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EAN : 9782070419890
139 pages
Gallimard (18/10/2001)
4.1/5   100 notes
Résumé :
Sa femme lui a dit un soir : "Je n'ai plus de désir pour toi". Le lendemain elle partait avec leur petite fille de six ans, Marilou. Le choc, terrible, le projette quatre ans en arrière, lors de la disparition de sa mère. Passé et présent se télescopent.
Dans la touffeur de l'été, René Frégni ne dort plus, son cœur bat trop fort, écrase tout. C'est un homme foudroyé qui se débat, qui s'accroche aux morts pour ne pas se pendre.

Un hymne d'amour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
4,1

sur 100 notes

babounette
  23 février 2019
René Frégni - Elle danse dans le noir - lu en février 2019.
Mon premier livre de cet auteur, une très belle découverte grâce à la critique de Ladybird, que je remercie au passage.
Que dire de ce livre ? Qu'il est lumineux malgré le sujet traité.
"Depuis que ma mère est morte je ne tue plus les mouches. Sans doute poursuit-elle sa vie dans l'une d'elles ou dans toutes, comme elle est dans les nuages... le pollen des platanes..." Il s'agit de la mort de sa mère (ce livre est une autobiographie de l'auteur). Mais pas que. En effet, en quatre ans, il a perdu son père (dont il ne parle pas), sa mère, sa femme qui un soir lui a dit "Je n'ai plus de désir pour toi", le lendemain elle partait avec Marilou leur fille de six ans. Marilou qui n'a pas connu sa grand-mère, Marilou le soleil de sa vie. Il nous parle de sa maman, si proche de lui, si aimante, de son enfance avec elle, de la découverte de son cancer, des mois de traitements qu'elle a subi, de son quotidien auprès d'elle pour qu'elle tienne le coup.
Il nous parle aussi de femmes qu'il pourrait rencontrer puisque la sienne qu'il aimait ne l'aime plus. Il nous parle aussi de cet atelier d'écriture qu'il dirige dans une prison où les mots jaillissent sur le papier des prisonniers.
"Les mots nous sauvent de tout. Ils remontent de si loin. Ils nous viennent de nos mères. Les premiers mots d'abord, les plus simples, les plus forts. le mot maman, le mot amour, le mot caresse." "Les vrais mots sont dans le regard d'une maman, dans son sourire".
René Frégni nous parle de sa mère et de sa fille avec beauté et bonté, c'est émouvant, ce n'est pas triste, tout son coeur est dans ce livre je crois. 140 pages d'une tranche de vie, de pertes, de retours, de saisons qui passent. Écrit avec pudeur et respect "Elle danse dans le noir" est mon second coup de coeur de l'année 2019.
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Ladybirdy
  11 février 2019
Quand la maladie s'abat sur la mère de René Frégni, les oiseaux se mettent à chanter de plus belle, les enfants naissent, les arbres protègent, le soleil sourit et c'est là qu'elle peut alors danser dans le noir...
Devant l'acharnement thérapeutique et le déclin de sa mère, l'écrivain puise et s'enfonce au plus loin dans la lumière. Même s'il lui est arrivé de cracher au visage de la lune, parce que ravagé par la colère du mal qui tue sa mère à petit feu, il dégorge tout l'amour qui l'a nourri durant toutes ces années. Il sera là tout le long que durera l'agonie de sa mère, puisant sa force dans ses souvenirs, dans tout ce que sa mère lui aura offert sans compter, il restera debout aussi grâce à sa fille Marilou qui elle, du haut de ses dix ans continue de sourire aux fleurs.
Quand la grande faucheuse viendra chercher sa chère et tendre mère, René Frégni deviendra plus amoureux que jamais de la vie, car c'est dans son sein que sa mère respirera pour l'éternité...
Un roman éblouissant, lumineux, poétique où le destin titubera dans la force du coeur d'un fils aimant et reconnaissant pour celle qui lui a donné la vie. du grand Frégni qui arrive à illuminer le plus grand noir. Elle danse dans le noir c'est un ballet d'étoiles, ennivrées par le miracle de l'amour.
... merci Marie...
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marina53
  25 avril 2019
La femme avec qui il vivait depuis plus de vingt ans lui annonce un soir qu'elle n'a plus de désir pour lui... le lendemain, elle le quittait. Alors que l'été inonde les terrasses, que le soleil rayonne, que la chaleur écrase les corps, René Frégni ne dort plus, erre dans les rues grouillantes. Heureusement, il s'accroche à Marilou, sa fille de 6 ans, et prend la plume. Cette séparation aussi soudaine qu'inattendue sera l'occasion de s'épancher sur le premier amour de sa vie, sa maman. Décédée il y a 4 ans, l'auteur la fait revivre par ses mots...
Ce roman introspectif, profondément intime, dans lequel l'on ressent la douleur de la séparation définitive, fait montre d'une sensibilité et d'une délicatesse rares. René Frégni dédit ce récit à sa maman, si chère à son coeur. Il nous parle également de sa fille, qu'il chérit plus que tout, de toutes les femmes, de ses rencontres inoubliables à la prison des Baumettes et de cette nature foisonnante aux couleurs de la Provence dans laquelle il plonge et se ressource. Ces instants fragiles du bonheur, ces rencontres, parfois éphémères, ces riens qui nous comblent ou nous meurtrissent, René Frégni les dépeint avec poésie et émotion. Cette déclaration d'amour, ce cri du coeur, ce déchirement suite au décès de sa maman mais aussi cet espoir fou, en la vie et l'amour, se révèle tout aussi poignant que lumineux.
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latina
  07 juin 2019
« Maman...Le plus poignant, le plus beau, le seul mot qu'on ne se lasse pas de dire pour l'irremplaçable douceur qu'il contient et la paix qu'il diffuse ».
Ca y est, me voilà en larmes, et devant la classe dont je surveillais l'examen.
Je m'étais dit qu'un « Frégni » me permettrait de passer avec bonheur ces heures d'ennui, mais je ne m'attendais pas du tout à ce long cri de douleur et d'amour de l'auteur envers sa maman et envers sa petite fille.

