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EAN : 9782757886359
512 pages
Éditeur : Points (08/10/2020)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 110 notes)
Résumé :
En quelques décennies, tout a changé. La France, à l'heure des gilets jaunes, n'a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Or la dynamique de cette métamorphose révèle un archipel d'îles s'ignorant les unes les autres.

Le socle de la France d'autrefois, sa matrice catho-républicaine, s'est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d'abord les conséquences anthropologiques et culturelles... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  05 mai 2019
Mon Dieu ! Que de chiffres, de pourcentages, d'abscisses et d'ordonnées, de graphiques colorés, de courbes, de points d'intersection… Toute une population de gaulois réfractaires mise en coupe réglée. Prodigieux travail même si parfois le tournis m'a pris. Jérôme Fourquet nous montre avec beaucoup d'acuité comment notre nation une et indivisible s'est transformée en quelques décennies en une nation multiple et divisée. le référentiel commun qui nous soudait et existait encore du temps de mon enfance, celui d'une France conservatrice et catho d'un côté et d'une France rouge de l'autre, s'est effondré face aux coups de boutoirs de l'évolution des moeurs, de l'individualisme, de l'immigration massive et de la mondialisation. En 2019, la société française est devenue totalement hétérogène. Elle est désormais constituée d'un archipel d'îles plus ou moins grandes, certaines conquérantes, d'autres en voie de disparition, s'ignorant « les unes des autres »
« Halalisation » des quartiers de banlieue victime de ségrégation ethnoculturelle, paupérisation de certains territoires, regroupement des élites dans les grands centres urbains, chacun vit sur son île, pratiquant l'entre-soi et le grégarisme.
L'élection présidentielle de 2017, où les clivages gauche/droite ont été balayés, est la première traduction politique d'ampleur de ces bouleversements. Nous avons en effet assisté à la confrontation brutale entre deux Frances, deux îles, qui ne se voient plus et se comprennent encore moins. Nous avons la France (ou l'île…) des « gagnants/ouverts » composée de l'élite, de cadres +++, adaptés à la mondialisation, favorables à l'Europe et à l'ouverture des frontières. Ils ont envahi les grands centres urbains, et leur mode de vie comme leur idéologie les éloignent du reste de la nation. Puis nous avons la France (ou l'île) des « perdants/fermés », celle des déclassés, des humiliés de la mondialisation qui vivotent dans des déserts culturels, administratifs et économiques. Ceux-là ne sont guère européens et voient dans le rétablissement des frontières une forme de protection. le mouvement des gilets jaunes, mouvement intrinsèquement violent, d'un nihilisme tapageur, un jour récupéré par l'extrême droite, un autre par l'extrême gauche, est la simple prolongation de cette confrontation et la preuve par A plus B que les élites sont déconnectées de leur réalité.
Aujourd'hui, les partis politiques, de la LFI, le RN à LAREM, par intérêt, par calcul, par paresse idéologique aussi, se positionnent en fonction de ces deux Frances. Même si j'ai fait mon choix, je n'en suis pas satisfait pour autant. C'est que je l'aime, mon pays ! et ça me fait mal au coeur de le voir se déchirer, se haïr, se fragmenter, se disloquer, se dissoudre, tomber en quenouille. Les conclusions de Jérôme Fourquet son hâtives et guère optimistes. Eh bien, moi, ne vous en déplaise, je veux encore rêver d'une grande et ambitieuse destinée commune.
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cascasimir
  13 mars 2019
Violences entre groupes ethniques d'immigrés, (maghrébins contre roumains...) dans les banlieues et villes de province...

L'auteur est directeur des études à l'Ifop. Et, si les sondages ethniques sont interdits, il a réussi, par recoupements, à dégager des clivages entre les Français (différences de classes, d'opinions et de croyances...)

Dans ses voeux fin 2017, E.Macron souhaitait la cohésion sociale pour la France, (on vu la suite...) à travers la victoire des Bleus, l'hommage rendu au colonel Beltram, et même l'adieu à Johnny, à l'église de la Madeleine!

