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EAN : 9782757803615
307 pages
Éditeur : Seuil (08/03/2007)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 36 notes)
Résumé :
De novembre 2000 à juin 2003, j'ai vécu au Caire.
Cinq fois par semaine, chaque petit matin et sans jamais faillir pendant plus de cinq cents jours, j'ai donné des nouvelles à quatre-vingt-dix-huit amis. Je me levais tôt. J'écrivais à la main. Je tapais sur mon écran. J'envoyais. Sans me retourner, sans me lire ni me relire. Le reste du jour, je me tenais sur le qui-vive, guettant la chose vue, vécue ou entendue, qui serait le "poil de cairote" du lendemain.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  23 avril 2020
***Déniché en juin 2019, à ma médiathèque ! - lu en avril 2020
"2 novembre 2000
Le Caire appartient aux chats.
Ils ont traversé les dynasties, intacts. On les voit identiques à leurs statues, élancés, étroits, vifs, petits, surmontés de grandes oreilles. Ils n'ont pas de choix, la vivacité est leur minimum de survie. Il n'y a pas de place pour les lents sur les trottoirs du Caire. "(p.11)
Un livre sauvé du pilon, sorti du fonds de la médiathèque, et bradé dans des boites... où je fouine régulièrement, en temps ordinaire... Cela m'enchante chaque fois entre des découvertes insolites, et faire ressusciter un texte...mis au rebut, qu'il retrouve une nouvelle vie, dans une " maison- amie", est un petit bonheur très précieux... !!
D'autant plus justifié et gratifiant pour cet ouvrage jubilatoire de Paul Fournel, rédigé entre novembre 2000 et juin 2003, où l'écrivain vivait et travaillait au Caire, où chaque matin, il écrivait des billets d'humeur ironique, humoristique ou plus grave à "quatre-vingt-dix-huit de ses amis" !
Comme il décrit lui-même très justement:
"Mon attention ne s'est pas portée sur les grands mouvements historiques, pas davantage sur le passé de l'Egypte, encore moins sur les mystères fumeux qui enrobent la recherche archéologique lorsqu'elle prétend racoler le grand public. Tout cela m'a intéressé, mais ce n'est pas ce dont je voulais entretenir mes amis.
Je souhaitais plus banalement, leur donner un regard quotidien sur le Caire, dire ce que je voyais avec mes yeux malhabiles et partisans d'occidental, et
le faire avec une régularité de métronome qui garantissait une certaine présence des intermittences du coeur, des sautes d'humeur, des semaines creuses et des jours pleins"....
Ce livre m'a attiré pour son sujet: L'Egypte, la vie quotidienne, où à la même époque , en février-mars 2003, je faisais une croisière avec un groupe d'amis, dans des circonstances très particulières: la guerre en Irak... et la plupart des croisières avaient été annulées... Ce voyage fut cependant extraordinaire, entre les beautés, les sites impressionnants visités... une écoute quotidienne des nouvelles en anglais avec l'équipage égyptien, avec qui nous discutions abondamment...!
Mon regard fut évidemment celui limité d'une "touriste" qui découvrait pour la première fois ce pays..., en un temps aussi limité ! Cela reste un très fort souvenir de voyage, prodigue en images multiples !
Alors cet ouvrage tour à tour drôle, cocasse, mais aussi lucide et quelque peu grinçant... m'offre un regard complémentaire...qui élargit l'appréhension et un début de compréhension différente de ce pays...aux contrastes très forts !!

Le titre avec son jeu de mots avec l'oeuvre de Jules renard... m'a aussi "tapé dans l'oeil" , fait sourire. Il donne d'ailleurs une première idée , très en harmonie,
avec le ton général de ces billets quotidiens aux amis !.... Très contente d'avoir lu ces chroniques pleines d'observations et d'anecdotes aussi savoureuses que mordantes, souvent...!!
"7 janvier 2003
Les photographes français venus accompagner les écrivains de passage à Port-Saïd ont été sermonnés dès leur arrivée : pas de photos de poubelles, pas de photos de pauvres, pas de maisons écroulées, pas de scènes misérables, pas de bateaux rouillés. Des fleurs, du pharaonique, du bien construit, du repeint de frais, du calfaté." (p. 302 / Seuil, 2004)
Un très, très bon moment de lecture !!...

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Ziliz
  26 juillet 2012
--- EXCELLENT !
Heureusement que je n'avais pas vu que Paul Fournel présidait l'Oulipo : j'aurais fui, de peur de ne rien comprendre. Et j'aurais eu tort ! Tout est limpide ici et sans prétention : il s'agit d'un carnet de voyage, un recueil des mails quasi-quotidiens envoyés par l'auteur à une centaine de personnes, lorsqu'il était directeur du Centre Culturel de France au Caire, de fin 2000 à mi 2003.

