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EAN : 9782246790181
288 pages
Grasset (29/02/2012)
3.34/5   22 notes
Résumé :
Jean Moulin a-t-il été dénoncé parce qu'on craignait ses idées ? Certains l'ont-ils livré aux nazis pour reconstruire, à la Libération, une France différente de celle qu'il espérait ?
Après la guerre, la justice a choisi de répondre "non" à ces questions. Par deux fois, le principal suspect, René Hardy, a été acquitté. Malgré les témoignages troublants, malgré les documents embarrassants.
Décidé à comprendre ce qui se noua à Caluire, le 21 juin 1943, u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
carre
  20 juin 2012
En décidant de revenir sur les possibles raisons de l'arrestation de Jean Moulin alias « Max » le 21 juin 1943 à Caluire, Dan Franck rouvre un pan sombre de la résistance, est-ce que René Hardy a trahi Moulin ? Et si oui, était-ce parce qu'il était de gauche ?
Question au combien difficile et peut-être à jamais sans réponse. On comprend bien sur les raisons qui animent le militant Dan Franck (soutien de François Hollande), dans une époque ou l'extrême droite retrouve un terreau favorable à ces idées abjectes. L'instruction imaginaire d'un juge face à Hardy est passionnante, richement documentée mettant en lumière, les contradictions, les traitrises, les lâchetés face au courage et aux convictions. Mais aussi les alliances contradictoires qui s'opèrent en tant de guerre face à un ennemi commun. Un roman à lire de toute évidence pour montrer que les idées fascisantes et extrémistes étaient déjà malheureusement bien ancrées comme idéal politique. Glaçant mais aussi motivant pour combattre l'extrémisme.

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mariech
  27 avril 2012
Jean Moulin a - t-il été trahi ou simplement a -t-il fait l'objet d'une imprudence qui a abouti à son arrestation , à la torture puis à la mort .
On n'échappe pas facilement à l'oberstumpfurher surtout s'il s'appelle Klaus Barbie .
Dan Franck nous donne son avi s par le biais d'un procédé d'écriture fort à la mode actuellement , il refait l'enquête avec un juge fictif , personnage improbable dont le père ( un tireur sénégalais ) aurait rencontré Jean Moulin avant sa mort .
Certaines idées sont intéressantes comme l'opposition des hommes de gauche et de ceux de l'extrême droite , en effet les premiers mouvements de résistance française sont issus de l'extrême droite mais tout cela m'a paru un peu manichéen .
L'auteur nous livre ici une opinion très personnelle qui peut être difficilement remise en cause vu que les personnes concernées sont mortes depuis longtemps .
Bref même si c'est une lecture intéressante , pour moi , elle me semble peu pertinente et j'ai eu l'impression que ça ne m'apprenait pas grand chose , c'est pourtant une période de l'histoire que j'aime beaucoup .
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brigittelascombe
  29 mai 2012
"L'après-guerre se profilant, les idéologies résistantes redevenaient des idéologies politiques."
Ce sont ces croyances différentes (selon l'engagement à gauche ou vers l'extrême droite) que Dan Franck (auteur couronné par le prix du 1° roman 1980 pour Les Calendes grecques, le prix Renaudot 1991 pour La Séparation et le prix des Romancières 2003 pour Les enfants) étudie, d'une plume acérée, dans Les champs de bataille (nom du cahier noirci par un juge à la retraite qui ouvre pour la 3° fois le dossier Jean Moulin/ René Hardy.). C'est un "procès imaginaire" avec des "éléments nouveaux" qui dévoile au lecteur Les champs de batailles inconnus, ceux des secrets de guerre.
René Hardy "héros ravalé au rang de traitre" puis blanchi, homme "grand,maigre,menaçant"suspecté d'avoir livré Jean Moulin, "alias Max", président des résistants, au "Boucher de Lyon" le sadique Klaus Barbie était-il lié à des mouvements d'extrême droite? Pourquoi a-t-il fui alors que Jean Moulin a été arrêté et torturé?Quel rôle a joué sa fiancée?