J.Fourquet nous parle de la divergence des valeurs, en France. Clivage dans les croyances religieuses: la baisse des baptêmes, et du nombre de prêtres catholiques (moins 47%). Clivage de valeurs: dans les années 80, les personnes sondées déclaraient, face aux enquêteurs, que l'homosexualité était soit une perversion, soit une maladie mentale.
En 2013, moins de 5% pense cela! Et leur attitude change envers la PMA.

Clivage social : les enfants des classes favorisées vont étudier à l'international, alors que ceux de la France profonde, des banlieues et de la campagne ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais. Macron parle couramment l'anglais, à la différence de ses prédécesseurs.
Il y a un hiatus entre ses "premiers de cordée" et le reste de la population. Des gagnants et des perdants! Bordeaux est devenu l'épicentre du mouvement des gilets jaunes, car la ville de Juppé a subi une hausse énorme des loyers, en 20 ans..

Clivage culturel: une évolution des prénoms, car Marie n'est plus usitée, au profit des prénoms anglo-saxons, comme Kevin ou Brandon, ou au profit des prénoms arabo-musulmans...L'auteur souligne, que dans le Nord, les prénoms des enfants polonais ont disparu en une génération, et sont devenus des prénoms "catholiques", et communs à la culture de la France. Contrairement à ceux du Moyen Orient, bien que les parents connaissent le racisme et la xénophobie en France. C'est une contre réaction qui affirme ses propres convictions. Hélas, M.Le Pen et ses acolytes se sont empressés de surfer, sur cette différence de valeurs!

La cohésion sociale du Catholicisme et du clivage gauche-droite s'est perdue, à travers la montée de ces nouveaux courants.
La question se pose: que peuvent faire les hommes politiques, avant que toutes ces différences ne submergent, comme une marée montante, tout l'archipel français ???
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Arimbo
  04 octobre 2020

On dit que l'on peut faire tout dire aux chiffres. Mais quand ils sont présentés par Jérôme Fourquet, le Directeur du Département Opinion à l'IFOP, que celui-ci s'appuie sur des données multiples de nombreux sondages, d'analyses fouillées de l'INSEE, que ces chiffres sont argumentés avec beaucoup de précautions, de nuances, alors on obtient un ouvrage remarquable et passionnant, une véritable photographie en haute définition de notre société française, une analyse détaillée de sa fragmentation et des conséquences de celle-ci sur notre paysage politique.
Le livre se divise en 3 parties.
Dans une première, l'auteur nous montre que la "matrice" catholique qui contribuait fortement à la structuration de la société française s'est effondrée à partir des années 1950-1960, et nous décrit les différents signes de ce qu'il nomme un basculement anthropologique, caractérisé entre autres, par la reconfiguration des structures familiales (baisse des mariages, hausse des divorces, prédominance des couples non mariés), par l'acceptabilité majoritaire de l'IVG et de l'homosexualité, par un nouveau rapport au corps (hausse des pratiques d'incinération, de tatouage, ...), et par le développement de la cause animale.
Dans une deuxième partie, l'auteur montre comment la société française s'est fragmentée depuis cinquante ans.
Il y a d'abord la disparition de l'église "rouge" qu'était le parti communiste, contrepoids au bloc catholique.
Il y a surtout le développement de l'individualisme dont témoigne par exemple la multiplication des prénoms rares, le déclin des grands médias et le recours de plus en plus important aux réseaux sociaux, générateurs de fake-news propagatrices de théories du complot, surtout chez les jeunes.
