AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070419894
Éditeur : Gallimard (18/10/2001)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 51 notes)
Résumé :

Sa femme lui a dit un soir : "Je n'ai plus de désir pour toi". Le lendemain elle partait avec leur petite fille de six ans, Marilou. Le choc, terrible, le projette quatre ans en arrière, lors de la disparition de sa mère. Passé et présent de télescopent.
Dans la touffeur de l'été, René Frégni ne dort plus, son cœur bat trop fort, écrase tout. C'est un homme foudroyé qui se débat, qui s'accroche aux morts pour ne pas se pendre.
Un hymne d'amour ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
babounette
  23 février 2019
René Frégni - Elle danse dans le noir - lu en février 2019.
Mon premier livre de cet auteur, une très belle découverte grâce à la critique de Ladybird, que je remercie au passage.
Que dire de ce livre ? Qu'il est lumineux malgré le sujet traité.
"Depuis que ma mère est morte je ne tue plus les mouches. Sans doute poursuit-elle sa vie dans l'une d'elles ou dans toutes, comme elle est dans les nuages... le pollen des platanes..." Il s'agit de la mort de sa mère (ce livre est une autobiographie de l'auteur). Mais pas que. En effet, en quatre ans, il a perdu son père (dont il ne parle pas), sa mère, sa femme qui un soir lui a dit "Je n'ai plus de désir pour toi", le lendemain elle partait avec Marilou leur fille de six ans. Marilou qui n'a pas connu sa grand-mère, Marilou le soleil de sa vie. Il nous parle de sa maman, si proche de lui, si aimante, de son enfance avec elle, de la découverte de son cancer, des mois de traitements qu'elle a subi, de son quotidien auprès d'elle pour qu'elle tienne le coup.
Il nous parle aussi de femmes qu'il pourrait rencontrer puisque la sienne qu'il aimait ne l'aime plus. Il nous parle aussi de cet atelier d'écriture qu'il dirige dans une prison où les mots jaillissent sur le papier des prisonniers.
"Les mots nous sauvent de tout. Ils remontent de si loin. Ils nous viennent de nos mères. Les premiers mots d'abord, les plus simples, les plus forts. le mot maman, le mot amour, le mot caresse." "Les vrais mots sont dans le regard d'une maman, dans son sourire".
René Frégni nous parle de sa mère et de sa fille avec beauté et bonté, c'est émouvant, ce n'est pas triste, tout son coeur est dans ce livre je crois. 140 pages d'une tranche de vie, de pertes, de retours, de saisons qui passent. Écrit avec pudeur et respect "Elle danse dans le noir" est mon second coup de coeur de l'année 2019.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          12130
Ladybird123
  11 février 2019
Quand la maladie s'abat sur la mère de René Frégni, les oiseaux se mettent à chanter de plus belle, les enfants naissent, les arbres protègent, le soleil sourit et c'est là qu'elle peut alors danser dans le noir...
Devant l'acharnement thérapeutique et le déclin de sa mère, l'écrivain puise et s'enfonce au plus loin dans la lumière. Même s'il lui est arrivé de cracher au visage de la lune, parce que ravagé par la colère du mal qui tue sa mère à petit feu, il dégorge tout l'amour qui l'a nourri durant toutes ces années. Il sera là tout le long que durera l'agonie de sa mère, puisant sa force dans ses souvenirs, dans tout ce que sa mère lui aura offert sans compter, il restera debout aussi grâce à sa fille Marilou qui elle, du haut de ses dix ans continue de sourire aux fleurs.
Quand la grande faucheuse viendra chercher sa chère et tendre mère, René Frégni deviendra plus amoureux que jamais de la vie, car c'est dans son sein que sa mère respirera pour l'éternité...
Un roman éblouissant, lumineux, poétique où le destin titubera dans la force du coeur d'un fils aimant et reconnaissant pour celle qui lui a donné la vie. du grand Frégni qui arrive à illuminer le plus grand noir. Elle danse dans le noir c'est un ballet d'étoiles, ennivrées par le miracle de l'amour.
... merci Marie...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9911
berni_29
  15 février 2019
J'ai continué de poursuivre ma rencontre ensoleillée avec l'auteur René Frégni par ce récit autobiographique poétique et bouleversant, Elle danse dans le noir.
