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EAN : 9791093363110
296 pages
Flamant Noir (08/03/2015)
  Existe en édition audio
3.79/5   95 notes
Résumé :
Bienvenue au 36 quai des Orfèvres. Ambiance, jargon, procédures... tout y est parfaitement décrit, au point que vous aurez l'impression de faire partie de cette équipe de la B.A.C. dès les premières pages. L'auteur, Didier Fossey, a fait toute sa carrière dans la Police Nationale. Il mêle fiction et réalité avec talent. Burn-out met en lumière les nombreux problèmes du métier de policier. Ces hommes, ces maris, ces pères, sont souvent mal perçus par la population, i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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« Burn out » est un bon roman policier, écrit par un ancien policier. Via une enquête forcément immersive et des personnages crédibles, Didier Fossey aborde un épineux problème de société : celui de l'épuisement de nos forces de maintien de l'ordre. Les horreurs subies au quotidien, la façade de personnalité sans faille qu'ils doivent montrer pour accomplir sereinement leur métier, le sens du devoir, tout cela couplé au manque d'effectifs qui entraîne un manque de repos, une déliquescence familiale et une défaillance subséquente du soutien du cocon familial, provoque de nombreux points de rupture chez les hommes et les femmes sensés nous protéger. Ce burn-out, il est dangereux pour eux, entrainant de trop nombreux suicides ou morts sur le terrain ; Mais il devient aussi dangereux pour la société et les citoyens que nous sommes, puisqu'il fait naître des électrons libres incontrôlables, et formés au pire. La manière dont des anges-gardiens peuvent muter en tueurs déterminés est rapidement effrayante, et Didier Fossey, en voulant nous sensibiliser, en joue parfaitement pour servir son histoire qui en devient angoissante.


Au départ, une bande organisée semble dévaliser les cimetières et les les tombes d'objets précieux. Par manque d'effectif, un équipage de la BAC est chargé d'une surveillance trop longue, entrainant la mort d'un équipier sur le terrain (je vous laisse découvrir comment, la vie est parfois trop bête^^). C'est désormais la brigade criminelle qui est chargée de l'enquête. Mais elle est surchargée, ses effectifs, qui donnent toute leur disponibilité à leur travail, sont tous en rupture familiale et au bord de la saturation mentale : divorces, déprime, dépendance, solitude, chacun tente de tenir du mieux qu'il peut en se forgeant une carapace très dure qui, si elle semble les rendre inatteignables au premier abord, menace surtout de se rompre d'un coup lorsque la coupe sera pleine. Or, il suffit d'une dernière goutte d'eau pour remplir une coupe. La mort de son coéquipier de la BAC pousse Franck à mener bêtement son enquête de son côté, au péril de sa vie ; quant à Guillaume, un de la Crim', sa récente rupture le fait littéralement disjoncter : hors de contrôle, il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête au détriment de son travail, se venger de son ex et de son amant… en tuant ces vies humaines pour lesquelles il se battait si chèrement jusqu'ici. le commandant le Genn devra donc gérer cette enquête surnuméraire, ses effectifs en berne, son propre épuisement et un divorce qui se profile, un équipier aux abonnés absent dans la nature, dont les dernières nouvelles laissent penser qu'il menace désormais sa vie et celle des autres, et un baqueux qui a disparu en menant sa propre enquête… Bon courage !