Les intérêts (pour moi) de ce roman, basé sur des faits historiques réels, sont le long "travail d'instruction" richement documenté; la partie d'échecs qui se joue entre le juge (fin stratège qui "veut le contraindre à la vérité") et celui qui veut sauver sa peau; et la dénonciation des droits de l'homme enfreints (lors des tortures). Les champs de bataille dénonce d'ailleurs tous les abus, racismes, tortures, tous les tortionnaires (dans les goulags, parmi les Khmers rouges,les Serbes...); il s'élève à travers la voix du juge (qui a participé à "la joie collective de 68) contre les injustices et permet au magistrat fictif obsessionnel (orphelin sénégalais) de fouiller son propre passé souillé par le racisme de ceux qui haïssaient les "Nègres".
Les champs de bataille, traité de façon implacable, est enrichissant de par l'évocation d'un pan d'histoire souvent inconnu.
Mais certaines énigmes de l'Histoire seront-elles un jour résolues?
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TRIEB
  12 mars 2012
Peut-on rouvrir un procès par l'intermédiaire de la fiction romanesque ? le procès, c'est celui de René Hardy, jugé deux fois après la Libération pour suspicion de trahison et acquitté. Jean Moulin a-t-il été trahi, en raison de ses idées ; a-t-il été livré aux nazis ce 21 juin 1943, lors de ce rendez-vous à la réunion de Caluire à laquelle devaient participer d'importants membres de la Résistance pour décider des suites à donner à l'arrestation du générale Delestraint, chef de l'armée intérieure ?
Un juge à la retraite rouvre le dossier et imagine une nouvelle confrontation, de nouveaux interrogatoires devant un prétoire de tribunal .Le fil conducteur adopté par Dan Franck est le suivant :Jean Moulin a été trahi, parce que l'on redoutait ses idées progressistes .Il l'a été , non par René Hardy , mais par Barrès , alias Pierre Guillain de Bénouville , célèbre résistant, compagnon de la Libération , et ancien militant de la Cagoule , organisation factieuse d'extrême-droite de l'avant-guerre .
Le juge prend soin de distinguer les visions du monde toujours inconciliables à ses yeux : « Il y a ceux qui placent l'Homme et ses droits au centre de leur paysage, et ceux qui y placent l'Homme et ses intérêts. » Distinguo repris à plusieurs reprises dans l'ouvrage pour illustrer la pertinence de la distinction entre des convictions de gauche et de droite. Ainsi attribue-t-il à Barrès alias Bénouville, lors d'une arrestation en 1941 à Alger, la citation suivante extraite de son livre le sacrifice du matin:
« Lorsque les interrogatoires furent terminés, on nous fourra sans autre forme de procès dans un cachot où se trouvaient des Arabes pouilleux. »
De Jean Moulin, il extrait la citation de son ouvrage Premier Combat : « Les soldats, sur injonction de leurs officiers, me saisissent à bras-le-corps et me jettent violemment sur le malheureux tirailleur (sénégalais) qui recule effrayé. » le juge tire alors de cette divergence de vocabulaire une façon de caractériser un homme, selon que l'on est de droite ou de gauche. L'ouvrage est plein de recoupements avec la période actuelle, et comporte de nombreuses interrogations sur les prises de position possibles d'un Max resté vivant après-guerre sur les guerres coloniales menées par la France.
Ce juge, à l'occasion d'une visite au cimetière de Passy, y décèle la preuve irréfutable et définitive de l'appartenance de Pierre de Bénouville au fascisme : il est en effet enterré aux côtés de Michel de Camaret et du comte Jehan de Castellane, amis d'enfance de l'intéressé et fers de lance, tous comme lui, de l'extrême-droite avant-guerre.
Cet ouvrage est plaisant, stimulant, se laisse lire avec bonheur, sans trahir l'histoire avec un grand H. Les personnages sont représentatifs de l'époque, avec leurs contradictions, leurs passions. On entre dans la vie intérieure d'individus devenus célèbres par la reconstitution romanesque. C'est l'un des mérites essentiels de ce livre, dont il faut recommander la lecture.

Lien : http://www.bretstephan.com
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Fandol
  11 octobre 2016
Quand connaîtra-t-on enfin la vérité sur la terrible arrestation de Caluire, le 21 juin 1943, dans la maison du Docteur Dugoujon ? Ce jour-là, la Gestapo surprend et emmène huit personnages très importants de la Résistance dont Jean Moulin. Un seul réussit à s'échapper : René Hardy. Raymond Aubrac qui vient de décéder, faisait partie de ceux qui ont été arrêtés par Klaus Barbie et ses sbires, puis torturés.