Tout d'abord une dédicace concise en début de l'ouvrage : « A ma mère morte, à ma mère vivante », nous annonce d'emblée le propos du voyage.
Ici il y est question de la vie et de la mort tout simplement. C'est une ode, un chant douloureux dédié à l'amour de sa mère qui va mourir. Le récit se déroule sur six mois, le temps que met la vie à s'en aller d'un corps qu'on a étreint depuis l'enfance comme un soleil, comme un rempart, une citadelle imprenable qui nous protègerait de tous les malheurs du monde.
C'est une hymne à l'amour qui s'en va. L'épouse du narrateur décide un soir de le quitter car elle n'a plus de désir pour lui. Elle s'en va, elle quitte alors la maison avec leur petite fille de six ans, Marilou. C'est cette rupture qui plonge brusquement le narrateur dans l'arrière-pays de son existence, quatre ans plus tôt, lorsque sa mère elle aussi est partie de l'autre côté du paysage, emportée par un cancer.
L'été est brûlant, douloureux, éphémère. C'est une douleur sans fin, c'est une douleur sans nom. L'homme ne veut pas croire à la mort qui vient chercher sa mère, s'indigne contre l'univers hospitalier, il veut se battre, il s'accroche au moindre souffle de vie, à ce rayon de soleil qui vibre encore dans le sursaut du soir, vibre dans les yeux effarés et encore étincelants de sa mère, dans le jardin de son enfance, de sa Provence natale, vibre dans son coeur fébrile. Il prend sa mère dans ses bras comme pour la retenir inutilement dans le vertige qui l'emporte à jamais, il la prend comme si elle était une enfant, comme elle le fit aussi avec ses bras quand lui était tout petit. Nous entrons dans le coeur d'un enfant qui trébuche, un enfant aimant, aimé et qui a mal.
Les instants de bonheur sont fragiles et côtoient les instants de malheur. Il faut les prendre comme cela, comme ils viennent, dans les pages qu'écrit pour nous René Frégni.
Comme toujours, chez cet auteur, les personnages sont des rencontres inouïes. Il y a Jacky ce détenu aux Beaumettes et qui fréquente un atelier d'écriture qu'anime le narrateur. La douleur de Jacky est une forme de double peine. La prison tout d'abord et puis une autre porte qui s'est un jour refermée sur la lumière de ses yeux lorsque sa femme est venue lui voir pour la dernière fois au parloir avec sa fille, pour ne plus jamais revenir. Son témoignage est tout simplement poignant. Et puis il y a cette jeune femme chanteuse et musicienne rencontrée dans un bar un soir près de la place de Clichy et avec laquelle il va partager une nuit incandescente. René Frégni nous dit les mots qui font tenir debout et ceux qui font les pas frôler le bord du vide, l'arête qui sépare deux versants de la vie, côté soleil, côté ombre.
C'est un roman lumineux, solaire, à la fois cruel et sensuel. le narrateur y crie sa révolte et son impuissance devant l'agonie de sa mère. Mais il dit aussi l'amour qui va, vient, qui ondule, comme une silhouette fugitive qui danse dans le noir...
Comme dans les autres romans de René Frégni, ici la nature est de nouveau présente, ardente et intime, aux couleurs de la Provence, comme une complice des émotions, laissant encore traîner une odeur de lavande, lorsque les mots se seront retirés de la page, offrant ce vide hésitant aux bord des doigts.
Il est heureux de pouvoir encore lire des écrivains comme René Frégni, auteur rare et ô combien essentiel dans le bruit dérisoire du monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4612
michfred
  13 mars 2019
Le même été,  René  Fregni perd sa mère, le grand amour de sa vie,  et devient père d'une petite Marilou:  un amour nouveau, puissant, qui le maintient en prise avec celui de la vie. 
Écrit à la lumière du souvenir, quelques années après cet été de toutes les émotions, à l'heure où un divorce le menace d'une séparation nouvelle avec sa fille adorée, " Elle danse dans le noir"  est la chronique bouleversée- et bouleversante- de tous ces déchirements, passés et présents,  de tout cet amour , filial et paternel, amours inconditionnels s'il en est.
