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ISBN : 2757849735
Éditeur : Points (22/01/2015)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Toute existence peut s'achever sur un choix impossible et tragique, si terrifiant qu'on donnerait tout pour l'éviter. Dans les nouvelles réunies ici ? Un fanal arrière qui s'éteint ? Carrefour 54 ? Le Naufrage du lieutenant Wells ? Le Train de six heures quinze ?, Flaherty le vieux marin, le sous-lieutenant Vernaud, Wells l'idéaliste égaré, les résistants Madeleine et Pierre-Joseph, vivent les plus radicaux de ces choix ultimes. Ils les affrontent seuls, à la premiè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  14 juin 2015
Première nouvelle : Un fanal arrière qui s'éteint
L'évènement phare de l'histoire se passe les jours avant Noël à bord d'un grand voilier de commerce nommé "La providence".
Le capitaine Flaherty a embarqué avec son équipage familier et son fils Tim.
Ils vont devoir affronter un ouragan et le capitaine se trouvera confronté à un choix terrible à effectuer seul.
L'écriture est magnifique, presque musicale. Les termes techniques pourraient constituer un frein à notre lecture mais il n'en est rien. Ils servent la beauté des phrases, pourtant sans emphase, avec une grande spontanéité.
Le suspense fait penser aux romans de Frison-Roche.
Deuxième nouvelle : Carrefour 54
Les évènements se passent aux premiers jours de la seconde guerre mondiale quand les troupes françaises reculent devant l'armée allemande.
Le lieutenant Vernaud est conditionné par un poème de Victor Hugo l'encourageant à rester le dernier même seul.
Troisième nouvelle : Le naufrage du lieutenant Wells
Un journaliste australien fait une enquête pour savoir ce qu'est devenu le lieutenant Wells lors du naufrage de son bateau.
Après avoir dû subir le refus de son capitaine de porter secours à des naufragés au large de l'île de Lampedusa, Wells décidera de faire justice lui-même.
Très lourd cas de conscience. Belle découverte de personnages hors du commun.
Quatrième nouvelle : Le train de six heures
Madeleine et Pierre-Joseph se rencontrent sur un quai, à Paris en 1943, en compagnie de leurs enfants. Ils sont arrêtés par les allemands et sont soumis à une souffrance insupportable infligée par les nazis.
Un drame, trop gros, moins prenant que les deux autres. L'histoire est plus bâclée.
J'ai beaucoup apprécié ce livre de nouvelles pour les situations difficiles qu'il aborde, les choix philosophiques bien que les nouvelles ne soient pas mon premier choix de lecture en général.
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motspourmots
  17 juin 2016
Quatre nouvelles, quatre pépites. Des textes ciselés dans une langue parfaite, portés par un certain classicisme, de l'élégance et du souffle. Et surtout un fil conducteur magnifique. Dans ces quatre nouvelles il est question de choix cornéliens, de ceux qui vous mettent face à vous-mêmes, à vos valeurs, à la quintessence de ce que vous êtes. de ces êtres confrontés au pire émane une lumière, une beauté qui laisse totalement ébloui.
Patrice Franceschi nous transporte sur l'océan déchaîné en compagnie de marins aguerris et pourtant démunis face à la puissance des éléments ; il nous catapulte en 1940, en pleine débâcle de l'armée française aux côtés d'un militaire inspiré par Victor Hugo ; il nous dépose sur une île déserte de Polynésie, sur les traces du seul rescapé d'un naufrage dont les causes restent inexpliquées. Enfin, il nous transperce le coeur, en 1943, sur un quai de gare où les files de déportés attendent le convoi qui les mènera vers l'inconnu dont ils perçoivent le danger.
Ah ce dernier texte. le train de 6h15. Comment vous dire. Magnifique, poignant, terrible. Impossible de ne pas être marqué à vie par les figures de Madeleine et de Pierre-Joseph qui concentrent en quinze minutes (et 20 pages) toute la diversité des sentiments que l'on éprouve durant une vie entière. Dans un autre temps, à un autre moment leur coup de foudre aurait donné lieu à la création d'une charmante famille recomposée, avec des sourires, des hésitations aussi concernant les enfants, leur adaptation. Mais là, en 1943, chacun dans sa file avec ses deux enfants, l'urgence d'être ensemble face à la crainte du futur, et l'horrible dilemne auquel ils sont soudain confrontés...
