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ISBN : 9791092444391
Éditeur : l'Atelier contemporain (13/04/2016)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Un jour ou l’autre, nous éprouvons ce que des millions de personnes ont éprouvé avant nous. Nous nous effaçons dans un silence sans âge. Le même, peut-être, qui envahit le peintre vénitien Tiziano devant sa Vénus D’urbino ; le réalisateur italien Ettore Scola, au crépuscule de sa vie ; Liliane, l’héroïne d’un film de Jacques Rozier, au milieu d’une danse d’été.

Ou bien nous demeurons aussi glacés que quiconque devant l’image de l’horreur nazi.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Virgil418
  18 octobre 2017
"Tant de silence" est une oeuvre de l'atelier contemporain publié en avril 2016 abordant le grand thème du silence.
Le silence, éprouvé par des millions de personnes, puis qui nous ronge et nous fait oublier,...Celui de Scola, Giorgone et de sa Vénus, ou celui de Fourvel après le concerto numéro deux de Rachmaninov. Pour enfin, finir au silence, un jour ou l'autre en tant que disciple, père, mère, enfant, amant, humain.
Une lecture fantastique plongée de la renaissance au nazisme, pour finir par ne plus rien dire et donc au silence.
Ce qui m'a charmé dans le côté "paratexte" était la couverture, munie, habillée de ces traits fins et pure, est un véritable plongeon de ce silence.
Les dessins sont représentatifs des thèmes abordés que se soit celui de la Vénus, celui du bourreau sans visage,...
En soit, une autre façon d'explorer l'art contemporains.
Le contexte m'a touché et vraiment retenu par son côté critique historique. Giorgone qui peignit, dévoré et emporté par la peste de Venise en 1510, laissant son oeuvre inachevée.
De plus, l'intérêt est posé sur de grands peintres souvent peu abordés et sur par exemple, le travail de Tiziano après la mort de Giorgone. Alors que se soit le cinéma, les bourreaux, Ettore Scola,...Ils m'auront tous emportés ma curiosité de creuser le sujet.
J'ai retrouvé au final un sens moral déstabilisant dans notre façon de vivre au quotidien, de voir la place du bourreau dans cette société,...ou l'invention du progrès pour en revenir en hommage à la base de celui-ci. Nous n'inventons rien au final quand l'éphémère persiste.
Puis vint le style d'écriture, je pourrais la dire profonde, juste et parfaite mais cela serait enterrer certaines oeuvres ( "le soleil s'est réfugié sous les cailloux",...).
Mais je la classerai dans l'une des meilleures, certainement.
"Le silence d'un chirurgien, mécontent de lui, à la sortie du bloc opératoire"
"Le silence, sur le visage de celui qui ne connaît pas la poésie et qui découvre avec stupeur, des mots précis pour nommer sa souffrance tue."
"Le tableau le plus célèbre du monde s'intitule "Le cri".
"Le cri" le plus célèbre du monde est silencieux."
"Nous ne sommes pas des détecteurs de l'armée américaine.
Pourtant des événements ordinaires de notre existence nous contraignent en permanence à prendre des décisions sur une base d'informations incomplètes..."
Et lorsque je suis arrivé à la page septante, mon coeur s'est emballé, je me suis laissé starifier sous cette puissance.
"La musique fait de la rue, un film et de la vie, un spectacle."
C'est vraiment difficile d'exprimer le silence qui partage notre vie, et percevoir ce monde au final, silencieux.
Si cette oeuvre m'a parue compliquée à critiquer, elle fut apaisante et profonde.
Pour conclure ;
"Tant de silence" a été un livre qui m'aura surpris par son thème et constater où Fourvel allait en finir. Une oeuvre magnifique qui laisse un beau sens moral derrière, et une philosophie à la tendance silencieuse.
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Moglug
  04 octobre 2017
Quelle heureuse surprise que ces silences de Christophe Fourvel ! Et quelle difficulté que d'exprimer ici mon ressenti de lecture !
Christophe Fourvel réussit à mettre en mot tout l'indicible de nos vies – la mienne, la vôtre, celle des plus grands artistes, celle des bourreaux – l'indicible au sens propre puisque l'auteur s'attache aux silences les plus significatifs, ceux qui marquent une vie. Lorsque les mots ne viennent plus et que l'émotion emplit tout l'espace.
