AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072488664
Éditeur : Gallimard (11/02/2016)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Qui est vraiment Norman Jail ? Quand Clara pousse la porte de sa maison du bord de mer, au printemps de l'an 2000, elle veut comprendre pourquoi ce mystérieux écrivain est resté l'homme d'un seul roman, Qui se souviendra de nous ?, paru l'année de ses vingt ans en pleine Occupation. Étudiante en littérature, la jeune femme découvre peu à peu que derrière le pseudonyme de Norman Jail se cache un maître de l'illusion dévoré par la rage d'écrire, auteur de nombreux man... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
  25 avril 2016
Trois jours avec un écrivain.
J'ai eu du mal dans la première moitié du livre, me demandant si j'allais persévérer. Comme souvent dans la littérature française contemporaine, je trouvais le style un peu ampoulé, l'histoire moyennement intéressante.
Si ami lecteur, vous passez par ce passage à vide, allez de l'avant. Le livre se révèle dans les quatre-vingt dernières pages. Là où d'autres s'essoufflent, c'est le moment où l'auteur prend son envol. Le rythme atteint sa cadence véritable. J'ai terminé d'un seul allant.
Et la prouesse de l'auteur reste d'avoir réussi à créer chez le lecteur de l'empathie pour un personnage d'écrivain ô combien antipathique, tellement, finalement, il est misérable et donc humain.
Commenter  J’apprécie          292
motspourmots
  03 juillet 2016
"Ce que j'aime dans le roman, c'est qu'il dit la vérité. Dans la vie, on passe son temps à mentir aux autres et, plus grave, à se mentir. On esquive, on tait, on tord. le roman, lui seul, touche au vrai, sous prétexte de tout inventer. Vous lirez, ici tout est vrai car rien n'est vrai."
Cette déclaration, c'est Norman Jail, un écrivain un peu mystérieux, l'homme d'un seul roman à succès publié dans les années 40 qui la fait à la jeune étudiante venue l'interviewer dans sa tanière. Au fil de leur entretien, le mystère autour de Norman Jail semble s'épaissir plutôt que s'éclaircir. Qui est-il vraiment ? Pourquoi ces dizaines de manuscrits non publiés sont-ils bien rangés dans sa bibliothèque ? Quelle est la véritable histoire autour de ce qu'il pense être le livre de sa vie, dont le manuscrit aurait été emporté par la femme qu'il aimait et qui l'a quitté ? Peut-on faire confiance à son récit qu'il prend un malin plaisir à parsemer de mensonges avoués et de fausses pistes ? Et quelle est la réelle raison de la présence de son interlocutrice dont le visage semble réveiller en lui de lointains souvenirs ?
J'ai mis longtemps à me décider à lire Trois jours avec Norman Jail, attirée par le thème mais inquiète à l'idée de retrouver des choses déjà un peu vues (le coup de l'interview de l'auteur mystérieux, ce n'est pas très nouveau ; la réflexion sur le rapport entre vérité et fiction non plus). En fait, j'ai eu raison de m'inquiéter car ma lecture s'est avérée parfois laborieuse. Comme si l'auteur forçait un peu trop sur la technique, au détriment de la fluidité romanesque. Alors certes, le fait de rendre le personnage de Norman Jail plutôt antipathique nourrit le propos et contribue fortement à la réaction de recul de la part du lecteur. Mais ce n'est pas seulement ça. Il y a ces jeux de mots dont l'auteur parsème le récit, certainement pour contribuer à éclairer son thème sur les faux-semblants que sème l'écrivain. Mais moi, ils m'ont profondément agacée au point de gâcher ma lecture.
Forcément, on reçoit aussi un livre par rapport à ce que l'on a déjà vécu et déjà lu. L'exploration des mystères de la création littéraire est un thème très couru chez les romanciers. Je n'ai pu m'empêcher de comparer avec Buvard (Julia Kerninon) ou avec la virtuosité de Ian McEwan qui s'est emparé de ce thème à deux reprises avec Expiation et Opération Sweet Tooth, des livres très différents qui m'avaient non seulement convaincue mais divertie, grâce à une maîtrise parfaite de la mise en abyme.
Reste quelques observations bien senties sur l'écriture, l'inspiration et le métier d'écrivain. Une ambition littéraire certaine mais qui n'a pas trouvé d'écho en moi. Dommage parce que j'apprécie énormément Eric Fottorino, sa superbe initiative avec le journal le 1 et ses savoureuses chroniques sur le vélo. Pas grave, ça marchera sûrement mieux une prochaine fois.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
BMR
  15 mai 2016
[...] J'ai été employé aux écritures.
La vérité sur l'Affaire Norman Jail ?
Oui mais que dire de ces Trois jours avec Norman Jail ?
Que dire de ces trois heures passées avec Eric Fottorino ?
Ça commence plutôt bien, et c'est même ce qui nous a piégé, parce que le bonhomme sait écrire : il n'est pas journaliste et directeur du Monde pour rien.
Les effets sont enfilés avec brio comme des perles dont l'éclat aurait été terni, le brillant épuisé, d'avoir été passées d'un collier à un autre puis à un autre encore.