Dan Franck, avec le talent qu'on lui connaît, nous place dans le bureau d'un juge d'instruction à la retraite qui tente d'instruire le procès de René Hardy après que ce dernier ait été gracié à deux reprises. La question se pose toujours de savoir qui a trahi. Qui a donné aux nazis le jour, l'heure et le lieu d'une réunion secrète devant permettre aux responsables de la Résistance de se réorganiser après l'arrestation du général Delestraing, à Paris, quelques jours avant ?
Dan Franck met le lecteur en situation, au coeur de l'action. Sur place, quand les flics allemands sont descendus de leurs voitures « c'était un silence de guerre, comme il s'en produit à l'arrière des champs de bataille. » Il dit bien que, lorsque les menottes claquent pour la première fois, celui qui subit cela, change immédiatement de statut.
René Hardy qui n'était pas invité à cette réunion et qui s'y rend quand même, était lié, avant-guerre, à des mouvements d'extrême droite. Hardy ne cache pas son hostilité à celui qui se fait appeler Rex, puis Max sous l'occupation : « Max était coco. » La distinction entre droite et gauche est clairement définie par l'auteur : « À droite, on met en avant l'Homme et ses intérêts qui nuisent aux intérêts des autres. À gauche, on défend l'Homme et ses droits qui ne nuisent pas aux droits des autres. »
Avec précision et un sens de la description qui lui est propre, Dan Franck montre ce que Jean Moulin a pu voir la dernière fois : la vie quotidienne dans la rue, dans les autobus croisés entre Caluire et l'École de Santé militaire de Lyon où la Gestapo a établi ses quartiers. Aujourd'hui, ces locaux abritent un musée de la Résistance qu'il faut visiter.
Ce roman regorge de détails historiques et permet de comprendre le jeu tragique, la lutte pour le pouvoir en France après la guerre. Enfin, il y a le racisme viscéral de toute cette extrême droite. De Bénouville qui se fait appeler Barrès, était un partisan du général Giraud. Fin 1943, il écrivait dans L'Alerte, une feuille antisémite, antigaulliste et pétainiste. de son côté, Jean Moulin voulait unir les mouvements de la Résistance, tirant les leçons de l'échec des Républicains espagnols qui ont perdu à cause de leurs divisions.
Ce livre de Dan Franck est une excellente réflexion sur cette histoire dont la version officielle masque souvent les dures réalités. En plus, il a su mener son récit à son terme de façon très émouvante.
Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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critiques presse (2)
Bibliobs   23 mars 2012
«Les Champs de bataille», livre bref, acéré, superbe, a un horizon: combattre, par tous les moyens, avec toutes les armes, ce crime absolu.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   08 mars 2012
Les bons romanciers écrivent dans les blancs de l'Histoire. […] Romancier militant, Dan Franck ne pouvait pas ne pas écrire un jour son grand livre sur l'énigme la plus sombre de l'histoire de la Résistance française : Jean Moulin.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   16 juin 2012
D'une époque l'autre, l'accusation reste la même, et l'étranger le premier bouc émissaire : ils prennent l'argent jadis, le travail aujourd'hui.
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mariechmariech   27 avril 2012
Le droit des uns ne peut nuire au droit des autres , l'intérêt des uns va toujours contre l'intérêt des autres .
Commenter  J’apprécie          180
FandolFandol   11 octobre 2016
À droite, on met en avant l’Homme et ses intérêts qui nuisent aux intérêts des autres. À gauche, on défend l’Homme et ses droits qui ne nuisent pas aux droits des autres.
Commenter  J’apprécie          50
brigittelascombebrigittelascombe   29 mai 2012
Il y a ceux qui placent l'Homme et ses droits au centre du paysage, et ceux qui y placent l'Homme et ses intérêts.Le droit des uns ne peut nuire au droit des autres;l'intérêt des uns va toujours contre l'intérêt des autres.
Commenter  J’apprécie          20
TRIEBTRIEB   12 mars 2012
Il y a ceux qui placent l’Homme et ses droits au centre de leur paysage, et ceux qui y placent l’Homme et ses intérêts.
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