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EAN : 9782757848036
240 pages
Éditeur : Points (16/10/2014)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 61 notes)
Résumé :

Ce récit personnel et biographique, nul mieux qu’Irène Frain ne peut prétendre le présenter : "Un jour, un journaliste m’interpelle : Vous qui êtes sortie de rien…". Quel rien ? La misère qui fut celle de mon père ? Je retourne en Bretagne.

Le fil du passé n’est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j’ignorais l’existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  21 décembre 2014
Certains intellectuels parisiens croiraient encore à l'équation "Bretonne arrivée à la capitale = Bécassine" ? Allons, allons... Parce qu'elle s'est sentie humiliée publiquement lorsqu'un journaliste l'a présentée comme 'sortie de rien', Irène Frain est partie à la recherche de ses origines paternelles. de cette quête est né ce témoignage sur le parcours de son père breton.
Cet ouvrage m'a beaucoup appris. Qu'il est bon de renoncer à ses a priori, notamment. J'avais relégué Irène Frain dans mes indésirables - une auteur de romans démagos et faciles, une femme exubérante et prétentieuse. A tort. Sa plume est élégante et simple et bien que le récit soit autobiographique, l'auteur n'englue pas le lecteur dans les méandres de l'introspection. On y découvre la vie d'un homme d'origine modeste né dans les années 1910, on apprend sur la culture et la société bretonnes (les Rouges et les Blancs, et moins connus, les Noirs - les descendants de protestants). J'ai retrouvé des points communs avec mes aïeuls de cette génération, notamment sur les années de guerre : les hommes prisonniers en Allemagne, les femmes seules avec des enfants en bas âge, les retrouvailles difficiles pour ces couples. --> « Les premiers moments d'euphorie passés, ma mère n'eut qu'un commentaire à son propos : 'Il est devenu dur'. A plusieurs reprises, dans ses courriers de la fin 1944, il l'avait prévenue : 'Tu risques de ne pas me reconnaître. Toi aussi, tu auras changé. Je ne parle pas de nos corps, mais de nos esprits. Ils ne seront plus jamais les mêmes. Il faudra nous adapter, nous comprendre.' »
A lire pour en savoir plus sur la Bretagne, sur les conditions de vie dans les milieux modestes dans les premières décennies du XXe siècle. Et parce que cet ouvrage est une belle déclaration d'amour d'une femme à son père.
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zabeth55
  06 mai 2018
Suite à une phrase d'un journaliste « Vous qui n'êtes sortie de rien », le sang d'Irène Frain ne fait qu'un tour.
Colère, humiliation, indignation…..
Et elle se lance dans la réhabilitation de ce « rien » outrageant en racontant l'histoire de son père, « dernier de dix », fils de paysan breton, prisonnier de guerre, maçon consciencieux……
Un magnifique hommage !
Se rendant à Lorient et dans les lieux où il vécut, elle trouve des témoins de l'existence de sa famille, se plonge dans les lettres et les cahiers de son père.
Pari réussi, ce n'était vraiment pas « rien » son père.
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Aela
  25 février 2018
Prise à parti par un journaliste qui l'a présentée comme "sortie de rien" lors d'une remise de prix, Irène Frain, célèbre auteure du "Nabab", "Secrets de Famille", piquée au vif, a décidé de partir à la recherche de ses origines. Une quête qui va l'amener à traverser la Bretagne et évoquer longuement la vie de son père, Jean le Pohon, le dixième et dernier enfant d'une famille modeste. La mère se retrouvant sans soutien, le jeune Jean a dû travailler très jeune et s'est retrouvé gardien de vaches (beutjul dans la famille Le Bourhis), avant de changer de métier et devenir maçon.
Au moment de revenir en ville, sur Lorient, il devra réapprendre le français, l'ayant oublié au profit du breton pendant plusieurs années.
Un grand hommage rendu à ce père volontaire, courageux, qui noircissait de notes ses carnets pendant sa captivité en Allemagne. Il apprend l'allemand pendant cette période, n'hésitant pas à choquer ses camarades prisonniers, voyant surtout ainsi la facilité de la communication avec ses geôliers.
