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Clément Baude (Traducteur)
ISBN : 2710329573
Éditeur : Quai Voltaire (14/01/2010)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes)
Résumé :
L'exil était au cœur des nouvelles remarquées de Nell Freudenberger, Lucky Girls. Dans Le Dissident chinois, son premier roman, il s'agit encore d'exil mais de l'Orient vers l'Occident. Yuan Zhao, célèbre artiste dissident, est invité à passer une année à Los Angeles. Il enseigne à l'école de filles St Anselm's et est hébergé par les Travers, une famille d'intellectuels aisés. A sa tête, Cece Travers. Enchantée de l'accueillir, elle s'efforce de donner une image pos... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  01 janvier 2010
Premier roman de Nell Freudenberger. À paraître le 14 janvier 2010.
Yuan Zhao est un peintre chinois. Membre de la communauté des performeurs artistiques de l'East Village de Pékin, il a été emprisonné à plusieurs reprises pour ses idées et ses oeuvres. En participant à un échange inter-universitaire, il arrive à Los Angeles pour enseigner dans le lycée pour filles St Anselm's. Il est accueilli par les Travers, une famille américaine typique qui, sous des apparences banales, dissimule des secrets et des problèmes de toute sorte. Cece Travers a bien des difficultés à maintenir le lien familial. Son époux Gordon la délaisse au profit de son travail de psychiatre et d'études généalogiques dont il a fait sa marotte. Leur fils Max flirte avec la dépression et les comportements à risque. Leur fille Olivia est devenue rapidement une jeune femme séduisante aux troubles alimentaires certains. Chacun évolue sans se soucier des autres. Cece accueille avec plaisir Yuan Zhao chez elle. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle aura très vite un deuxième hôte sous son toit, son beau-frère Phil, toujours éperduement amoureux d'elle. Dramaturge sur le point d'accéder à la gloire et à la reconnaissance, il traverse une crise de conscience et de responsabilités.
Habilement construit, ce texte se lit avec délectation. le balancement entre première personne narratrice (Yuan Zhao) et troisième personne narratrice (Cece) donne un rythme très particulier au récit. On pourrait croire que Yuan Zhao est un personnage décidé et dynamique puisque l'auteure lui a confié le soin de la narration. On pourrait croire que Cece est une femme débordée et incapable puisque le pouvoir de narration lui est refusé au profit d'un narrateur extérieur. On pourrait le croire. Cette pirouette langagière n'est qu'une des facettes du jeu de dupes que l'auteure met en place dans son livre.
Véritable dilettante et arnaqueur, le dissident chinois cristallise toutes les différences qui opposent Orient et Occident. Mais le traitement fait de ce personnage donne de la grande Chine communiste de Mao une image plutôt bouffonne, faite de bureaucratie tâtillonne et de comportements aliénés. Yuan Zhao ne représente que la part des artistes maudits: maudits par le régime. La seule possibilité pour lui de faire reconnaître son art et celui de ses camarades, c'est de s'expatrier pour s'offrir en patûre aux Américains branchés.
Il n'y a pas de personnages secondaires réellement intéressants selon moi. J'ai en revanche été séduite par la ménagerie décrite dans la maison des Travers. Il y a deux chiens, un nommé Salty et un lévrier nain appelé Dr. Spock, un chat baptisé Prométhée, un cochon d'Inde prénommé Ferdinand, un lapin nommé Freud et un galago répondant au doux nom de Fionnula. Tous ces animaux différents contraints de cohabiter dans la belle villa de Los Angeles sont un miroir déformant de la tribu Travers et des personnes qui la côtoient, comme un horoscope chinois vivant.
La fuite du sommeil est une caractéristique commune à plusieurs personnages. Derrière l'insomnie se cachent l'inspiration, l'angoisse, la trangression. C'est la nuit que les masques tombent. C'est aussi autour de la piscine de la villa des Travers que beaucoup de choses se nouent et se dénouent, se révèlent. le miroir d'eau est mollement secoué par les quelques brasses de certains, mais il est le plus souvent immobile, inutile et inutilisé, tout en étant le témoin des vérités qui s'ébauchent et se dévoilent.
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beroune
  17 juin 2012
J'ai adoré ce roman ! Ce qui est paradoxal, c'est que ma lecture m'a parue assez laborieuse (j'avais l'impression d'avancer au ralenti), mais je ne me suis pas ennuyée une seconde ! C'est un sentiment qui m'étonne toujours mais qui, une fois de plus, m'a permis de savourer chaque seconde de ce livre.
Le roman est composé de deux récits livrés au lecteur de façon aléatoire, il semblerait. Tout d'abord, Yuan nous expose son nouveau mode de vie américain, il brosse le portrait pas forcément flatteur de la famille qui l'héberge. Cette famille est composée de Cece et de son mari Gordon qui ne sont assurément plus sur la même longueur d'onde. Leurs ados, Olivia et Max donnent bien du soucis à la mère de famille (surtout le garçon). Pour couronner le tout, Phil, le frère-sangsue de Gordon est amoureux de Cece.
J'ai apprécié entrer dans l'intimité de cette famille. L'auteure nous livre tellement de détails que c'est comme si on les on les exploraient au microscope. La richesse des personnages est fascinante. J'ai eu l'impression de tous les connaître par coeur. C'est, je pense, ce qui m'a le plus enthousiasmée dans ce roman.
En parallèle, l'artiste chinois revient sur ses années passées dans ce quartier (maintenant détruit) de l'East village, en Chine. Il retrace ses premiers pas artistiques et dépeint ses amis de l'époque. Yuan aborde surtout l'art (avec des performances assez étonnantes, sculptures ou encore peintures). J'ai également bien apprécié ces bribes de récits car grâce à elles, nous pouvons confronter les deux cultures qui sont totalement opposées.
