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EAN : 9782290316894
J'ai Lu (07/01/2002)
3.97/5   31 notes
Résumé :
C’est à Snowdrift, village perdu des immensités glacées du Grand Nord canadien, que Max, héros de la Royal Air Force, et Rosa, jeune femme d’origine indienne, abritent leurs amours. Au cœur de cette nature âpre et sauvage, Max reprend peu à peu goût à la vie et oublie les horreurs de la guerre. Mais le destin frappe à nouveau. La mort tragique de Rosa pousse Max à l’exil. Il retourne en France, où son neveu Bruno vient de fuguer. Dès lors, Max consacrera toute son é... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  23 novembre 2015
Snowdrift, un village indien perdu au sein des immensités glacées du Nord canadien. A l'autre bout de la planète, Grenoble et ses industries papetières. Max Gilles, la quarantaine n'est plus à sa place dans le giron familial et petit bourgeois de la ville du Grésivaudan. Ce héros de guerre que la R.A.F. a libéré, garde en lui les traces de sang de ce conflit. L'humeur n'est plus à la vie. Il a besoin de fuir. Sa vallée, sa famille, lui-même. Pour se reconstruire et c'est par conséquent à Snowdrift qu'il va poser son petit avion au coeur du vide enneigé parsemé par quelques cabanes de trappeurs, au milieu des indiens, des loups et des bisons.
Là, il découvrira l'amour. Celui qui se construit avec un grand A. Rosa cette indienne, si généreuse, si belle, si indépendante, si indienne. Elle lui apprendra à vivre et à jouir de cette liberté retrouvée. Et n'y-a-t-il pas plus belle liberté que de faire l'amour nu sur une peau de bison, dans le silence assourdissant du vide entouré de neige. Par -40°C, aller couper du bois, pisser contre un sapin, chasser des loups ou survoler un troupeau de bisons. Une nouvelle vie, un miracle de la nature, prend soin tous les jours de cet être si solitaire au début et qui s'ouvrira tant avec la découverte de l'amour, et de Rosa.
Mais comme je suis plus roman à eau-de-feu que roman à l'eau de rose, il faut un mais pour contrarier tant de bonheur. Faire l'amour sur une peau de bête, même de bison, ne suffit plus à nos deux héros. Et Rosa s'en va chasser, seule avec son frère dans un canoë de fortune. le blizzard, la neige, le vent, le froid, tabarnak, le temps nord-canadien. le drame, le deuil, la perte, la reconstruction. Rester sur ces terres sauvages ou retourner à Grenoble.
Combien d'années n'ai-je pas pris le temps d'ouvrir un vieux bouquin de Frison-Roche, presque un parchemin, les feuilles jaunies par le temps, les pages gondolées par la fonte des neiges, l'encre parfumée aux senteurs de milles plantes que les moines utilisent pour élaborer la Chartreuse ? En ai-je déjà ouvert un ? Certainement… Dans ma jeunesse, le bison du Grésivaudan que j'étais a du se « forcer » à ouvrir son premier de cordée ou d'autres épisodes d'alpinisme littéraire. Des années plus tard, je continue à goûter à la Chartreuse, je découvre la Mandrin, mais n'en oublie pas l'essentiel l'herbe à bison aromatisée à la vodka. Et pour causer essentiel, ce roman m'a enchanté, si bien que je n'en espérais pas autant avant de me laisser submerger par ses grands espaces, son histoire d'amour et ses histoires de solitudes.
« La Peau de Bison », du nature-writing bien avant l'heure qui donne envie de chausser ses raquettes et de crapahuter dans le froid tabarnakien juste pour pouvoir se réchauffer ensuite sur une peau de bison. Nu bien entendu.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Nastie92
  30 juin 2019
Frison-Roche, c'est l'inoubliable Premier de cordée.
Mais ce n'est pas que ça.
L'écrivain nous a laissé d'autres ouvrages, témoins de son amour de la nature et des grands espaces.
Ici, point de haute montagne, point de sommets alpins : nous sommes dans le grand Nord canadien. Avec son climat rugueux, ses zones inaccessibles l'hiver à cause de la glace qui fige tout, ses conditions de vie difficiles et demandant aux hommes beaucoup d'énergie pour survivre.
Ses paysages sublimes aussi. Ses aurores boréales inquiétantes autant que fascinantes.
