AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Alain Grandjean (Autre)
EAN : 9782072826641
272 pages
Éditeur : Gallimard (19/03/2020)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Partout dans le monde, les responsables jurent lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, ils favorisent les activités qui en sont la cause, pensant qu’une croissance matérielle infinie est possible dans un monde fini. Cette croyance est issue de la pensée économique dominante, qui semble avoir pris, dans l’Occident post-religieux, la place du sacré. Jusqu’à remplir toutes les fonctions d’une religion d’État.
Son culte a pour principe divin l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Acerola13
  20 décembre 2020
J'avais ce livre en tête depuis sa sortie, et j'ai été ravie de profiter de l'édition poche de folio.
Dans cet essai tranchant, Stéphane Foucart pose le postulat selon lequel l'économie de marché serait l'équivalent d'une nouvelle religion, aux nombreux adeptes dans le monde : tout son ouvrage se rapporte donc à cette assertion au travers d'une argumentation séquencée par chapitre (aux titres un peu hasardeux).
Sujet curieux donc, provocateur, et que l'on se réjouit de découvrir...Mais il faut pour cela dépasser les deux premiers chapitres, totalement fumeux, où l'auteur accumule drôles de démonstrations et comparaisons tirées par les cheveux : que des archéologues de l'an 4000 puissent penser que la Bourse de Paris, de par son architecture, fut un temple, pourquoi pas ; qu'ils puissent prendre les bulletins économiques commentant les hausses et baisses du CAC40 pour des textes sacrés, c'est ne pas rendre justice à cette discipline...Je passe également sur les exemples loufoques se rapportant à la religion romaine. Une grosse déception donc pour cette première partie !
Heureusement, l'argumentation se raffermit, et l'auteur égrène (enfin) des faits percutants : la notion de "croire" au marché et d'en affirmer sa perfection malgré ses aberrations, l'existence d'une sorte de clergé, seul capable de dialoguer avec la divinité et de la comprendre (comprenez ici les analystes économiques et autres boursicoteurs)...Stéphane Foucart fait donc de l'économie de marché la religion "agorathéiste", et s'attarde sur des sujets plus actuels : la sacralité que l'on donne au PIB comme mesure du bonheur d'une nation (alors qu'il est très loin d'être corrélé au niveau de santé d'une population, comme le précise l'auteur en reprenant l'exemple des Etats-Unis) ; l'observation et la confiance fiévreuses du marché qui dictent bon nombre de politiques (encore une fois l'exemple des Etats-Unis avec une proposition sur le système carcéral, ou leur plan de reconstruction de l'Irak)...
L'auteur s'attarde ensuite sur un sujet qu'il affectionne, à savoir le détournement d'études scientifiques : il donne un exemple particulièrement marquant sur la théorie de "la main invisible du marché" d'Adam Smith, revisitée dans les années 1940...On en apprend également plus sur le rapport Meadow publié par le club de Rome, qui fut littéralement voué au diable : on reconnaît ici un penchant classique du religieux qui veut faire d'intellectuels rationnels des dangereux hérétiques menaçant l'ordre du monde (combien d'autres ont subi depuis ce refus total du questionnement du marché divinisé ?).
Enfin, Stéphane Foucart nous régale d'une anecdote édifiante : celle de la création du Prix Nobel d'économie par la Banque de Suède, parachevant le camouflage d'une religion en science honorable. Les deux tiers de ces prix furent d'ailleurs décernés à des économistes de l'école de Chicago (dont on connait les ravages en Amérique du Sud).
L'auteur clôture magistralement en soulignant que les hommes paraissent incapables de vivre sans religions, et que ces dernières se succèdent...la dernière en date, aux partisans sans cesse plus nombreux, pourrait bien être celle de l'écologie...
