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ISBN : 2072877997
Éditeur : Gallimard (09/01/2020)
Résumé :
Sartre écrit, dans Plaidoyer pour les intellectuels, que l'intellectuel est perçu comme celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, quand Beauvoir - cela saute aux yeux - se mêle de ce qui la regarde, dans ses livres sur le Deuxième Sexe et sur la Vieillesse.
Depuis quelques décennies, la question sexe/genre a réussi à s'imposer comme problème théorique, et par conséquent comme champ de recherche, lieu d'explorations, de théories. Mais aucune position de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  04 février 2020
Les mots subversifs de l'émancipation de toustes et de chacune
« Alors le concept, outil de compréhensions donne à la fois le relatif d'un moment donné, et l'absolu de l'exigence d'abstraction »
La reprise avec de petites introductions de textes publiés depuis le début des année 2010. Une invitation à déambuler à la lumière rougeoyante de l'égalité et de l'émancipation. « La colporteuse emprunte le chemin de l'Histoire tout en offrant à qui voudra ce que les événements et les conflits lui ont permis de penser »…
Je choisis subjectivement de mettre l'accent sur les petites introductions de chaque chapitre et quelques analyses. Certains textes proposés sont disponibles, grâce à l'aimable autorisation de l'amie colporteuse, sur ce blog.
En introduction de la première partie, Epistémologie politique, Geneviève Fraisse aborde la question sexe/genre, « cet objet de pensée échappe sans cesse à la sérénité académique », l'espace susceptible de constructions progressives, « L'histoire est un laboratoire où s'élaborent des rêves et des stratégies », les possibles de la pensée féministe, la provenance choisie plutôt que la généalogie, la confrontation de la démocratie et de la république à la différence des sexes, les contradictions (l'autrice utilise ce mot au singulier), « Je propose donc d'« habiter » cette contradiction », la rupture de 68 et l'invisibilité de l'oppression des femmes, l'envahissement de l'espace public par le mouvement de libération des femmes, la temporalité et les contretemps, la reprise d'un fil historique et non l'invention de l'histoire, la pluridisciplinarité, le champ de la pensée…
L'autrice discute, entre autres, d'épistémologie, de construction et de morceaux épars du savoir, de fabrication de l'intelligibilité, d'inscription de la pensée féministe dans un cadre universel, de tensions stratégiques et de leurs conséquences théoriques, de service domestique et de la place du service en démocratie, de démocratie exclusive, « comment la rupture révolutionnaire permet et empêche la pensée de l'égalité des sexes », des deux gouvernements « civil et domestique », d'articulation (terme préférable à conciliation) entre vie privée et professionnelle, de parité, « vraie en pratique et fausse en théorie », de la différence des sexe comme « catégorie vide », de l'opérateur égalité, du fonctionnement social et historique de la sexuation, de la nudité se faisant politique, du mot émancipation, « L'émancipation est un espace complexe et éventuellement contradictoire », de la contiguïté des révoltes, de construction et reconstruction, d'histoire, du pour toutes et du pour chacune…
Je souligne le chapitre sur le contrat sexuel, le travail de Carole Pateman (voir son introduction au livre de celle-ci, lien proposé en fin de note), « le contrat de mariage est un contrat de travail mais l'épouse n'est pas un travailleur. Car la subordination des femmes est une condition et non une conséquence, du contrat de mariage », l'histoire des femmes à contretemps, l'insistance sur « les sexes font l'histoire », la ritournelle faussement explicative de la division nature/culture, la philosophie et le statut refusé aux femmes, le mot sexe que certain·es dissolvent dans le genre, l'historicité des sexes et la sexuation du monde, le caché et le non pensé…

En introduction de la seconde partie, Corps collectif, Geneviève Fraisse revient sur la question du corps depuis trois siècles, le corps politique, « Ce siècle, le XXIe, parle du corps politique, c'est-à-dire du corps collectif, de cet impensé du contrat social et de nos démocraties », le corps mis à disposition, « le corps était à disposition de l'autre sexe, comme bien, comme sexe », la dénonciation de l'usage de leur corps par des femmes, « La mise en commun d'expériences de violation produisit une parole collective publique », du corps comme reconnaissance d'une évidence physique et « forcément humaine »…
Geneviève Fraisse parle du non-dit de la propriété du corps des femmes, de concept et non de catégorie, de l'inégalité des sexes, « Pense-t-on sérieusement que la subversion des sexualités va détruire l'inégalité économique entre les sexes ? », de politique et donc de controverses…
Je souligne les textes sur l'affaire Weinstein, #MeToo, la jouissance du pouvoir, les femmes faisant corps, les révoltes, l'autonomie économique comme condition de la liberté, la prise parole de femmes, la peur de l'égalité des sexes, les débats biaisés autour du puritanisme et du libertinage, le concept « égalité », le nouset le je féministe, « le féminisme dit « nous », sans oublier le « je » ; car il est le lieu d'expressions, de formulations et de rêves », le formel et le réel, le corps, « Alors les corps, comme corps collectif, se rebellent et se remettent au centre de la question démocratique », la lucidité propre à un à-venir, la réduction du genreà des identités sexuelles, les démocrates sexistes, « Mais la révolution Me Too, un événement historique, a brutalement mis en lumière les violences faites au corps collectif des femmes »…