Avant d'en arriver là, on aura admiré le courage du capitaine Flaherty, vieux loup qui a donné sa vie à la mer et lui sacrifiera tout. On aura vibré pour le sous-lieutenant Vernaud et sa farouche volonté de demeurer fidèle à ses idéaux lorsque le moment sera venu, les écrits de Victor Hugo dans la poche, "et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là". On aura percé le secret de Wells, l'idéaliste révolté par l'indifférence de son équipage, décidé à agir à sa façon, quitte à disparaître à jamais.
Ils font des choix quitte à basculer dans le drame ou dans la mort. Jamais ils n'abandonnent ce en quoi ils croient profondément, jamais ils ne renoncent. Des hommes comme ça, on aimerait en croiser plus souvent. Des textes comme ceux-ci également.
Les jurés Goncourt ne s'y sont pas trompés. Lauréat du Prix Goncourt de la Nouvelle en 2015, ce recueil est un petit bijou d'humanité, de respect pour le courage et la grandeur d'âme, un hommage aussi à tous ces personnages ignorés, perdus au milieu d'une tragédie qui les dépasse, broyés par l'histoire. Mais toujours droits, fiers et la tête haute.
A mettre entre toutes les mains, sans hésitation.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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JMLire17
  18 août 2017
Le Prix Goncourt de la Nouvelle 2015 qui a couronné ce livre est vraiment mérité, car ces 4 nouvelles de l'écrivain, marin, aventurier engagé, Patrice Franceschi sont à la fois épiques, bouleversantes, passionnantes, en un mot: merveilleuses. Dans " un fanal arrière qui s'éteint " on vit le drame que le capitaine Flaherty a vécu dans la nuit de Noël 1884 au commandement de son brick de commerce " la Providence " et le choix ultime qu'il devra faire pour sauver son navire et son équipage. Ces 70 pages sont un régal pour les amateurs des voiliers anciens, de la marine à voile, et des romans de R.L. Stevenson, de Joseph Conrad. " Carrefour 54 " se déroule pendant la débâcle de 1940, le lieutenant Vernaud, frais sorti de l'école d'officiers de St Cyr, passionné de Victor Hugo, est confronté à la réalité des combats, à la faiblesse des hommes, et se retrouve à affronter l'ennemi en ayant en tête le vers de son poète favori " Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là ". Cette seconde nouvelle est forte de l'idéalisme du personnage, il y a un côté " désert des tartares " , l'ennemi finira-t-il par venir et aura-t-il raison de la bravoure du lieutenant? Dans " le naufrage du lieutenant Wells ", on a encore à faire a un bel idéaliste qui va commettre l'irréparable et sacrifier sa vie au nom des valeurs qui l'habitent. La construction de ce texte le rend captivant. le lecteur suit le journaliste Ted Singleton du Sydney Match, qui enquête sur le naufrage d'un cargo australien, au large de l'Italie, le feu a ravagé le " Echo Europa " tous les membres d'équipage sont décédés, mais le corps du lieutenant Wells n'est pas retrouvé sur l'épave du navire. Qu'est-il devenu? " le train de six heures quinze " est un train de déportés dans lequel deux résistants, Madeleine et Pierre Joseph, se rencontrent, ils ont chacun deux enfants qui les accompagnent vers les camps de la mort, victimes d'un odieux chantage de la part des officiers S.S., ils se sacrifient pour ne pas être séparés et tenter de prolonger la vie de leurs enfants sans que l'on sache s'ils ont réussi. L'écriture d'une grande efficacité donne un souffle à chacune de ces nouvelles dans lesquelles les personnages qui affrontent à la " Première personne du singulier " des choix tragiques emportent le lecteur. L'aventure, la force et la faiblesse des hommes, les sentiments nobles, les actes odieux, la nature dans toute sa puissance, l'actualité, toute la vie est présente dans ce formidable livre de Patrice Franceschi.
