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Critique de Mamy_Poppins


Ce roman (très) noir choral est porté par trois voix :
- celle de JQ, le flic acharné, qui ne se fait plus beaucoup d'illusions sur l'humain mais qui pourtant a encore envie de croire que la rédemption existe ;
- celle de DeAndre, l'ado dont l'existence est toute tracée, dans une inéluctabilité mortifère contre laquelle il lutte grâce au sport ;
- celle de Sam, gamin abusé, négligé et maltraité, d'une sensibilité lumineuse et qui apprend la résilience par le biais de la littérature et de l'écriture.
Ces trois personnages, très bien dépeints et auxquels on croit et on s'attache dès les premières pages, vont et viennent dans une ville sinistrée économiquement. Avec une âpreté désenchantée, ils luttent pour leur survie, comme ils le peuvent, avec le peu d'armes à leur disposition.
David Fournier brosse avec justesse le portrait d'une population oubliée, abandonnée. C'est Detroit, mais cela pourrait être de nombreuses villes des USA et d'ailleurs. Sans pathos excessif, sans voyeurisme malsain, il nous propose un voyage amer dans les âmes des ces gosses paumés, que la société toute entière rejette. Malgré la présence d'adultes déterminés comme JQ, qui préfèrent se vouer corps et âme à maintenir un semblant de civilisation, plutôt que de fuir, l'histoire de Sam et de DeAndre ne peut pas bien finir. La faute à leur naissance, sans doute, à la fange gluante où ils s'enlisent, faite de violence et de désespoir.
Malgré le propos très sombre et l'intrigue presque prédestinée, des ilots d'espoir et de positivité subsistent ici et là. Malgré une ambiance plombée par des thèmes terribles (culpabilité, mauvais choix, mort...), 9339 Elsa Street reste un roman lumineux. Lumineux car il véhicule des messages forts et pleins d'empathie, lumineux car l'auteur sait se retirer avec humilité pour laisser la place à ses personnages, sans cabotiner.
Après lecture, il laisse derrière lui des émotions très fortes et nous pousse à l'introspection : qu'aurions-nous fait, nous ?

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