Au travers de ce portrait haut en couleurs d'un père marqué par une enfance difficile, c'est aussi le portrait de la Bretagne de la première moitié du 20ème siècle, une Bretagne divisée entre les Rouges (les socialistes), les Blancs (les religieux) et les Noirs (ceux vivant dans les zones de forêt (les errants, les bardes, ceux qui cherchent à s'instruire). Un tableau étonnant d'une Bretagne moins connue, celle des esprits, des rochers du diable, de la poésie.
Un beau roman qui est aussi un vibrant hommage familial.
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Colchik
  24 septembre 2017
L'auteure se penche sur ses racines après l'électrochoc subi, lors de la remise d'un prix, quand un présentateur célèbre lui a dit son mérite et sa réussite, à elle sortie de rien. Plus précisément, elle s'attache à démontrer qu'elle n'est pas sortie de rien – ce rien étant la modestie de son origine sociale – puisqu'elle a eu un père aimant, au caractère bien trempé et à la dignité chevillée à l'âme. Elle a fait son chemin dans le sillon paternel, portée par la confiance que cet homme exigeant lui accordait .
Voici donc Irène Frain qui part sur les traces de l'enfance de son père, qui interroge ses cousins et les derniers témoins d'un monde disparu, celui des valets de ferme. À Cléguérec, bourg du Morbihan blotti contre la forêt de Quénécan, elle fait lentement émerger le cadre de sa jeunesse, sa révolte contre la condition faite aux plus pauvres, sa soif d'apprendre et son désir d'échapper à un destin trop vite scellé. Elle retrouve aussi l'ombre dans laquelle s'était tapie une petite communauté de protestants, fidèles à leur foi dans un environnement catholique.
Peu à peu, elle redessine les contours de ce père, coquet, amoureux, travailleur et toujours présent pour elle. de façon émouvante, elle débusque ce qui se cachait derrière le choix de son prénom. Derrière la fierté éprouvée, Irène Frain nous touche par son chagrin qui n'est pas celui de l'humiliation, mais celui de la perte d'un être aimé.
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BMSierre
  20 janvier 2014
Un titre accrocheur ce n'est pas tout mais ça interpelle le lecteur. Je n'ai pas été déçue : le récit est captivant. C'est un retour aux sources, aux coutumes et mode de vie de sa Bretagne natale et surtout un hommage à son père. A partir de documentation trouvée dans la valise de celui-ci après son décès elle essaie de remonter le temps. Elle cherche à comprendre comment son père est devenu celui qu'elle a connu. Elle découvre son caractère de lutteur, de rebelle. Aide-vacher puis maçon, il survit à sa captivité lors de la 2ème guerre mondiale grâce à ses écrits et à son apprentissage de l'allemand. Tout ce parcours de vie lui montre comment les événements ont modifié le caractère de son père. C'est autant le témoignage sur une époque que roman psychologique où toute attitude peut-être expliquée. En même temps une longue enquête lui permettra de découvrir le pourquoi de son prénom. A la fin du livre on sent l'auteur apaisé et si proche de son père. « L'espace de quelques secondes nous avons partagé, lui et moi une confiance proche de l'enfance, absolue, rayonnante. de celles qui font avancer quoi qu'il arrive ». G.B.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   17 décembre 2014
Dès ma prime enfance, j'ai su que la Bretagne était divisée en deux couleurs ennemies. Non le "gwen ha du" - blanc et noir - du drapeau breton, mais deux couleurs aussi essentielles qu'irréconciliables : les Rouges et les Blancs.
J'ai sucé ça avec le lait : interdit de fricoter avec les enfants de Blancs, le "parti des curés". Même chose pour les enfants de Blancs, pas le droit de frayer avec les filles et les fils de Rouges, ceux qui allait à "l'école du diable", l'école laïque ; ceux aussi dont les parents, aux jours d'élection, votaient "ouvrier" - personne ne disait "à gauche", dans nos milieux.
