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EAN : 9782760947597
Leméac (Editeur) (18/09/2017)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
René McKay, cinquante-cinq ans, est prof de littérature à l’université. Fraîchement divorcé de sa femme, Vicky, il a peu de contact avec son fils de vingt ans, Mathieu. Renfrogné, désillusionné, il s’est au long des années isolé du monde. Il ne vit pas, il végète, se contentant de répéter à des étudiants distraits des vérités d’un autre âge, des concepts qui n’allument plus personne.
Un malheureux séjour en Suède pour prononcer une conférence inepte devant un... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Marylou26
  21 février 2020
Roman constitué de trois parties renvoyant à une époque éteinte, il met en scène René McKay, professeur de littérature à l'université, qui vient de signer les papiers de son divorce. Il a 55 ans. Il est désabusé, envieux de la réussite ses collègues et de la jeunesse de ses étudiants qu'il critique allègrement, conscient de son marasme et de sa médiocrité. Il est en perte de sens, et vieillissant, de sa valeur sur le marché de la séduction, où il se sent déclassé. le cynisme de ses propos nous faire réagir, tantôt nous choquant, tantôt nous faisant réfléchir, nous reflétant une part de nous-mêmes, de nos angoisses et de nos jugements. C'est la grève étudiante qui va le ramener sur la voie de l'évolution. En tout cas, j'ai juste une chose à lui dire, à René: j'ai aimé ça, moi, le fluo. C'était mon premier roman de Biz, et j'ai bien hâte d'aller lire les autres.
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Errant
  20 octobre 2022
Que faire à 55 ans lorsque la vie est plate, que les illusions se sont envolées, que le travail devient une corvée, que la famille a éclaté et qu'e l'on juge que la société va du mauvais coté ? C'est ce genre de personnage, prof de littérature, spécialiste de point-virgule, désabusé au cube, que l'auteur promène d'une déception à l'autre, d'un ricanement à de pathétiques tentatives pour donner un sens à sa vie. Aucun apitoiement sur soi ici, juste une prise de conscience implacable de la vacuité de son existence. Malgré la noirceur du thème, j'ai trouvé ce texte rafraichissant !
Car le regard sans compromis que pose le héros sur le monde qui l'entoure est d'une lucidité admirable. Que ce soit quant à la dégradation de la qualité de l'enseignement universitaire, du terrorisme des wokes ou de l'égoïsme dans les relations humaines, les réflexions sont toujours pénétrantes, même celles qu'on ne partage pas nécessairement. L'écriture est fluide, le vocabulaire riche, les propos caustiques et l'atmosphère, noire à souhait, enveloppe le tout presque jusqu'à la fin, fin qui m'a semblé détonner un peu trop du reste. Mais c'est un tout petit bémol par rapport à l'ensemble. Un auteur à suivre.
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Cielvariable
  01 juin 2022
Roman psychologique dont l'action se déroule en 2012, alors que s'amorce le mouvement étudiant (les carrés rouges/ printemps érable) contre la hausse des frais de scolarité universitaires. L'antihéros est un professeur de littérature française désabusé, cynique, mal dans sa peau de cinquantenaire nouvellement divorcé qui retrouvera la flamme (au travail et en amour) grâce aux manifestations et à la grève étudiante.
Le personnage principal est peu sympathique, mais on arrive tout de même très bien à imaginer le désabusement d'un professeur de littérature à notre époque, face à des étudiants sûrs d'eux malgré leur ignorance et leur peu de culture et de maîtrise de la langue. C'est donc plutôt de la pitié que l'on ressent d'abord pour lui, même si on ne peut s'empêcher de juger sa propre médiocrité avouée. Dans sa vie personnelle, il est également plutôt pathétique, mais heureusement, on assiste à son "réveil" dans la troisième partie du roman, ce qui aide à l'apprécier davantage. Les thèmes abordés plairont certainement davantage aux lecteurs universitaires (le milieu est décrit de manière très réaliste), cinquantenaires ou en quête de sens.
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CathRoy
  26 avril 2019
Voici un autre roman de Biz où la noirceur côtoie la lumière. René McKay est un homme désabusé : amour, enseignement, politique, société, culture... la vie en générale lui semble fade et démoralisante. Toujours prêt à s'élever contre les nouvelles idées de ses élèves et collègues, le professeur de littérature blasé semble se complaire dans son cynisme.
Chaque génération comporte son lot de récalcitrants qui se croient plus réfléchi, plus engagé voir même plus intelligent que la génération qui la succède. Pendant que René McKay, supportant ces illusions, se trouve seul et isolé, une révolution prend vie, soulevant dans son élan jeunes et moins jeunes. le courant aura raison du cynisme et emportera dans son mouvement notre héros ressuscité, lui donnant enfin une raison de faire lui aussi parti de la vie.
Dans ce roman, Biz dresse un portrait très juste de notre société désillusionnée, parsemée ici et là d'espoir et de victoires.
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MichelRoberge
  02 janvier 2018
Résumé : René McKay, cinquante-cinq ans, est prof de littérature à l'université. Fraîchement divorcé de sa femme, Vicky, il a peu de contact avec son fils de vingt ans, Mathieu. Renfrogné, désillusionné, il s'est au long des années isolé du monde. Il ne vit pas, il végète, se contentant de répéter à des étudiants distraits des vérités d'un autre âge, des concepts qui n'allument plus personne.
Un malheureux séjour en Suède pour prononcer une conférence inepte devant une poignée de blasés est la goutte qui fait déborder le vase. Plus rien de tout ça ne vaut la peine. Fini, l'amour, le sexe ; fini, les illusions, les rêves, les espoirs, l'enthousiasme. Cependant, à son retour, une grève étudiante bat son plein. Et tout est à nouveau possible.