Le regard du chroniqueur est ouvert, acéré, drôle - comme le laisse augurer le titre - mais aussi plein de respect. Il ne juge pas, il observe et retranscrit, épiçant ses textes d'humour, grâce à son sens aigu de l'à propos. Beaucoup d'anecdotes sur la vie cairote donc (circulation anarchique, bruit, pollution, pauvreté…), certaines amusantes, d'autres plus tragiques (condition féminine, exigences religieuses, pouvoir politique... notamment).

Un portrait intéressant et instructif de la vie citadine égyptienne au tout début du XXIe siècle, quelques années avant les changements politiques en cours (?). A compléter par la lecture de l'excellent 'L'immeuble Yacoubian' de Alaa El Aswany.
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manaud
  27 juillet 2014
Ce petit livre magnifique est une sorte de carnet de voyage de Paul Fournel qui était à l'époque attaché culturel à l'ambassade de France billets, plus ou moins longs , à lire un par un, sans ennui, au contraire, à faire durer le plus longtemps possible en regrettant que le livre ou bien l'histoire (ou encore L Histoire ...ou "les histoires" de récit) s'achève avec le départ de l'auteur.
Il observe et retranscrit ce qu'et voit et ce qu'il vit, parsemant ses textes d'humour, avec un sens aigu de l'à propos et l'on se surprend à attendre la chute à la fin de chaque paragraphe.C'est donc un portrait du Caire et de l'Egypte,lors de son séjour entre 2000 et 2004, avant les évènements "du printemps arabe"sous un regard ouvert, acéré, drôle, indulgent sans prix de position politique. "Mon attention ne s'est pas porté sur les grands mouvements historiques, pas davantage sur le passé de l'Egypte, encore moins sur les mystères fumeuxqui enrobent la recherche archéologique lorsqu'elle prétend racoler le grand public."
Je reprendrai les mots de letitbe, le 15 janvier 2012: "En lisant "Taxi" vous aurez le point de vue populaire et égyptien et en lisant "Poils de Cairote" vous aurez la vision d'un résident étranger."
Voilà un livre superbe qui n'est pas sans rappeler le livre de Butor ''le Génie du lieu" avec
cette sensation d'émerveillement et de fascination qu'exerce cette ville qui déborde de vie et qui déconcerte; on peut retrouver cette phrase qui leur est commune: "je ne savais rien de l'Egypte".
Ecrivains de passage , qui n'ont qu'un désir, s'éloigner des images d'Epinal transmises par tous nos romantiques qui se sont cru obligés de faire un voyage en Egypte pour en rapporter "le mystère" ?
A lire sans crainte, c'est savoureux et ce n'est pas un guide de voyage... mais le dépaysement et le charme en sont garantis.

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patrick75
  21 avril 2012
Ce livre raconte au jour le jour, la vie des habitants du Caire durant les années 2000 à 2003 .
Paul Fournel était à l'époque attaché culturel à l'ambassade de France.
Ecrit comme un journal ce récit est plein d'anecdotes traitées avec humour.
Il y est question de moeurs, de religion...mais aussi de politique .
L'auteur n'hésite pas à dénoncer les abus du pouvoir en place.
Et déjà à l'époque on pouvait ressentir les prémices de ce qui deviendra le " printemps arabes".
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letitbe
  15 janvier 2012
Je viens de terminer "Taxi" de Khaled al Khamissi et lors de la lecture de ce très beau livre, la lecture exaltante de "Poils de Cairote" m'est revenue en mémoire.
En lisant "Taxi" vous aurez le point de vue populaire et égyptien et en lisant "Poils de Cairote" vous aurez la vision d'un résident étranger.
Ces deux livres se complètent, vous captivent et vous offrent une belle vue d'ensemble de la capitale égyptienne.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   15 avril 2020
12 novembre 2000