Mais justement son bouquin parle (trop) du travail d'écriture : un sujet battu et rebattu, qui fera à coup sûr les unes de la blogoboule, un thème qui ne sent peut-être pas la finale du prix qu'on court mais tout au moins l'épreuve éliminatoire, peut-être même le match de gallinacées et très certainement l'entrainement par équipe sous le maillot gallimard (Fottorino est mordu de vélo).
Pendant de trop longues pages et d'interminables chapitres, les premiers jours passés avec Norman Fottorino s'étirent en longueur pendant qu'il nous raconte, avec brio, les affres de l'écriture, de l'écrivain, de son stylo et de sa page blanche.
Avec brio mais sans grande originalité. Tout a déjà été dit, du moins sur ce ton là, et n'est pas Bukowski qui veut, qui osait se mettre à nu, au propre comme au figuré.
Dans ce registre où les écrivains parlent des écrivains, Norman Jail a beau se dire buvard, on n'est très très loin du charme magique du premier roman de Julia Kerninon et en dépit d'un dénouement qui se donne des allures de polar, on est également très loin de l'auto-dérision haletante de l'Affaire Harry Québert.
Et puis, Fottorino le dit lui-même, le lecteur n'aime pas trop qu'on lui démontre les tours de magie des écrivains et préfère rester sur sa naïve surprise : ô bravo, mais d'où lui est venue cette tournure-là, ô joli, mais de quel chapeau ou stylo sort-il cette belle phrase aux oreilles de lapin, ...
L'écriture comme la prestidigitation doit rester un peu secrète et la voici étalée et décortiquée sur des dizaines de pages.
[...] Un roman réussi est un tour de magie.
[...] Vous ne savez pas bien comment l'auteur a fait, et si vous le saviez, le charme serait brisé.
Alors oui, le spectateur est bien déçu. le show est bien rodé, les éclairages sont professionnels, la musique est de qualité, alors on reste dans la salle jusqu'au clou du spectacle. Un retournement que même le lecteur le plus inattentif a vu venir de loin mais Norman Fottorino n'est pas avare de son métier et nous ressert encore un ou deux twists, des rappels en quelque sorte.
Mais nos applaudissements ne sont guère enthousiastes.
Pour celles et ceux qui aiment les écrivains.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/s..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
claraetlesmots
  21 mars 2016
Pour la rédaction de son mémoire, Clara étudiante désire s'entretenir avec Norman Jail afin de lui poser des questions. Auteur d'un seul roman publié à l'âge de vingt ans avant la Seconde Guerre mondiale, le vieil homme vit depuis à la façon d'un ermite au bord de la mer. Il accepte de la recevoir et Clara découvre qu'il n'a jamais cessé d'écrire mais sans jamais soumettre ses manuscrits à un éditeur. Peu à peu, l'écrivain dévoile quelques pans de sa vie privée. C'est un homme également marqué et meurtri par une femme prénommée également Clara à laquelle il était marié. Cette dernière lui aurait subtilisé son deuxième manuscrit (qui selon lui était son grand roman). L'écrivain se montre très loquace au jeu des questions et décrit avec de nombreux détails sa relation à l'écriture. Mais il se contredit également. Où est la réalité dans ses propos ?
Obsédé par l'écriture, ses propos sur la création littéraire sont un régal, comme :
« Quand ce que j'écris me dérange et me touche, j'appréhende le moment où je vais poursuivre ma besogne. Je suis alors seul à savoir que je manipule un matériau dangereux, et il n'y aura personne pour venir à mon secours si les choses tournent mal.
- Qu'entendez-nous par « tournent mal »?
-Si je vais tellement loin dans les mots que ma vie en sera à jamais changée. Chaque écrivain devrait se poser cette question quand il a terminé : pourrai-je continuer à être la même personne quand j'aurai publié « ça » ?"
« Écrire est une perpétuelle naissance. Plus j'écris, plus je m'invente à mes propres yeux. Je m'écris en main propre. Je nais de mon encre et je glisse entre les lignes ma part de nuit. C'est important, la nuit, dans un livre. C'est ce qui échappe, ce qui résiste. Ce que les mots détournent et refusent. En écrivant, vous comprenez ce que la lumière doit aux ombres. Et le passé au mensonge. »
Le récit est narré par Clara et l'auteur lui confie un manuscrit à lire, Or, ce dernier n'est constitué que de premiers chapitres avec trois personnages dont Norman Jail.
Je n'en dirai pas plus sur cet écrit ni sur sa fin qui prend le lecteur au piège.
On pourrait croire que ce roman s'arrête là mais non. Eric Fottorino poursuit l'histoire de Norman Jail et nous offre d'autres belles surprises.
Passionnant, ce roman aux nombreux tiroirs nous offre de belles réflexions sur l'écriture, le roman, le rapport au réel et c'est brillant !
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Jazzynewyork
  23 avril 2016