Puis, c'est le tableau, pas forcément joyeux, de notre société "archipellisée" qui nous est peint:
- des élites diplômées de l'enseignement supérieur (CSP+) qui vivent dans l'entre-soi au sein des centres des grandes agglomérations, déconnectées du reste de la population;
- des classes moyennes et populaires, moins ou pas diplômées, souvent affectées par la mondialisation, qui vivent dans la périphérie des grandes villes, dans les petites villes de province, et dans le monde rural;
- des identités régionales bretonnes et corses persistantes et qui se sont renforcées en ce qui concerne la Corse;
- et puis un grand nombre de pages est consacré à la population arabo-musulmane. L'analyse est très fouillée, très nuancée, et cela vaut le coup de lire ces pages. Elles nous montrent la dynamique démographique, la géographie particulière, surprenante, de l'implantation de cette population; des preuves à la fois de l'intégration, notamment professionnelle, de cette population mais aussi des signes identitaires pas forcément problématiques comme le choix des prénoms, mais d'autres à rebours du reste de la société française tels la pression sur les femmes et les filles concernant l'endogamie, ou plus inquiétants comme la virginité avant le mariage, et ceci, comme l'on pouvait s'y attendre dans les quartiers où la proportion de cette population est importante, et chez ceux qui pratiquent la religion, mais, moins attendu et préoccupant, plus marqué les plus jeunes.
Et puis, l'auteur nous montre comment très souvent, quartiers arabo- musulmans, ou d'immigration sub-saharienne, cumulent pauvreté, trafic de drogue, et apartheid scolaire, contribuant de façon saisissante à une fragmentation d'une ville, même moyenne, comme Compiègne ou Carcassonne.
La troisième partie est consacrée au basculement idéologique et électoral de ces 30 dernières années.
L'auteur y identifie trois années "clés": 1983 où deviennent visibles simultanément Beurs et FN, 2005 et le non au référendum européen, 2015 et les attentats qui révèlent que tout le monde n'a pas été Charlie.
Sans entrer dans les détails, la suite, qui analyse de façon exhaustive, chiffres à l'appui, l'évolution du paysage électoral, montrent, si on veut faire simple, la disparition de l'antagonisme droite-gauche au profit d'une division selon le niveau d'éducation et d'ascension sociale, et selon la géographie, entre un bloc de "gagnants", BAC +3 majoritairement, cadres supérieurs ou moyens, ouverts sur le monde, pro-européens, flexibles et ouverts aux changements sociétaux, et majoritairement urbains, et un autre bloc de "perdants", ouvriers, employés, instituteurs, mais aussi dans une certaine mesure, petits artisans, commerçants, donnant la préférence à la France plutôt qu'à l'Europe et au monde, et vivant à distance des grands centres urbains.
Dans les premiers, on trouve ceux qui ont voté Macron à la présidentielle, dans les seconds la majorité de ceux qui ont voté le Pen.
Cette argumentation fondée sur de nombreux chiffres et schémas, et que l'auteur nuance en analysant aussi le vote pour La France Insoumise, le vote socialiste et LR, est absolument passionnante, car elle montre une France divisée sur le plan électoral selon le niveau d'éducation et la géographie, et dans laquelle la population arabo-musulmane se retrouve dans les deux blocs, même si, au sein du bloc "perdant" le vote France Insoumise y est prépondérant.
La conclusion est plutôt pessimiste sur les potentialités d'éclatement de cet archipel français, que l'auteur trouve incapable de retrouver une unité.
Je trouve ce constat un peu sévère. Un corps social ne peut être homogène, et il y a eu par le passé des oppositions très fortes, que l'on songe aux grèves de 1936, à mai 68. Et on peut noter une France plus homogène que l'Espagne avec la volonté de sécession de la Catalogne, et relever aussi l'antagonisme Flandre-Wallonie en Belgique, Ecosse-Angleterre au Royaume Uni, l'opposition entre Italie du Nord et du Sud, entre ex-RFA et RDA.
Mais j'approuve ses arguments sur l'incertitude quant à l'avenir, fondés sur de l'arrivée dans le corps électoral des tranches d'âges plus jeunes, plus sensibles aux Fake-News, et le départ des plus âgées!
