi liquidée. Sauf que Chazanet, désigné comme successeur de Bastien-Thiry, accompagné de Casson et Montclair, autres membres d'importance, montent un projet fort judicieux, complexe et difficilement dénouable. Ils font appel à un tueur à gages professionnel, n'agissant pas pour une quelconque mafia, spécialisé dans le meurtre politique. N'a-t-il pas à son actif entre autre l'assassinat de Trujillo en République Dominicaine ? Les 3 acolytes rencontrent la perle rare qui se fait appeler Chacal. Chacal est cher mais efficace. Il agit seul mais est un petit génie du crime. Il est peut-être un peu lent et long dans ses préparatifs mais ces coups sont des oeuvres d'orfèvrerie. Aussi, Chacal va de la Belgique, en Autriche, en Italie, en France pour monter l'assassinat de...Charles de Gaulle. Sauf que les services secrets français, la police française, rompus à la Résistance (et la collaboration pour certains ?), à la lutte contre l'OAS sont loin d'être des branquignols. Notamment un commissaire, un parfait Monsieur Tout le Monde, Claude Lebel. Un véritable jeu de rôle se met en place entre usurpation d'identité, meurtre , maîtresse jetée dans les bras d'officiels etc...

J'ai vraiment apprécié la lecture de Chacal. Sincèrement j'ai accroché. Alors je ne dirais pas que c'est un style, un vocabulaire élégants, ou recherchés, ou je ne sais quoi encore. Non ! en revanche il y a une vraie maîtrise du roman politique-fiction, avec une vraie conscience policière et un réel sens de l'espionnage. Par ailleurs, c'est très bien documenté, au détail près (je pense à l'évocation d'un salon de thé à Montparnasse qui a fermé ses portes en janvier 2022).

Je ne connaissais pas Forsyth donc je suis allée lire sa biographie. Et après lecture, je n'ai plus été surprise du soin méticuleux apporté au réalisme du récit et au sens de l'intrigue qui se retrouvent à toutes les pages.

Après j'ai relevé ce qui peuvent être des défauts et du vieillissement.

Le dernier chapitre est plus court et rapide que les autres et pourtant par moment j'ai eu une sensation de délaiement du récit.

Des personnages ont été très bien introduits, notamment celui de Jacqueline et pschitt ! on ne sait pas ce qu'elle devient. Dommage !

Cela a un peu vieilli ne serait-ce que dans le sujet traité !?

Une découverte !

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Chacal » est le récit de l'attentat qui devait changer l'histoire de France.

Après l'échec de Pont-sur-Seine, après l'exécution de Bastien-Thiry, les chefs de l'O.A.S. louent les services d'un tueur professionnel : Chacal. La victime désignée est le général De Gaulle. le meurtre doit avoir lieu le 25 août 1963.

Un thriller haletant !

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation

Le Chacal était parfaitement conscient du fait que le général de Gaulle, en 1963, était l’un des hommes publics les mieux gardés de tout le monde occidental. Le supprimer — comme ce fut prouvé par la suite — serait considérablement plus difficile que de tuer le président des États-Unis. Ce qu’ignorait le Chacal, c’était que les experts français de la sécurité, autorisés par les Américains à étudier les précautions prises pour protéger la vie du président Kennedy, étaient rentrés en affichant un certain dédain pour les méthodes des services secrets américains, dédain qui se trouva justifié lorsque, en novembre 1963, John Kennedy fut assassiné à Dallas par un amateur à demi fou, alors que Charles de Gaulle a pu paisiblement prendre sa retraite, malgré l’attention personnelle que lui prêta la même année l’assassin politique le plus dangereux du monde.

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Les radios étaient considérées comme un moyen de réconfort inoffensif pour la troupe, et nombre d’officiers et de sous-officiers avaient approuvé cette initiative. La musique pop qui arrivait de France par la voie des airs apportait une agréable distraction aux hommes accablés par la chaleur, les mouches et l’ennui.

La voix de De Gaulle, quant à elle, n’était pas aussi inoffensive. Quand la loyauté de l’armée fut finalement mise à l’épreuve, des dizaines de milliers d’appelés disséminés dans toute l’Algérie ouvrirent leurs radios pour écouter les nouvelles.

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Le ministre se souvint qu'Harold King, doyen des journalistes britanniques à Paris et le seul contemporain anglo-saxo qui fût un ami personnel de Charles de Gaulle, lui avait un jour fait observer que dans toutes ses manières et ses façons d'être, le Président n'était pas un homme du XXème mais du XVIIIème siècle. Chaque fois qu'il avait rencontré depuis son chef suprême le ministre s'était en vain efforcé d'imaginer cette haute silhouette vêtue de soie et de brocart et l'accueillant avec les mêmes démonstrations de cérémonieuse courtoisie. Il concevait d'emblée cette conjonction mais l'image lui échappait toujours.

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Pour un jeune cordonnier, c’était encore le combat, et toujours le combat, qui pouvait lui valoir de l’avancement. À la fin de la campagne d’Indochine, il était commandant, et, après une année de malaise et de frustration sur le sol français, il fut envoyé en Algérie.

Le retrait du corps expéditionnaire d’Indochine et l’année qu’il avait passée en France avaient transformé son amertume latente en une haine dévorante des politiciens et des communistes qu’il considérait comme une seule et même engeance. La France ne serait débarrassée des traîtres et des parasites dont elle était la proie que lorsqu’elle serait dirigée par un soldat. Seule l’armée était à l’abri de ces deux fléaux.

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Pour tuer le temps, l'ex-légionnaire alla s'installer à la cafétéria et sirota un express tout en regardant au-delà des grandes baies vitrées les avions qui atterrissaient et décollaient. Il adorait les aérodromes sans avoir jamais compris leur fonctionnement. Presque toute sa vie, le ronflement d'un moteur avait signifié pour lui les Messerschmitts allemands, les Stormoviks russes uu les Forteresses volantes américaines. Il avait ensuite signifié l'appui aérien des B-26 ou des Skyraiders au Vietnam, des Mystères ou des Fougas dans les djebels. Mais dans un aéroport civil, il aimait voir descendre les avions tels d'immenses oiseaux d'argent, leurs moteurs coupés, sus- pendus en l'air comme par des fils invisibles. Bien que peu sociable, il aimait observer les perpétuelles allées et venues de la foule dans un aérodrome. Si sa vie s'était orientée autrement, songeait-il vaguement, il aurait bien aimé travailler dans un aérodrome. Mais les jeux étaient faits depuis longtemps et les retours en arrière impossibles.

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COBRA : Le spécialiste britannique du roman d'espionnage, Frederick Forsyth, décrit avec brio dans Cobra l'ultime guerre que le président des États-Unis a décidé de lancer contre les trafiquants de cocaïne.
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