En introduction de la troisième partie, L'épreuve de l'histoire, Geneviève Fraisse discute de l'actualité et de ce qu'elle donne à penser, d'histoire, du consentement, « le consentement est-il un argument politique ? », d'assentiment, de notions et de concepts, de disqualification et de discrimination, « le sexisme ne se répare pas, comme on répare une injustice. le sexisme est un système à détruire »…
L'histoire, l'absence de curiosité des historiens, les femmes tondues à la Libération, un angle mort des analyses, le sexe comme production d'histoire, « Cependant, à la simple échelle du phénomène des « femmes tondues », on comprend qu'il faut réfléchir à son impact dans notre modernité ; réfléchir aux frontières supposées par les pensées de l'époque contemporaine : amour ou prostitution, vie privée ou vie publique, pouvoir des hommes et dépendance des femmes, autonomie de l'individu ou appartenance familiale »…
L'autrice poursuit avec des femmes dans les révolutions, lla complémentarité comme exclusion de fait, le contretemps intrinsèque à l'histoire des femmes, la contradiction permanente entre l'émancipation des femmes et les autres émancipations, le gouvernement et la représentation, le déni et le désir, la grossesse, la réversibilité des droits des femmes, l'habeas corpus, le droit à l'avortement, la compassion papale et la sollicitude d'un présent tourné vers l'avenir, l'expérience individuelle et collective du harcèlement sexuel, « Colère des agressée et, surtout, indication que la domination masculine d'invisible devient visible, trop visible », l'immense difficulté des femmes « à être des égales libres dans un monde d'hommes », l'effet contagieux de la parité politique, la disqualification, « Dans une croyance ou un discours, dans un geste ou un comportement sexistes on comprend que les êtres humains, notamment d'un sexe, ne sont pas de la même « qualité » », les domestiques restées dans l'angle mort de toutes les luttes, le « service » et la démocratie, « Comme la crasse des intérieurs, le sexe fait partie du domaine privé, qu'on (a voulu) veut toujours évacuer du politique »…
En introduction de la quatrième partie, Lignées et abeilles, Geneviève Fraisse revient sur des femmes de la Révolution de 1848. Elle développe l'idée de lignée, l'inscription de la continuité, la transmission du passé, ce qui fait signe vers le futur… puis de l'image des abeilles, de la réalité plurielle et collective du mouvement féministe, des actrices de l'histoire…
Une lignée. Olympe de Gouges, Germaine de Staël, Hélène de Montgeroult, Jeanne Deroin, Jenny d'Héricourt, Clémence Royer ,Julie-Victoire Daubié, Hubertine Auclert, Marguerite Thibert, Simone de Beauvoir
Des abeilles. Lee Miller, Hanna Schygulla, Elisabeth de Fontenay, Claire Etcherelli, Françoise Pasquier, Françoise d'Eaubonne, Antoinette Fouque, Françoise Collin, Dominique Desanti, Simone Veil, Yvonne Knibiehler, et…
« Joëlle l'exigeante, rompue au nomadisme avec un instrument trop difficile à trimbaler ». Je suis personnellement touché par le choix de conclure sans conclure par un texte sur Joëlle Léandre, musicienne et contrebassiste (un certain nombre de ses disques sont chroniqués sous la rubrique jazz), « Joëlle l'impétueuse, entre torrent et murmure, éclat de voix, éclat de rire », la contrebasse, l'improvisation, l'aventurière des sons, « elle veut tout, interpréter, improviser, composer ; être savante et vulgaire, crier et chuchoter », une exemple de cette « singularité universelle »…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
dede   04 février 2020
La colporteuse emprunte le chemin de l’Histoire tout en offrant à qui voudra ce que les événements et les conflits lui ont permis de penser
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dede   04 février 2020
Cependant, à la simple échelle du phénomène des « femmes tondues », on comprend qu’il faut réfléchir à son impact dans notre modernité ; réfléchir aux frontières supposées par les pensées de l’époque contemporaine : amour ou prostitution, vie privée ou vie publique, pouvoir des hommes et dépendance des femmes, autonomie de l’individu ou appartenance familiale
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dede   04 février 2020
Le contrat de mariage est un contrat de travail mais l’épouse n’est pas un travailleur. Car la subordination des femmes est une condition et non une conséquence, du contrat de mariage
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dede   04 février 2020
Dans une croyance ou un discours, dans un geste ou un comportement sexistes on comprend que les êtres humains, notamment d’un sexe, ne sont pas de la même « qualité »
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dede   04 février 2020
Ce siècle, le XXIe, parle du corps politique, c’est-à-dire du corps collectif, de cet impensé du contrat social et de nos démocraties
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