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ISBN : 2081480409
Éditeur : Flammarion (02/10/2019)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 13 notes)
Résumé :
D'Alexandre le Grand aux nouvelles Routes de la Soie, 2500 ans d'histoire comme vous ne l'avez jamais lue.Avec son « histoire du c?ur du monde », Peter Frankopan renverse notre récit traditionnel, qui gravite autour de la Grèce antique, de Rome et de l'irrésistible ascension de l'Occident. Une approche réductrice, qui mérite une relecture urgente et approfondie.L'auteur élargit la perspective et tourne son regard vers « une région située à mi-chemin entre Orient et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bouteyalamer
  25 novembre 2018
L'auteur pratique avec talent une histoire panoramique et il n'est pas possible de résumer objectivement un livre aussi touffu : 732 pages dont 85 pages de notes et de références, 10 cartes, un index détaillé. le premier message reçu est la permanence des routes de la soie, depuis la préhistoire jusqu'au 21e siècle. le second est le changement de perspective pour ceux qui ont acquis par l'école ou les lectures une vision occidentale du monde eurasien. le troisième est la multiplicité et les renversements des alliances.
La permanence d'abord. Les échanges est-ouest sont attestés depuis la plus haute antiquité, bien avant la progression par l'ouest d'Alexandre et de ses successeurs et l'expansion des Hans en sens opposé. Ces échanges ont été fréquemment rompus ou confisqués par les descentes des « barbares » du nord, Vikings Rus', Huns ou Mongols. Barbares pour leurs prédécesseurs qui se voyaient légitimes, mais qui deviennent administrateurs avisés après leur conquête : la Pax Mongolica a assuré la sécurité des routes plus longtemps et plus efficacement que la Pax Romana.
Le changement de perspective. Si les « barbares » n'ont fait que des incursions transitoires en occident, c'est que l'occident n'avait guère d'intérêt pendant le haut moyen-âge. Il était pauvre, ignare et dépeuplé par comparaison à la Perse ou au monde arabe. La chrétienté elle-même était beaucoup nombreuse dans l'Asie de Constantinople que dans l'Europe de Rome. Un tournant survient à la première croisade, quand Constantinople s'épuise dans les guerres civiles et aux frontières. C'est alors que notre « histoire nationale » fait surface : « La chrétienté avait été sauvée par les braves chevaliers qui avaient parcouru des milliers de milles jusqu'à Jérusalem. La Ville sainte avait été libérée par les chrétiens – pas par les Grecs orthodoxes de l'Empire byzantin, mais ceux de Normandie, de France et de Flandres qui constituaient l'immense majorité de l'expédition » (p 174). Nous avons oublié le versant sombre de cet avènement : les carnages, la cupidité, le cynisme des croisés vis-à-vis de leurs frères orientaux, la renaissance d'un antisémitisme européen.
La multiplicité et les renversements des alliances. Les peuples voisins de la grande route sont multiples, organisés en empires, royaumes et dynasties dont beaucoup sont inconnus du public, et ce monde fluctue avec l'émergence ou la décadence des religions. « Le commerce avait ouvert la porte où s'engouffrait la foi » (p 53). Certaines religions sont en expansion comme la chrétienté, d'abord orientale puis romaine ; d'autres sont stables (le bouddhisme) ou en régression numérique (le judaïsme) ; une autre émerge dans un formidable élan : l'Islam, en partie développé sur les décombres de la Perse et du zoroastrisme. Pour l'auteur, la puissance de l'Islam est renforcée par ses origines guerrières et sa force économique : « Muhammad déclara que les biens confisqués aux non-croyants seraient conservés pour les fidèles. Les intérêts économiques et religieux étaient donc clairement réunis. Les premiers convertis furent récompensés par une partie plus importante des dépouilles, dans un système pyramidal de fait. La pratique fut officialisée au début des années 630 par la création d'un Diwan, bureau chargé de gérer la distribution de butin. La part revenant aux chefs de fidèles, au calife, était de 20 %, mais la majorité était partagée par ses partisans et ceux qui participaient aux attaques réussies. Les premiers fidèles étaient le plus grand bénéficiaire de nouvelles conquêtes, mais les nouveaux convertis aspiraient à jouir des fruits du succès. Il en résulta une force d'expansion irrésistible » (p 105). On verra dans les siècles suivants des alliances à bascule : une tolérance de l'Islam pour le judaïsme ; un soutien des juifs aux musulmans à l'encontre des chrétiens ; après la Réforme et la montée en puissance de l'Espagne enrichie par l'Amérique, la guerre des Anglais et la révolte des Hollandais qui s'allient avec les ottomans, faute de débouché transatlantique (ils créeront plus tard leurs compagnies orientales), sous un prétexte religieux. Et les Amériques précisément ? Un autre monde, une autre histoire, traités brièvement parce qu'ils sont « hors champ », mais qui n'ont jamais compromis les routes de la soie : bien au contraire, le nouveau continent fournit au seizième siècle les métaux précieux qui accélèrent l'inflation et l'importation des richesses orientales.