Entres courtes nouvelles, fragments biographiques et aphorismes, Christophe Fourvel exprime les ébranlements de l'art, les tendresses non dites, les vides, l'effroi qui ne crie plus, la musique du silence.
J'ai lu Tant de silences comme on lit de la poésie. L'objet-livre, la mise en page, les dessins de Jean-Pierre Schneider, la mise en bouche de Jean-Marie Blas de Roblès, contribuent à faire de cette lecture un moment hors du temps – une lecture suspendue. Silencieusement saisissante.
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FannySo
  24 septembre 2017
L'auteur nous propose ici une sorte d'inventaire des différents silences que l'on serait susceptibles de connaître un jour ou l'autre.
Grâce à des exemples culturels, il nous permet de saisir le sens de ce qu'il avance.
Ainsi, j'ai pu découvrir, grâce à lui, le peintre Titien et son interprétation de la Vénus de son maître Giorgone pour illustrer le fait que le silence permet de rendre hommage. le cha cha cha de Liliane dans un film en noir et blanc qui danse les yeux fixés sur la caméra, pour expliquer le fait que le regard peut exprimer une panoplie de sentiments comme si la parole n'est pas aussi indispensable qu'on voudrait nous le faire croire. Ou bien l'histoire digne d'un roman de Stephan Kouvaltchouk qui passa 57 ans reclus chez lui avec sa mère, sa tante et sa soeur par peur des Nazis, puis de l'Armée Rouge. Qui ne sortira de sa cachette que lorsque la dernière de ces femmes sera morte.
Ce livre se prête à la poésie, l'écriture est belle.
Le raisonnement de l'auteur nous fait ouvrir les yeux sur les silences de la vie : silences pour mettre un terme aux tourments que la parole peut infliger, pour taire des violences, faire en sorte d'oublier, faire comme si ça n'avait jamais existé, faire face à l'horreur d'une situation, à l'hypocrisie de la société et, des uns et des autres, entre autres...
C'est un livre court, qui se lit vite, avec quelques dessins parcemés ici et là. Vraiment trés agréable à lire.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MoglugMoglug   04 octobre 2017
Les photographies sont toutes porteuses d'un mensonge. Aucun bruit n'émane du désordre des rues, aucun son ne sort des bouches ouvertes. Un bruissement de feuilles ne résonnent pas dans la forêt ventée. Les frondaisons, les boulevards, les opprimés sont muets. Le silence est le mensonge le plus sournois de l'image, nous y adhérons un instant, subjugués, prêtant sans aucun doute un calme et une harmonie plus grande aux motifs qui fixent nos yeux. Car le monde mutique est plus proche de nos rêveries que le vrai monde et il est plus tentant de croire à nos rêveries qu'au vrai monde.
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FannySoFannySo   24 septembre 2017
Les personnages de livres, de film, nous abandonnent lorsque l'histoire est finie. Certains, pourtant, pourraient nous guider quand on ne sait pas entreprendre ce qu'eux ont su entreprendre. Nous aider à passer où nous les avons vu passer. Mais ils sont parfois aussi silencieux que des dieux.
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Virgil418Virgil418   18 octobre 2017
Nous ne sommes pas des détecteurs de l'armée américaine.
Pourtant des événements ordinaires de notre existence nous contraignent en permanence à prendre des décisions sur une base d'informations incomplètes.
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FannySoFannySo   24 septembre 2017
L'humanité sans Dieu a besoin pour survivre du sentiment de passer sur des chemins après que d'autres sont passés, avant que d'autres encore nous succèdent. Sans doute entre-t-il dans la composition du ciment qui fonde les civilisations. Nous rendons silencieusement hommage aux absents en accomplissant leurs gestes. Et le silence qui nous recouvre alors, est notre parole donnée à ceux qui ne sont plus.
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FannySoFannySo   24 septembre 2017
Je crois que le son d'une voix a le pouvoir de tourmenter jusqu'au bourreau. Je crois que l'expression " faire taire sa victime" a ce sens. [...] Faire ainsi taire celui qui, avec ce qu'il lui reste de voix, immisce son humanité vibrante dans l'effroyable intervalle de temps qui sépare le savoir indubitable de son assassinat et la survenue de sa mort. Ce silence, sauve la paix du bourreau.
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