Quand on commence un billet, une chronique ou un avis, appelez cela comme vous voulez, on se retrouve, comme l'écrivain, confronté à la page blanche, à la recherche des premiers mots à partager pour tenter de donner envie à d'autres lecteurs de découvrir à leur tour notre dernière lecture, notre dernier coup de coeur.
Et pour ce livre à l'écriture sublime, c'est d'autant plus difficile.
« Un jour j'ai réalisé que le mot 'Écrire' contenait toutes le lettres du mot 'Crier'. Un homme qui écrit est un homme qui crie. »

"Trois jours avec Norman Jail" nous raconte l'histoire d'une rencontre. Un quasi tête à tête entre une jeune étudiante en littérature, et un écrivain, Norman Jail, l'homme d'un seul roman. Une rencontre qui ferait rêver plus d'un lecteur, moi la première.
Partager, échanger, s'interroger, tenter de tout découvrir sur ce mystérieux auteur. S'immerger dans sa vie, déterrer les secrets, tenter de comprendre pourquoi d'autres livres n'ont pas suivi le premier...
« le reste de sa vie, Norman Jail l'avait passé à noircir des milliers de pages, n'en publiant aucune. Son oeuvre était un monument aux mots. »

« Je ne suis pas un buveur, je suis un buvard. »

À travers ces conversations, l'histoire s'installe, entre réel et imaginaire, et Éric Fottorino nous balade dans un récit brillant, où se révèle également une analyse profonde de l'auteur face au processus d'écriture. Une véritable passion pour les mots.
« Un livre est un essaim de mots parfaitement alignés, sans hésitations ni repentirs. Les traces de lutte à mort ont disparu : les violences, les accrocs, la rage, l'abattement, l'à-quoi-bon. Tout ce qui fait un livre à l'état brut, ses impasses, ses sorties de route, ses doutes à n'en plus finir. »

Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, l'histoire de cet homme est édifiante. En approchant de la fin, on s'aperçoit une fois encore que les écrivains sont de grands manipulateurs, qu'ils transforment la vérité au gré de leurs envies, et nous lecteurs, envoûtés par ces agencements de belles phrases, nous y tombons à pieds joints.
« Il avait beaucoup parlé, j'avais beaucoup écouté. »

« C'était sans doute cela, un écrivain, un être pour qui plus rien ne compte, excepté ce qu'il était. »

Un récit remarquable, une plume que j'ai pris plaisir à retrouver, après l'avoir découverte avec "Chevrotine", son précédent et magnifique roman (noir).
Je vous invite à savourer ce roman, avec à portée de mains carnet et stylo, car si comme moi vous aimez les belles phrases, ici elles foisonnent, pour notre plus grand plaisir de lecteurs amoureux de belle littérature.
Gros coup de coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          23

critiques presse (1)
Telerama   01 juin 2016
Exercice de style rhétorique sur les grandeurs et misères de l'écriture et la vie tourmentée de romancier ? Roman à tiroirs et illusions, attrapes et chausse-trapes littéraires à la manière d'un Raymond Roussel ? Le dernier opus d'Eric Fottorino est tout à la fois.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
leluezleluez   31 janvier 2017
Les souvenirs sont tissés d’imagination, voilà tout. Et plus nous racontons nos souvenirs rêvés, plus ils deviennent vrais, y compris pour les autres. Ils ne naissent plus du réel mais de l’image déformée que nous en avons tirée. C’est probablement ainsi que naissent les romans.
Commenter  J’apprécie          130
leluezleluez   24 janvier 2017
Un roman doit pencher dans le vide. C’est ce qui le rend dangereux. Quel serait l’intérêt d’un roman sans danger ? Si écrire ne vous remue pas la moelle, vous perdez votre temps. À chaque page vous devez sentir que tout pourrait vous sauter à la figure.
Commenter  J’apprécie          130
patatarte2001patatarte2001   13 octobre 2017
- Je prépare un mémoire, lui dis-je......
- Un mémoire, fit-il, songeur. Je ne connais ce mot qu'au féminin, comme la peur.
- Pourquoi associez- vous la mémoire et la peur ?...
- Elles vont ensemble, elles viennent la nuit, à l'aube ou à la tombée du jour. Elles vous font trembler. C'est terrible de se souvenir, passé un certain âge, surtout quand on a beaucoup aimé la vie. Cela vous donne des douleurs plus méchantes que l'arthrose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
PLUMAGILEPLUMAGILE   20 avril 2016
La vie cesse rapidement d'être drôle. Alors il faut la ranimer, lui redonner des couleurs. Je prends une poignée de mots, je les frotte les uns aux autres en espérant une étincelle. Ca ne marche pas à tous les coups. Mais il suffit parfois de très peu de mots pour que la vie renaisse et vous réchauffe, qu'elle brille d'un éclat intense. Et ne croyez pas qu'il faille déranger trop d'adjectifs. Au contraire, je les laisse aux compte-rendus de courses hippiques ou aux jubilés de reine. Je me contente de mots simples qui parlent à tout le monde. Secs comme des silex.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
patatarte2001patatarte2001   16 octobre 2017
- Je suis sûr que vous avez souvent entendu cette excuse de soi-disant amis. J'ai failli venir te voir, j'ai failli t'appeler, j'ai failli. Conjugué, "faillir" donne "je faux", "tu faux". Le mot porte en lui son sens caché. Quand on a failli, c'est qu'on était faux.
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Éric Fottorino (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Fottorino
Présentation par Eric Fottorino, François Vey et Mathieu Sapin. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
Retrouvez la revue : https://www.mollat.com/livres/2330620/zadig-n-1-reparer-la-france
Note de Musique : Free Music Archive
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : écritureVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1980 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre
.. ..