AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072636272
Éditeur : Gallimard (11/02/2016)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 63 notes)
Résumé :
L'automne en Provence est limpide et bleu, ce n'est pas une saison, c'est un fruit : les touristes sont partis, la nature exulte dans une profusion de couleurs et d'odeurs. Mais si l'écrivain flâneur célèbre avec sa sensualité coutumière Manosque et la campagne provençale, il est avant tout attentif à ceux qui vivent dans les recoins de la société, les pauvres, les fous, les errants dont il se sent frère, et dont il parle sans apitoiement. Il y a Pierre, maigre silh... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  16 novembre 2018
Encore sous l'émotion de ce sublime roman solaire et mélancolique, je grappillerai bien quelques étoiles du ciel pour les parsemer sur cette critique afin de vous donner l'envie de vous plonger, vous pelotonner dans les lignes de René Frégni.
Que de beauté ! Que de profondeurs ! Que de vérités ! C'est une merveille ce livre.
L'auteur nous retrace de septembre à février un parcours contemplatif au rythme de ses souvenirs, de ses rencontres. Il raconte l'histoire du libraire Joël Gattefossé à la vie cabossée qui ne trouva son salut que dans les livres. « Les livres écartent la solitude, l'angoisse, la peur, parfois la barbarie. Pour ce petit homme les livres ont écarté la folie, tous les fantômes et les terreurs de la folie. Chaque matin il ouvre sa maison jaune aux volets bleus et les gens repartent le soir les poches pleines de rêve. »
Il raconte le chat Baumette, abandonné aux portes de la prison sur le toit des condamnés à mort. Il raconte son ami Louis amoureux des chats. « Le jour où Louis s'est envolé avec son vélo, tous les chats de la terre ont perdu un ami. »
Dans le labyrinthe de la vie, René Fregni cherche la beauté. Dans les dédales des cauchemars, il cherche les songes. Il n'excuse pas les horreurs des hommes. Il les extirpe sous des contours imagés empreints de véracité et de poésie. Sous sa plume, il embellit la réalité, il rappelle aux âmes seules le bruit craquelé des pas sous la neige, le vent mélodieux dans les arbres, le chant joyeux des mésanges.
Rien n'est inutile dans ses lignes, tout se boit à petite gorgée, chaque mot est une caresse sur le coeur, chaque ligne est une invitation à la quiétude, à l'envie d'ouvrir ses bras aux autres et à la vie.
René Frégni se souvient de tous vos rêves et c'est tant mieux car des rêves aussi joliment déposés j'en veux encore, je veux encore goûter à cette douceur, à cette richesse littéraire et vitale. Quand je lis un tel livre, je comprends où s'arrête la peine et où commence le bonheur.
Merci l'auteur pour vos rêves, pour les beaux rappels à Céline (Voyage au bout de la nuit) qui m'ont touchée, merci pour votre grand amour des mots.
Continuez d’écrire encore et toujours : « Il y a trente ans que j’écris tous les matins pour faire tomber la mort de ma table. »
Même les maisons, je les regarderai autrement depuis notre rendez-vous littéraire...
« Quelques maisons étirent leur cou, se dressent sur leurs talons au dessus des lavandes violettes. »
Merci Mosaïque de m'avoir donné l'envie de lire ce livre étoilé, véritable coup de coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10117
babounette
  13 mars 2019
Je me souviens de tous vos rêves de René Frégni - lu en mars 2019 - chez Folio.
Les mots de René Frégni sont les diamants d'une parure qui roulent sur la page blanche de l'écrivain pour en faire un livre-bijou.