Une histoire menée tambour battant, la coïncidence de la fin est si bien amenée qu'elle passe crème. Je trouve très bien de sensibiliser la population, via des lecteurs de romans policiers, aux problèmes qui se posent en vrai dans notre société. Qui protège nos protecteurs, et que se passera-t-il lorsque nous n'en aurons plus - ou plus assez ? La violence qu'ils absorbent pour nous devient leur violence au quotidien, et par principe elle devrait être aussi notre problème puisqu'il sont notre rempart contre elle. Au-delà du principe, les problèmes pratiques que cela cause sont effrayants car après ce livre, vous n'aurez plus envie qu'un policier pète un câble en sachant qu'il a les moyens d'être plus dangereux que la moyenne… Un roman utile donc, en plus d'être distrayant pour les amateurs de romans policiers, mais qui laisse bien planer le malaise.
Le gros bémol pour moi, c'est la place des femmes dans ce roman. L'auteur a-t-il un problème avec elles ? Les hommes se sacrifient, sauvent le monde, les pauvres, et les femmes ont le mauvais second rôle : se la coulent douce, abandonnent leurs maris ou leurs collègues, ou encore sont soit des hystériques soit des « putes » - y compris celles appartenant « à la maison ». Je ne suis pas rancunière, je mets 4 étoiles quand même parce que ça se lit tout seul (j'ai lu les 300 pages dans la journée), que je n'ai pas lu les autres romans de l'auteur (c'est peut-être un cas isolé), et qu'au final les personnages masculins passent un peu pour des sauvages aussi (peut-être même que cela exprime la vision qu'on a des femmes dans ce genre de milieu). L'ensemble reste réaliste, addictif et même attachant. N'hésitez pas à me donner votre avis sur l'auteur si vous le connaissez car je le découvrais avec ce roman. En attendant, pour le prochain, je vais me tourner vers un autre auteur de policier, histoire de ne pas me désespérer complètement !
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En dehors de l'histoire principale, une intrigue policière bien menée mais qui ne vous tient pas en haleine non plus, il y a surtout l'histoire de ces hommes et femmes qui jour après jour font leur travail au détriment de leurs vies. Petit à petit, ce boulot empiète sur un quotidien, sur une vie familiale, sur la vie en dehors du commissariat. Sournoisement, il isole ces policiers tout en leurs mettant une grande pression. Pression pour accomplir une tache difficile, pression d'un entourage en manque de la personne aimée et pression par une hiérarchie de plus en plus exigeante. Comment ne pas craquer ! Ce roman, est un cri du coeur. Je ne pourrais dire si c'est réaliste ou pas, mais lorsque l'on regarde le nombre de suicide (55 pour l'année 2014 d'après le gouvernement) j'aurais tendance à y croire.
Lien : http://lesciblesdunelectrice..
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Boris le Guenn n'est pas un inconnu pour moi, je l'ai déjà côtoyé dans deux précédentes enquêtes. Il réussit plus ou moins à maintenir un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée, équilibre qui provient surtout du fait que sa vie professionnelle passe avant tout, qu'il ne compte pas ses heures, ni en semaine, ni le week-end. Sa femme, ses enfants, s'accommodent de la situation – mais ce n'est pas forcément définitif. La preuve : sa fidèle adjointe prépare un concours et quitte le groupe – son mari aussi en avait un peu assez de passer après le travail.
Il faut dire que les différents groupes sont submergés par les enquêtes. Rappel : il n'y a guère que dans les séries qu'un groupe entier peut se consacrer à une enquête. Six, sept enquêtes pour des effectifs pas toujours très en forme est le quotidien.
La première enquête aurait pu être très simple : des vols dans des cimetières. Rien de grave ni de dangereux, si ce n'est qu'un policier est tué, reprenant l'adage « mauvais endroit, mauvais moment ». Sa mort ne laisse pas les autres policiers indifférents, ni ceux qui sont chargés de l'enquête, ni ceux qui travaillaient avec lui, qui ont forcément envie de savoir qui, et pourquoi. Ils ne peuvent enquêter eux-mêmes (contrairement à ce qui se passe dans certaines très mauvaises séries policières) mais… est-ce si simple pour eux ? Bien sûr que non.
Ce n'est pas que l'enquête prend son temps, l'enquête avance au rythme des analyses, des découvertes, des témoignages – et des absences. L'un des membres du groupe le Guenn manque à l'appel – pas pour le lecteur, qui suit sa descente aux enfers. Ou comment un roman policier peut aussi parler avant tout des êtres humains qui mènent les enquêtes ou sont proches des victimes. Il peut aussi ne pas s'arrêter après que le ou les suspects ait été identifié/cerné/repéré/arrêté. L'après, et ses conséquences sur les enquêteurs sont parfois aussi difficiles que d'enquêter.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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L'avis de Jean Luc pour Collectif Polar
Burn-out est une belle découverte. C'est un très bon roman policier qui prouve que les auteurs français restent toujours au top.
Je connaissais Olivier Norek, lieutenant de police, mais il y a aussi, Didier Fossey, ancien policier, qui avec Burn-out frappe très fort également.
Dans son roman, l'auteur nous décrit le mode de fonctionnement de plusieurs équipes dont la BAC, il y a une enquête bien enlevée, bien décrite et surtout très réaliste.
Et effectivement, comme mentionné sur la quatrième de couverture, ça sent le vécu à plein nez.
J'ai beaucoup aimé ces personnages de flics écorchés vifs, mais d'abord humains. Il y est bien sur question de burn-out, de la pression ressentie par ces flics qui sacrifient leur vie à leur boulot. J'ai aussi découvert les modes de fonctionnement des services de police avec toutes leurs contraintes.
Il y a aussi des scènes très dures, en l'occurrence une cérémonie d'enterrement pour un policier tué lors de son service....On comprend mieux au fil de la lecture de ce livre, la tentation pour les policiers d'en finir avec leur arme de service.
On est loin des super héros américains mais on est d'abord avec des hommes pris en sandwich par une hiérarchie éprise de reconnaissance et de l'autre côté, des malfrats hyper violents sans scrupules. Les flics apparaissent alors comme des hommes fragiles, sensibles mais aussi capables du pire.
Un autre point fort de ce roman est le rythme auquel il est mené. Dès le départ, on est happé dans cette histoire, cette fois-ci il n'est pas question de guerre des polices mais bien plutôt d'une enquête menée par différents services qui vont collaborés ensemble, l'auteur va plutôt s'intéresser à la vie privée et familiale de chacun des enquêteurs.
Et comme tout bon thriller, il y a du suspens et l'intrigue même si elle peut paraître un peu trop prévisible à un moment, reste tout à fait probable.
Pour terminer, je recommande vivement la lecture de ce roman qui malheureusement se lit trop vite à mon goût.
Lien : https://collectifpolar.fr/20..
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2014. Année noire pour la Police Nationale en France. 51 policiers se sont donnés la mort, soit dix de plus qu'en 2013 et un chiffre inégalé depuis 2000 (la moyenne annuelle depuis les années 2000 se situe autour de 42 suicides). de plus en 2014 un grand nombre de policiers ont rendu leur arme pour ne pas céder à la tentation de mettre fin à leurs jours.

