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EAN : 9782277211815
352 pages
J'ai lu (26/02/2001)
3.76/5   103 notes
Résumé :
Les terres sans fin et sans soleil de la Laponie, ses rudes nomades, sa toundra où semble régner une paix séculaire que seul anime le lent mouvement des troupeaux de rennes… Et pourtant, quand Paavi le Finnois pénètre dans la hutte de Simon Sokki, chef de village, chacun sent que le malheur entre avec lui. — Mikkel est mort, annonce l’intrus. Mikkel, l’oncle de Paavi et l'ami de toujours des Sokki, a été poignardé sur l’ordre d’un autre chef de tribu: implacable règ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
« Couleurs pastels arborescentes,
Piliers de lumières cristallins,
Elans sauvages, rennes, rois des forêts,
L'offrande mystique d'une parhélie, diamant brûlant
Comme un symbole saami,
Notre ange Niklas,
Pur comme la neige,
Coeur d'enfant,
Artistes itinérants,
Inspirés,
Inspirants,
Nomades dans l'âme ».

La Laponie de Zaz, les reflets de la topaze, je reste en extase.

« L'homme et son renne s'immobilisèrent sur le point culminant.
L'inconnu venait du Sud. Peut-être de Finlande, peut-être de Norvège. Il s'était arrêté au sommet de la colline dénudée où le vent avait ciselé la neige en vagues courtes et brisées. Son attelage soufflait et le grand renne gris, assoiffé, broutait la tête basse la neige poudreuse. Il avait les flancs couverts de sueur. La fatigue avait eu raison de sa combativité naturelle et il ne cherchait plus à s'échapper des traits souples qui le reliaient au long traîneau, lourdement chargé. Sa soif étanchée, l'animal releva l'encolure et ses bois magnifiques se découpèrent sur le fond lumineux de la nuit arctique ». (Incipit)

Au nord de la péninsule Scandinave, un très vieux peuple, les Samisks, mène sous un climat inchangé depuis les temps glaciaires la vie nomade, à peine humanisée, de ses ancêtres d'il y a 30 000 ans, les « hommes du renne ». Faut-il imposer à ce peuple notre mode de vie moderne ?
N'y a-t-il rien dans le sien qui soit digne de l'homme, qui ne puisse et peut-être ne doive éveiller en nous un regret, une nostalgie, voire une admiration ?
Sommes-nous si jeunes ? Et n'aurions-nous pas une jeunesse à retrouver chez ce vieux peuple, contemporain de la jeunesse du monde ?
Ainsi songe le romancier au terme d'une évocation saisissante où la sagacité de l'observation, le don de la couleur et des images, le goût exaltant de l'action s'associent pour recréer une nouvelle fois la vie et l'aventure.

Nous sommes un demi-siècle avant la brigade des rennes d'Olivier Truc. Et Roger, sur sa roche, nous donne le frisson.
Après trois romans sur la montagne alpine, aux environs de Chamonix, dont le célèbre « Premier de cordée », après une autre trilogie située dans le Sahara algérien, dont « La piste oubliée », il nous offre, en 1962, un nouveau cycle, constitué, lui, de non pas trois, mais deux romans : "Lumière de l'Arctique".
Le premier de ces deux romans est paru en 1962,le second, « La dernière migration », qui sera son dernier roman, en 1965.

Les terres sans fin et sans soleil de la Laponie, ses rudes nomades, sa toundra où semble régner une paix séculaire que seul anime le lent mouvement des troupeaux de rennes…

« Il semblait au lapon qu'il avait toujours été là, veillant dans la nuit arctique, incorporé à la taïga, protégeant des milliers de rennes à demi sauvages, dont il connaissait chaque silhouette et, et par la marque des oreilles, le nom du propriétaire .
Il était le maître suprême de ces rennes qui maintenant dormaient, rêvaient ou ruminaient sous sa seule protection. il en ressentait une fierté étrange, grisante, voluptueuse, et bénissait son destin.
En ces heures nocturnes où, seul dans les solitudes de la taïga, il lui semblait protéger le repos de la terre endormie, remontait en lui l'instinct primitif de sa race, la plus ancienne du monde ».