Le sujet serait banal s'il ne s'agissait pas de René Fregni : Fregni, un monde en soi, qui a ses aficionados sur ce réseau -ils se reconnaîtront !- et donc pour moi, la bleusaille, une terra incognita, où le pied ne se pose qu'en tremblant- aimera?aimera pas? -  , un baptême du feu , une initiation...
Pourtant, pas la peine de s'en faire un monde:  Fregni, tu l'adoptes immédiatement , comme un chien perdu, un chaton mouillé, un enfant rebelle, un clochard céleste...
Et après tu le suis, dans les collines de Manosque, dans les ruelles popu' de Marseille, aux terrasses des cafés- tu essaies de boire un peu  moins de pastis que lui, pour qu'il s'appuie sur une épaule ferme au retour- .
Et enfin  tu partages tout, comme avec un vieux pote que tu connaitrais depuis toujours:
- la boule dans la gorge quand c'est pas ton week end de garde, quand tes gosses te demandent pourquoi tu viens pas avec l'autre parent,  pourquoi vous partiriez pas tous ensemble en vacances, comme avant.
- la culpabilité quand tu quittes ta vieille maman toute affolée par le soir qui vient et qui ne veut plus lâcher ta main - elle qui etait si forte et protectrice avant, te voilà dans le rôle du parent de ta mère, c'est difficile-  et cette garde de nuit que tu n'as jamais vue et qui est aussi avenante qu'une gardienne de prison...
- la terreur de la voir souffrir, à chaque effort pour inspirer,  l'envie que ça s'arrête et la honte de le souhaiter.
- la furieuse envie de vivre, de sentir les odeurs du printemps, la tiédeur du soleil, la caresse prometteuse d'un regard, de marcher surtout, de marcher partout, d'un pas élastique, pour arpenter ton désir et libérer tes rêves, échapper aux exhalaisons morbides de l'EHPAD, au noir cafard de la vieillesse et de la mort.
Il y a tout ça, dans Fregni, et plus encore, mais je viens d'en lire quatre d'affilée et il faut que j'en laisse un peu pour la bonne bouche...

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          346
blandine5674
  20 février 2019
René Frégni, dont je suppose que tout est bio, est quitté par sa femme, mais surtout sa mère se meurt. Ne reste autour de lui que sa fille, la lumière de sa vie, et les prisonniers à qui il a donné des cours d'écriture, Marseille et le Lubéron. C'est puissant et émouvant. Des mots qu'on aimerait aussi posséder comme lui. Je m'arrête là, de façon à avoir au moins quelque chose en commun avec lui : être concis.
Commenter  J’apprécie          417
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   08 mars 2019
Et chaque jour un peu plus je sens que je me rapproche d'elle, et je deviens ce qu'elle est devenue: la lumière et le vent.
Commenter  J’apprécie          200
michfredmichfred   08 mars 2019
L'été m'envahit d'amour et je marche jusqu'au soir dans les rues de la ville en prenant soin de pleurer dans les quartiers perdus où je ne croise que des chats et des vieux sur un banc qui regardent leur maison s'écrouler et le soleil qui meurt.
Commenter  J’apprécie          90
michfredmichfred   08 mars 2019
Violemment ils vous accrochent le ventre, vous poussent vers la table. On ouvre un cahier, on attrape un stylo. Ils dont là, précis et rassurants comme une mère.
Les mots nous sauvent de tout. Ils remontent de si loin. Ils nous viennent de nos mères.
Commenter  J’apprécie          60
michfredmichfred   08 mars 2019
Quand on passe sous les platanes ils sont encore très verts. Le feuillage est si dense et si faible le soleil que leur ombre est devenue absurde. On n'imagine pas d'en-dessous que le travail de la nuit est déjà commencé.
Commenter  J’apprécie          70
michfredmichfred   08 mars 2019
Dans son lit d'hôpital ma mère quittait son corps et entrait dans le mien où elle allait vivre désormais.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de René Frégni (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Frégni
Rencontre avec René Fregni pour son livre "Les Vivants au prix des morts" (Gallimard)
autres livres classés : mèreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3269 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..