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ISBN : 2070747468
Éditeur : Gallimard (20/08/2004)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Moi, François Signorelli, docteur à Palerme, je me souviens de tout.
Du vrai et du faux. De plus de gens et d'histoires que je n'en ai connu. Mille ans d'incertitude, tel est mon âge : ma mémoire prolifère et s'invente à mesure qu'elle se détruit, c'est un trouble neurologique désigné comme le syndrome de Korsakov. Je le sais, j'en suis un des spécialistes. Korsakov est mon mal intime, je le tutoie. Il me ronge et me délivre en même temps. D'abord, d'un passé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
carre
  20 janvier 2013
Eric Fottorino que j'ai découvert avec « Un territoire fragile », est un auteur que j'aime retrouver depuis. Avec l'histoire de François Signorelli, je dois avouer que le plaisir de le lire fut décuplé. C'est un portrait magnifique d'un homme qui après une enfance privé de père (rôle du père bien présent dans son oeuvre) se voit priver de mémoire devenu adulte. C'est le syndrome de Korsakov. le médecin réputé qu'il est devenu va se battre pour faire appel à son imaginaire, puisque Korsakov lui bouffe sa mémoire.
Fottorino joue avec nos émotions avec une rare maitrise, il évite tous pathos avec un sujet qui avait tout pour l'être. Que François s'appelle Ardanuit dans son enfance ou Signorelli devenu adulte (vous découvrirez pourquoi), c'est bouleversant d‘intensité. Signorelli, souvent privé dans son existence, est un magnifique personnage en lutte. le roman m ‘a bouleversé de bout en bout. Préparez vos mouchoirs !!!
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isabelleisapure
  30 septembre 2018
Korsakov est un grand roman familial, ample et musical, qui interroge superbement la mémoire et les pouvoirs de la fiction.
Son héros, François Ardenuit, est atteint du syndrome de Korsakov qui altère la mémoire et permet au malade d'imaginer une histoire lorsque les souvenirs se font fugaces.
Eric Fottorino divise son ouvrage en trois parties dans lesquelles nous suivons tour à tour François enfant élevé par sa grand-mère et sa mère. L'absence du père plane, qui est ce papa qui s'appelle MAMAN ? L'enfant écoute, enregistre, interroge.
Dans la deuxième partie, François est devenu neurologue et peu à peu la maladie altère sa mémoire et ses souvenirs se transforment, il les réinvente.
La troisième partie, peut-être la plus émouvante, s'attarde sur un grand-père fantasmé par un cerveau malade.
Ce livre est très difficile à résumer, je ne m'y risquerai pas davantage, mais c'est un roman dense, envoutant que j'ai eu du mal à lâcher.
Une fois de plus je suis sous le charme d'Eric Fottorino qui est un conteur, un raconteur. Un vrai, un talentueux. de ceux qui inventent des histoires ou narrent les leurs. de la famille aux amours blessés, Eric Fottorino sait trouver avec simplicité le chemin des émotions justes, des sensations perdues, des souvenirs oubliés
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Lolokili
  11 septembre 2011
Servie par une fascinante subtilité du style et des mots, une nostalgie délicate émane de cette histoire quelquefois cruelle et de ses personnages si attachants. Malgré une dernière partie étrangement différente (presque décevante...?) voilà un ouvrage profondément touchant et lumineux.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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jiefp13
  09 novembre 2015
Il serait injuste de dire que c'est un mauvais livre.
L'écriture est claire, le style "coule bien", et les thèmes abordés sont puissants (l'écartelement entre un père absent, et un père sprituel idéalisé, la maladie de Korsakov qui éteint la mémoire, le déracinement, ...).
Mais un cheminement du roman très distendu, qui se coupe parfois, des parties qui peuvent se lire presque indépendemment les unes des autres (notamment la troisième).
La jeunesse bordelaise, la période Ardanuit, c'est à la fois la misère affective et intellectuelle. Le portrait de "la vieille" est plutôt bien vu, la quête du père, d'un cercle familial, le trouble d'un amour maternel idéalisé et parfois frustré nous valent quelques belles pages.
Mais on se demande ce que viennent faire dans le roman des personnages à la description diaphane (Gilbert, Louis, même Marcel, le premier père de substitution).
La deuxième partie est plus riche, avec une description intéressante du phénomène de perte de mémoire, ou plutôt ,avec cette maladie, de substitution de mémoire. Le père spirituel s'y installe seul peu à peu, non seulement en père mais en mémoire complète (résiduelle).
Mais la thématique du père génétique absent revient souvent assez lourdement, sans qu'en définitive elle apporte grand chose à l'histoire.
Il y a là aussi des pages lumineuses sur le combat du neurologue atteint par une maladie qu'il a soignée, sur la Sicile et Palerme, et sur la difficulté à être père, quand on est en quête du sien. Mais beaucoup de répétitions ....
La troisième partie, c'est la fin du protectorat français sur la Tunisie, l'exil et le déracinement de ceux qui y avaient installé leur vie.
Des pages émouvantes, (peut-être aussi en écho avec des épisodes de ma "mythologie familiale"), et une très belle écriture.
