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EAN : 9782020257190
189 pages
Seuil (01/01/1997)
3.73/5   11 notes
Résumé :
Un homme regarde une femme. Une femme aimée qui est aussi, et avant tout, une actrice. Il la regarde jouer, attendre, répéter, espérer, mentir comme son métier l'exige, faire bonne ou mauvaise figure. Lui n'a pas d'autre rôle à jouer, pas de ligne à apprendre. Il la regarde pour mieux la garder.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  01 août 2015
"Amour pivoine
Partout je cherche ce qui prolonge ton image. Regarder un buisson, le soir, Est-ce encore te regarder ?
Regarder la mouette, Est-ce encore te voir toi ?" (p.183)

Un texte généreux, poétique, cru, léger, grave.... toutes les émotions et tous les bouleversements provoqués par l'amour du narrateur pour la femme adorée. De courts chapitres d'une à deux pages.... tour à tour romantiques ou très quotidiens, mais toujours empreints de poésie et d'un amour tout aussi magnifié, intense, que complexe, douloureux...Celui d'un écrivain pour une comédienne exigeante et parfois habitée par des périodes de doutes destructeurs...
Un sujet banal: un homme aime une femme... "Un homme regarde une femme", sa femme... et c'est la force de ce regard que Paul Fournel sait faire vivre, vibrer auprès du lecteur !
Je me laisse tenter par la transcription de deux extraits, qui offre un petit aperçu de la variété du ton, une musique prenante et lancinante, qui m'a emportée !...


"Un coup de vide

La pile de tes livres est intacte à côté de ta table de nuit. Je sais que tu avais commencé les deux du dessus. Je vais les lire. S'ils sont vraiment passionnants, je garde espoir.
J'aime gémir quand j'ai des petites peines. Les grosses , je les porte, muet.
Le vide de toi commence au milieu du ventre, juste sous le sternum, ensuite il me prend le sexe et le scrotum d'une seule poigne et tourne. C'est le mal de toi" (p.102)


"La débauche
Mon regard sur toi est une vraie débauche. Il ne procède d'aucun plan et ne précède aucune réalisation. Tu n'es pas l'objet de ma thèse, je n'ai pas sur toi de projet biographique, ni d'étude esthétique, psychologique ou technique.
Je ne veux pas faire trace de toi. Mon regard est une pure débauche. J'ai passé la journée entière assis en face de toi dans le train et, lorsque nous nous installons dans notre hôtel près de la piazza Navona, mon premier bonheur est de tomber dans un fauteuil pour te regarder investir la chambre." (p.145)
Du premier regard, à la magie de la vie partagée, la fusion des corps et des têtes... jusqu'à l'ultime douleur de la rupture, du désamour. Un très beau texte déniché par hasard à ma médiathèque, dans les "fatidiques" boites de livres, "rayés des inventaires"... destinés au mieux, aux lecteurs curieux et fouineurs, et au pire, à l'horrible pilon !!!
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saphoo
  21 janvier 2016
Petit livre ni roman ni récit juste un livre ouvert sur le regard d'un homme sur sa femme actrice. Il partage ce regard d'un quotidien amoureux, les travers aussi d'une vie de couple. Cette actrice qui vit très mal le vieillissement et ce qui peut suivre dans un tel métier. Elle est belle, le sera-t-elle encore suffisamment avec l'âge. Tous ses états âmes sont retranscrits par le regard de son homme.
Petits mots, petits textes, comme des poèmes en offrande. C'est agréable mais parfois un peu trop redondant. Agréable, original mais sans plus.
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DidierLarepe
  01 novembre 2015
Il y a très longtemps que je l'ai lu, 20 ans, je ne m'en souviens que comme un poème et elle ne l'avait pas aimé. Il faudrait peut-être le relire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   31 juillet 2015
Séparés, je te regarde.

(...)lorsque tu t'éloignes, c'est comme si je changeais de continent. Je subis un décalage horaire. A peine rentré du bureau, je joue le rôle de l'homme seul, celui qui enfile des pantoufles et un vieux pyjama. Celui qui, à dix-neuf heures trente, met à chauffer une crêpe surgelée dans sa poêle Téfal, qui vide un fond de bouteille de bordeaux et croque une pomme canada. La maison est tellement silencieuse que la pomme craque dans ma tête. (p.40)
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fanfanouche24fanfanouche24   22 janvier 2015
Je te regarde faire un métier impossible. Celui-là même qui te rend malheureuse quand tu ne le fais pas et malheureuse encore quand tu le fais. Toujours l'essentiel t'échappe. Tu attends. Je vois comment l'attente te remplit et te creuse. (p.116)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 août 2015
La débauche

Mon regard sur toi est une vraie débauche. Il ne procède d'aucun plan et ne précède aucune réalisation. Tu n'es pas l'objet de ma thèse, je n'ai pas sur toi de projet biographique, ni d'étude esthétique, psychologique ou technique.
Je ne veux pas faire trace de toi. Mon regard est une pure débauche. J'ai passé la journée entière assis en face de toi dans le train et, lorsque nous nous installons dans notre hôtel près de la piazza Navona, mon premier bonheur est de tomber dans un fauteuil pour te regarder investir la chambre.(p.145)
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fanfanouche24fanfanouche24   31 juillet 2015
Fin de jour

Il serait vain, bien entendu, de te photographier, de te filmer, de te peindre. Il serait vain d'entreprendre naïvement de te décrire comme on le ferait du personnage d'un roman. Je m'essaie pourtant à tout cela en cachette. Je le fais surtout ces jours gris où je dois m'éloigner volontairement de toi, pour mieux te voir et t'aimer, ces jours où ta présence éblouit mon attention, où je voudrais être en paix avec toi-même et tout à la fois loin de toi. (p.168)
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fanfanouche24fanfanouche24   31 juillet 2015
Un bout de chemin

Là, j'ai senti que tu me prenais vraiment pour amant. tu me serrais fort contre ton ventre, tu te moquais d'être aimée, mais tu voulais que cela dure longtemps; Tu voulais entre nous quelque chose d'interminable comme une histoire d'avant les romans qui finissent, quelque chose qui rebondisse dans l'oasis, me disais-tu, et qui aille se perdre dans le sable. (...)
Tu aimais les histoires d'amour, tu m'aimais et ton sentiment était neuf. (p.42)
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Paul Fournel - Attends voir - éditions P.O.L : où PaulFournel tente de dire de quoi et comment est composé son livre "Attends voir" à l'occasion de sa parution aux éditions P.O. L, à Paris le 19 février 2022. "Pendant longtemps on a cru que le méchant était Ray Duluc. Il faut dire qu'il avait le profil : des meurtres, des vols de pâtisseries (cookies, flans), des faux en écriture, des rôdes sur le darknet et les sorties d'école. Ce n'était pas exactement un bon bougre. Mais comme a dit la cheffe : « Ça n'en fait pas pour autant un coupable – en tout cas pas coupable de ça. »"
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