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patriciafrancke
  18 février 2019
Quatre nouvelles parfaitement construites, qui nous parlent d'histoire de combats, de familles, de survie, de décisions prises qui chamboulent la ligne de vie des quatre personnages principaux. On se laisse embarquer par chacun des personnages et chaque histoire se lit vite, même très vite, grâce à un rythme de narration très dynamique. Je ne suis habituellement pas sensible au Prix Goncourt, mais celui-ci, est l'exception qui confirme la règle.
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luocine
  18 octobre 2016
Merci Krol, je suis à la recherche de textes courts pour mes lectures à haute voix au Foyer Loge­ment de Dinard. Je ne lisais pas beau­coup de nouvelles, je m'y inté­resse de plus en plus et grâce aux blogs je fais de très bonnes rencon­tres. Ces quatre nouvelles sont, à l'image de leur auteur, Patrice Fran­ceschi, très fortes ancrées dans les drames et les choix les plus cruels que la vie peut nous conduire à faire. J'ai une très nette préfé­rence pour la première nouvelle, mon goût pour la mer et récem­ment pour la navi­ga­tion, me permet de vivre avec angoisse et fasci­na­tion les récits de tempête. Et celle que doit affronter Flaherty, en décembre 1884, est un pur moment d'horreur et d'effroi.
Lire ces pages bien calée dans un fauteuil arrive quand même à donner un senti­ment d'insécurité tant les mots sonnent justes et que les images sont fortes. Ensuite, il y a le thème qui est le même dans les quatre récits : des circons­tances excep­tion­nelles amènent à faire des choix que rien n'y personne ne peut faire à votre place et qui vous marque­ront à jamais. Après le capi­taine de « la Provi­dence », on retrouve un sous-​lieutenant qui ne veut pas s'avouer vaincu et qui seul résis­tera à l'avancée alle­mande en mai 1940, puis un autre marin, Wells, qui ne veut pas voir des réfu­giés sur un bateau de fortune mourir en pleine mer sous les yeux d'un équi­page indif­fé­rent et enfin, Pierre-​Joseph qui rencontre Made­leine en 1943, sur un quai d'une gare pari­sienne avant de monter dans un train avec leurs enfants pour être déportés vers la mort décidée par des Nazis qui jouent de façon sadique une dernière fois avec leurs victimes.
Oui, tous ces choix sont terri­bles et inter­pel­lent le lecteur. Ils vont bien à la carrure d'aventurier de Patrice Fran­ceshi qui les raconte très bien. Mais, il se passe quelque chose dans les nouvelles, c'est que, malgré soi, on compare les récits : je me suis tota­le­ment embar­quée avec Flaherty, et beau­coup moins dans les deux dernières nouvelles qui sont pour­tant parfai­te­ment racon­tées. Une seule expli­ca­tion : je m'attendais à leur contenu. Et j'ai déjà lu ces récits dans d'autres romans, ce n'est pas une critique suffi­sante, les exilés qui meurent sur les mers dans l'indifférence la plus totale, comme la cruauté des Nazis peuvent être mille fois traités. Mais le raccourci de la nouvelle fait que le lecteur est plus exigeant, il exige quelque chose en plus que le récit des bassesses humaines qu'il a si souvent lues. Je l'ai trouvé dans « le fanal arrière qui s'éteint » et aussi dans « carre­four 54 » qui d'ailleurs traite d'un moment moins connu de notre histoire : comment ont réagi sur le terrain les soldats fran­çais en 1940 qui ne voulaient pas accepter la déroute de l'armée mais moins dans les deux autres.