La femme de Frégni vient de lui annoncer qu'elle ne le désire plus et qu'elle le quitte.
« Les fauves sont en nous. Il faut dormir debout une hache à la main ».
Le voilà effondré, surtout parce que sa petite Marilou de 6 ans se partagera entre sa maman et lui. Il ne la verra plus à temps plein, son ange, son cadeau de la vie, son espoir, sa lumière.
« Les livres se partagent, les hivers aussi. Les enfants, non... Vous n'existez plus. Vous êtes comme une étoile morte ».

Que c'est étrange que le mot douceur ressemble tellement au mot douleur...
Frégni se raccroche à ses prisonniers, ceux pour qui il anime un atelier d'écriture, ceux qui, le plus souvent, n'ont plus rien. Lui-même se réjouit encore de l'été, de la chaleur du soleil, des baignades avec sa fille, de la saveur sucrée de l'air.

Mais Frégni a dans le coeur une autre douleur, lancinante, poignante, la mort de sa maman il y a 5 ans. L'aimant d'un amour fou, il l'a accompagnée dans son chemin de torture pendant des mois, depuis l'annonce de son cancer jusqu'à son renoncement final.
Et je peux vous dire que j'ai senti une aiguille s'enfoncer dans mon coeur, doucement, douloureusement.
« le 4 décembre, à 11h du soir, le téléphone a sonné près de mon lit. Votre mère vient de s'éteindre à l'instant ».
Pour moi, c'était le 2 décembre à 1h du matin...

