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ISBN : 0828897603
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Le mannequin d'osier, le second des volumes qui forment avec L'Orme du mail, L'Anneau d'améthyste et M. Bergeret à Paris, la série de l'Histoire contemporaine, est plus particulièrement consacré à l'infortune conjugale de M. Bergeret, symbolisée par le mannequin que l'épouse du maître de conférences à la faculté des Lettres de la ville de X a placé inopportunément dans le cabinet du professeur et que celui-ci jette par une fenêtre après. l'avoir lacéré. M Bergeret n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Erik35
  02 septembre 2017
MERCI POUR CE MOMENT...
Second volet de sa tétralogie intitulée Histoire Contemporaine, le Mannequin d'osier poursuit, avec délice, les petites joies, faux plaisirs et turpitudes de la vie de province telle que le génial Anatole France nous les avait fait découvrir dans l'épisode précédent "L'Orme du Mail". le tout, sous la plume d'un France toujours aussi subtil et joyeusement sarcastique, bien que ce soit par la voix de son M. Bergeret, plus que jamais infortuné, portant son regard las et désabusé sur le monde, bien qu'il découvre, cette fois, les affres d'un orgueil blessé !
En effet, tandis qu'il vit maritalement - ainsi qu'on l'exprime communément lorsqu'il n'y a plus rien d'autre à évoquer d'un couple - avec une Mme Bergeret dont les plus haut-faits consistent à enquiquiner son mari, jour après jour, notre malheureux héros va découvrir, le plus fortuitement du monde, que cette grosse et infatuée mégère qui lui sert de femme le trompe. et non seulement qu'elle le trompe mais, Vénus improbable de cet IIIème République en plein envol, que son prétendant n'est autre que son étudiant (jusqu'alors) préféré, nouvellement intégré à son unité pour cause de conscription, se transformant ainsi en une espèce de Mars au petits pieds. Notre M. Bergeret-Vulcain, toute honte très mal bue, va cependant ce saisir de cet impair impardonnable pour... enfin se débarrasser de cette Xanthippe provinciale. S'ensuivent, tout au long de l'ouvrage, des scènes cocasses où, à rebours de ce que l'on aurait pu imaginer, le mari cocu n'a qu'une seule explosion de véritable colère - à l'encontre de ce fameux mannequin d'osier, objet servant jadis aux dames pour se confectionner leurs robes, dont la mégère avait manie d'encombrer le petit bureau de son époux, et que celui-ci va donc défenestrer ! -, mais il va patiemment, tranquillement fomenter sa vengeance afin de pousser Madame à bout et obtenir d'elle une séparation finale.
Nous sommes par ailleurs toujours en compagnie de M. Worms-Clavelin, le préfet, de M. Lantaigne, le directeur du séminaire, de M. Guitrel, le prêtre ambitieux, candidat-évêque, et d'autres connaissances de notre M. Bergeret, maître de conférences à la Faculté des Lettres. Et encore, M. Worms-Clavelin, dans ce nouveau volume, apparaît à peine, M. Lantaigne assez peu et M. Guitrel trop rarement.
Et si les vrais événement s'y font assez rares, c'est parce que c'est une oeuvre toute de pensée ; c'est un « roman philosophique » à la façon du xviiie siècle, et où Anatole France se livre beaucoup plus que dans aucun de ses ouvrages précédents. On sent qu'ici plus que dans la merveilleuse Rôtisserie de la reine Pédauque, plus que dans les Opinions de Jérôme Coignard, plus que dans L'Orme du Mail lui-même, Anatole France parle en son nom, fait, par la bouche de M. Bergeret, ses réflexions personnelles sur les moeurs, les travers, les idées, la religion et la politique des Français de la classe moyenne de son temps. le ton diffère à peine en ce volume quand il y a des guillemets et quand il n'y en a pas. C'est, sous forme directe, ou sous forme indirecte, une suite de jugements sur tout ce que nous pensons, disons, sentons, faisons, et surtout ne faisons pas. C'est une revue des choses de la France de bientôt 1900. Ainsi s'intéresse-t-il à cette guerre aujourd'hui totalement oubliée entre Turcs et Grecs, qui sera appelée "guerre de trente jours", provoquée par les irrédentistes grecs et qui se soldera par de nombreux massacres du côté grec. On discute également de l'armée et du pouvoir des tribunaux militaires (dans le contexte toujours omniprésent de l'Affaire Dreyfus), des efforts d'armement des nations, de la condition carcérale, de la peine de mort, de la physiognomonie (science en vogue au XIXème siècle voulant mettre en rapport les traits du visage avec le comportement), de l'existence des écoles privées religieuses (liés au lois sur les congrégations), du clergé et de son pouvoir, de l'anticléricalisme, de l'idée qu'on se fait de Dieu, de la corruption des dirigeants et des élites. En toile de fond historique plane encore et toujours la honte et les suites violentes (la commune) de la pitoyable défaite de Sedan, en 1870, de la fin de l'Empire et de ses conséquences sur le présent de M. Bergeret et de tous les personnages qu'Anatole France nous donne encore à côtoyer, pour notre plus grand plaisir intellectuel et littéraire.