Lien : http://luocine.fr/?p=6877
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critiques presse (1)
Lexpress   10 août 2015
Patrice Franceschi met en scène des personnages confrontés à des choix déchirants : un vieux loup de mer contraint de trancher entre la survie de son fils et celle de son équipage, un sous-lieutenant décidé à honorer son devoir coûte que coûte, un résistant aveuglé par la haine, un capitaine idéaliste, égaré par son idée de la justice... Autant de destins implacables, prisonniers d'alternatives insupportables.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   28 juillet 2017
De toutes les tragédies humaines que compte l'histoire des océans, celle vécue par le vieux capitaine Flaherty la nuit de Noël 1884 appartient sans nul doute à l'espèce la plus épouvantable qui soit. Que la fortune ait pu accabler à ce point un homme parmi les plus singuliers qui aient jamais navigué sur les océans est demeuré longtemps une énigme aux yeux de tous ceux qui furent mêler de près ou de loin à cette tragédie. Aujourd'hui encore, dans le petit port irlandais de Gillerney où vivait le capitaine entre deux embarquements, on raconte que l'horreur de son drame personnel a hanté les nuits des hommes de son équipage jusqu'à leur dernier souffle.
Un fanal arrière qui s’éteint
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MahaDeeMahaDee   27 juillet 2017
L’histoire la plus insolite de ma carrière de journaliste a commencé de la manière la moins originale qui soit : on était au début de l'année 2013, en février, et il faisait une chaleur impossible. Je n'avais rien de spécial à faire quand Jim Billingman m'a proposé de m'occuper de ce qui allait devenir entre nous « l'affaire Mark Wells » ; je me suis bien demandé pourquoi. Je suis en charge des pages « pipoles » du magazine, pas des faits divers sensationnels, et au Sydney Match on ne plaisante pas avec les chasses gardées des petits camarades.
Mais voilà : Jim m'a croisé dans le couloir de la rédaction et m'a lancé : « Eh, Ted, à propos, j'ai un truc pour vous ; tout à fait dans vos cordes. Venez avec moi, je vous prie. »
Le naufrage du lieutenant Wells
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patatarte2001patatarte2001   18 avril 2016
Il aurait donné n'importe quoi pour être avec eux, au milieu des milliers de livres qu'ils avaient amassés tout au long de leur vie de labeur. Être instituteurs, ça laissait des traces : Virgile, Voltaire, Aristote, Racine, Marc Aurèle, Ronsard, Balzac, Maupassant, tant d'autres...Il n'en manquait aucun et tous habitaient sa vieille maison familiale; on les avait accueillis année après année comme des visiteurs de marque ou des amis de longue date; on les avait logés au mieux, sur d'innombrables étagères qui allaient du sol au plafond et de la salle à manger aux chambres à coucher, et ils vivaient ainsi côte à côte comme des gens de la même famille, du même clan, de la même connivence. Enfant, il imaginait que tous ces morts se parlaient la nuit, une fois les hommes endormis. Et que d'une bibliothèque à l'autre, d'un siècle par dessus l'autre, ils se disaient de ces choses incroyables qui font une civilisation.
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jeunejanejeunejane   15 juin 2015
Il sortit de sa poche le livre de Victor Hugo et relut une fois de plus "Ultima verba":
Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !
(extrait de "Carrefour 54" : deuxième nouvelle)
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patatarte2001patatarte2001   22 avril 2016
Nous sommes restés ensemble plus de dix ans, monsieur Singleton - sans nous voir vraiment plus de quelques années en tout. Mark était toujours au bout du monde. Nous nous retrouvions qu'entre deux embarquements. - Ce sont des séparations pénibles, dis-je stupidement. Cela doit finir par peser. Dolly me dévisagea d'un air réprobateur : "Je ne crois pas, voyez-vous. Nous aimions l'attente, la ferveur des retrouvailles, leur impatience; ce sont des émotions qu'on ne trouve pas dans le quotidien.
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Videos de Patrice Franceschi (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrice Franceschi
Pour faire face aux tourments d?une société qui se désagrège, Patrice Franceschi propose un petit manuel de combat pour temps de désarroi, intitulé « Éthique du samouraï moderne » (Editions Grasset et Fasquelle). Reprenant les préceptes d?un philosophe japonais oublié, l?explorateur-écrivain livre 327 « propos » pour vivre en harmonie avec soi-même.
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