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ISBN : 2253156248
Éditeur : Le Livre de Poche (14/09/2011)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Cet ensemble de textes dans une nouvelle traduction (Considérations actuelle sur la guerre et la mort, Malaise dans la civilisation, Lettre à Einstein "Pourquoi la guerre ?") montrent comment Freud articulait sa réflexion sur la guerre à une interrogation plus large sur les causes profondes des conflits, la pulsion de mort, la notion de civilisation et la transmission de l'ordre symbolique. Avec en écho une postface d'Alain Badiou sur le désarroi des jeunes générati... >Voir plus
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   30 novembre 2016
Les peuples sont, à peu de chose près, représentés par les États qu'ils ont forgés, et ces États par les gouvernements qui les dirigent. L'individu ressortissant d'un peuple peut, dans cette guerre, constater avec effroi ce, qui en temps de paix ; cherchait parfois à s'imposer à lui : l’État lui a interdit d'enfreindre le droit non parce qu'il veut abolir l'injustice, mais parce qu'il entend monopoliser cette infraction, tout comme il a exercé son monopole sur le sel ou le tabac. L’État belligérant s'autorise toute injustice, toute violence qui déshonoraient l'individu. Contre l'ennemi, il n'a pas seulement recours à la ruse licite mais aussi au mensonge délibéré et à la tromperie intentionnelle, et ce dans une proportion qui semble dépasser ce qui était usuel dans les guerres antérieures. L’État, qui exige de ses citoyens une obéissance et un sacrifice extrêmes, les met cependant sous tutelle par un excès de dissimulation et de censure dans la communication et l'expression des opinions qui désarme l'état d'esprit de ceux qui sont ainsi réprimés et se retrouvent sans défense contre toute situation défavorable et toute rumeur confuse. L’État se désengage des garanties et des traités par lesquels il s'était lié aux autres, avoue sans honte son avidité et sa soif de puissance, que l'individu est ensuite censé approuver par patriotisme.
Que l'on n'aille pas objecter que l’État ne peut renoncer à commettre des injustices parce qu'il se mettrait alors dans une position défavorable. Pour l'individu aussi il est en règle générale très désavantageux de se conformer aux normes de la moralité publique, de renoncer à l'exercice brutal de son pouvoir ; et l’État ne se montre que rarement capable de dédommager l'individu des sacrifices qu'il a exigés de lui. Il ne faut donc pas non plus s'étonner que le relâchement de toutes les relations d'ordre morale entre les grandes individualités de l'humanité ait eu en retour un effet sur la moralité des particuliers, car notre conscience n'est pas le juge inflexible que les moralistes prétendent qu'elle est ; à l'origine elle est une « peur sociale » et rien d'autre. Quand la communauté supprime le blâme, cesse également la répression des appétits mauvais, et les hommes commettent des actes de cruauté, de perfidie, de trahison et de brutalité dont la possibilité eût été tenue pour inconciliable avec leur niveau de culture.

« Considération actuelle sur la guerre et la mort »
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art-bsurdeart-bsurde   14 octobre 2016
La liberté individuelle n'est pas un bien civilisationnel. C'est avant toute civilisation qu'elle était la plus grande, même si, alors, elle était la plupart du temps dépourvue de toute valeur puisque l'individu était à peine en mesure de la défendre. Le développement de la civilisation lui impose des restrictions, et la justice exige que personne ne soit dispensé de ces dernières. L'agitation qui exprime au sein d'une communauté une poussée de liberté peut être un soulèvement contre une injustice effective, et donc favoriser une évolution ultérieure de cette civilisation tout en restant compatible avec elle. Mais elle peut aussi être un vestige de ce qu'était la personnalité à l'origine, affranchie des liens de la civilisation, et, dans ce cas, constituer la base d'une hostilité à la civilisation. La pression en faveur de la liberté vise alors certaines formes et certaines exigences de la civilisation, ou la civilisation elle-même. Il ne semble pas qu'aucune influence puisse conduire l'homme à troquer sa nature contre celle des termites, et il défendra toujours son exigence de liberté individuelle contre la volonté de la masse. Une bonne part des luttes de l'humanité se concentre autour d'une unique tâche : trouver un équilibre approprié, c'est-à-dire satisfaisant, entre ces revendications individuelles et les exigences civilisationnelles propres à la masse ; savoir si telle organisation de la civilisation parviendra à instaurer cet équilibre ou si le conflit restera insoluble est un problème où se joue le sort de l'humanité.