Kristina est une nomade lapone de 14 ans. Elle vit avec ses parents, dans une cita ou son père, Simon Sokki est chef... Mais la jeune fille est déjà indépendante : elle sait chasser, traquer, garder un troupeau de rennes... D'ailleurs, elle en possède un grand, ce qui la rend riche.
Son existence tranquille est troublée par l'arrivée de Paavi, un Finsk qui annonce que son oncle, avec qui Simon Sokki avait volé des rennes d'une famille ennemie autrefois, a été assassiné. L'heure de la vengeance a sonné, les victimes d'hier veulent reprendre leur bien : le troupeau de la famille de Kristina est en danger !
Une autre menace plane sur la jeune fille en la personne de Fru Tidemann, une religieuse qui compte bien emmener la jeune lapone à l'école, pour en faire une chrétienne et une sédentaire civilisée...
Kristina se résout finalement à partir à l'école pendant l'hiver, mais elle arrache à Paavi la promesse qu'il viendra la récupérer. La jeune fille sauvage a du mal à s'adapter à la vie d'écolière. Et tout se gâte quand elle apprend que, durant son absence, 1200 rennes du troupeau de sa cita ont été raflés !
Elle décide alors de s'échapper pour rejoindre la harde, sa harde. Tout le monde se lance à sa recherche, mais seul Paavi, tombé amoureux d'elle, saura la retrouver... A la fin, les deux jeunes gens fuient ensemble, pour retrouver leurs rennes.

Ce roman est un choc des civilisations, des cultures, au pays des « nomades land ».

« Il faut détruire le nomadisme, disait le pasteur, le nomadisme qui maintient les vieilles croyances, qui disperse les populations hors de notre contrôle pendant la majeure partie de l'année...Tout lapon que nous aurons affranchi du nomadisme deviendra forcément un bon Norvégien... Et il ajoutait : Et un bon chrétien... »

Ce roman est un retour à la nature, la vraie, sauvage, pure, intacte, bien que rude et complexe.

« - [...] J'ai pensé qu'on pourrait tuer la vieille femelle stérile qui ne nous a pas donné de petits depuis trois migrations....
- Elle sera coriace, fit Thor.
- Depuis quand as-tu vu tuer les plus belles bêtes du troupeau ? répondit Karin. C'est une fantaisie de Norvégiens que de vouloir des bêtes grasses ! Un Lapon ne mange que les rennes qui ne peuvent plus servir ».

J'ai beaucoup aimé ce roman sur les derniers Lapons, pleins de chaleur malgré le froid de l'hiver nordique. Kristina est un grand personnage, plein de courage, d'esprit, de maturité. On ne peut que l'admirer !
L'auteur a su tisser les mots pour nous amener à ses côtés, sur les étendues blanches du Nord.
Il a un truc pour nous faire passer son message, loin des oliviers séculaires.
Un autre monde, en voie de disparition.
C'était il y a cinquante ans. Que sera-t-il devenu dans un demi-siècle ?
Plus qu'un roman, c'est une poésie en prose !
Zaz, topaze, extase...

« Je repars le coeur serré,
Les bouleaux, les chiens, le traîneau,
Les matins calmes,
Opales de milles nuances,
De mille cadences,
Le soleil dans mon coeur
Témoigne de mon union
De la terre au ciel.
Je reviendrai ».
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Excellente plongée dans la culture des Samisks, qu'on a plutôt l'habitude de connaître en France sous le nom de Lapons, le rapt a été une très jolie découverte que j'ai dévoré avec beaucoup de plaisir.
Une lecture d'autant plus appropriée qu'aujourd'hui c'est tout blanc de l'autre côté de la fenêtre et qu'une histoire de vol de rennes dans le grand Nord fait tout à fait ton sur ton! Car oui, contrairement à ce que je croyais en ouvrant ce roman (j'ai une vieille édition achetée d'occasion et pas de quatrième de couverture sur celle ci), le rapt n'a rien d'une histoire d'enlèvement comme je m'y attendais mais est le rapt d'un troupeau, crime ultime chez les Lapons pour qui le renne est tout: avec des rennes, du lichen et des bouleaux, une famille Laponne peut survivre à tout, absolument tout, et le lecteur les découvre bien plus adapté au lieu que les Norvégiens survivant difficilement à la longue nuit hivernale.
Pour un livre publié en 1962, j'ai été heureusement surprise par l'intelligence du propos sur les peuples autochtones: deux écoles s'affrontent chez les Norvégiens, représentés par l'assistante sociale qui veut amener les Lapons à la sédentarité, cherchent à forcer les enfants scolarisés à ne parler que le Norvégiens et se montre complètement tyrannique à force de bonnes intentions et le médecin qui estime que les Lapons sont armés pour survivre à leur mode de vie et peuvent de toute façon très bien décider pour eux même !