C'est là que vit Max, au milieu de cette nature sauvage, des bisons, des caribous et des loups, au milieu d'indiens farouches et fiers.
C'est là que Max est venu pour fuir le monde d'avant dans lequel il ne trouvait plus sa place.
C'est là qu'il a trouvé l'amour.
Un amour puissant, merveilleux, rare. Un amour exceptionnel.
Cette lecture fut un vrai régal !
Frison-Riche maîtrise parfaitement l'art de la description. Les paysages sont grandioses, la force de la nature jaillit à chaque page et l'auteur nous immerge dans cette beauté envoûtante.
Rivières, forêts, montagnes, sentiers, varient au rythme des saisons et dans cet écrin merveilleux, l'auteur a installé une magnifique histoire d'amour.
"Que c'est beau" me suis-je souvent dit tout en tournant les pages d'un roman que j'ai dévoré en un clin d'oeil.
Seule la fin m'a paru un peu trop simple, un peu "facile", tout s'enchaînant un peu trop rapidement. Mais cela n'a pas gâché le plaisir que j'ai eu à suivre l'histoire de Max, et je compte bien poursuivre avec le second volet intitulé "La vallée sans hommes".
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YannMarcDrieu
  02 avril 2022
Introspection canadienne.
Max Gilles, ancien pilote de bombardier dans la RAF, a retrouvé goût à la vie comme indépendant dans le grand Nord canadien. Eloigné des tourments sans fin du monde des humains, Max a fait sienne cette vie simple au coeur du territoire des Indiens, une vie au rythme de la nature et des grands espaces. Il est désormais libre, libre des affres de la civilisation. Et son épouse indienne Rosa en est pour quelque chose... mais celle-ci décède...et le voilà de nouveau tourmenté! Rentrer en France, dans sa bourgeoise famille grenobloise? oui, il a besoin de réponses à ses obsédantes questions... Mais qu'en sera-t-il de l'appel du Grand Nord?
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Polomarco
  31 décembre 2020
Octobre 1960, dans le Grand Nord canadien.
Sur les rives du grand Lac des Esclaves, au coeur d'une nature vierge et glaciale, un homme et une femme que séparent leur race et leur âge, ont néanmoins choisi d'unir leur destinées. Lui, c'est Max, ancien pilote de la Royal Air Force pendant la seconde guerre mondiale; elle, c'est Rosa, une jeune indienne à la beauté fière et sauvage, qu'il a épousée envers et contre tous. A ses côtés, le jour, comme la nuit, sur la peau de bison qui leur sert de lit, Max reprend goût à la vie et tente d'oublier les horreurs de la guerre, celles qu'il a dû commettre lors des bombardements et celles qui ont frappé sa famille, à Grenoble. La mort tragique de Rosa, sans qu'ils aient eu un enfant ensemble, le poussera à rentrer en France, où il découvrira une autre forme de paternité.
La peau de bison est un roman d'amour et d'aventure, qui se lit d'une traite avec plaisir et intérêt. Je l'ai lu en consultant régulièrement sur Internet la carte des territoires cités, ce qui m'aidé à suivre les différentes étapes de l'histoire. Roger Frison-Roche y excelle à décrire la nature envoûtante, ses grands espaces et ses paysages sublimes, ceux de la taïga, la forêt arctique, et ceux de la toundra, les terres glacées et stériles des "Barren lands".
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TilleulCitron
  30 juin 2018
un roman captivant, le grand nord, le froid, la neige, le gel, le blizzard, les aurores boréales, que dire de plus?
une histoire qui commence durement, le héro de guerre part bien loin des siens et se retrouve à piloter dans le grand nord. il perd un ami, il se marie, n'a pas d'enfant...perd sa femme, retourne chez les siens pour mieux revenir avec son neveu..la suite dans la vallée sans homme du même auteur
j'ai bien aimé, j'aime bien le style d'écriture de frison roche..je ne connaissais pas ces livres là. maintenant j'en connais un de plus !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 novembre 2015
Dans le ciel les étoiles brillaient comme par les nuits les plus froides, des traînées laiteuses se formaient en franges, en écharpes multicolores dispersés par les vents, premières esquisses des aurores boréales qui dans un mois seraient leur seule lumière dans la longue nuit polaire.