La grande originalité de ce roman est aussi sa principale force, on suit une intrigue à deux niveaux, d'un côté l'aspect polar pur et dur avec une enquête de police, et de l'autre un très important aspect psychologique et humain via les dérives de Guillaume, un flic à l'avenir prometteur qui part en vrille. Sans nouvelles de leur collègue on partage l'anxièté de ses coéquipiers et notamment celle de Boris qui va chercher à le couvrir autant que faire se peut. C'est de loin le polar le plus humain qu'il m'ait été donné de lire, cette approche lui donne un petit côté polar nordique (mais non pas ch'ti ! Plus haut, du côté de la Scandinavie).

Un polar profondément ancré dans une réalité parfois franchement glauque. le flic est avant tout un être humain avec ses forces et ses faiblesses, sauf qu'on attend de lui qu'il fasse abstraction de ces dernières pour ne mettre en avant que la force et l'assurance de la fonction qu'il occupe. Outre la réalité du burn-out qui peut parfois conduire au suicide, l'auteur nous présente la dure réalité, conséquence des restrictions budgétaires à répétition, le boulot augmente mais les effectifs diminuent et les moyens ne répondent plus aux besoins. Enfin il nous fait vivre intensément la douleur de ceux qui perdent un collègue, tué dans l'exercice de ses fonctions, des drames qui sont malheureusement bien souvent eux aussi la conséquence des coupes financières. Un état des lieux déplorable qui ne devrait pas vous laisser indifférent, pas un réquisitoire contre X ou Y pour autant, un constat juste et froid.