Une peinture in «vivo» de la France moyenne supérieure (tel qu'on l'écrirait aujourd'hui) de ces villes elles aussi moyennes de Province, balançant entre ennui et médisance, entre volonté de pouvoir et petitesse. Heureusement, M. Bergeret veille au grain de la médiocrité, lui, le désabusé, le pessimiste qui persiste pourtant à croire encore en l'homme, le philosophe brillant, libre mais trop peu écouter au milieu de ces océans de platitudes, d'images d'Épinal et de lieux communs si souvent débités par ses contemporains proches... Autant que par bien de ceux d'aujourd'hui. Toujours incroyablement fin et réjouissant !
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sylvaine
  09 août 2016
La vie continue à ****, cette petite ville de Province. En arrière-plan la guerre entre les Turcs et les Grecs, l'exécution de l'assassin de la veuve Houssieu, les déboires juridico-politiques du sénateur Laprat-Teulet, ,les tractations en coulisse pour le poste d'évêque à Tourcoing, la main mise de la Finance sur l'État et les déboires conjugaux de M.Bergeret ... Voilà pour Anatole France un terreau idéal pour exprimer ses idées sur l'armée, la morale, la politique et le mariage ... Dire que M.Bergeret dans son rôle de mari cocufié ne lui inspire que du respect et de la compassion serait sans doute beaucoup dire ... Malgré quelques passages un peu "pompeux" les échanges de points de vue de tous ces personnages donnent une idée précise de ce qu'était la vie "bourgeoise" en province, montrent qu'il en aurait fallu beaucoup pour que tout ce petit monde bouge et que le confort d'une vie "plan-plan" primait avant tout.
M.Bergeret verra t'il enfin Mme Bergeret quitter le domicile conjugal en emportant son fichu mannequin d'osier et qui sera le futur évêque de Tourcoing l'Abbé Guitrel ou l'Abbé Lantaigne ? affaire à suivre ....
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PiertyM
  05 avril 2018
Dans cette deuxième partie, M Bergeret est pleinement à l'honneur. Secoué dans son amour propre, il ne semble pas pour autant déséquilibré. Il fait preuve d'un contrôle de soi qui, au fil du temps, parait comme un acte cruel, inhumain. Pour ne pas sombrer dans un profond abattement, M. Bergeret se cloitre dans ses lectures, dans ses recherches, dans ses réflexions philosophiques, une manière à lui de réprimer la trahison de sa femme...mais le mannequin d'osier lui permet quand même de décharger, sur cet objet innocent, toutes les aigreurs de sa vie. Cette ambiance un peu sauvageonne dans la maison des Bergeret permet de souffler un peu de ces discours sentencieux sur l'armée, le clergé, la politique, la corruption, le sémitisme. L'auteur entretient toujours le mystère sur le poste d'évêque à pourvoir à Tourcoing. L'écriture est toujours très pointilleuse, et je me suis mieux sentie dans ce deuxième tome que dans le premier. Et qu'adviendra-t-il du troisième tome?
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  24 mars 2016
Deuxième volume de la tétralogie romanesque de "L'histoire contemporaine", l'action se situe à l'époque de sa création (1897).