« Malaise dans la civilisation »
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art-bsurdeart-bsurde   14 octobre 2016
De bons connaisseurs de l'âme humaine et des philosophes nous ont depuis longtemps instruits du fait que nous avons tort de voir dans notre intelligence une force indépendante et de négliger sa dépendance à l'égard de la vie des passions. Notre intelligence ne pourrait travailler de manière fiable que lorsqu'elle serait soustraite aux influences des puissantes motions des sentiments ; dans le cas contraire, elle se comporterait simplement comme un instrument aux mains d'une volonté, et ne ferait que livrer les résultats que cette dernière l'a chargé d'obtenir.

"Considération actuelle sur la guerre et la mort"
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art-bsurdeart-bsurde   07 février 2017
A nous entendre, nous étions prêts naturellement à soutenir que la mort était l'issue nécessaire de toute vie, que chacun d'entre nous était en dette de sa mort à l'égard de la nature et devait se préparer à payer cette dette, bref, que la mort était naturelle, inéluctable et inévitable. Mais, en réalité, nous nous comportions d'ordinaire comme s'il en allait autrement. L'indéniable tendance est chez nous est à écarter la mort, à l'éliminer de la vie. Nous avons tenter de l'annihiler en la taisant : n'avons-nous pas un proverbe qui dit : « Penser à quelque chose comme à la mort ? » Comme à la sienne propre, bien entendu. Notre propre mort est, en effet, irreprésentable, et dès que nous tentons de nous la représenter, nous remarquons que nous continuons d'en être en fait les spectateurs. Ainsi a-t-on pu, au sein de l'école psychanalytique, se risquer à prétendre qu'au fond personne en croit à se propre mort, ou que, ce qui revient au même, inconsciemment tout un chacun est persuadé d'être immortel.

« Considération actuelle sur la guerre et la mort »
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art-bsurdeart-bsurde   06 février 2017
Celui qui est contraint de la sorte à constamment réagir conformément à des prescriptions qui ne sont pas l'expression de ses penchants pulsionnels mène, du point de vue psychologique, une existence qui est au-dessus de ses moyens, et il est légitime de l'appeler hypocrite, qu'il soit ou non parvenu à la claire conscience de cette différence. Il est indéniable que note culture actuelle favorise dans des proportions extraordinaires cette forme d'hypocrisie. On pourrait se risquer à dire qu'elle est bâtie sur cette hypocrisie, et qu'elle serait dans la nécessité de consentir à de profondes modifications si les hommes se mettaient à vouloir vivre en obéissant à la vérité psychologique. Il y a donc incomparablement plus d'hypocrites formés par la civilisation que d'hommes véritablement civilisés ; et l'on peut même aller jusqu'à discuter de la question de savoir si une certaine part d'hypocrisie n'est pas indispensable au maintien de la civilisation, puisque, chez les hommes d'aujourd'hui, la manière dont est structurée leur adaptation à la civilisation ne suffirait sans doute pas à la maintenir sans cette hypocrisie. D'autre part, le maintien de la civilisation, même sur une base aussi douteuse, offre également la possibilité d'envisager que chaque nouvelle génération inaugurera une conversion plus pénétrante des pulsions et qu'elle sera le support d'une civilisation meilleure.

« Considération actuelle sur la guerre et la mort »
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Videos de Sigmund Freud (70) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sigmund Freud
Anne Simon a reçu en 2004 le prix Jeunes Talents au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême... Quinze ans et une dizaine d'albums plus tard (dont les biographies dessinées de Freud, Marx et Einstein), l'artiste continue d'éblouir de son talent et propose cette année, avec Catherine Sauvat au scénario, une nouvelle biographie dessinée, celle de Sacher-Masoch (qui donna, bien malgré lui, son nom au masochisme), dans L'homme à la fourrure ! Découvrez l'album : http://www.dargaud.com/bd/Homme-a-la-fourrure-L
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