Cette farouche guerre des couleurs n'empêchait pas que les enfants de Rouges soient baptisés aussi bien que les Blancs. Ni qu'ils suivent le catéchisme et qu'à grands coups de passages à confesse ils soient admis à faire leur communion et leur confirmation : "On ne veut pas qu'ils soient embêtés plus tard quand ils se marieront", se justifiait mon père, comme la plupart des chefs de famille rouges. Ma mère enchaînait immédiatement avec l'argument massue, celui que seules les femmes étaient autorisées à proférer puisque, rouges ou blanches, elles avaient hérité avec leur sexe d'une connexion secrète avec les forces de l'au-delà : "Et puis comme ça, quand on est mort, on a le droit de passer à l'église."
Car, Rouges ou Blancs, la grande affaire de la vie, c'était la mort. Ou plutôt "l'Autre Côté", ce qu'il y avait après, le Paradis ou l'Enfer.
(p. 47-48)
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ZilizZiliz   18 décembre 2014
- années 1920 -
Depuis qu'il va à l'école, il est régulièrement assailli par l'angoisse du rejet. Ça a commencé dès la petite classe ici même, dans le périmètre sacro-saint de l'école : un matin, au beau milieu d'une phrase en français, il a lâché, sans même s'en rendre compte, trois ou quatre mots de breton. Le maître a fondu sur lui puis l'a affublé d'un sautoir auquel pendait une queue de vache.
« A toi le symbole ! »
Pas besoin de se creuser la tête pour comprendre de quelle infamie le symbole est la marque : la vie à ras de la terre et des pierres qui fut celle de ses aïeux. Puis le maître lui apprend qu'il ne pourra s'en défaire qu'en dénonçant un camarade qui, comme lui, aura laissé échapper un mot de la « langue des arriérés ».
(p. 95)
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ZilizZiliz   19 décembre 2014
Ça n'a jamais été la passion, avec Simone [ma mère]. Malgré tout, il l'a aimée, je crois. A sa façon, tout en écart. Cinq minutes de confidences, des heures de silence. Elle n'entendit que le silence. (p. 160)
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charlottelitcharlottelit   01 octobre 2016
parlant de son père :
Grâceà la maladie car il est des grâces dans la maladie,
il avait définitivement vaincu son écart.
L'espace de quelques secondes, nousavons partagé , lui et moi,
uneconfiance proche de l'enfance, absolue, rayonnante.
De celles qui font avancer, quoi qu'il arrive.
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JaclineJacline   10 janvier 2016
...ayant enfin remis en ordre les letrres de mon prénom, IRENE, etplus jamais RIENE, je peux enfin confondre ma mémoire et celle de mon père. Et par -delà, celle de toute notre lignée.
J'ai pu le critiquer, mais je n'ai pas souvenir de m'être disputée avec lui.Et chaque fois qu'on s'est retrouvés, il n'y eut pas beaucoup de mots mais la même joie.
L'espace de quelques secondes, nous avons partagé, lui et moi, une confiance proche de l'enfance, absolue, rayonnante. De celles qui font avancer, quoiqu'il arrive. De celles qui triomphent du rien.
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Vidéo de Irène Frain
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COLLECTIF BLACKBONE - COLTAN SONG Un roman d'un genre nouveau : un thriller engagé !Résumé : Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère journaliste dans un accident de la route. En triant ses affaires, elle comprend qu'Irène s'intéressait aux conditions de fabrication d'un smartphone dernière génération et à un mystérieux individu lié à cette entreprise. Et si la mort de sa mère n'était pas accidentelle ? Avec l'aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, reporter italienne, Marie reprend l'enquête et remonte la piste d'un trafic de minerais rares en Afrique. Elle apprend que son père a été assassiné avant sa naissance en Sierra Leone. Marie veut révéler au grand jour ce trafic et le nom des meurtriers de ses parents. Mais les voix de deux adolescents et d'une journaliste peuvent-elles faire le poids contre une entreprise internationale ?
Le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang » en Afrique. Roman ado dès 15 ans
Plus d'informations sur l'ouvrage ici : https://www.nathan.fr/catalogue/fiche-produit.asp?ean13=9782092591086
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