Dressant un portrait à l'acide du milieu universitaire, Biz n'épargne ni les profs ni les étudiants. Mais il célèbre l'union, la harde, la horde, c'est-à-dire le peuple en mouvement quand il n'agit pas en troupeau.
Commentaires : Je me suis revu à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) dans les années 90 en lisant cette fiction de BIZ alors que j'y enseignais, bien que l'intrigue se situe en 2012. Ambiance départementale des plus réalistes. Et j'ai revécu les événements entourant le « printemps érable », la grève générale et illimitée des étudiants pour protester contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement libéral de Jean Charest. Tel est le cadre du cinquième roman de Biz, un des membres du groupe rap québécois Loco Locass.
La chaleur des mammifères raconte l'histoire d'un professeur de littérature désabusé par son travail d'enseignant et par l'attitude de ses étudiants et de ses collègues. Avec humour et une touche de cynisme, Biz amène son personnage principal, René McKay, à découvrir, à la suite des événements de l'automne 2012, tout le potentiel de cette jeunesse arborant le carré rouge. Et si tous ensemble, nous les mammifères humains, on se mettait en mouvement pour changer le cours des choses…
Le récit de Biz est aussi agrémenté par des commentaires sur la création littéraire comme :
« Faites des phrases courtes. Évitez les adverbes. Apprenez à ponctuer. Et rappelez-vous ce mot de Quintilien : ‘'Une phrase trop chargée d'adjectifs est comme une armée où chaque soldat serait accompagné de son valet de chambre'' » (p. 32).
Ou encore celle-ci sur l'utilisation du point-virgule :
« Destiné à unir deux propositions ayant un lien entre elles, le point-virgule ajoute de la nuance et du rythme à la narration. Utilisé. Savamment, le point-virgule prépare une chute inattendue et devient un marqueur de cynisme. Michel Houellebecq l'utilise abondamment. En cent ans, soit depuis la parution de du côté de chez Swann en 1913, j'avais calculé une baisse d'occurrences de 86% du point-virgule dans la littérature française. Malheureusement, le point-virgule est menacé par la mode des phrases courtes. Paradoxalement, c'est la brièveté du texte qui a redonné une seconde vie au point-virgule. Accolé à la parenthèse, il devient un clin d'oeil qui indique au lecteur que la phrase doit être lue au second degré » (p. 80).
À lire (une recommandation pour étudiants et professeurs des institutions supérieures d'enseignement).
Ce que j'ai aimé : Ce constat : « Corriger, c'est le supplice de n'importe quel prof. Essentiellement parce qu'en évaluant l'apprentissage de ses élèves, l'enseignant mesure sa propre capacité à transmettre le savoir. le résultat renvoie presque toujours au double constat d'échec des apprenants et des maîtres » (p. 13).
Ce que j'ai moins aimé : -
Lien : https://avisdelecturepolarsr..
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   23 octobre 2017
Biz, un écrivain redoutable, précis, inspiré, dépeint avec humour et cynisme le parcours de ce professeur désabusé, caricaturant au passage les étudiants et les professeurs des institutions d’enseignement supérieur.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   20 septembre 2017
Dans son nouveau roman, Biz démontre qu'il n'y a qu'une façon de ne pas devenir un vieux fossile: croire en la jeunesse.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
Marylou26Marylou26   21 février 2020
Sous prétexte qu’ils ont beaucoup lu, les étudiants en littérature prétendent à une insupportable supériorité morale. En vérité, ce sont des hypothéqués intellectuels; avec une mise de fonds valable, certes, mais qui ne sont pas encore propriétaires de leurs idées. Pour maintenir l’intérêt, ils empruntent en citant. Leur style est lourd, encombré d’adverbes qui leur donnent l’impression d’être précis. Il en va de l’écriture comme de la sculpture. Avec le temps, le raffinement consiste à enlever de la matière, jusqu’à la perfection des lignes. (p. 31)
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CathRoyCathRoy   28 mars 2019
Je me suis assis à l'arrière, avec les autres esseulés. Le prêtre a pris la parole pour radoter la même histoire de la nativité. Je trouvais qu'on faisait beaucoup de cas d'un charpentier cocufié par un courant d'air.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2017
Sous prétexte qu’ils ont beaucoup lu, les étudiants en littérature prétendent à une insupportable supériorité morale. En vérité, ce sont des hypothéqués intellectuels ; avec une mise de fonds valable, certes, mais qui ne sont pas encore propriétaires de leurs idées. Pour maintenir l’intérêt, ils empruntent en citant. Leur style est lourd, encombré d’adverbes qui leur donnent l’impression d’être précis. Il en va de l’écriture comme de la sculpture. Avec le temps, le raffinement consiste à enlever de la matière, jusqu’à la perfection des lignes.
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sweetiesweetie   28 mai 2018
La nouvelle gauche me sidérait. En exacerbant les particularismes individuels et les minorités, elle évacuait les grandes solidarités et les projets collectifs qui avaient été sa raison d'être au dernier siècle.
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Marylou26Marylou26   21 février 2020
Le sens de la vie et l’angoisse de la mort. Essentiellement les deux questions auxquelles tentait de répondre toute religion. En ce qui me concerne, la théorie de l’évolution avait tout réglé : chaque être vivant a comme unique finalité la transmission de ses gènes. C’est tout. Elle est là, l’immortalité : ajouter son maillon dans une chaîne génétique immémoriale. Il n’y a rien d’autre à comprendre ni à espérer. Pour l’être humain, la finalité d’une vie consiste à élever des enfants jusqu’à ce qu’ils puissent se reproduire. Mathieu avait vingt ans. Génétiquement, j’avais atteint mon but. Je n’étais plus nécessaire au destin de l’humanité. (p. 66)
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