Un excellent roman, qui mériterait d'être plus connu.
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Scandinavie du nord,pays des Lapons, les Samisk ( hommes des rennes), aux confins de la Norvège et de la Finlande. Roger Frison Roche nous fait partager la vie d'un clan lapon (une cita), celui de Simon Sokki et sa vie rude dans la nuit hivernale sans fin, sous les tempêtes glaciales de neige et sous la lumière magique des aurores boréales, riche de ses rennes, seule valeur sure aux yeux des lapons. L'arrivée de Paavi, le jeune chasseur finnois, lié à la famille Sokki, va semer le trouble dans la cita. Il annonce l'assassinat de son oncle par un clan adverse. Il vient le remplacer et chercher l'appuis du clan Sokki pour le venger; Il annonce aussi qu'une menace pèse sur la clan et son troupeau. Mais sa venu réveille de vieilles rancoeurs et jalousies entre clans rivaux, datant de la seconde guerre mondiale.
Kristina, la fille de Simon Sokki, jeune sauvageonne farouche et éprise de liberté, est charchée de surveiller le finnois que le clan met à l'épreuve. Un autre danger guette Kristina: la civilisation norvégienne représentée par Fru Tidemann, l'assistante sociale et le docteur Olafsen, qui cherche à assimiler les Samisks. Ils viennent au clan Sokki pour emmener Kristina en pension, lui apprendre à lire, à compter, à devenir une bonne norvégienne et une bonne chrétienne.
A travers ce récit d'aventure à frissonner sous la couette, c'est aussi un témoignage éthnologique sur les derniers lapons nomades et le choc entre une culture millénaire et la civilisation européenne, chrétienne et matérialiste des années 60. C'est un témoignage sans préjugés qui montre le désaccord entre l'assistante sociale qui veut le bien des Lapons malgrés eux, sure de la supériorité de sa culture et avec l'appuis du pasteur et le docteur partisan de laisser les Lapons vivrent leur vie et garder leur dignité. Les Lapons eux mêmes, sont partagés sur l'avenir de leur peuple. Ils sentent que le monde changera malgrés eux, les emportant malgés eux etque l'instruction des jeunes et donc de Kristina peut être une chance pour elle et pour le clan. Mais Kristina s'adaptera t-elle à sa nouvelle vie en pension? Paavi qui a promis de l'aider, viendra t-il à son secour? Les menaces qui pèsent sur le clan Sokki, vont elles se réaliser?
J'avais lu ce livre à 15-16 ans passionné alors par le récit d'aventure dans le grand nord et son coté exotique. Je l'ai relu récement et je l'ai trouvé toujours aussi palpitant mais plus profond, comme un témoignage sur la disparition des peuples nomades et un prélude à la mondialisation. Ce livre a été écrit en 1962 où l'on ne parlait pas encore des droits des minorités et de la diversité culturelle.
A lire par tout ceux qui sont des passionnés du grand nord et Roger Frison Roche est un grand auteur un peu oublié à redécouvrir par les jeunes générations.
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Dans la péninsule scandinave les Samisks mènent la même vie nomade d'il y a 30 000 ans, ils sont appelés ''les hommes du Renne''.
Le romancier et montagnard Roger Frison Roche nous offre une peinture de ce peuple et de sa vie nomade tout en s'interrogeant sur les inter-actions de la vie moderne sur les moeurs de ce peuple ancien.
Ce livre est une évocation saisissante où le don des images et de l'action s'associent pour recréer la vie et l'aventure.
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Rencontre d'un univers et de ses valeurs par l'intermédiaire d'un auteur et de son goût d'aventures et d'ailleurs.

