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ISBN : 2266268902
Éditeur : Pocket (17/11/2016)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 34 notes)
Résumé :
"L'amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Qu'il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c'est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu'elles ne font qu'un l'une avec l'autre en ne faisant qu'un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité. Il n'y a qu'une seule preuve de la présence de l'amour : la profondeur... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  03 avril 2017
Loin des conceptions à la con, on nous apprend ici à considérer l'amour non comme un sentiment divin, comme une bénédiction tombée du ciel pour récompenser de longues heures passées devant le miroir à se désenlaidir ou à réciter par coeur trois ou quatre tirades pour emballer, mais comme un art, une discipline qui nécessite maturité, patience et connaissance de soi. L'amour serait un acte de foi rationnel. Rien qui ne sied bien à un monde usurier gangrené par la passivité (malgré nos airs à combattre des moulins à vent) et la routine exilante.

Eric Fromm nous invite à sortir de nos projections, à nous dégager de nos fixations infantiles et à changer notre posture de passivité capricieuse pour une posture de plus grande activité afin de faire de l'amour un périple, dernière phase de transfiguration de l'homme vers la plus haute maturité terrestre.

Comme disait Bukowski : « L'amour ne convient qu'aux gens capables de supporter cette surcharge psychique. C'est comme d'essayer de traverser un torrent de pisse en portant un sac plein d'ordures sur le dos. » Et c'est ce que nous démontre Erich Fromm, même s'il ne parle pas d'urine.
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Tatooa
  13 janvier 2015
Bien que je ne partage pas tout, j'ai trouvé cette essai fort intéressant.
Fromm nous parle de l'amour dans tout et partout (surtout de son absence, de fait), dans la société, dans la religion, ce que nous en avons fait.
Il est clair que sur le fond, je suis plutôt d'accord avec lui, on vit dans une société qui tente de faire de nous des automates, moi je dis des esclaves, ce qui revient au même...
Après, je trouve qu'il est trop exigeant. Je m'explique. Justement, dans une société qui a plus ou moins éradiqué l'amour de sa base, de ses fondations, il est déjà ultra-difficile de le trouver.
Qualifier l'amour de couple d'égotisme à deux, c'est aller un peu loin dans la critique. Quand un couple tient sur la durée dans notre culture de "kleenex", c'est déjà énorme. Critiquer ça dans un livre sur l'amour, c'est quand même un brin se foutre de la gueule du monde et ne faire que rabâcher. de nos jours, un couple qui tient sur la durée est plus ou moins obligé d'évoluer, on ne tient pas sur la durée sans cela. Bon après le livre date un peu, déjà, et c'est vrai qu'il y a 50 ans, nos grands-parents se sclérosaient à deux...
Mais il aurait pu, au lieu de s'inspirer du déjà-dit, déjà-lu, déjà-vu dans les philosophies bouddhiste et zen, proposer quelque chose de plus à la portée du "péquin de base" dont j'estime faire partie, et quelque chose de plus applicable dans le quotidien... La "Foi" c'est bien joli, mais ça n'a rien d'évident.
Dans ce livre, si l'étude est intéressante, les "solutions" sont totalement illusoires, faut pas rêver, je ne suis pas une "sage", personne ou pas grand monde ayant grandi ici ne l'est, et c'est pas en nous disant qu'il faudrait "le devenir" qu'on va faire avancer le schmilblick. Cela reste bien trop théorique, comme toujours. Essayez un peu de n'avoir "que des conversations authentiques" avec les gens autour de vous, qu'on rigole. Je le sais, vu que j'ai un peu de mal avec la superficialité et que je n'apprécie guère les relations que je qualifie de "mensongères" et volontairement "aveuglées sur elle-mêmes", même avec des très proches, du coup je suis plus ou moins paria dans ma propre famille... On ne change pas les gens ni le monde avec des théories...
Bref, c'est un peu décevant pour moi, mais j'en ai peut-être déjà trop lu sur le sujet.