Il faut noter que ce livre est paru en mars 2019, et que depuis, les élections municipales ont montré une forte poussée du parti écologiste, en particulier dans les grandes villes, celle des "gagnants". Est-ce que la prise de conscience du péril climatique, de la perte de biodiversité, de l'importance du "local" face à une mondialisation nous amenant de méchants virus, va encore changer les comportements électoraux des français, ou mieux, on peut rêver, fédérer le pays, voire l'Europe, dans une lutte contre le réchauffement climatique?
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tristantristan
  29 mai 2019
Prêté par un ami, électeur de M.Emmanuel Macron, ce document m'a énormément déçu. Contrairement à ce qui est annoncé en couverture et en 4ème, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une rationalisation à posteriori de l'élection de M. Macron en 2017. Une seule ligne, une seule voie, unique et univoque tend ces 380 pages: justifier, légitimer une victoire (qui avait déjà annoncée un an avant même qu'il ne soit candidat) énoncée comme évidente, logique, saine et salvatrice. Qu'importe cela, mais 380 pages et des milliers de chiffres pour seulement ça, rend la lecture indigeste. D'autant plus que les chiffres, on peut leur faire dire ce que l'on veut, n'importe quoi. Ainsi, l'auteur, chiffres à l'appui, prétend que la perte de vitesse de l'église catholique justifie, explique, légitime les tatouages, les mariages unisexes, les supermarchés ouverts le dimanche, les ivg . Avec les mêmes chiffres on aurait pu tout aussi bien asséner, et de manière tout aussi contestable, que Dieu a été assassiné par le capital et remplacé par l'argent et que les manifestations évoquées ci-dessus ne sont que des manifestations de la société de consommation triomphante. Idem pour les prénoms "arabo-musulmans" au bout de la x ème génération et la baisse du nombre de "Mohamed" (comparés à la chute des "Marie", comme manifestation de la décrépitude du phénomène religieux (!!!???) consacrés par "le choix des prénoms traduit la persistance d'une forte singularité culturelle". Tout aussi bien, avec les mêmes chiffres on aurait pu se demander pourquoi les fils d'italiens, d'espagnols, d'arméniens, ne s'appellent plus Luigi, Carlos ou Achod dès la 1ère génération.
L'auteur maltraite le lecteur avec une profusion de "Au plan" alors qu'en langue française "Sur le plan" est l'expression légitime. Peut-être veut il nous annoncer la mort de cette langue. Des chiffres...vite!
Si vous lisez ce livre en ayant présent à l'esprit le fil rouge qui le tend peut-être y verrez-vous, vous aussi une voie unique, un sens unique.
Ou bien même un contre sens.
Simple opinion d'un simple lecteur qui ne compte pas
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Aela
  17 avril 2019
L'archipel, en géographie, est un ensemble d'îles relativement proches les unes des autres. A l'image de cette donnée géographique, Jérôme Fouquet, directeur du département Opinion à l'IFOP, dresse le portrait d'une société française morcelée, divisée, composée de différents groupes qui se côtoient mais ne partagent pas forcément le même mode de vie ou la même vision du monde.
Certes dans le passé on avait des différenciations au sein de la société: ainsi on pouvait parler des langues régionales, on connaissait un clivage population citadine/ population rurale mais il y avait une matrice commune, un référentiel commun catho-laïque. Cette matrice tend à s'effilocher, processus qui s'accélère depuis plusieurs années.
On entre ainsi selon l'auteur dans une dynamique de fragmentation, qui se manifeste par exemple par le nombre croissant de prénoms "identitaires" donnés aux nouveau-nés.
Parallélement à ceci, un "basculement civilisationnel" semble s'opérer, qui se manifeste par exemple par un nouveau rapport au corps (exemple: l'essor de la pratique du tatouage, la "vogue" de l'incinération ..) un nouveau rapport à l'animal (volonté de donner des droits aux animaux...)