Comme c'est bien conclus ! Une fin plutôt réussie, malgré un faux départ qui se prolonge sur les premiers chapitres...Ce bouquin est donc bien mal équilibré, mais recèle de propos et anecdotes intéressantes, utiles d'ailleurs pour raffermir sa culture gé économique (et s'initier tant bien que mal au culte décrié !).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Acerola13Acerola13   23 novembre 2020
L'hypothèse du cynisme peut, sans doute, être écartée au profit d'une autre interprétation : en réalité, les chefs d'État et de gouvernement, bien qu'investis de la plus haute forme de légitimité possible, ne peuvent pas agir sur la question climatique. Cette vérité inavouable, on la pressent confusément, malgré sa formidable étrangeté. Que des hommes et des femmes en capacité de déclarer la guerre, d'user légalement des formes de violence les plus brutales, ne puissent s'attaquer à la plus grave question de notre temps semble difficilement explicable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Acerola13Acerola13   23 novembre 2020
Entre 2005 et 2013, le taux de chômage est passé de 13% à 7.7 % de la population active. Mais quid d'autres indicateurs ? Le taux de pauvreté, par exemple, montre que sur la même période, la proportion de pauvres a bondi en Allemagne, pour passer de 12,2 % à 16,1 %. Plus impressionnant encore : les courbes d'évolution du chômage et de la pauvreté apparaissent quasiment anticorrélées.
Commenter  J’apprécie          10
Acerola13Acerola13   28 novembre 2020
Comme le firent Dennis Meadows et ses acolytes après eux, ces savants commettaient un insupportable crime d'hérésie : celui de repenser la Terre, avec le concours des sciences expérimentales, en la débarrassant d'une vertu indispensable au Marché, et à la poursuite de sa satisfaction par le truchement de la croissance : son infinitude. Pour comprendre cette optique, il faut remonter le temps de quatre siècles et demi, et en découvrir le premier exemple, lorsque Nicolas Copernic repensa la Terre, avec le concours des sciences expérimentales, en la débarrassant d'une vertu indispensable à la doxa chrétienne : sa centralité dans l'univers.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Acerola13Acerola13   28 novembre 2020
La croyance profonde qui sous-tendait cette ambition est précisément issue de la doxa agorathéiste. Peu importaient les structures (religieuses, tribales, ethniques, politiques) de la société irakienne, ou l'histoire du pays et de la région : les hommes n'étant rien d'autre, ou rien de plus, que des entités individuelles ontologiquement rationnelles avant tout préoccupées de maximiser leur intérêt propre, un système démocratique harmonieux fondé sur le marché allait pouvoir spontanément émerger.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Acerola13Acerola13   27 novembre 2020
En bref, il faut bien l'avouer même si cela est un peu embarrassant : les savants de la communauté compétente - les économistes ne savent pas précisément ce qui produit ou provoque de la croissance.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Stéphane Foucart (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphane Foucart
Réchauffement climatique, extinction de centaines de milliers d'espèces, pollutions globales, guerres de l'eau et d'autres ressources, migrations massives... tous ces dangers convergent et se démultiplient en un péril unique que des certains ont commencé à envisager : celui d'un effondrement global de la civilisation, voire de la biosphère elle-même, engagée dans une tragique « sixième extinction ». Première grande synthèse sur cette question d'urgence, quarante spécialistes de toutes disciplines nous livrent ici le fruit de leurs travaux – les philosophes Dominique Bourg et Christian Godin, l'agronome Pablo Servigne, les historiens Jean-Baptiste Fressoz et Valérie Chansigaud, le militante écologiste Lamya Essemlali et la femme politique Delphine Batho, l'ingénieur Philippe Bihouix, la juriste Valérie Cabanes, le biologiste Pierre-Henri Gouyon, le journaliste Stéphane Foucart, l'économiste Gaël Giraud et tant d'autres. Sous la direction du journaliste Laurent Testot et de l'expert en risques Laurent Aillet, Collapsus dresse un état des lieux et nous aide à comprendre les dynamiques en cours afin d'engager nos choix citoyens.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/collapsus-9782226448972
+ Lire la suite
autres livres classés : croissanceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il vraiment Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1377 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre