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Olivier Deparis (Traducteur)
ISBN : 2757866508
Éditeur : Points (08/06/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 219 notes)
Résumé :
Purity, alias "Pip", est étudiante à Oakland, en Californie. Elle qui a grandi sans connaître l'identité de son père, élevée par une mère qui ne dévoile rien de sa vie, elle se tourne naturellement vers le journalisme d'investigation. On la dirige alors vers l'Allemand Andreas Wolf, un lanceur d'alertes charismatique rappelant par bien des côtés Edward Snowden et Julian Assange. Depuis la base secrète de son ONG en Bolivie, Andreas se livre à des attaques ciblées su... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  03 septembre 2016
Le contraste est saisissant entre la courte tranche de vie de Purity Tyler que nous narre Jonathan Franzen, et l'épaisseur du support! Plus de sept cent pages, avec une impression de ne plus jamais pouvoir en sortir. Heureusement que l'histoire est intéressante et plutôt bien contée (on est pas non plus dans un chef-d'oeuvre de style littéraire, mais la traduction est passée par là, difficile de pointer le responsable, et de plus la part belle est faite aux dialogues, qui ont plutôt tout à gagner d'une authenticité au détriment du style).
Purity, qui a tellement honte de son prénom qu'elle le cache autant que faire se peut et répond volontiers au surnom de Pip, vit une relation conflictuelle avec sa mère, le point d'achoppement de leurs différents tournant autour de l'identité soigneusement cachée du géniteur de Pip. La quête identitaire de la jeune femme est d'autant plus compliquée que sa mère, enceinte d'elle, a disparu des écrans radar, allant jusqu'à changer de nom pour brouiller les pistes.
C'est un parcours complexe, fait de hasard et de nécessité qui mènera la jeune fille sur la piste de ses origines .
Ce qui alourdit considérablement le récit, c'est qu'à chaque personnage rencontré, l'auteur se lance dans une ontologie détaillée, qui met en lumière le déterminisme des histoires, construites sur des rencontres, des circonstances sur lesquelles chaque être humain n'a que peu de contrôle.
Tout cela procède d'une certaine logique, mais c'est une friandise plus proche du far breton que de la crêpe dentelle!
Le tout est assaisonné d'un contexte historico-social tout à fait intéressant et d'un fond musical qui plaira aux initiés (c'est aussi varié puisqu'à travers les histoires des personnages, on passe des années après guerre à l'époque actuelle).
L'impression globale est celle d'une écriture spontanée avec une trame pas forcément construite d'emblée, et un auteur emporté par son élan créateur.

Qu'en restera t-il? (il ne me reste quasiment rien des deux opus précédents Les Corrections et Freedom, que j'avais beaucoup aimés). La force du personnage d'Andréa Wolf, charismatique autant que psychopathe obsédé sexuel et illuminé? L'histoire d'un meurtre impuni?
Pas mécontente d'en être venue à bout, ce qui m'a pris un certain temps, ce n'est pas si facile que ça à lire.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Allantvers
  08 mai 2016
Avis aux aficionados de l'entomologiste à lunettes : le Franzen nouveau est arrivé, et réjouissons-nous car il est excellent.
Sur la forme, le bébé porte bien la patte de son créateur, avec ses charmes bien identifiables (et pourtant à lire comme ça c'est plutôt repoussoir) : ouvrage volumineux, dialogues cérébraux, quelques mots savants distillés ici et là (mon avis de fan est que c'est en clin d'oeil aux reproches d'intellectualisme pompeux faits à l'époque aux « Corrections »)
Sur le fond, Franzen a troqué la focale spatio-temporelle habituelle de sa loupe d'entomologiste pour une grille de lecture plus large afin d'embrasser cette fois-ci les moeurs de ses contemporains à l'heure du Grand Internet, et il fallait bien un champ d'observation allant de la Californie au Colorado mais aussi jusque dans le Berlin-Est des années 80 ainsi que dans un coin de paradis au fin fond de la Bolivie pour ce faire.
Et l'auteur de se concentrer sur quelques personnages, qu'il prend soin de développer soigneusement un par un, pour explorer à l'aune du grand chambardement idéologico-politico-sociologico-économique du 21ème siècle leurs interactions, leurs aspirations, leurs névroses, et ce qu'il advient de l'identité, de la famille, du pouvoir, du sens de la vie individuelle dans un monde ultra-connecté.
Je vous épargne le pitch du roman qui n'apporterait rien de plus que la quatrième de couverture et risquerait de spoiler et me contenterai de résumer comme suit : C'est touffu, c'est drôle et désabusé, c'est intelligent et attachant, bref, la cuvée 2015 de l'ami Jonathan est encore une fois une réussite que j'ai bu sans modération !
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Archie
  07 juin 2016
Voilà un très long roman, comportant les ingrédients qu'il faut pour en rendre la lecture tour à tour distrayante, intéressante, surprenante, amusante, oppressante, captivante... J'aime absolument !
Arrêtons là les qualificatifs et penchons-nous sur le titre : Purity ! le mot anglais pour pureté ; conservé tel quel dans l'adaptation française du livre ! Un titre qui pourrait faire craindre un ouvrage engagé, militant, ennuyeux. Ce n'est pas le cas. Purity est le prénom véritable de l'héroïne du roman, celle qu'en fait, tout le monde appelle Pip. Comment peut-on s'appeler Purity ? Même aux Etats-Unis !... Sa mère n'avait pourtant pas choisi ce prénom par pur hasard...
Pip n'a eu comme famille que sa mère, une femme étrange, au caractère tourmenté, qui vit seule pauvrement dans un coin isolé de Californie, depuis qu'elle a quitté son mari, quelque temps après la naissance de sa fille, précise-t-elle. Un homme à fuir absolument et définitivement, proclame-t-elle lorsque Pip l'interroge.
Pip a vingt-trois ans. C'est une jeune femme tout à fait charmante. Ouverte, libre, franche, généreuse. Intelligente mais naïve. Séduisante malgré un manque de confiance en elle. Depuis la fin de ses études universitaires, elle travaille, un job ni passionnant, ni rémunérateur. Les temps sont durs pour les jeunes d'aujourd'hui, notamment pour Pip, qui avait souscrit un prêt étudiant de cent trente mille dollars qu'il lui faut désormais rembourser. Elle s'est mise en tête que la seule personne qui pourrait l'aider à se libérer de cette dette est son père, qu'elle veut retrouver, alors qu'elle ne l'a jamais vu et qu'elle ne connaît même pas son nom... Telle est sa quête !... Bien des choses auront changé pour elle à la fin du livre.
Le deuxième chapitre nous ramène vingt-cinq ans en arrière, à Berlin-Est, peu de temps avant la chute du Mur. Andreas Wolf est un jeune homme au physique avantageux, consommateur de jolies filles et d'images pornographiques. Bien que fils unique d'apparatchiks très privilégiés d'une « démocratie populaire » à bout de souffle, il joue de son charisme pour se poser en contempteur d'un régime qu'il juge fondé sur une hypocrisie ridicule et terrifiante.
Rebelle dans l'âme, porté par un ego démesuré, Andreas deviendra plus tard un lanceur d'alerte célèbre et hors-la-loi, à la manière d'un Julian Assange ou d'un Edward Snowden. Réfugié en Bolivie dans un coin de montagne paradisiaque où il est assisté de groupies aussi belles que dévouées, il entretient sa légende et pilote une cyberorganisation très efficace, le Sunlight Project. Très intelligent, opportuniste et manipulateur, il restera toutefois marqué par un péché originel, un acte criminel dont il redoute la découverte, ce qui le rend paranoïaque par instant. Une paranoïa qui menacera de s'aggraver et de l'engloutir... Entre temps, pourra-t-il aider Pip à retrouver son père ?
Deux autres personnages émergent dans l'intrigue. Tom, un patron de presse d'investigation, sérieux et ambitieux ; un type bien, dont la vie privée n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Et Anabel, la fille d'un industriel multimilliardaire, une femme belle et brillante, mais psychotique, délirante, destructrice et autodestructrice.
Tous ces personnages partagent une particularité : une forme d'exigence envers soi-même, chacun à sa manière ; la détermination – dangereuse ou velléitaire – de respecter scrupuleusement des convictions de base, comme s'il s'agissait de se convaincre de sa pureté personnelle. Mais défendent-ils un idéal ou l'image qu'ils veulent avoir d'eux-mêmes ?
L'intrigue est complexe et l'auteur n'en dévoile les noeuds qu'avec parcimonie, pièce par pièce, comme un puzzle, au fil de sept chapitres non chronologiques, dans lesquels je me suis laissé promener de façon très plaisante sans toujours savoir très bien vers quoi on me menait : tantôt à méditer sur la morale du journalisme d'investigation et du lancement d'alerte ; tantôt à réfléchir sur les limites de la démocratie ; tantôt encore à épier les intermittences du désir entre une jeune femme et un homme ayant l'âge d'être son père ; parfois juste à observer Pip s'enchanter de la richesse des odeurs tropicales dans les vallées boliviennes... Et aussi à suivre les remous d'une histoire d'amour et de folie ; un amour fou, hors de toute limite de temps et d'exigence – de pureté, notamment –, et qui déferle en haine, en envie de faire mal, de détruire, de se détruire.
Tout cela a-t-il un sens ? Soudain, dans un dialogue, à mi-parcours du livre, une lueur. Est-ce une piste, un fil conducteur ? Viendront finalement des révélations surprenantes ; des circonstances pouvant apparaître comme des hasards n'en sont pas... L'histoire s'achève dans une atmosphère de paix, de bonheur possible. Ou presque, mais tant pis pour ceux qui s'en excluent. Et quel dommage pour le lecteur que ce soit la fin de ce roman magistral.
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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bilodoh
  09 novembre 2016
Un gros roman américain plein de surprises, teinté d'humour et d'histoire contemporaine.

Je l'avoue, j'ai failli abandonner au premier chapitre avec des amours improbables de Pip, une jeune Californienne qui loge dans un squat avec d'autres personnages bizarres. Je me disais que 700 pages de ce genre présentaient un risque de devenir insupportables!

Mais voilà, tout change par la suite. L'auteur nous entraîne dans une intrigue riche et pleine de rebondissements. On visite le Berlin de l'Allemagne de l'Est communiste, on se retrouve en Amérique du Sud dans un camp de hackers internationaux, puis dans l'univers des journalistes et dans celui des lanceurs d'alerte, en passant par les aléas de la création artistique.

Et Pip, un surnom pour Purity, ira à la rechercher de ses origines et tentera de grandir à travers toutes ces péripéties. On pourra passer de la grande pauvreté à l'abondance, des secrets bien gardés au travail d'investigation pour les débusquer, rencontrer des mères qui aiment trop, de bons sentiments et des femmes malaimées, de minables profiteurs et des héros qui frôlent la folie.

Ce n'est pas de la broderie fine, mais c'est une trame de bonne qualité qui tisse une toile sociale d'une belle complexité.

Finalement, j'ai bien aimé ce voyage à travers le monde et avec une telle brique, il y a suffisamment de lecture pour entreprendre la traversée de plusieurs fuseaux horaires!
(P.S. J'ai parfois l'impression qu'un roman américain moderne compte toujours beaucoup de pages. Serait-ce une forme d'obésité littéraire?)
;-)
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motspourmots
  20 mai 2016
Peut-on encore aspirer à la pureté dans un monde où tout est mensonge et faux-semblants ? Jonathan Franzen s'empare brillamment de la question avec ce roman totalement addictif dont on admire à la fois l'intrigue, la construction et le propos. Un pavé dont la densité semble miraculeusement légère au point d'avaler les pages sans avoir vraiment envie d'arriver à la fin. J'avais gardé un souvenir de lecture intéressante mais poussive des Corrections, il n'en est rien ici. On nage avec délice dans le bain concocté par l'auteur.
L'héroïne s'appelle donc Purity Tyler, un prénom qui la gêne tellement qu'elle préfère l'utilisation du surnom Pip. Bref. Pip vit dans un squat à Oakland, supporte un job de téléprospectrice pour une entreprise qui opère dans les énergies renouvelables et désespère d'arriver à rembourser un jour les 130 000 dollars de son prêt étudiant. Peut-être que si sa mère, Annabel voulait bien lui révéler le nom de son père celui-ci pourrait-il faire quelque chose pour elle ? Mais cette dernière a tiré un trait sur son ancienne vie et a délibérément effacé toute trace qui pourrait la relier à son passé. Même sa fille est sceptique sur l'histoire qu'elle lui sert pour justifier sa fuite. C'est alors que Purity est approchée par un membre du Sunlight Project, une ONG créée et dirigée par Andreas Wolf un célèbre lanceur d'alertes réfugié en Bolivie pour échapper aux éventuelles représailles des pays et organisations corrompues qu'il dénonce. Elle accepte un stage en espérant glaner des informations sur son père, tombe sous le charme du charismatique Andreas mais ne va pas tarder à s'apercevoir qu'elle est peut-être manipulée et surtout, qu'elle n'a pas été choisie au hasard. Que lui veut réellement Andreas ? Pourquoi l'envoie-t-il en mission à Denver auprès de Tom Aberrant, patron d'une agence de presse d'investigation qui se donne pour objectif de révéler les scandales ?
Jonathan Franzen construit son roman avec une virtuosité indéniable, chaque partie offrant un nouveau point de vue et livrant peu à peu les clés d'un monde dominé par l'image, le mensonge et les faux-semblants, où la capacité d'adaptation est essentielle. Andreas Wolf et Tom Aberant sont deux faces d'un même pouvoir, celui de l'information avec d'un côté le lanceur d'alerte, de l'autre le journaliste, et forcément des objectifs, des méthodes et une conscience très différentes. Pour comprendre comment ils se sont construits, l'auteur explore leurs antécédents familiaux et leurs rapports aux femmes, dans un superbe parallélisme qui prend sa source en RDA où grandit Andreas et où il se forge une personnalité de rebelle face à l'ordre établi. La relation hommes/femmes est omniprésente dans la narration, comme si Franzen était convaincu d'être face à deux mondes irréconciliables. Et côté personnages féminins, il ne fait pas dans la dentelle, elles sont assez chargées. Les scènes entre Andreas et sa mère, les scènes de ménage de Tom et de sa femme sont incroyables de dureté et de machiavélisme.
La grande réussite de ce livre est à mettre au crédit de sa galerie de personnages très étayés, même les plus secondaires, autant qu'à la vision du monde que l'auteur parvient à faire passer. le parallèle entre le totalitarisme et internet est a priori gonflé et pourtant... tellement évident dans la bouche d'Andreas dont la maîtrise de l'outil lui a permis de créer son image de toutes pièces et de jouer sur l'aliénation des foules. de quoi donner à réfléchir.
Si l'on mesure la qualité d'un livre à l'aune des sujets de réflexion qu'il propose, alors Purity est un grand livre. Ancré dans son siècle avec une réelle volonté de bousculer et de renverser les points de vue. Et qui procure en plus un fantastique plaisir de lecture.
Un page turner intelligent, tout simplement.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   12 juin 2017
Jonathan Franzen n’est pas que le sociologue des dérives du monde actuel. Son livre fourmille de thèmes mais il est avant tout un vrai roman branché sur l’actualité.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   18 mai 2016
Un ambitieux roman d'apprentissage brassant l'histoire contemporaine à travers un tourbillon de personnages et de destins en zigzags.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Chatelaine   06 mai 2016
Le regard de Franzen englobe l’universel autant que l’intime.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Telerama   04 mai 2016
Franzen (...) plonge dans les replis de la psyché de ses personnages, (...) fore leurs mensonges et les lâchetés sur lesquelles sont bâties leurs existences. Nourrissant de leurs « vilains secrets » ce grand livre moral, ce beau roman impur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers   06 mai 2016
Ma théorie est que l'identité consiste en deux impératifs contradictoires (...). Il y a l'impératif de garder les secrets, et celui de les faire connaître. Comment sais-tu que tu es un individu distinct des autres? En gardant certaines choses pour toi (...) Tu les tiens enfermés en toi parce que, si tu ne le fais pas, il n'y a plus de distinction entre l'intérieur et l'extérieur. Un exhibitionniste radical est une personne qui a renoncé à son identité. Mais l'identité au milieu du vide est tout aussi dénuée de sens. Tôt ou tard, l'intérieur a besoin d'un témoin. Pour avoir une identité, tu dois croire que d'autres identités existent également. Tu as besoin de proximité avec d'autres gens. Et comment construit-on la proximité? En partageant des secrets.
+ Lire la suite
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KittiwakeKittiwake   24 août 2016
Avec le whisky, la couperose était plus diffusément rosée qu'avec le gin et moins violacée qu'avec le vin. Chaque dîner universitaire permettait d'observer les divers aspects de la couperose.
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NadaelNadael   04 août 2016
« - Il y a l'impératif de garder les secrets, et celui de les faire connaître. Comment sais-tu que tu es un individu distinct des autres ? En gardant certaines choses pour toi. Tu les tiens enfermées en toi parce que, si tu ne le fais pas, il n'y a plus de distinction entre l'intérieur et l'extérieur. C'est même les secrets qui te permettent de savoir que tu as un for intérieur. Un exhibitionniste radical est une personne qui a renoncé à son identité. Mais l'identité au milieu du vide est tout aussi dénué de sens. Tôt ou tard, l'intérieur de toi a besoin d'un témoin. Sinon, tu n'es qu'une vache, un chat, une pierre, un objet du monde prisonnier de son statut d'objet. Pour avoir une identité, tu dois croire que d'autres identités existent également. Tu as besoin de proximité avec d'autres gens. Et comment construit-on la proximité ? En partageant des secrets. »
+ Lire la suite
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claraetlesmotsclaraetlesmots   13 mai 2016
Le père d'Andreas était le deuxième plus jeune membre du Parti jamais nommé au comité central, et l'exercer la fonction la plus créative de la République. En tant que premier économiste de l'État, il avait pour mission de manipuler les chiffres avec systématisme, de démontrer des augmentation de productivité là où il n'y en avait pas, d'équilibrer un budget qui chaque année s'éloignait un peu plus de la réalité, d'ajuster les taux de change officiel pour maximiser l'impact budgétaire de telle ou telle devise forte que la République parvenait à carotter ou à extorquer, de gonfler les quelques succès de l'économie et de trouver des excuses optimistes à ses nombreux échecs. Les hauts dirigeants du Parti pouvaient faire semblant de ne rien comprendre à ses chiffres ou les considérer avec cynisme, tandis que lui-même devait croire à l'histoire qu'ils racontaient. Cela demandait de la conviction politique, de l'autopersuasion, voire, et c'était peut-être le principal, de l'auto-apitoiement.
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bilodohbilodoh   26 octobre 2016
…elle songeait à l’horreur du monde, à cette lutte éternelle pour le pouvoir. Les secrets étaient un pouvoir. L’argent était un pouvoir. Le besoin que les autres avaient de soi était un pouvoir. Le pouvoir, le pouvoir, le pouvoir : comment le monde pouvait-il être organisé autour de la lutte pour une chose qui isolait tant son possesseur?

(Boréal, p. 712)
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