(...) Le rétro est l'outil de base qui vous permet de vous faufiler entre la charrette tirée par âne, le taxi collectif en urgence méthodique, l'autobus éreinté dont les pneus fument sous la charge et la Mercedes de l'ambassadeur. (...)
La seconde raison est que personne n'a trouvé au rétroviseur d'autre fonction. La circulation est toute tournée vers l'avant. Il ne se passe rien derrière. (...) Ce qui est derrière moi est de peu d'intérêt-je le sais, j'en viens.
Conduire au Caire, c'est fuir. (Seuil, 2004, p. 13)
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VALENTYNEVALENTYNE   12 février 2013
18 mars 2001
Mahmoud aime les animaux. C’est pour cette raison qu’il n’a pas été à l’école et qu’il a préféré rester dans la palmeraie. Maintenant , il a trente ans, deux enfants et des chevaux : la petite jument noire qui danse avec son poulain, la grande blanche, l’alezane, la baie et la petite grise qui est folle comme un lapin. Il passe ses journées à les bichonner.
Il est célèbre dans la région car, contrairement au loueurs de Gizeh, il ne bat pas les chevaux. Il les dresse en leur parlant et en riant avec eux.
Il a également une petite chamelle de cinq mois avec laquelle il joue au jeu des baisers. D’aussi loin qu’elle le voit, elle vient à lui pour l’embrasser sur la bouche. Ils s’embrassent et se câlinent. Elle râpe sa grande tête contre sa courte barbe, elle lui arrache ses lunettes noires de ses longues lèvres souples. Elle frotte son cou contre son dos et le pousse de la tête entre les palmiers. Elle s’agenouille devant lui au moindre « clic ».En lui caressant la joue, il m’explique avec son irrésistible sourire qu’elle s’appelle « Kebab » et qu’il la tuera pour ramadan avant que sa viande ne soit trop dure.
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urbanbikeurbanbike   16 février 2010
27 février 2001

À ses heures perdues, le général qui occupe le poste capital du contrôle des passeports et des visas pour toute l'Égypte, le gris monsieur rond au front plissé, compose de la musique classique. Il a appris la composition par correspondance.
Nous sommes donc conviés à l'Opéra pour écouter l'orchestre à cordes jouer ses dernières pièces.
Vu du fond, l'auditoire se présente comme une muraille de dos massifs et sombres : un Gabin, un Ventura, un Depardieu, un Gabin, un Ventura, un Depardieu…
Je suis souvent allé aux générales mais je n'ai jamais vu un parterre d'amis aussi massifs et aussi célibataires que ceux du général.
Vues de face, les choses ne s'arrangent pas et nous sommes carrément dans Les Tontons flingueurs. Les fauteuils paraissent bien étroits.
C'est un soir à faire des mauvais coups : il n 'y a plus un flic en ville.
Le général-compositeur ne cesse de serrer des mains, de répondre aux questions de la télévision. On le guide enfin au premier rang et le chef lance sa musique. C'est un aimable sirop pour violons fait de morceaux du genre de ce qu'on entend au rayon confitures du supermarché. Le général a l'âme sensible et « artiste », on ne l'aurait pas juré. Pour un peu, les malabars se tamponneraient les yeux. En tout cas, ils se régalent et reprennent de tout. À coups de bis et de ter, voilà encore une soirée oubliable qui avance loin dans la nuit.
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fanfanouche24fanfanouche24   15 avril 2020
2 novembre 2000

Le Caire appartient aux chats.
Ils ont traversé les dynasties, intacts. On les voit identiques à leurs statues, élancés, étroits, vifs, petits, surmontés de grandes oreilles. Ils n'ont pas de choix, la vivacité est leur minimum de survie. Il n'y a pas de place pour les lents sur les trottoirs du Caire. (p.11)
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fanfanouche24fanfanouche24   16 avril 2020
8 mars 2001

(...) Le dehors et le dedans ne sont pas des entités contradictoires. On passe de l'un à l'autre sans ôter son chapeau. Il n'y a pas entre eux de porte ou de vitre.
Il faut aller dans les quartiers riches pour retrouver l'usage des cloisons et l'empilement des cubes. Ailleurs, le monde déborde. (p. 77)
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Paul Fournel Jeune-Vieille éditions P.O.L : où Paul Fournel tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre "Jeune-Vieille", et où il est notamment question des relations entre une autrice et son éditeur, de l'édition et du cinéma, des agents littéraires et de Saint-Germain-des-Prés, de l'évolution de l'édition, de "La Liseuse" et de "Jason Murphy", deux précédents livres de Paul Fournel, des éditeurs Jean-Marc Roberts, Paul Otchakovsky-Laurens, Jean-Claude Fasquelle et Robert Dubois, à l'occasion de la parution de "Jeune-Vieille" aux éditions P.O.L, à Paris le 18 mars 2021 "Geneviève se souvient de tous les moments où son désir d'écrire a grandi avec elle, avec la petite fille turbulente, avec la jeune amoureuse cinéphile, avec l'étudiante maladroite et la femme pressée. Son rêve est accompli : elle écrit. Elle publie des livres. Elle a un grand éditeur, Robert Dubois, qui est devenu l'homme le plus important de sa vie. Il n'est pas un mari, il n'est pas un amoureux, il n'est pas un parent, il n'est pas un confident, il est son éditeur. Et elle va le trahir."
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