Un loup en chasse hurla quelque part derrière eux, et à son cri répondit le gémissement de la louve. Rosa sourit, cet hiver elle reviendrait les chasser lorsque leur fourrure devenue d’un beau gris et bien fournie prendrait toute sa valeur. Max aimait beaucoup les peaux de loup. Chez eux, il y en avait un peu partout et les reflets argentés se mariaient bien avec la peau sombre de bison jetée sur leur lit.
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le_Bisonle_Bison   18 novembre 2015
L’intérieur du bar était sombre, à peine éclairé par quelques lampes aux abat-jour foncés qui voilaient la moitié de la lumière. Il fallait quelques minutes pour que les yeux habitués à l’éblouissante lumière blanche du dehors se fassent à cette pénombre. Alors on découvrait une grande salle quadrangulaire, barrée dans le fond par un comptoir moderne clinquant de tous ses cuivres, et autour des tables une foule murmurante et bariolée de prospecteurs, de mineurs, d’Indiens, ingurgitant des quantités invraisemblables de bières. Et bien que certains eussent déjà sombré dans une ivresse caractérisée, le ton des voix ne montait pas. Les propos, qu’on échangeait comme des secrets, passaient de table en table, ricochaient, revenaient : gaudrioles, histoires de forage, drills, et toujours l’inévitable retour au grand rêve ! Chacun connaissait un coin secret de la forêt, qui contenait de l’or, il avait déposé un claim, mais chut… chacun savait bien que l’autre mentait, mais cela faisait partie du jeu. La vérité était que tous ces gens étaient venus ici chercher fortune, se ruinaient en recherches et en matériel, et puis échouaient comme ouvriers aux mines d’or de la grande compagnie dont l’exploitation était déjà déficitaire.
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Nastie92Nastie92   30 juin 2019
Des loups en bandes tournaient autour des caribous sans que ceux-ci manifestent la moindre inquiétude ; les vieilles femelles qui dirigeaient la migration continuaient à tenir leur cap, traversant les plateaux, franchissant les rivières, remontant sur la toundra, et l'ensemble dessinait sur le relief comme un énorme reptile. Les loups se gardaient bien de pénétrer dans le grand troupeau. Ils se contentaient de harceler la migration, et parfois deux ou trois d'entre eux se rabattaient sur les trainards, ou sur un jeune que sa fantaisie et l'ignorance du danger avaient un instant écarté de ses congénères.
Alors le drame avait lieu, rapide et cruel : l'échine brisée, la gorge ouverte, le caribou agonisait encore, alors qu'il était déjà férocement dépecé.
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Nastie92Nastie92   11 octobre 2019
La bise de l'est venue du grand lac pénétrait toujours plus âpre et glaciale sous les arbres de la forêt. Rosa se dressa, jeta de nouvelles branches sur le foyer et vint s'accroupir devant les braises qui craquaient doucement, ouvrant des gueules pavées de rubis, laissant filtrer à travers leurs crevasses de minces filets de fumée bleuâtre. Maintenant le feu reprenait avec une ardeur nouvelle et Rosa contemplait , avec une joie toujours renouvelée, le mystère qui d'une branche sèche fait un éblouissement de formes et de beauté ; une flamme torturée, frémissante qui chuinte et pleure parfois comme un nouveau-né, puis lance des étincelles et se consume en une fumée bleue irréelle.
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le_Bisonle_Bison   31 octobre 2015
- S'il y a des torts, Father, ils ne peuvent venir que de moi, car du côté de Grenoble on a tout fait pour me garder. Et maintenant, encore sans doute, on m'accueillerait avec joie... Mais si j'ai rompu les ponts, si j'ai peu écrit, une fois ou deux l'an pour de brèves nouvelles, c'est parce que la guerre a fait de moi un homme inadapté, inutile aux miens, peut-être plus, nuisible dans la mesure où je refusais leur mode de vie, faite de labeur et d'austérité, au milieu des richesses acquises grâce à ces qualités des gens du Dauphiné...
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Videos de Roger Frison-Roche (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roger Frison-Roche
Comment écrire l'expérience montagnarde ? Y a-t-il un style alpin en littérature ? L'auteur de BD Jean-Marc Rochette et le romancier Jean-Christophe Rufin nous aiguillent en direction de quelques sommités littéraires pour appréhender cette question : Hergé, Beckett mais aussi Frison-Roche et Ramuz sont au programme.
À retrouver également, la chronique de Pierre Krause, responsable éditorial de Babelio, partenaire de cette émission : https://www.babelio.com/
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