Le brassage culturel est un des points fort de ce roman qui conjugue la superficialité de cette famille d'américains et la précarité des artistes chinois qui se réunissent dans des squats pourris pour parler "art".
Pour conclure, je dirai simplement que ce roman est une très jolie découverte.
Lien : http://ulaz.vefblog.net/
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Sharon
  11 octobre 2010
Le constat pour moi est simple : l'auteur sait vraiment captiver son lecteur. D'abord, elle choisit comme narrateur principal Yuan Zhao, que la majorité des personnages nomme simplement "le dissident", parce qu'ils ne parviennent pas à prononcer correctement son nom ou parce que ce n'est pas la personne qui les intéresse mais ce statut : un homme qui a défié le pouvoir chinois par ses oeuvres. Ensuite, ce « dissident » se révèle un narrateur habile. Yuan ne nous raconte pas seulement sa tâche de professeur aux États-Unis (souvent délicate, car ses objectifs, ses méthodes ne sont pas ceux d'une école américaine), sa vie quotidienne dans une famille aisée mais il nous parle de son passé en Chine, ses amours, sa jeunesse, celle de ses parents, révélant ainsi autant de l'histoire de son pays que de la sienne. Face à lui, les américains font presque pâle figure. le décalage est grand entre leurs paroles, effectivement prononcées, et ce qui a motivé ces paroles, ces actes, d'où des erreurs d'interprétation parfois considérables, d'autres fois justes risibles (voir l'incompréhension qui s'est créée entre Cece, son mari, et son beau-frère).
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zembla
  11 avril 2012
Le dissident chinois, premier roman de l'auteure, parle de l'exil d'un célèbre artiste , Yuan Zaho, dissident chinois qui est invité a passer une année à Los Angeles. Il enseigne à l'école de fille de St Anselm's et il est hébergé par les Travers, une famille aisée. A sa tête, Cece Travers , une femme d'une quarantaine d'années, qui est très fière de le recevoir et elle s'efforce de donner une bonne image de sa famille mais le vernis a tendance a se craqueler et apparaît des relations plus complexe qu'il n'y parait. Son mariage avec Gordon, un psychiatre obsédé de généalogie, est en déroute, son beau-frère, avec lequel elle a eu une aventure, s'invite chez eux et ses enfants lui échappent. de son côté Yuan Zhao cache bien son jeu.
Voici un livre lu dans le cadre d'un partenariat lecture avec blog o book et les éditions du quai voltaire. Encore une bonne surprise que ce livre d'une auteure inconnue. le démarrage est un peu surprenant car la vie antérieure de l'artiste chinois revient en flash back et se retrouve mêlé a sa vie américaine et j'ai eu tendance au départ a me mélanger les pinceaux. Hormis ce coté un peu fouillis, j'ai beaucoup aimé cette vision de cette famille américaine moyenne où l'on voit tous les faux semblants se fissurer et éclater. On ressent de l'empathie pour les protagonistes de cette histoire qui voit leur vie leur échapper. J'ai beaucoup aimé la partie chinoise ,qui loin de la vision stéréotypée que l'on peut avoir, nous fait découvrir la richesse et vivacité de l'art chinois. le personnage principal, Yuan Zaho, reste mystérieux toute une partie du récit avant que l'on découvre le vrai "Yuan Zaho.
Un bon roman, lu avec beaucoup de plaisir. Ma note 7/10.
Lien : http://desgoutsetdeslivres.o..
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keisha
  10 janvier 2010
L'auteur : Lucky girls, le recueil de nouvelles de Nell Freudenberger, a reçu diverses récompenses, et le dissident chinois est son premier roman.
"Yuan Zhao, célèbre dissident chinois, est invité pour passer une année à Los Angeles. Il enseigne à l'école de filles St Anselm's et est hébergé par les Travers, une famille d'intellectuels aisés."
Plusieurs angles de narration pour ce roman : Cece, la mère de famille qui essaie de demeurer "cool" face à ses problèmes avec son mari Gordon féru de généalogie, ses d'enfants en pleine adolescence et surtout son beau frère avec lequel elle a eu une "histoire" une décennie plus tôt; Phil, ledit beau frère assez immature ; et bien sûr l'invité chinois, qui a l'air de cacher pas mal de choses, et qui parle des mouvements artistiques marginaux et interdits dans la Chine du début des années 90.
Ce gros roman se laisse lire tranquillement, pas de grand suspense car on se doute bien comment cela va évoluer et se terminer, mais curieusement cela ne gêne pas la lecture et les pages se tournent sans difficulté. C'est fort plaisant à lire, un passage m'a fait rire au éclats (le galago en avion, je n'en dis pas plus). Contrairement à ce qui était annoncé, je n'ai pas bien vu la confrontation de deux cultures, ou très peu. J'aurais bien aimé connaître les créations artistiques de June.
Une impression en demi-teinte, donc, pour ce roman plein d'ironie qui nous promène de Los Angeles à Pékin, avec une incursion dans l'univers impitoyâââble du cinéma.
Lire la suite: http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-dissident-chinois-42230129.html#ixzz0cCl4SHUL

Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   16 mai 2012
« Une part de nous-mêmes ne demande qu’à être démasquer. »
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Video de Nell Freudenberger (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nell Freudenberger
Nell Freudenberger talks from Mumbai about the dwindling population of Parsis in India. The word Parsi refers to followers of the prophet Zarathustra who came to the west coast of India from what is now Iran in the 10th century, looking for religious freedom and economic opportunity. In India today, Parsis are known for their industriousness, philanthropy, eccentricity and low fertility rates. Their numbers in Mumbai have dipped to about 60,000 and there are growing fears that the community may be on the verge of extinction.
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