Très beau roman sur un peuple et une partie du monde encore mal connue, mettant en avant des valeurs humaines confrontées à un modernisme des plus ravageurs.

Livre méritant d'être plus souvent débattu avec un plus large public.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
"Où donc est Kristina, demanda tout à coup Fru Tideman, inquiète de ne plus voir la jeune fille.
- Elle est allée donner à manger aux chiens, répondit Ellena.
-Ah!" fit-elle rassurée. Elle avait craint que la jeune fille fût partie retrouver le trappeur finnois.
"Simon Soki, je ne repartirai pas d'ici sans emmener Kristina !
-Qui nourrira les chiens, Fru Tideman ? Qui portera le ravitaillement aux bergers du grand troupeau ? Qui relèvera les c ollets et les pièges ? répondit vivement le Lapon.
-Est- ce là le travail d'une fillette de quatorze ans, qui ne sait encore ni lire ni écrire ?
-Kristina est une femme à présent, trancha Simon, elle sait couper du bois, tirer de l'eau à la rivière gelée, tuer un renne et le dépecer, nourrir les chiens, atteler et conduire un traîneau, mâcher les tendons pour faire du fil, tanner les peaux avec l'écorce du bouleau, les tailler pour en faire des cuissards ou des mocassins... Elle sait même broder les kouftes et les bonnets, et aussi lire les traces sur la neige, ramasser les baies sauvages et les touffes de senna. A quoi sert lui servira le reste ?... ajouta-t-il en se redressant avec fierté. Une vrai Lapone ne doit penser qu'à ses rennes..."
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Thor Risak se figea dans une immobilité de statue, le vent, qui soufflait à ras de la neige, le recouvrait peu à peu d'une mince couche de cristaux et son corps n'était plus qu'une ondulation de la neige. Ainsi caché, il voyait tout et n'était vu de personne. Sa veille au grand troupeau commençait et s'achèverait quand là-bas, dans la tente, Pier ou Andis jugerait bon de venir le remplacer. A ses cotés les chiens dormaient, exténués d'avoir couru pendant des heures pour rassembler les bêtes dans cette combe propice à la surveillance mais d'où les rennes s'évaderaient sitôt le temps du repos et de la rumination terminé. Eux aussi se laisser voluptueusement recouvrir de neige et formaient autant de petits monticules entourant le berger: immobiles comme leur maître, ils étaient comme lui prêts à bondir au moindre signe de danger.....
Il semblait au lapon qu'il avait toujours été là, veillant dans la nuit arctique, incorporé à la taïga, protégeant des milliers de rennes à demi sauvages, dont il connaissait chaque silhouette et, et par la marque des oreilles, le nom du propriétaire.
Insensible au froid, Thor Risak vivait avec béatitude ces heures de veille qui auraient éprouvé à mort plus d'un Norvégien robuste, entraîné au froid polaire.
Il était le maître suprême de ces rennes qui maintenant dormaient, rêvaient ou ruminaient sous sa seule protection. il en ressentait une fierté étrange, grisante, voluptueuse, et bénissait son destin.
En ces heures nocturnes où, seul dans les solitudes de la taïga, il lui semblait protéger le repos de la terre endormie, remontait en lui l'instinct primitif de sa race, la plus ancienne du monde
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Ils débouchèrent enfin, hors des taillis, dans une zone dégagée. Olafsen observa sa compagne qui s'était tassée sans mot dire dans l'autre coin de la cabine, supportant vaillamment les cahots et le tangage du petit véhicule, sur ce parcours accidenté. Il regrettait d'avoir taquiné Fru Tideman. N'eût été leurs divergences de vue sur la question lapone, il l'eût admiré sans réserves. Elle était sincère, et son attitude intraitable n'était au fond que le signe, l'expression de son amour exclusif pour les lapons. Elle était de celle qui veulent à tout prix faire le bonheur des gens. Mais contrairement à beaucoup de fonctionnaires elle n'attendait aucune récompense officielle de son dévouement. Arrivée toute jeune fille à Hammerfest, d'une lointaine province du sud, pour y travailler dans un comptoir de poissons, elle s'était immédiatement intéressée au sort des nomades. Elle s'était fait affecter à Viddakaïno, comme assistante sociale, par le gouvernement norvégien. Et le pasteur Brombdal avait trouvé aussitôt en elle une alliée dans sa lutte contre l'irréligiosité.
