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ISBN : 2757835165
Éditeur : Points (02/01/2014)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 127 notes)
Résumé :
« L’un des 10 meilleurs livres de l’année. […] Avec une intelligence formidable, Tana French dépeint une tragédie familiale, les aspects les moins reluisants du travail de flic et les chagrins d’une génération. » The Washington Post

Broken Harbour, un lotissement fantôme à quelques encablures de Dublin : pas tout à fait terminé, pas tout à fait habité, une espèce de chantier laissé à l’abandon. Deux enfants et leur père sont morts. La mère est en soin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
  26 juin 2013
L'inspecteur principal Mike « Scorcher » Kennedy est chargé de conduire une enquête sur un triple meurtre survenu à Broken Harbour, dans un lotissement situé en bord de mer non loin de Dublin. Mis sur la touche suite à des erreurs passées, Mike voit dans cette affaire une opportunité pour redorer son image aux yeux de son chef et de ses collègues. On lui colle un adjoint novice, l'inspecteur Richie Curran, dont il doit assurer la formation sur le terrain, ce qui n'est visiblement pas pour lui déplaire car Mike Kennedy adore asséner les règles du métier forgées par ses observations personnelles et proférer au passage quelques assertions viriles fleurant bon la vieille école et supposées renforcer son autorité.
Une famille bon chic bon genre a été décimée à l'arme blanche dans son pavillon : Patrick Spain, le père au chômage, ses deux enfants de quatre et six ans. Seule la mère Jenny, envoyée en réanimation, a survécu. Fiona, la soeur de Jenny qui a découvert le drame, a prévenu la police et sera le premier témoin interrogé.
Ce cinquième roman de Tana French est conçu comme un huis clos théâtral qui se joue sur une scène à trois décors : la maison du crime, le commissariat, l'hôpital. Comme au théâtre, l'essentiel est porté par les relations entre les personnages et les dialogues. Les interrogatoires et les débriefings nourrissent la réflexion des enquêteurs. Les investigations s'opèrent hors champ (l'analyse du disque dur, la fouille des environs par les stagiaires, la surveillance de la maison). Tout semble écrit à l'avance pour converger inéluctablement vers le dénouement implacable. Pour autant, le lecteur qui suit pas à pas l'enquête et qui dispose en principe de toutes les pièces du puzzle, nage en plein mystère et ne voit rien venir.
Cette construction minimaliste qui donne sa cohérence au roman peut aussi, à mon avis, devenir une source de frustration. La vérité une fois révélée, bien qu'atroce, s'avère être d'une affligeante banalité. le contexte économique de l'Irlande (chômage, crise immobilière…) qui sous-tend les drames se déroulant sous nos yeux, n'est pas vraiment décrit. La crise irlandaise n'est pas analysée et il faut aller sur Wikipédia pour en savoir un peu plus. L'Irlande elle-même n'est pas réellement présente dans le récit. La même histoire aurait pu se dérouler sur la côte belge, française, ou hollandaise. Ne cherchez pas dans ce roman les pubs irlandais, les rouquins buveurs de bière, les autonomistes de l'IRA en cavale ou les taupes infiltrées du MI6, qui auraient pu donner quelques scénarios alternatifs supplémentaires aux hypothèses envisagées par les enquêteurs. La réalité décrite ici est à la fois plus banale et plus universelle. A force de tendre vers l'allégorie et l'emblématique (chômeur dépressif, couple idéal, voisins jaloux, victimes innocentes…), le scénario se construit hors-sol et le récit s'en trouve un peu désincarné.
La relation entre Mike et Richie est bien plus intéressante. le jeune inspecteur Curran pourra-t-il se montrer à la hauteur de sa mission, ne pas flancher lors des autopsies, se maintenir à bonne distance de la détresse des victimes ? le disciple ne finira-t-il pas par dépasser le maître (qui le laisse volontiers mener les interrogatoires des témoins, après s'être rendu compte de son efficacité) ? On devine au fil de l'enquête le mélange d'amitié, d'admiration et de paternalisme qui s'installe entre les deux enquêteurs. Mike finira par admettre les talents de Richie et même par couvrir ses faux pas, mais sans le ménager pour autant.
On appréciera tout autant les rapports compliqués entretenus entre Mike et sa soeur Dina. Mike Kennedy cache une fêlure familiale, qui à elle seule constitue un second récit dans le récit. Au cours du roman, on est amené à explorer le passé de Mike, pour qui les lieux du drame ne peuvent que réveiller de douloureux souvenirs. On comprend alors qu'il lui faudra à tout prix résoudre cette enquête pour conjurer la malédiction du lieu et exorciser un autre drame familial, beaucoup plus personnel, survenu dans sa petite enfance.
La maison des absents est un bon polar, qui manque un peu de couleur locale mais qui vise l'universalité dans sa description fine des rapports humains, qu'ils soient professionnels ou familiaux. On a tous quelque chose en nous de Kennedy. Si un jour Tana French propose une suite à ses aventures et à La maison des absents, je répondrai volontiers présent !