Cet auteur m'a entrainée dans ses propres abîmes.
Heureusement, son coeur est gonflé d'amour, sa force immense lui permet de dépasser la mort pour communier avec le monde. J'ai transformé moi aussi cette tristesse obsédante pour en faire un cri d'amour, et je murmure avec lui ces mots émouvants:
« Là-bas, sur les ailes déployées de l'horizon, sur les grandes ailes blanches de sa tendresse, elle devient l'été, la pluie, le temps. Et chaque jour un peu plus je sens que je me rapproche d'elle et je deviens ce qu'elle est devenue : la lumière et le vent ».
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LambertValerie
  10 juin 2022
"
Je vais aimer ma fille plus fort chaque jour, ne pas abandonner ma mère au bord de la mémoire, sous le lierre qui lentement recouvre les châteaux de tendresse."
Cette phrase magnifiquement écrite nous donne la quintescense de: Elle danse dans le noir ".
René Frégni nous parle tout à la fois de l'amour maternel, de l'amour filial, de la mort avec des mots qui font mouchent et nous touchent profondément.
René Frégni nous raconte avec une pudeur désarmante la maladie de sa maman, sa lutte contre cette dernière et sa mort.
Comment parler d'une maman qui vous a tant aimé ?
Comment accepter qu'un jour elle disparaisse ?
" J'ai toujours été persuadé depuis que j'ai compris que ma mère mourrait un jour, à l'âge de quatre ou cinq ans, que je ne pourrais pas rester vivant à la surface de la terre alors qu'elle, désormais, serait toute seule dessous"
René Frégni avec la force de ses mots nous aident tous à surmonter cette épreuve. Il est le chantre de l'amour, malgré ses chagrins énormes avec la perte de sa mère et sa femme qui le quitte.
J'ai beaucoup aimé ce livre, ses liens fusionnels et passionnels avec sa maman mais aussi sa fille Marilou qui lui permet de continuer à vivre et à surmonter ce deuil.
J'ai découvert récemment les livres de René Frégni et je vais poursuivre cette découverte sans aucun doute.
Malina, ma fille chérie, je te dédie cette lecture.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   27 avril 2019
Les mots reviennent à pas de loup, aussi silencieux que des papillons noirs. Les mots ne nous trahissent pas. Ils nous effraient, ils nous fuient. Lorsqu'on a vraiment besoin d'eux, ils entrent dans la maison par les fenêtres et par les portes, par le soleil et par la lune, par toutes les lumières des saisons. Ils se glissent partout, dans les chemises, dans les placards, dans les draps. Violemment ils vous accrochent le ventre, vous poussent vers la table. On ouvre un cahier, on attrape un stylo. Ils sont là, précis et rassurants comme une mère.
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26052605   07 octobre 2014
Depuis que l'été s'est jeté sur la ville, je ne dors plus, mon cœur bat trop fort. Il écrase tout. En quatre ans j'ai perdu ma mère, puis mon père, la femme avec qui j'ai vécu vingt ans m'a dit un soir "Je n'ai plus de désir pour toi", le lendemain elle partait.
C'est drôle, je me sens libre, plus libre que le vent qui descend des collines, plus libre que les pigeons qui choisissent leur clocher, libre de mourir ce soir. J'écoute sonner les heures, je n'ai même pas envie de mourir.
Je pose mon stylo, referme mon cahier où je n'ai rien écrit, et je descends marcher dans la ville. Les femmes sont chaque jour plus émouvantes, légères, apaisées, radieuses. Elles me tordent les boyaux.
Peut-être vivrai-je encore une histoire d'amour. Ai-je vécu un seul jour pour autre chose depuis que je suis né ? Je suis né au début d'un été aussi beau qu'aujourd'hui, sous un ciel de soie déchiré d'hirondelles. D'un seul regard ma mère m'a tout donné. Il y avait tellement de tendresse en elle, une telle concentration de douceur. L'été revient chaque année pour ma mère, pour nous. Nous sommes nés ensemble de son regard.
L'été m'envahit d'amour et je marche jusqu'au soir dans les rues de la ville en prenant soin de pleurer dans les quartiers perdus où je ne croise que des chats et des vieux sur un banc qui regardent leur maison s'écrouler et le soleil qui meurt.
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LadybirdyLadybirdy   11 février 2019
J’avais envie de dire Maman… Maman… Maman… Parce que rien n’est plus doux à dire, plus bouleversant. Dire maman jusqu’à ce que le sommeil m’emporte. Le sommeil des enfants qui ne sont jamais seuls, qui ne connaissent pas la solitude des gares et des trains qui s’en vont.
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LambertValerieLambertValerie   06 juin 2022
Les vrais mots sont dans le regard d'une maman, dans son sourire. C'est le sommeil retrouvé, la grande paix de la nuit, le vol lent et bleu des rêves. Écrire c'est aimer sans la peur épuisante d'être abandonné. Seules les mères et l'écriture ne nous abandonnent jamais. Chaque cahier qui s'ouvre est un berceau calme et blanc. Chaque cahier fait de nous un enfant.
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berni_29berni_29   09 février 2019
Depuis que ma mère est morte je ne tue plus les mouches. Sans doute poursuit-elle sa vie dans l'une d'elles ou dans toutes, comme elle est dans les nuages qui passent sur la ville, le pollen des platanes qui fait les tuiles vertes au printemps, et les quartiers d'ombre et de vent où je marche seul, frôlé par des enfants qui s'en vont et reviennent de l'école sous les feuilles qui tombent.
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Videos de René Frégni (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Frégni
René Frégni dit souvent que "les livres ont changé sa vie". de petit voyou de Marseille, déserteur, condamné à trois ans de prison, fugitif en cavale, il est devenu écrivain et anime des ateliers d'écriture en prison. "Minuit dans la ville des songes" chez Gallimard, raconte précisément ce parcours marqué par la découverte de la lecture et de la littérature. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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