Mais rassurez-vous, l'intrigue policière n'est pas pour autant laissée pour compte. Elle vous prendra aux tripes au fur et à mesure de son avancée et devrait vous réserver quelques surprises de taille.

Je ne le savais pas avant de lire la bio de l'auteur à la fin du bouquin mais Didier Fossey a été flic à la BAC de Paris. Ce qui explique le même réalisme que celui ressenti en lisant Olivier Norek. Ils savent de quoi ils parlent et en parlent avec le coeur et les tripes.

Vous trouverez d'autres similitudes entre le « Groupe Coste » et le « Groupe le Guenn« , une complicité qui va bien au-delà de la simple relation professionnelle et des individualités qui se complètent. La fin laisse supposer que l'auteur compte faire revenir le « Groupe le Guenn » sur les devants de la scène dans un prochain roman, je l'espère de tout coeur.

Pour le moment le catalogue Flamant Noir affiche un sans faute remarquable. Ce polar est digne des plus grands nom du genre, tout simplement excellent !
Lien : https://amnezik666.wordpress..
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critiques presse (1)
SciFiUniverse
23 mars 2018
Burn out est un roman vrai, intime, violent écrit par un homme de terrain qui ne vous laissera pas indifférent.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
On a un métier à la con, on s’y donne à fond. Les gonzesses, elles comprennent pas. On se blinde, on devient comme tu dis « insensibles », car nos fantômes nous poursuivent. On n’a plus d’amis en dehors de la boîte, nos femmes nous quittent parce qu’on ne les fait plus rêver, et quand sonne l’heure de la retraite, on se retrouve tout seuls. (…) Regarde ma gueule… je suis gris. T’as vu mes yeux ? C’est pas des valises, c’est des malles qu’il y a en-dessous. Il paraît que dedans y’a toute la tristesse du monde, et pourtant je ne suis pas triste. Non… Ce sont simplement toutes les horreurs que j’ai vues en vingt-cinq ans, mon pote. Toutes les misères que j’ai côtoyées, tous les désespoirs que j’ai rencontrés qui se sont imprimés-là.
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“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
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Malgré le deux tons, la plaque Police et le gyrophare, la voiture avançait par à-coups. Boris voyait la tête des autres conducteurs irrités de devoir se pousser. Il pouvait voir les lèvres remuer et connaissait par cœur les réflexions qui se faisaient à voix haute dans l’intimité de l’habitacle.
« Ils sont pressés d’aller jouer leur tiercé. »
« Vont être en retard pour l’apéro. »
« À deux dans une bagnole, tu vas pas me dire qu’ils vont sur un truc urgent ?! »
« Ils finissent tôt aujourd’hui. »
« Sont pressés de rentrer à la maison. »
« Regarde-moi ces cons ! Et dire que c’est avec nos impôts. »
Il en avait tellement entendu qu’il pouvait deviner leurs propos rien qu’en voyant leurs têtes.
— Tranquille, Boris, tu vas finir par me faire gerber.
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Depuis deux jours, il avait repéré un coin où il était à peu près tranquille pour faire ce qu'il avait à faire. Cela étonnait toujours ses coéquipiers. Tous avaient besoin d'aller pisser, normal, mais lui, il était le seul à aller systématiquement chier toutes les nuits. Alors ils avaient fini par lui poser la question.
- Eh, tu chies pas chez toi ?
- C'est pas ça les gars, mais à un quart d'heure par vacation, imaginez un peu, à la fin de ma carrière le temps que j'aurais passé à emmerder l'administration.
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P130. "Combien de fois s'était il recueilli ainsi pendant une minute ? Il n'en avait pas tenu le compte mais çà commençait à faire beaucoup, beaucoup trop. Et si Soizic avait raison ? Peut être devrait-il trouver un service plus tranquille pour arriver serein à la retraite, avant que ce ne soit pour lui que ses collègues fassent une minute de silence ?
Antoine surgit dans son bureau, et mit fin à ses sombres pensées."
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