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Marple
  04 novembre 2017
Brianstown est un lotissement perdu loin de tout, tombé en décrépitude avant même d'être achevé. C'est là que vivaient Jenny et Pat, jeune couple en apparence parfait et parfaitement heureux, avec leurs deux enfants Emma et Jack. Vivaient, au passé donc, parce qu'ils ont tous les quatre été retrouvés dans un sale état : morts pour le mari et les petits, et très amochée et amnésique pour la mère...
La brigade de Dublin entre donc en scène pour l'enquête; cette fois, c'est Scorcher Kennedy, ex-expert en résolution de crimes hanté par une affaire ratée et une histoire personnelle compliquée, qui va mener la danse. Une danse macabre aux frontières de la folie. Pour tous les héros, sans exception.
Une nouvelle fois, j'ai été emportée par une histoire tragique de Tana French, qui réussit à inventer une intrigue originale, à ménager du suspense, à créer des personnages humains et crédibles et à nous parler de l'Irlande d'aujourd'hui, de ses difficultés et de ses travers... mais aussi de visons, d'ongles cassés, de souvenirs obsédants et de marginalité !
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palamede
  18 mai 2014
Dans l'Irlande actuelle, une famille de jeunes cadres malmenée par la crise économique est assassinée dans sa maison. Seule la mère survit à l'agression. Deux policiers cherchent à savoir pourquoi par tous les moyens.
Le couple et ses deux jeunes enfants vivent dans un lotissement au bord de la mer situé à une heure de Dublin. Très amoureux depuis l'adolescence, ils représentent aux yeux de tous le couple idéal. Patrick Spain, le père, a été licencié mais pense retrouver du travail rapidement. Sa femme, qui a arrêté de travailler pour élever leurs enfants, est un soutien dans cette période délicate.
L'inspecteur principal Kennedy et son jeune adjoint Curran sont chargés de l'affaire. Kennedy assure la formation de Curran ; il privilégie le dialogue et le laisse prendre des initiatives. C'est un policier très investi dans son rôle de formateur et d'enquêteur. Mais Kennedy n'est pas le mieux placé pour résoudre cette enquête. Il a connu un drame familial au même endroit et devra renoncer à son idéal de policier intègre pour arriver au bout de sa mission.
Tana French nous entraîne dans une histoire qui va au-delà d'un banal fait divers. Ces personnages font partie d'une génération touchée par la récession et le chômage. Ils sont victimes d'une faillite financière, sociale et familiale. Emblématiques d'une société consumériste, ils n'ont plus rien à quoi se raccrocher quand les symboles de leur réussite disparaissent. Dès les premières difficultés, ils perdent pied.
Dans ce roman, les questions que soulève Tana French sont celles d'une société en manque de repères. La Maison des absents est aussi un vrai roman policier où l'auteure explore les méandres d'une enquête criminelle avec un réel talent pour décrire les rapports humains. L'intrigue très construite maintient la tension de bout en bout.
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Ziliz
  25 janvier 2015
Une jolie petite famille assassinée - les deux jeunes enfants étouffés dans leur sommeil, les parents massacrés, poignardés. La mère a survécu. Sur la piste du coupable, Kennedy, un flic arrogant et intransigeant, flanqué de Richie, qui débute dans les affaires criminelles. le duo fonctionne bien, la subtilité et le sens de l'observation du 'bleu' forcent rapidement l'admiration et le respect de son supérieur.
Ce polar sombre et infiniment triste confirme tout le talent de Tana French pour les peintures sociales et les portraits humains. Elle montre et décortique les drames qui se nouent dans l'intimité familiale, quand la folie rompt les digues du bonheur tranquille. On lit ce long roman la gorge nouée, effaré par le gâchis, les ravages du chômage dans cette Irlande en crise. le personnage de Kennedy peut sembler antipathique à l'excès, on comprend peu à peu sa rigidité au vu de la croix qu'il porte depuis l'enfance. Pas de dénouement action spectaculaire, mais bien mieux : des réflexions sur l'éthique policière, les états d'âme des enquêteurs lorsque la possibilité leur est donnée d'orienter le cours de l'enquête et ses conclusions.
Lu et aimé de cette auteur : 'Comme deux gouttes d'eau', 'Ecorces de sang'. Mention spéciale aux 'Lieux infidèles' - adolescence irlandaise des 80's.
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tynn
  22 septembre 2013
"Tout ça pour ça !"
Voici la réflexion spontanée que je me suis faite, la dernière page tournée. Plus de 500 pages pour un roman policier bavard et dilué a l'excès.

Sur les côtes d'une Irlande en pleine récession, dans un lotissement inachevé de maisons neuves en état de délabrement avancé, un jeune couple et ses enfants sont retrouvés morts, assassinés ou suicidés.
Crime familial, crime de rôdeur? le dossier est confié à un vieux briscard de la police, assisté d'un jeune "bleu" intuitif et l'image de la petite famille modèle, au bonheur sans nuages va se fissurer rapidement.
