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ISBN : 2070437841
Éditeur : Gallimard (07/10/2010)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 229 notes)
Résumé :
Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
ssstella
  01 novembre 2017
Dans notre pays, de nos jours, il y en a un peu moins, mais ça existe toujours les hommes qui aiment tout bas. Parmi eux, il y a ceux qui se taisent jusque dans leurs gestes et ceux qui, par leurs actes, le "crient" très fort. le père de l'auteur est de ces derniers, et son plus beau "cri" a été de faire du petit Éric, un petit garçon avec un papa.
Tellement souhaité ce papa, qu'il en invente sa petite enfance dans le pays d'origine de ce père adoptif.
"Ce sont des années magiques. Je suis immortel. Il ne peut rien m'arriver. Je déborde de mensonges vrais." P.54
Un père si bien adopté que le fils finit par lui ressembler.
"Plus d'une fois pourtant, il m'a semblé que je lui ressemblais, que je me comportais dans la vie comme lui se serait comporté. À force d'être mon modèle, il avait déposé son empreinte sur moi. Je finissais par prendre ses intonations, ses mouvements de sourcils. Enveloppe vide, je m'étais rempli de lui." P 71
Tant aimé ce père discret et bienveillant, que son livre le pleure haut et fort.
"Mon père a été. le temps est passé et il a passé vite. Être et avoir, ne plus être, ne plus avoir. Glissement imperceptible et pourtant si pénible. Mon père est, vit, respire, mon père était. S'habituer à ce "était" alors qu'il est encore là. Était : jamais imparfait n'a si bien mérité ce nom, le passé est imparfait, qui souligne ce qui n'est plus et ne sera plus jamais. Impossible de parler de papa au présent désormais, ... " p. 33
Magnifique livre... tant d'émotions... de poésie... de si beaux passages sur le deuil, l'adoption, l'amour entre et un père et un fils... oui, tant d'amour !
Il est bon maintenant que je me taise... dans le silence, imaginez-vous le lire !
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Lolokili
  23 août 2017
« Nuit Blanche des Livres », pas loin de chez moi. Aux côtés de François Busnel il est là, Eric Fottorino, et la larmichette au coin des mirettes (je suis une fille sensible à mes heures perdues) je lui parle de son Korsakov lu il y a déjà longtemps mais dont je garde encore un souvenir ému (voir larmichette dont au sujet de laquelle je viens de parler plus haut).
A la faveur de cette rencontre je découvre aujourd'hui L'homme qui m'aimait tout bas, dédicacé au passage avec une souriante et chaleureuse bienveillance, merci Monsieur.
Plusieurs fois déjà, dans ses autres romans, Eric Fottorino esquissa son enfance et ses origines à travers des personnages fictifs, mais ici c'est à la première personne qu'il s'exprime pour ce bouleversant hommage à son père adoptif, l'homme humble et généreux qui l'a « aimé tout bas » et auquel il voue à jamais une admiration d'exception.
Humble et généreux l'auteur semble l'être tout autant, car à travers le portrait de ce père adoré je retrouve l'écriture à la fois discrète et lumineuse qui m'avait tant marquée, cette façon singulière de manier les mots parfois, cette prose délicate et inventive d'où affleure une poésie infiniment touchante.
Une histoire d'amour entre un père et son fils, une merveille de sensibilité et de pudeur, un « récit solaire malgré les ombres » (qu'il a écrit dans ma dédicace, Monsieur Fottorino).

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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diablotin0
  05 mai 2019
C'est avec "l'homme qui m'aimait tout bas" que j'entre dans l'univers d'Éric Fottorino. Ce récit autobiographique est teinté de mélancolie, parsemé de questionnements mais aussi je dirais que c'est un hymne à l'amour. Éric Fottorino nous parle de la joie d'avoir eu comme père Michel Fottorino et de la joie de ce jour où il a été adopté et ainsi autorisé à l'appeler papa. Ce livre est aussi et surtout l'occasion de nous parler de son chagrin face à la disparition brutale de son père. Bien que n'étant pas une passionnée de cyclisme, je n'ai pas été ennuyée par les passages où il évoque sa passion du vélo, passion reçue de son père. Éric Fottorino arrive par son amour retranscrit dans ce récit à nous faire à notre tour aimer ce papa aimant, aimé et admiré.
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sabine59
  20 juin 2017
" Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil". Cette citation De Montherlant placée par l'auteur en épigraphe est tout à fait en accord avec le livre...
Quel portrait d'homme magnifique, émouvant et pudique!
Eric Fottorino évoque, après son suicide, son père d'élection, celui qui l'a adopté quand il avait neuf ans, après avoir rencontré sa mère, et qui lui a donné son nom. Il n'a pas cessé de l'aimer, de l'admirer, même si, entre temps, il a fait la connaissance de son vrai père. Les souvenirs et les pensées s'égrènent, portés par une écriture sensible et imagée . A travers eux, il essaie de comprendre le geste fatal de cet homme originaire de Tunisie, épris de soleil, de courses cyclistes, généreux mais si avare de mots souvent...