L'auteur nous raconte avec des mots qui forment des phrases presque magiques sa Provence de septembre -" C'est si beau septembre, si limpide, si bleu... Ce n'est pas un mois, c'est un fruit", à février - "Je n'ai jamais ressenti à travers les saisons de ma vie, un tel besoin de silence. Dans ce cahier j'ai, voulu parler d'un libraire, de mon chat, de quelques hommes perdus, parler de la lumière des collines, du visage d'Isabelle, de la douceur des chemins les après-midi d'automne, de cette petite table où j'invente la tendresse, en écoutant derrière la vitre les voyage du vent" .
Il nous parle aussi des femmes simples qu'il croise avec une poésie renversante,
il nous parle de Marilou, sa fille qui étudie à Montpellier et que j'ai découvert dans "Elle danse dans le noir", qui est devenue une belle jeune fille, de sa maman décédée depuis longtemps et avec laquelle il "parle", de Joël Gattefossé, le libraire qui a sauvé le village avec ses livres mais qui croule sous les dettes. Il nous parle de la prison où il a séjourné et de son procès, de sa libération, et d'autres prisons où en tant qu'écrivain il aide les prisonniers. de sa chatte Baumette, née sur le toit d'une prison et morte en tombant du toit de sa maison. D'Isabelle, "la fiancée des corbeaux" (prochain livre que je vais lire, j'ai hâte de découvrir son Isabelle), des petits bars où il va chaque jour écrire et boire un café avec les plus solitaires, il nous parle des SDF, des plus misérables, avec tellement d'empathie. de son ami Louis, fou de chats, qui lui demandait chaque jour par téléphone comment allait le chaton Baumette recueillit entre les murs de la prison ainsi nommée. Louis, qui est mort sur son vélo percuté par un véhicule - "Le jour où Louis s'est envolé avec son vélo, tous les chats de la terre ont perdu un ami".
Il nous parle de ses lectures aussi. Saint-Exupéry, Céline, Zola, Giono, Rimbaud...
J'ai été sous le charme toute la durée de ma lecture de la même manière que lors de la lecture de "Elle danse dans le noir". Il ne se passe rien de bien extraordinaire dans ce livre, rien que des descriptions de paysages, de personnages, de couleurs, d'odeurs, de petites scènes du quotidien, mais sous la plume de l'auteur, les mots prennent vie de manière spectaculaire. Il a l'oeil d'un photographe, il met sur papier ce qu'il voit avec une sensibilité presque hors norme, et je me suis retrouvée en Provence, à ses côtés, j'ai partagé ses joies, ses malheurs, sa tristesse, sa tendresse.
Je pense que René Frégni est un homme de coeur, un homme qui aime ses semblables, les animaux, la nature, il ne fait qu'un avec eux.
Il a écrit jusqu'à présent 12 livres, je lirai au fil du temps les 10 que je n'ai pas encore lus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9270
TerrainsVagues
  23 janvier 2019
Après La fiancée des corbeaux, Je me souviens de tous vos rêves est venu tout naturellement prolonger le sentiment de sérénité, que m'avait procuré ma première rencontre avec l'écriture de René Frégni. Une lecture apaisante, presque rassurante, dans ce monde qui semble chaque jour s'égarer un peu plus.
C'est une impression de bien être entre deux nausées, deux indignations, deux colères, entre deux insoumissions. Voilà, c'est ça un livre de Frégni, c'est une pause. de celles qui régénèrent. Je me souviens de tous vos rêves c'est pour le lecteur une sorte de convalescence, une rééducation pour trouver la paix. Attention, je ne parle pas de zen attitude ni de Coelho's touch ou autre magicien du bonheur non non non. Frégni nous donne en partage des fragments de vie, des coupures de journaux intimes, des bouts de carnets, de cahiers. Il parle de lui, de nous. Ses souvenirs croisent un des notre au détour d'une page et il devient familier, presque un pote.

