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ISBN : 2757803611
Éditeur : Seuil (08/03/2007)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 29 notes)
Résumé :
De novembre 2000 à juin 2003, j'ai vécu au Caire.
Cinq fois par semaine, chaque petit matin et sans jamais faillir pendant plus de cinq cents jours, j'ai donné des nouvelles à quatre-vingt-dix-huit amis. Je me levais tôt. J'écrivais à la main. Je tapais sur mon écran. J'envoyais. Sans me retourner, sans me lire ni me relire. Le reste du jour, je me tenais sur le qui-vive, guettant la chose vue, vécue ou entendue, qui serait le "poil de cairote" du lendemain.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
canel
  26 juillet 2012
--- EXCELLENT !
Heureusement que je n'avais pas vu que Paul Fournel présidait l'Oulipo : j'aurais fui, de peur de ne rien comprendre. Et j'aurais eu tort ! Tout est limpide ici et sans prétention : il s'agit d'un carnet de voyage, un recueil des mails quasi-quotidiens envoyés par l'auteur à une centaine de personnes, lorsqu'il était directeur du Centre Culturel de France au Caire, de fin 2000 à mi 2003.

Le regard du chroniqueur est ouvert, acéré, drôle - comme le laisse augurer le titre - mais aussi plein de respect. Il ne juge pas, il observe et retranscrit, épiçant ses textes d'humour, grâce à son sens aigu de l'à propos. Beaucoup d'anecdotes sur la vie cairote donc (circulation anarchique, bruit, pollution, pauvreté…), certaines amusantes, d'autres plus tragiques (condition féminine, exigences religieuses, pouvoir politique... notamment).

Un portrait intéressant et instructif de la vie citadine égyptienne au tout début du XXIe siècle, quelques années avant les changements politiques en cours (?). A compléter par la lecture de l'excellent 'L'immeuble Yacoubian' de Alaa El Aswany.
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manaud
  27 juillet 2014
Ce petit livre magnifique est une sorte de carnet de voyage de Paul Fournel qui était à l'époque attaché culturel à l'ambassade de France billets, plus ou moins longs , à lire un par un, sans ennui, au contraire, à faire durer le plus longtemps possible en regrettant que le livre ou bien l'histoire (ou encore L Histoire ...ou "les histoires" de récit) s'achève avec le départ de l'auteur.
Il observe et retranscrit ce qu'et voit et ce qu'il vit, parsemant ses textes d'humour, avec un sens aigu de l'à propos et l'on se surprend à attendre la chute à la fin de chaque paragraphe.C'est donc un portrait du Caire et de l'Egypte,lors de son séjour entre 2000 et 2004, avant les évènements "du printemps arabe"sous un regard ouvert, acéré, drôle, indulgent sans prix de position politique. "Mon attention ne s'est pas porté sur les grands mouvements historiques, pas davantage sur le passé de l'Egypte, encore moins sur les mystères fumeuxqui enrobent la recherche archéologique lorsqu'elle prétend racoler le grand public."
Je reprendrai les mots de letitbe, le 15 janvier 2012: "En lisant "Taxi" vous aurez le point de vue populaire et égyptien et en lisant "Poils de Cairote" vous aurez la vision d'un résident étranger."
Voilà un livre superbe qui n'est pas sans rappeler le livre de Butor ''le Génie du lieu" avec
cette sensation d'émerveillement et de fascination qu'exerce cette ville qui déborde de vie et qui déconcerte; on peut retrouver cette phrase qui leur est commune: "je ne savais rien de l'Egypte".
Ecrivains de passage , qui n'ont qu'un désir, s'éloigner des images d'Epinal transmises par tous nos romantiques qui se sont cru obligés de faire un voyage en Egypte pour en rapporter "le mystère" ?
A lire sans crainte, c'est savoureux et ce n'est pas un guide de voyage... mais le dépaysement et le charme en sont garantis.