" J'ignore ce qui me pousse à écrire ces quelques lignes, à continuer". Pour lui, sans doute la volonté de restituer un si profond amour. Et pour le lecteur, quelle belle et tendre évocation d'un coeur d'enfant inconsolable....
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Annette55
  30 octobre 2014
Que d'émotion contenue et de pudeur dans l'écriture de ce beau témoignage écrit par un enfant adopté!,ce fils hanté par les souvenirs lumineux de son enfance, ne cachant rien des failles, des faiblesses, des blessures de l' enfance Tunisienne et de la phobie maladive de la paperasse de ce pére qui met en scène sa mort brutale! Une des raisons qui pourraient expliquer son geste?
Bel hommage!, un récit traversé de cuisine tunisienne et de sorties en vélo, émouvantes et heureuses, formatrices surtout!
Ce pére courageux et volontaire mais si secret! Pourtant pétri de joie de vivre!
J'avais lu avec bonheur "Caresse de Rouge" et "Korsakov,"mais pas " L'homme qui m'aimait tout bas". Un chagrin et une douleur lancinante pour Eric Fottorino, une question qui le taraudera toujours:
Aurais- je pu empêcher ce geste fatal?
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   07 novembre 2017
Avant, il n'y avait que des femmes. Ma mère, sa mère, des femmes avec leurs douleurs et leurs tristesses, l'une trop jeune et l'autre trop vieille, deux solitudes avec mon enfance au milieu. L'arrivée de Michel a tout changé. Fini le vendredi maigre et la messe du dimanche - lui qui ne croyait qu'au foot. Fini Bordeaux la sombre et bonjour La Rochelle au soleil. Fini le fils unique sans père -si c'est pas malheureux -, bonjour au bonheur en famille, père et mère, et un, et deux et trois garçons. Tout avait changé soudain. Une voix d'homme, des vêtements d'homme, des chaussures de cuir, mocassins noirs ou clairs à languette lustrée, des souliers à crampons avec chaussettes rouge et blanc et protège-tibias pour les jeux du stade. Raquettes de tennis et balles Dunlop, neuves et moussues, ou rasées comme des moines à force de coup droits et de smashs, jeu, set et match. Le journal L'Équipe. Le couteau à manche noir qu'il tenait de son grand-père. Et dans la salle de bains, une boule blanche de savon à barbe constellée de poils sombres coupés ras, un blaireau touffu à manche de bois poli, des lames Gillette avec le rasoir mécanique, l'after-shave dans son flacon de verre... Zorro était arrivé, sans se presser, le grand Zorro, avec son charme et son grand chapeau. Ses auréoles blanches de fumeur de Gitanes et la barbe à papa de mousse à raser.
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araucariaaraucaria   29 décembre 2012
Tu m'aimais tout bas, sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l'ordre des choses. Tu m'aimais tout bas, sans le dire, sans éprouver le besoin d'élever la voix.
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PiatkaPiatka   17 octobre 2017
La mémoire est vigilante, elle avoue ce qu’elle veut bien. À tes mains de voir. Lis les peaux en aveugle. Tes mains doivent être aimantes, je veux dire avoir la force des aimants. Un coup sur la peau, c’est un caillou dans l’eau. Il donne naissance à des ondes invisibles, des arcs de cercle ordonnés autour du point d’impact. Si tes mains sont bonnes, elles trouveront ces courbes et remonteront à l’origine du choc. L’art est de sidérer la douleur, de la frapper de stupeur. Sous la cuirasse dort une faille.
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ssstellassstella   01 novembre 2017
Depuis sa mort, il vit plus que jamais en moi à travers les hasards qui surgissent. Le lendemain du drame, marchant en direction de la place Denfert-Rochereau, je suis passé devant le cimetière Montparnasse et, détournant mon regard, j'ai vu la devanture d'un restaurant du Sud-Ouest baptisé Chez Papa. Pas une journée ne s'écoule sans ces rappels étranges qui pourraient laisser croire que la mort aime jouer à cache-cache avec les vivants.
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LolokiliLolokili   23 août 2017
Tu m’aimais tout bas, sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l’ordre des choses. Tu m’aimais tout bas, sans le dire, sans éprouver le besoin d’élever la voix. C’était si fort – la force de l’évidence – que tu ne l’aurais pas crié sur les toits. Il fallait une indiscrétion de voisin, de cousin, pour que j’apprenne combien tu étais fier, heureux, de ce rejeton épais comme une arbalète qui disputait aux plus costauds des titres de champion à la gomme.
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Videos de Éric Fottorino (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Fottorino
Présentation par Eric Fottorino, François Vey et Mathieu Sapin. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
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Note de Musique : Free Music Archive
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