Mr. BERGERET découvre que sa femme le trompe avec son meilleur élève (sous les drapeaux), Mr. ROUX.
En conformité avec son caractère, il décide de ne plus adresser la parole à son épouse.
Cette période de souffrance va de pair avec la recherche et l'approfondissement de ses idées, et sa vie quotidienne s'en ressent.
Ecrit talentueusement par Anatole FRANCE, ce récit est plein d'humour vis-à-vis de la bourgeoisie de province de cette fin de siècle.
Rafraîchissant.
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Ansea
  01 mai 2012
On poursuit notre plongée dans la Troisième République. Le Mannequin d'Osier symbolise les infortunes de M. Bergeret au sein de son ménage. Il permet d'aborder la vie quotidienne à cette époque.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   05 août 2017
Les hommes se déterminent par leur sentiment le plus fort. Chez les soldats, comme dans toutes les foules, le sentiment le plus fort est la peur. Ils vont à l'ennemi comme au moindre danger. Les troupes en ligne sont mises, de part et d'autre, dans l'impossibilité de fuir. C'est tout l'art des batailles. Les armées de la Républiques furent victorieuses, parce qu'on y maintenait avec une extrême rigueur les moeurs de l'ancien régime, qui étaient relâchés dans les camps alliés. Nos généraux de l'an II étaient des sergents de la Ramée qui faisaient fusiller une demi-douzaine de conscrits par jour pour donner du cœur aux autres, comme disait Voltaire, et les animer du grand souffle patriotique.
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Erik35Erik35   06 août 2017
Il avait le malheur d'être assez intelligent pour connaitre sa médiocrité qui, par moments, se montrait à lui, sur sa table, entre l'encrier et le classeur, comme une petite personne maigre et sans grâce. Il se reconnaissait et ne s'aimait pas. Il aurait voulu contempler sa propre pensée sous l'aspect d'une nymphe aux belles hanches. Elle lui apparaissait en sa forme véritable, qui était grêle et sans vénusté. Il en souffrait, car il avait de la délicatesse et le goût des idées.
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Erik35Erik35   07 août 2017
Je vois surtout à cela un intérêt de parti, répondit M. Bergeret. Et, s'il me fallait mettre d'un parti, c'est dans le vôtre forcément que je me rangerais, puisque c'est le seul que je pourrais servir sans trop d'hypocrisie. Mais par bonheur, je n'en suis pas réduit à cette extrémité, et ne suis nullement tenté de me rogner l'esprit pour entrer dans un compartiment politique. A vrai dire, je demeure indifférent à vos dispute, parce que j'en sens l'inanité.
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JcequejelisJcequejelis   20 septembre 2012
il y a autant de morales chrétiennes que le christianisme a traversé d’âges et pénétré de contrées. Les religions, comme des caméléons, se colorent des teintes du sol qu’elles parcourent. La morale, unique pour chaque génération, dont elle fait seule l’unité, change sans cesse avec les usages et les coutumes dont elle est la représentation frappante et comme le reflet agrandi sur le mur. En sorte que la morale de ces catholiques actuels qui vous offusquent, ressemble beaucoup à la vôtre et diffère au contraire excessivement de celle d’un catholique du temps de la Ligue. Je ne parle pas des chrétiens des âges apostoliques, qui, vus de près par monsieur de Terremondre, lui sembleraient des êtres bien extraordinaires. Soyez juste et judicieux, s’il est possible : En quoi votre morale de libre-penseur diffère-t-elle essentiellement, je vous prie, de la morale de ces bonnes gens d’aujourd’hui qui vont à la messe ? Ils professent la doctrine de l’expiation, fondement de leur croyance, mais ils s’indignent aussi fort que vous quand cette doctrine leur est présentée d’une manière frappante par leurs propres prêtres. Ils croient que la souffrance est bonne et qu’elle plaît à Dieu. Les voyez-vous s’asseoir sur des clous ?

548 - [Classique n°73, p. 169]
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Erik35Erik35   06 août 2017
On goûte un plaisir philosophique à considérer que la Révolution à été faite en définitive pour les acquéreurs de biens nationaux et que la Déclaration des droits de l'homme est devenue la charte des propriétaires.
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