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patrick75
  21 avril 2012
Ce livre raconte au jour le jour, la vie des habitants du Caire durant les années 2000 à 2003 .
Paul Fournel était à l'époque attaché culturel à l'ambassade de France.
Ecrit comme un journal ce récit est plein d'anecdotes traitées avec humour.
Il y est question de moeurs, de religion...mais aussi de politique .
L'auteur n'hésite pas à dénoncer les abus du pouvoir en place.
Et déjà à l'époque on pouvait ressentir les prémices de ce qui deviendra le " printemps arabes".
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letitbe
  15 janvier 2012
Je viens de terminer "Taxi" de Khaled al Khamissi et lors de la lecture de ce très beau livre, la lecture exaltante de "Poils de Cairote" m'est revenue en mémoire.
En lisant "Taxi" vous aurez le point de vue populaire et égyptien et en lisant "Poils de Cairote" vous aurez la vision d'un résident étranger.
Ces deux livres se complètent, vous captivent et vous offrent une belle vue d'ensemble de la capitale égyptienne.
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7269
  17 septembre 2010
Livre conseillé par mon parrain, et je comprends pourquoi. le titre déjà montre le talent de l'écrivain qui brosse en qq lignes, tous les jours ou presque un portrait du Caire et de l'Egypte, durant son séjour entre 2000 et 2004. Cest petites touches impertinentes, tendres et cruelles sur le quotidien, les faits de société, les mésaventures du narrateur ou de ses fréquentations permet d'affiner l'idée que je m'étais faites de la ville avec le recueil d'El Kamini "Taxi". Idéal pour une lecture morcellée.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   12 février 2013
18 mars 2001
Mahmoud aime les animaux. C’est pour cette raison qu’il n’a pas été à l’école et qu’il a préféré rester dans la palmeraie. Maintenant , il a trente ans, deux enfants et des chevaux : la petite jument noire qui danse avec son poulain, la grande blanche, l’alezane, la baie et la petite grise qui est folle comme un lapin. Il passe ses journées à les bichonner.
Il est célèbre dans la région car, contrairement au loueurs de Gizeh, il ne bat pas les chevaux. Il les dresse en leur parlant et en riant avec eux.
Il a également une petite chamelle de cinq mois avec laquelle il joue au jeu des baisers. D’aussi loin qu’elle le voit, elle vient à lui pour l’embrasser sur la bouche. Ils s’embrassent et se câlinent. Elle râpe sa grande tête contre sa courte barbe, elle lui arrache ses lunettes noires de ses longues lèvres souples. Elle frotte son cou contre son dos et le pousse de la tête entre les palmiers. Elle s’agenouille devant lui au moindre « clic ».En lui caressant la joue, il m’explique avec son irrésistible sourire qu’elle s’appelle « Kebab » et qu’il la tuera pour ramadan avant que sa viande ne soit trop dure.
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urbanbikeurbanbike   16 février 2010
27 février 2001

À ses heures perdues, le général qui occupe le poste capital du contrôle des passeports et des visas pour toute l'Égypte, le gris monsieur rond au front plissé, compose de la musique classique. Il a appris la composition par correspondance.
Nous sommes donc conviés à l'Opéra pour écouter l'orchestre à cordes jouer ses dernières pièces.
Vu du fond, l'auditoire se présente comme une muraille de dos massifs et sombres : un Gabin, un Ventura, un Depardieu, un Gabin, un Ventura, un Depardieu…
Je suis souvent allé aux générales mais je n'ai jamais vu un parterre d'amis aussi massifs et aussi célibataires que ceux du général.
Vues de face, les choses ne s'arrangent pas et nous sommes carrément dans Les Tontons flingueurs. Les fauteuils paraissent bien étroits.
C'est un soir à faire des mauvais coups : il n 'y a plus un flic en ville.
Le général-compositeur ne cesse de serrer des mains, de répondre aux questions de la télévision. On le guide enfin au premier rang et le chef lance sa musique. C'est un aimable sirop pour violons fait de morceaux du genre de ce qu'on entend au rayon confitures du supermarché. Le général a l'âme sensible et « artiste », on ne l'aurait pas juré. Pour un peu, les malabars se tamponneraient les yeux. En tout cas, ils se régalent et reprennent de tout. À coups de bis et de ter, voilà encore une soirée oubliable qui avance loin dans la nuit.
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VALENTYNEVALENTYNE   12 février 2013
24 septembre 2002
La chaleur étant intolérable pour les hommes et les bêtes, nous sommes partis à la nuit tombée. La lune était pleine et haute et posait sur le désert un doigt bleu. Les chevaux semblaient heureux de s’étirer dans la brise du soir et d’allonger un petit galop dans la dune. Très vite le canter a tourné au Grand Prix et nous nous sommes retrouvés dix de front à nous enfoncer tête baissée dans la nuit.
Plus loin dans le noir, à l’abri d’un plateau, nous avons rejoint la carriole partie longtemps avant nous et le thé et les grillades.
De là, nous avons pu profiter des lumières de la ville et du « lumière » des pyramides (nous étions trop loin pour profiter du « son »), dans le cliquetis des mors et le pet teigneux des dromadaires. Sur le désert noir-bleu Kheops clignotaient rouge et Khephren jaunissaient, verdissait.
Le vent du désert était presque frais et tellement immense qu’il nous traversait de sa grande odeur sèche de sable.
Les doigts gras de kofta et de poulet, nous avons repris le chemin du retour.
Lorsque les chevaux ont basculé au galop dans la descente, j’ai caressé ma jument, je lui ai dit que j’avais confiance, qu’elle allait évidemment éviter les trous et les saignées, qu’elle saurait se tenir à l’abri des embûches de la nuit. Nous sommes passées en tête et j’ai fermé les yeux.
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RalasRalas   01 juillet 2014
11 mars 2001