Mais quel lien avec les précédentes parties (si ce n'est la vie "tunisienne" d'un flamboyant père de substitution).
En résumé, un livre dans lequel j'ai eu du mal à m'installer, qui part un peu dans tous les sens, en allant rarement au bout de ses chemins.
Peut-être trop long pour ce qu'il avait à dire ...
En relisant, je me trouve un peu sévère ... mais c'est une critique à chaud. J'essaierai dans quelques temps un autre livre de Fottorino ....
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Livramoi
  31 mai 2019
Korsakov
Une maladie neurologique qui altère la mémoire et falsifie les souvenirs.
Alzeimer, en plus vicieux, puisque Korsakov ne se contente pas
"d 'oublier des souvenirs" mais il les remplace, les arrange à sa guise.
Un roman à la construction parfaite en 3 parties.
Au départ, l'histoire se déroule à Bordeaux.
L'auteur y évoque son enfance , celle de François Ardanuit du nom de sa mére puisque son père ne l'a pas reconnu.
La quête du père absent est omniprésente.
Fottorino joue brillamment avec les mots en jouant de leur phonétique pour souligner les doutes identitaires de François.
Ex: quand on lui dira qu'il est un enfant débrouillard , il comprendra qu'il est un enfant "des brouillards ".
Ce père absent donc , gynécologue accoucheur du nom de Maman ( prononcé Mamane ) m'a ramené en arrière , au temps de ma première grossesse puisque j'ai été suivi quelques temps par un gynécologue accoucheur du même nom. Coïncidence ou pas ? S'agit il de lui dont on parle dans ce roman ? ...
Ce nom étrange ne fera qu'amener confusion dans l'esprit de François quant au rôle du père et de la mère.
Ensuite on voyagera de la Sicile à la Tunisie.
La Sicile où la maladie de François , ( devenu François Signorelli de son père adoptif ) est auto diagnostiquée à Palerme.
Et enfin, en Tunisie où sera contée la vie du grand père.
Ce grand père tellement vénéré par François qu'il aurait souhaité que ce soit lui son père.
Et sans oublier les paroles de cette chanson que me chantait mon papa lorsque j'étais petite :
"Je voudrais un mari, qui aille dans ma poche, un tout petit mari , docile et sans reproche ..."
J'ai beaucoup aimé les deux premières parties, la troisième ayant été plus difficile.
Très bon roman.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
LolokiliLolokili   11 septembre 2011
Le petit aime beaucoup écouter les grandes personnes. C'est ainsi que sa vie est un malentendu. L'autre jour, Lina parlait à un inconnu devant le bâtiment Z : "Mon fils est un enfant d'août", expliquait-elle. Le petit a saisi "un enfant doux", mais l'homme a repris Lina en prononçant le "t" final de ceux qui ont l'accent du Sud-Ouest. Il a dit août avec le "t" cogné contre les dents et le petit s'est métamorphosé en "enfant doute". D'un seul coup, la douceur de sa naissance a disparu et c'est ainsi qu'il s'est enfoncé dans le malentendu qui va bien avec les secrets.
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LolokiliLolokili   13 septembre 2011
De la cité du Grand-Parc à la rue Cornac, le petit vient sur son vélo. La vieille dit souvent devant lui qu'il est un enfant débrouillard. Comme il a de l'imagination après tout ce temps passé dans le grenier de la rue Félix-Faure à accrocher ses rêves au fil des araignées, il a compris qu'il était un enfant "des brouillards". Cette idée l'enchante. Il pense que c'est plus facile pour se cacher.
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tamara29tamara29   20 mai 2018
Comme je devais faire place nette pour ces arrivages de souvenirs tout neufs, j’ai voulu jeter mes tristesses d’enfant qui encombraient ma mémoire, sans imaginer qu’elles me tenaient pour la vie.
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carrecarre   23 janvier 2013
Dès que j'ai su lire, j'ai compris que les mots ne veulent pas dire ce qu'ils disent .
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mamansand72mamansand72   30 juin 2015
A partir d’aujourd’hui, je suis obligé d’écrire tout ce que je dis pour ne pas oublier trop vite. Chaque mot prononcé dévore le précédent, l’efface, le vide de son sens, au point que je ne sais plus où a commencé ma phrase. Je n’ai dans ma tâte que tumulte et chaos, et pire quelquefois, le silence. Je vis de mes propres blessures comme l’oiseau vole de ses propres ailes, inconscient de vivre, peut-être plus tout à fait vivant, absent de moi, en voyage, en vacances de mes souvenirs, retiré du présent et fuyant du passé ce qui brûle.
Korsakov progresse. Son triomphe n’est plus qu’une affaire de jours ou d’heures, quelle différence quand le temps n’est plus borné par l’espoir de retrouvailles.
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Videos de Éric Fottorino (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Fottorino
Présentation par Eric Fottorino, François Vey et Mathieu Sapin. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
Retrouvez la revue : https://www.mollat.com/livres/2330620/zadig-n-1-reparer-la-france
Note de Musique : Free Music Archive
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