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Critique de fanfanouche24


fanfanouche24
  08 mai 2017
Je ne connaissais cet écrivain que de nom... ce dernier ouvrage est le premier écrit que je lis. Attirée par les sujets, et aussi par le parcours de cet homme: infirmier psychiatrique mais également animateur d'ateliers d'écriture à la prison des Baumettes...

Ce roman ( à fortes résonances personnelles) met en scène l'écrivain, vivant paisiblement dans une belle campagne non loin de Marseille, avec une belle institutrice, Isabelle; il écrit ses livres, marche, profite de la nature, la soigne... un jour, un cataclysme survient dans son existence, en la personne de Kader, un prisonnier rencontré et connu lors d'ateliers d'écriture que le narrateur animait en prison. Kader s'est évadé, après des années d'isolement... lui demande de l'aide; René l'héberge dans un petit logement qu'il a... et il se retrouve "embarqué" dans une spirale effroyable...

Je n'en écrirai pas plus... Une réflexion sur l'écriture, la magie et la thérapie des mots...Parallèlement à la version apaisante de la belle nature, du pouvoir des mots, il y a tous les fantômes et les côtés sombres, désespérants de ceux qui "n'ont pas fait les bonnes rencontres au bon moment"... et qui sombrent.

René Frégni exprime ses nombreuses réticences et colères face à la prison, et aux dégâts supplémentaires qu'elle crée...

Du mal à en exprimer plus... de ce texte très prenant et bouleversant...Très curieuse de découvrir et de lire d'autres écrits de René Frégni !

"- Qu'allez-vous chercher dans les prisons, monsieur Frégni ? Des émotions fortes ?... L'inspiration ? ...
-Ce que j'y ai trouvé, monsieur Thalès. A dix-neuf ans j'étais dans une prison militaire, un brave aumônier m'a apporté des livres. J'ai découvert la lecture, moi qui avais été viré de tous les lycées de Marseille. Pendant six
mois, dans cette cellule, j'ai lu. L'aumônier continuait à m'apporter, chaque semaine, des vieux livres qui partaient en lambeaux, rongés par l'humidité
de cette prison dans la Meuse. Je suis devenu écrivain grâce à ces lambeaux de livres. J'ouvrais un livre, le matin, et c'est comme si l'aumônier m'avait donné les clés de la prison, je partais en voyage...Voilà ce que je vais faire depuis vingt-ans dans les prisons, j'apporte les clefs et personne ne s'évade...
Personne ne naît monstrueux, monsieur Thalès, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. "(p. 157)
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