On ne porte pas les enfants dans le dos, on ne les porte pas sur le ventre. On ne les promène pas non plus en poussette - compte tenu de l'état des trottoirs, c'est une décision sage.
On les porte à cheval sur l'épaule.
Ils embrassent le crâne de leur mère pour assurer leur position et découvrent le monde de biais sur une monture qui marche en crabe.
Lorsque leur monture traverse en courant la rue, zigzaguant entre les voitures, ils trottent, rient et crient de plaisir. (p. 77)

22 octobre 2001

Notre réfrigérateur marche mal. Deux ouvriers viennent pour le réparer. Il faut changer le thermostat.
Méthodiquement, ils entreprennent de vider le frigo de son contenu. Ils sortent soigneusement les légumes et les alignent. Ils sortent les fromages et les yaourts, ils sortent la salade de fruits et ils s’arrêtent.
Il y a une bouteille de bière et une bouteille de vin blanc. Aucun des deux ne veut les toucher.
C'est le grand Abbas, notre bawab tueur de rats qui les empoigne.
Je n'ai pas vu lequel des trois avait rangé le saucisson sur la desserte. (p. 157)
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patrick75patrick75   17 novembre 2011
Martine s'énerve, ce qui n'est pas dans ses habitudes.Le taxi nous promène une demi-heure, manifestement égaré.Il ne veut pas admettre qu'il est perdu, ce serait manquer de courtoisie et perdre sa dignité.
Nous repassons pourtant pour la troisième fois au même endroit.
Martine le lui fait remarquer:" Si vous ne savez pas ou vous êtes et ou vous allez,
arrêtez vous au moins deux minutes pour regarder le plan !"
Elle saisit le bouquin sur le tableau de bord et le lui tend.
C'est le Coran.
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Vidéo de Paul Fournel
Paul Fournel le Bel Appétit éditions P.O.L : Où Paul Fournel tente de dire de quoi sont composés les poèmes du "Bel Appétit", et où il est question notamment de la forme et du fond, de blanquette et de fromage, de recettes et de souvenirs, de vélo et de Sancerre, de terine et de rondel, de manger et de faire à manger, de l'OULIPO, de Pierre Gagnaire et de Troisgros, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L, de "Le Bel appétit" à Paris le 27 mai 2015 "La recette de cuisine n?est pas le plat, mais elle est la mémoire du plat et sa potentialité. Entre les deux, s?agite le cuisinier qui respecte ou qui transgresse, qui routine ou qui crée. La forme est la mémoire du poème. Entre les deux, s?escrime le poète qui respecte ou qui transgresse, qui routine ou qui crée. Les poèmes réunis dans le Bel Appétit sont des poèmes de table, des souvenirs de sauces, des parfums de ragoûts, des caresses de fruits. Ils sont improvisés selon les trouvailles du marché ou bien ce sont des recettes anciennes, rondel, villanelle, pantoum, terrine, sonnet, étreinte, ballade, comme autant de légumes dans le pot du Bel Appétit."
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