Explosion des réflexes communautaires, individualisme marqué, manque de référence à la nation.. voilà des marques importantes observées avec un virage qui date selon l'auteur, de 2005, moment où le vote sur la constitution européenne a vu le "non" l'emporter.
L'analyse de l'auteur porte beaucoup sur la "sécession des élites", très mal ressentie par la "base".
Les diplômés de l'enseignement supérieur peuvent ainsi "vivre entre eux", marquant un monde divisé, selon les propos récents de Boris Cyrulnik, entre "ceux qui lisent et ceux qui ne lisent pas."
Fin du brassage social qu'on pouvait avoir avec les colonies de vacances d'antan, fin du service militaire, expatriation des élites..tout cela concourt à créer du ressentiment dans les catégories populaires qui réagissent en créant leur propre culture.
Au niveau régional, de grandes disparités de vote, comme le montrent les différentes cartes électorales déployées dans le livre: il s'avère que le quart nord-est du pays semble être entré, depuis 2005, en "dissidence idéologique" selon les propres terme de l'auteur, ce qui se manifeste aux différentes élections par le poids important des partis extrémistes dans ces régions, à rapprocher avec les difficultés économiques rencontrées par ces régions en reconversion..)
Le clivage Gauche/ Droite semble dépassé et on irait plutôt selon Jérôme Fourquet, vers un clivage "gagnants ouverts à la mondialisation"/ "perdants fermés à la mondialisation et aux transformations".
Tout cela dans un contexte de développement de réflexes de repli chez certaines communautés qui se sentent à l'écart des progrès sociaux.
Des communautés religieuses qui se mélangent de moins en moins et qui peuvent se cristalliser sur des points "traditionnels" (rôle de la femme..éducation...)
Dans ce contexte, beaucoup de Français ne se reconnaissent plus dans les choix définis par une élite de plus en plus "internationalisée", d'où l'essor de certains mouvements comme celui des gilets jaunes.
La France, une nation multiple et divisée? C'est la question qui se pose à la fin de la lecture de ce passionnant ouvrage.
L'exposé est très pédagogique, et illustré par de nombreuses cartes, tableaux et graphiques originaux réalisés par Sylvain Manternach.
La démarche d'ensemble est fondée sur la combinaison originale de différents outils (sondages, analyse des prénoms, géographie électorale…), visant à restituer de façon vivante les enseignements spectaculaires de cette exploration inédite de la société française.
Un très bon ouvrage de référence...
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critiques presse (3)
LeMonde   01 avril 2019
En mettant en perspective les bouleversements qui ont transformé la société française depuis trente ans, Jérôme Fourquet démontre que le big-bang politique qu’a constitué l’élection d’Emmanuel Macron n’avait rien d’accidentel.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   01 avril 2019
L'Archipel français de Jérôme Fourquet décrit l'explosion des réflexes à la fois communautaires et individualistes au détriment d'un socle de références partagées.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos   21 mars 2019
Jérôme Fourquet, de l'Ifop, explore, chiffres à l'appui, les multiples fragmentations de la société française.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   08 avril 2019
La science politique américaine accorde une place centrale au processus d'agrégation des intérêts émanant des différents segments de la société. A travers l'élaboration d'un programme, les partis s'efforcent de bâtir des coalitions électorales, en amalgamant différents groupes sociaux aux intérêts divers, et de parvenir à maintenir cette agrégation dans la durée. Apparemment, en France, ils n'y arrivent plus. Le paysage électoral est ainsi marqué par une grande volatilité et le parti ayant remporté l'élection voit très rapidement une partie de ses soutiens se détourner de lui après seulement quelques mois d'exercice du pouvoir. Or, si notre système politique dysfonctionne et qu'il est sujet à des embardées et des secousses aussi rapprochées et brutales, cela s'explique par la fragmentation de plus en plus marquée de notre société : c'est elle qui rend l'agrégation des intérêts insurmontable. Nous sommes ainsi confrontés à un processus d'"archipelisation" croissante du corps social. De multiples lignes de faille - éducative, géographique, sociale, générationnelle, idéologique et ethnoculturelle - s'entrecroisent, engendrant autant d'îles et d'îlots plus ou moins étendus.