Il réhabilite la magie des quelques secondes après la pluie, cette odeur d'herbe mouillée, cette renaissance, habillée d'une trouée dans les nuages. Il chante les brumes matinales, les safrans les dorés les pourpres et les roses d'une palette d'automne. Il est l'intime de ces lieux où ne « courent que l'ombre des nuages et le vent ». Plaines et vallons, drapés de lumières, lui confient leurs secrets. Des parfums de feuilles se mêlent à des saveurs de miel, l'accent provençal réchauffe l'hiver nappé de blanc.
Heureux homme qui sait observer, qui sait être attentif à la nature, et forcément à l'autre.
Au milieu de tout ça il y a vous, il y a moi. Des sensations perdues, oubliées, enfouies sous des couches de futilités un jour, ressuscitées un autre.
Il y a Isabelle, les femmes, les mots, un libraire, Isabelle, quelques hommes perdus, les mots, la Provence, Isabelle, Baumette le chat, Isabelle, les ateliers d'écriture en prison où les poings restent en suspension, Isabelle, les mots, l'enfance, la mère, les mots, Isabelle, la vie.
Les faits d'hiver du début d'année 2015 viennent comme un cauchemar réveiller le rêveur, le livre se termine, le voyage a été beau, court mais intense en ressenti.
« Ecrire quelques mots chaque jour. Des petits fragments de vie qu'on ramène chez soi, dans ses yeux, sur sa peau, ses cheveux, la lourdeur des jambes. Les odeurs d'automne qui se dispersent lorsqu'on retire sa veste. Les mots attisent, comme un souffle puissant, les braises de la vie. Ils la font rougeoyer, brasiller, s'étendre. Ils éclairent nos jours. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6426
koalas
  17 février 2019
Je me souviens des Bleuets, la grande librairie de Banon
où j'ai déniché tout content un Siniac
et pas n'importe lequel
Ferdinaud Céline.
Quelle histoire que ce libraire dépressif
hyper actif sauvé par les livres...
Réné Frégni en trace un beau portrait.
Je connaissais pas l'auteur de Manosque avant
un passage rapide chez le barbant barbu du mercredi
qu'à remplacé depuis belle lurette gros sourcils.
J'ai été épaté par sa prose douce et moelleuse
un ronronnement de chat
comme Baumette, son matou qu'à fait le grand saut...
Le félin trouvé dans une prison, d'où son nom, ça ne s'invente pas.
J'ai voyagé à Manosque, humé les odeurs de Provence
gazouillé avec les oiseaux,
grelotté en hiver en Franche Comté,
rencontré des personnages inoubliables,
marginaux ou fiancé des corbeaux
Avec qui ? avec le poète René Frégni !
Commenter  J’apprécie          715
michfred
  13 mars 2019
La petite musique de René, encore, ég-René-e dans son cahier de bord, saison après saison,  toujours perchée,   entre ses collines
ou les toits de Manosque,  toujours  tendre, amicale  - mais un peu plus mélancolique cette fois.
 Le regard et le récit s'attardent sur deux  rêveurs dépressifs, Pierre le collectionneur de rebuts qu'il paraphe d'un trait rouge, comme pour en acter l'abandon effectif, et Joël  le charpentier amoureux des livres, du bois et des jardins qui a fait de Banon- quelques milliers d'âme- ,   le temps d'un rêve fou, le haut lieu des livres et de la lecture!
Souvenirs taciturnes d'un père - chasseur -dont René n'a guère parlé jusqu'ici-,   un père  taiseux, qui n'a "jamais dit un mot " à son fils : des souvenirs d'affût dans la pénombre , des souvenirs silencieux et  carnassiers, quand ceux de sa mère sont tout de lumière, d'échange et de chaleur.
Souvenirs sombres: de l'école, haïe par l'enfant rebelle,de la prison militaire du déserteur  qui s'est fait la belle sans y moisir longtemps, de ses démêlés avec la justice, que les amitiés "taulardes" de René inquiètent. ..
René Fregni, électron libre, doux rêveur, anar joyeux, libertaire naïf. ..
Petites tragédies domestiques comme la mort  du chat, compagnon des pages d'écriture et , autrefois, des jeux avec Marilou, une autre "vie minuscule" qui, quand elle bascule dans le vide, creuse un trou immense...
Grandes tragédies nationales, aussi: la fusillade de Charlie et celle de l'hyper casher jettent leurs grandes ombres sur la chronique hivernale, mais même là, surtout là, Fregni parle de fraternité oubliée, de jeu social fracturé - facteurs de haine, de méfiance, de malveillance- sans jamais céder lui-même à ces vilains sentiments.
Restent les livres, les amis, parfois taulards,  les bras d'Isabelle, les bonnes petites bouffes, la complicité pas toujours évidente à retrouver  avec Marilou, étudiante et amoureuse,  les marches inlassables dans les hautes collines, bleutées de lavande  et les terrasses de café ensoleillées ..
Rien d'exceptionnel, et tout à fait unique pourtant.
Tout le charme est dans ces retrouvailles,  solaires ou douces-amères,  avec un ami qu'on s'est fait depuis quelques livres déjà,  et qu'on est content et soulagé de revoir, inchangé et fidèle , si fraternel et si proche!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5512