Suivent des chapitres sur la montée en puissance de l'Europe du Nord, sur les conflits anglo-russes en Asie centrale, sur « la route de la guerre », « la route de l'Or noir », « la route du génocide », sur la « nouvelle Route de la Soie » de Xi Jinping, et l'on comprend le pluriel du titre. Aux échanges de marchandises, de religions et d'agressions, il reste à ajouter les échanges de germes et les grandes épidémies, la « Route de la Mort et de la Destruction ».
L'impression dominante en fermant le livre est le pessimisme, une constante dans l'étude de l'histoire. Frankopan souligne que rayonnement de nos sociétés occidentales est le fruit de progrès dans la stratégie, l'architecture militaire, la construction navale et la précision des armes, avec pour moteurs la cupidité et le cynisme, bien plus que les Lumières. Les preuves du cynisme augmentent en nombre avec le temps et la précision des sources, mais il a toujours existé : le « doux commerce » de Montesquieu est une utopie des vainqueurs.

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thburdet
  29 septembre 2019
(Lu en VO)
J'ai mis du temps à venir à bout de cet imposant pavé, pourtant bien rythmé et agréablement rédigé, mais l'ambition de l'auteur et la période couverte sont immenses.
L'ouvrage atteint son objectif de nous extirper d'un regard trop européo-centré sur l'histoire du Monde et, par son imposante bibliographie, donne l'envie de se plonger dans d'autres livres plus ciblés sur une période ou une zone particulière.
Pour autant, l'auteur reste un Européen par sa culture, sa formation, son idéologie... et l'on ne peut se départir de l'idée que lire un aussi ambitieux ouvrage rédigé par un universitaire asiatique serait plus à même encore de nous sortir de notre prisme culturel.
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NikosDV
  27 décembre 2018
Passionné par la manière d'approcher l'histoire, on voyage entre les différentes époques et les différentes influences qui ont mené à notre monde actuel. Compréhensible malgré mes notions rudimentaires d'histoire. Il est vrai que l'auteur tombe parfois un peu dans l'excès pour défendre sa thèse, mais ça ne m'a pas dérangé. Par contre la traduction française de Denis Villeneuve laisse pour moi vraiment à désirer, d'où la mauvaise note.
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critiques presse (1)
LaCroix   02 novembre 2017
Entre Orient et Occident, les routes de la soie ont été le véritable « axe de rotation » du globe.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
pchionpchion   06 décembre 2018
L'immense paradoxe, en conséquence, c'est de voir sur quoi reposait le glorieux Âge d'or européen, cette efflorescence artistique et littéraire, ces bonds prodigieux de l'expérience scientifique : il fut forgé par la violence. Bien plus, la découverte des nouveaux mondes accrut l'instabilité de la société européenne. Puisqu'il y avait davantage à conquérir, que les ressources s'accroissaient sans cesse, les enjeux étaient décuplés, redoublant les tensions tandis que la lutte pour la suprématie s'intensifiait.
Les siècles suivant l'émergence de l'Europe comme puissance mondiale s'accompagnèrent d'incessantes fusions et d'une cupidité constante. En 1500, l'Europe contenait quelque 500 entités politiques ; en 1900, il n'y en avait plus que 25. Le fort dévorait le faible. La compétition et le conflit militaire étaient consubstantiels au continent. En ce sens, les horreurs ultérieures du XXème siècle plongent leurs racines dans son passé profond. [...] Avec le temps, la persécution put se perpétrer à une échelle massive. Ce n'est pas par hasard que le principe de guerre mondiale et du pire génocide de l'histoire ont pris naissance et connu leur exécution en Europe ; il ne s'agissait que des chapitres les plus récents d'une interminable histoire de brutalité et de violence.
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missmolko1missmolko1   07 juin 2018
Prologue
Enfant, l'un de mes biens les plus chers étaient une grande carte du monde. Elle était épinglée au mur près de mon lit et je la scrutai chaque soir avant de m'endormir. Avant longtemps, j'eus appris par cœur les noms et situations de tous les pays, noté leur capitale ainsi que les océans, les mers et les fleuves qui s'y jetaient ; les noms des principales chaînes de montagne et des déserts, tracés en impérieuses italiques, excitants d'aventure et de danger.
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BouteyalamerBouteyalamer   25 novembre 2018
Muhammad déclara que les biens confisqués aux non-croyants seraient conservés pour les fidèles. Les intérêts économiques et religieux étaient donc clairement réunis. Les premiers convertis furent récompensés par une partie plus importante des dépouilles, dans un système pyramidal de fait. La pratique fut officialisée au début des années 630 par la création d’un Diwan, bureau chargé de gérer la distribution de butin. La part revenant aux chefs de fidèles, au calife, était de 20 %, mais la majorité était partagée par ses partisans et ceux qui participaient aux attaques réussies. Les premiers fidèles étaient le plus grand bénéficiaire de nouvelles conquêtes, mais les nouveaux convertis aspiraient à jouir des fruits du succès. Il en résulta une force d’expansion irrésistible.
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thburdetthburdet   11 août 2019
There was good reason why the cultures, cities and peoples who lived along the Silk Roads developed and advanced : as they traded and exchanged ideas, they learnt and borrowed from each other, stimulating further advances in philosophy, the sciences, language and religion.
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