+ Lire la suite
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Eric76Eric76   01 mai 2019
Pour répondre à une demande croissante, toute une économie souterraine du deal s'est mise en place sur le territoire. Bien que la vente de produits stupéfiants demeure illégale, la loi du marché a abouti à la structuration d'une véritable filière professionnelle. D'après les experts, ce qu'on pourrait appeler " l'interprofession du chichon " emploierait aujourd'hui pas moins de 200 000 personnes, ce qui est considérable et classe ce secteur d'activité parmi les tout premier employeurs français - au même rang que la SNCF (200 000 salariés) mais devant EDF (160 000) ou Intermarché (130 000). L'essentiel de ces emplois clandestins sont localisés dans les quartiers sensibles et les banlieues et, dans ces territoires en difficulté, l'économie du cannabis assure un revenu à dix fois plus de personnes qu'Uber et autres compagnies de VTC (qui aurait créé 20 000 emplois selon une étude du cabinet BCG), qui sont pourtant d'importants pourvoyeurs d'emplois pour les jeunes de ces quartiers.
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Eric76Eric76   16 avril 2019
Un des ressorts majeurs de ce processus est à rechercher dans la nouvelle stratification éducative de la société, engendrée par l'augmentation très significative de la proportion de diplômés du supérieur. Pour Emmanuel Todd, cette situation a abouti au fait que, "pour la première fois, les "éduqués supérieurs" peuvent vivre entre eux, produire et consommer leur propre culture. Autrefois, écrivains et producteurs d'idéologies devaient s'adresser à la population dans son ensemble, simplement alphabétisée, ou se contenter de parler tous seuls. L'émergence de millions de consommateurs culturels de niveau supérieur autorise un processus d'involution. Le monde dit supérieur peut se refermer sur lui-même, vivre en vase clos et développer, sans s'en rendre compte, une attitude de distance et de mépris vis-à-vis des masses, du peuple et du populisme qui nait en réaction de ce mépris."
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Eric76Eric76   20 avril 2019
Le décrochage très brutal de l'influence du catholicisme observé au cours des dernières décennies constitue un fait social de première importance. Comme le souligne Emmanuel Todd : " Dans un pays comme la France, la présence d'une Eglise catholique minoritaire, mais socialement importante, donnait un sens à l'incroyance, à l'athéisme ou, comme on dit pudiquement, à l'affirmation laïque. La disparition de ce point de repère a détruit l'ensemble de l'organisation idéologique de la France." Avec le déclin accéléré du catholicisme suivi de l'effondrement de la contre-société communiste, c'est tout l'édifice idéologique de la société française qui s'est trouvé déstabilisé.
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Eric76Eric76   12 avril 2019
C’est ainsi, par exemple, qu’en dépit d’une mobilisation importante, la mouvance de la Manif pour tous n’est pas parvenue à faire obstacle à l’adoption de la loi Taubira. Le catholicisme, comme force sociologique et idéologique, n’est plus à même, en France, de peser significativement et d’emporter la décision. C’était encore le cas en 1984, quand la mobilisation de la France Catholique fit reculer la gauche sur l’école libre. En l’espace de trente ans, le processus d’érosion de l’influence du catholicisme (déjà bien amorcé) s’est donc considérablement accéléré. De force centrale et structurante, la France Catholique est devenue une minorité parmi d’autres.
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Vidéo de Jérôme Fourquet
Rencontre avec Jérôme Fourquet à l'occasion de la sortie de son livre "En immersion : enquête sur une société confinée", co-écrit avec Marie Gariazzo, aux Éditions du Seuil. Entretien avec Jean Petaux, Sciences Po Bordeaux.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2443158/jerome-fourquet-en-immersion-enquete-sur-une-societe-confinee
Notes de Musique : Free Music Archive
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