critiques presse (1)
LeFigaro   03 mars 2016
Les pérégrinations bucoliques de René Frégni et de son petit monde dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   19 mars 2019
Je marche, je regarde, je suis ébloui. J'avance, et de temps en temps je griffonne quelques mots dans un coin de ma tête ou sur un carnet, comme un peintre ajouterait, à la pointe la plus fine de son pinceau, une virgule de rouge, de gris, d'indigo, dans un tableau aussi vivant que les derniers jours de novembre.

page 105
Commenter  J’apprécie          90
enjie77enjie77   14 mars 2019
Quand j'ouvre le journal, je constate que tout s'effondre, l'industrie, les valeurs, l'oxygène, le nombre de mots que nous utilisons, l'orthographe, la confiance, surtout celle des hommes, le moral des ménages ….

Quand je mets la radio, tout le monde hurle en même temps. Ils hurlent tous la même chose, ils veulent tous avoir raison.

Quand j'allume la télé c'est encore plus terrifiant. Des torrents de boue envahissent les villes, midi et soir, et les terroristes sont partout.

Quand je vais chez Isabelle, le mercredi et le dimanche, je découvre une planète dont personne ne parle. Elle n'est pas médiatique, pas scandaleuse, elle ne fait pas peur. Elle est discrète et profonde. La plupart des gens veulent avoir peur. Autour de la petite ferme d'Isabelle, ils ne verraient que silence et ennui. Au bout d'une heure, ils seraient en manque de catastrophes et s'enfuiraient chez eux, retrouver un monde en flammes.


Page 71
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
enjie77enjie77   15 mars 2019
Quand on donne un peu de lait , quelques caresses à un chat de gouttière, il devient affectueux. Si on le jette à la rue, il devient craintif, voleur, sournois, comme nous les hommes. Les fous, les détenus et les chats m'ont rendu tolérant. Les murs inutiles rendent méchant.

page 97
Commenter  J’apprécie          150
babounettebabounette   13 mars 2019
Je cherche dans ce peuple d'ombres qui ne fait que passer le jeune homme que j'étais. J'ai de la tendresse pour ces gens qui fuient, ces petits déserteurs de la vie, ces Bardamu, ces Robinson. Le mot joie, le mot bonheur n'existent pas pour eux, le mot détresse non plus. Ils survivent. Ils ne seront jamais vraiment heureux, jamais vraiment tristes. Leur seule ambition, dénicher un coin de soleil, l'hiver, à l'abri du vent, et que leurs corps ne souffrent pas trop de la morsure du froid, de la faim et des grosses chaleurs. Page 87
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
michfredmichfred   13 mars 2019
Joël, le petit libraire de Banon, est venu chercher ici , dans un labyrinthe de livres de plus en plus profond, quelque chose qui lui échappait, Pierre est parti de Nantes et fouille avec la même obstination les petites routes de sa mémoire.
Commenter  J’apprécie          160
Videos de René Frégni (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Frégni
Rencontre avec René Fregni pour son livre "Les Vivants au prix des morts" (Gallimard)
autres livres classés : librairesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1959 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre
.. ..