En marge de leur travail judiciaire, le développement de l'intrigue fournit une approche très pédagogique du métier d'enquêteur car, sous couvert de formation du jeune adjoint, le policier décrypte par le menu toutes idées ou actions dans le travail de recherche, donnant un ton un peu scolaire à la narration. La psychologie des personnages est fort disséquée, la pathologie de schizophrénie est impressionnante, crédible et glaçante de vérité. Je reconnais un vrai talent d'écriture à Tana French, mais à trop vouloir bien faire, on prend le risque de perdre en route son lecteur.
C'est donc un polar sans rebondissement, qui prend son temps avec un peu trop de "parlotte " diluant à l'excès le propos et faisant ronronner l'intrigue.
La vie personnelle (aux faiblesses cachées comme souvent) de l'enquêteur principal n'apporte pas grand-chose au récit.
L'écriture est donc très fouillée, visuelle et riche de détails. Mais les discussions interminables des enquêteurs, des témoins, des supposés criminels, ont eu raison de ma patience et de mon plaisir. La saturation a eu son point d'orgue dans la confession par le menu du coupable, que j'avais démasqué depuis bien des pages.
En conclusion, un livre qui aurait fait mon plaisir s'il avait été amaigri d'un bon quart.
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critiques presse (1)
LesEchos   28 mai 2013
Sous la plume acérée de Tana French, une nouvelle étoile des lettres irlandaises, l’histoire récente de l’Irlande, dont les rêves d’expansion se sont fracassés sur la crise financière, est contée à travers la tragédie de cette famille modèle partie à la dérive.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Eric75Eric75   26 juin 2013
Je n'ai jamais pitié des gens que je croise au cours de mes enquêtes. La pitié vous valorise à vos propres yeux, vous pousse à vous surestimer. Mais ceux à qui vous la témoignez s'en moquent. Dès que vous commencez à ressentir ce que les victimes ont subi, vous perdez vos moyens. Vous devenez faible. Vous avez du mal à vous lever le matin parce que la perspective d'aller travailler vous révulse, ce qui n'est d'aucun secours pour personne. Je consacre mon temps et mon énergie à apporter des réponses ; pas des paroles de réconfort ou du chocolat chaud.
Si je devais cependant éprouver de la compassion, je la réserverais aux familles des victimes. Comme je venais de le dire à Richie, quatre-vingt-dix-neuf pour cent des victimes n'ont aucune raison de se plaindre : elles ont eu exactement ce qu'elles cherchaient. Les familles, elles, n'ont pas demandé à vivre l'enfer où elles se trouvent projetées. Je réfute le cliché selon lequel tout est de la faute de maman si le petit Jimmy est devenu un junkie et un dealer assez débile pour éventrer son fournisseur. Peut-être ne l'a-t-elle pas vraiment aidé à se réaliser. Et alors ? Mon enfance m'a laissé, moi aussi, face à des problèmes. Ai-je fini pour autant avec deux balles dans la nuque tirées par un caïd de la drogue ? J'ai vu un psy pendant deux ans, pour m'assurer que mes problèmes ne me submergeraient pas. Pendant ce temps, j'ai saisi le monde à bras-le-corps, parce que je suis adulte et que ma vie ne dépend que de moi. Si je me fais un jour défoncer la tronche, j'en porterai l'entière responsabilité. Et les miens, qui n'y seront pour rien, devront ramasser les morceaux.
Voilà pourquoi je me blinde devant les familles. Rien n'est plus destructeur que la compassion.
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ZilizZiliz   23 janvier 2015
- De nos jours, précisai-je, si tu ne supportes plus ton existence, tu t'en inventes une sur la Toile. Si tous ceux à qui tu t'adresses te prennent pour une vedette du rock, ils te traiteront comme une star. Et si tout le monde te considère de cette façon, tu finiras par y croire.
- Élémentaire, mon cher Watson, lança gaiement Kieran. Les gens racontent des craques pour impressionner les autres. Ils l'ont toujours fait. Le Net rend simplement la chose plus facile.
(p. 208)
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ManouBManouB   25 mars 2016
Elle regarda avec angoisse autour d'elle, comme si tout allait disparaître...La pièce était sinistre...On aurait dit un site archéologique abandonné en toute hâte après une invasion ou une catastrophe naturelle. Pour l'heure, Fiona ne distinguait rien. Pourtant, chaque détail resterait gravé en elle, jusqu'à la fin de ses jours.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   12 mai 2014
Quatre vingt dix neuf pour cent des victimes n'ont aucune raison de se plaindre : elles ont eu exactement ce qu'elles cherchaient. Les familles, elles, n'ont pas demandé à vivre l'enfer où elles se trouvent projetées.
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ManouBManouB   25 mars 2016
Je faisais taire les adultes d'un regard glacial. Quant à mes copains d'école, je leur cassais la gueule. Les profs qui, jusque-là, m'avaient témoigné de la sympathie, commencèrent à me punir pour avoir provoqué des bagarres. Or il fallait que je rentre tôt pour aider Geri à s'occuper de Dina et de la maison. Mon père en était incapable...
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