" Il faut détruire le nomadisme,disait le pasteur, le nomadisme qui maintient les vieilles croyances, qui disperse les populations hors de notre contrôle pendant la majeure partie de l'année...Tout lapon que nous auront affranchi du nomadisme deviendra forcément un bon Norvégien..." Et il ajoutait: "Et un bon chrétien..."
Olafsen, qui avait les pieds sur terre et qui de par de sa profession médicale, était à même de suivre la lente agonie du peuple samisk, était d'une opinion contraire. Ils avaient parfois de longues discutions à Viddakaïno, et à diverses reprises, le pasteur Brombdal, accoutumé à régner sans partage sur sa paroisse, avait cherché à éloigner le médecin. Mais le rapport du lennsmann Petersen avait évité le drame. "Car, disait-il, ce serait un drame: les lapons n'admettraient pas le départ de leur médecin."
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- [...] J'ai pensé qu'on pourrait tuer la vieille femelle stérile qui ne nous a pas donné de petits depuis trois migrations....
- Elle sera coriace, fit Thor.
- Depuis quand as-tu vu tuer les plus belles bêtes du troupeau ? répondit Karin. C'est une fantaisie de Norvégiens que de vouloir des bêtes grasses ! Un Lapon ne mange que les rennes qui ne peuvent plus servir.
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L'homme et son renne s'immobilisèrent sur le point culminant. L'inconnu venait du sud. Peut-être de Finlande, peut-être de Norvège. Il s'était arrêté au sommet de la colline dénudée où les vents avaient ciselé la neige en vagues courtes et brisées. Son attelage soufflait et le grand renne gris, assoiffé, broutait tête basse la neige poudreuse. Il avait les flancs couverts de sueur. La fatigue avait eu raison de sa combativité naturelle et il ne cherchait plus à s'échapper des traits souples qui le retenaient au long traîneau, lourdement chargé ; sa soif étanchée, l'animal releva l'encolure et ses bois magnifiques se découpèrent sur le fond lumineux de la nuit arctique...
(extrait du volume de poche paru en 1975)
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Interview de : Sophie Cuenot pour son livre : le roman de Chamonix
paru le 02 novembre 2023 aux Editions Paulsen
Interview réalisé à Chamonix par TVMOUNTAIN
Résumé du livre : À l'occasion des célébrations des Jeux de 1924, la réédition d'un livre de référence sur Chamonix, une passionnante fresque de plus de 1000 ans qui couvre les événements de la vallée jusqu'à aujourd'hui.
En 1786, la première ascension du mont Blanc inscrit Chamonix sur la carte du monde et amorce un essor touristique fabuleux qui dure toujours… Mais l'histoire de la vallée ne commence pas avec ce coup d'éclat. Sophie Cuenot en arpente les chemins millénaires en Chamoniarde curieuse et érudite. Cette seconde édition du Roman de Chamonix célèbre le centenaire des premiers Jeux d'hiver de 1924 avec un nouveau chapitre consacré à l'événement, enthousiaste, joyeux et porteur d'avenir pour la ville. Aujourd'hui, Chamonix a toujours les yeux tournés vers le mont Blanc, mais les effets spectaculaires du réchauffement climatique se sont invités dans le paysage et les alpinistes s'efforcent d'inventer de nouvelles manières d'arpenter la montagne.
Bio de l'auteur : Sophie Cuenot est chamoniarde d'origine et vit désormais près de Grenoble. Après avoir été journaliste à Radio France, elle a choisi de se consacrer à l'écriture et a déjà publié deux ouvrages chez Guérin: Paris camp de base et Petzl, la promesse des profondeurs. Elle est également l'auteure du film La piste Frison-Roche, réalisé par Arthur Chays. Elle est actuellement assistante de programmation pour plusieurs festivals de films de montagne.
#guerin #livres #montagne #chamonix #textes&images
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