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Bruno_Cm
  11 août 2013
"L'art d'aimer". Un titre pareil, il faut oser ! Se montrer à la hauteur.
Fromm s'en tire très honorablement. Il expose très clairement sa vision de ce qu'est l'amour. Il dépasse les idées freudiennes, les critique ; opte pour une vision eckhartienne, spinoziste de "dieu" ; prône une foi non-irrationnelle qui doit pousser à une "objectivité" et en un amour qui ne se confond pas à un égoïsme, un égotisme, ou un égoïsme-à-deux, sclérosants.
Il réemploie et réattribue dans leur sens les mots bibliques fortement dévoyés : "aime ton prochain comme toi-même."
Fromm refuse le nihilisme, le cynisme, critique également la société capitaliste et son incompatibilité avec l'amour tel qu'il le conçoit. Mais il ne s'arrête pas à un triste constat (qu'il fait déjà il y a plus de 50 ans), il fait de vraies propositions pour développer ses conceptions dans la vie réelle. Il y a de l'espoir dans ses propos.
Bien construit, solide sans être lourd, fin sans être amphigourique, un peu d'espoir car l'amour est (dans l')éveil, (l')activité, (le) travail, partout et potentiellement pour tous ceux qui osent la peine.
(Tiens, une fin de critique paradoxale.)
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Mimimelie
  16 mai 2013
Il est saisissant de se souvenir que "The art of loving" date de 1956 !
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Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   16 mai 2013
Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l'égalité s'est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d'automates ; d'hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd'hui, égalité signifie "similitude" plutôt que "singularité". C'est une similitude d'abstractions, d'hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s'adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
... ...
La proposition de la philosophie des lumières, "l'âme n'a pas de sexe", est devenue d'une pratique générale. La polarité des sexes est en voie de disparaître, et avec elle l'amour érotique, qui se fonde sur cette polarité. Les hommes et les femmes deviennent les mêmes, non des égaux en tant que pôles opposés. La société contemporaine prêche cet idéal d'égalité non individualisée parce qu'elle a besoin d'atomes humains, tous semblables, pour les faire fonctionner dans un vaste agrégat, doucement, sans frictions ; tous obéissants aux mêmes ordres, mais chacun étant néanmoins convaincu qu'il suit ses propres désirs. Tout comme la production moderne en grande série requiert la standardisation des produits, ainsi le processus social requiert la standardisation de l'homme, et cette standardisation, on l'appelle "égalité".
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colimassoncolimasson   23 mai 2017
L'amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ce que nous aimons. Là où manque ce souci actif, il n'y a pas d'amour. Cette dimension de l'amour a été admirablement décrite dans le livre de Jonas. Dieu dit à Jonas de se rendre à Ninive et d'avertir ses habitants qu'ils seront châtiés s'ils ne renoncent pas à leur conduite perverse. Mais Jonas, craignant que le peuple de Ninive ne se repente et que Dieu ne lui pardonne, se dérobe à sa mission. C'est un homme qui possède au plus haut point le sens de l'ordre et de la loi, mais sans amour. Cependant, dans sa tentative de fuite, il se retrouve dans le ventre d'une baleine, symbole de l'état d'isolement et d'emprisonnement auquel l'a conduit son manque d'amour et de solidarité. Dieu le sauve, et Jonas se rend à Ninive. Il prêche aux habitants comme Dieu le lui avait prescrit, et voilà qu'arrive cela même qu'il craignait. Les hommes de Ninive se repentent de leurs péchés, rectifient leur conduite, et Dieu leur pardonne et décide de ne pas détruire la ville. Jonas en conçoit un profond dépit et une vive irritation, il voulait que « justice » fût faite, non miséricorde. Finalement, il puise quelque réconfort à l'ombre d'un arbre que Dieu avait fait croître pour lui afin de le protéger du soleil. Mais quand Dieu fait en sorte que l'arbre se dessèche, Jonas déprimé se plaint avec colère. Dieu lui répond : « Tu te prends de pitié au sujet d'un ricin pour lequel tu n'as pas travaillé, que tu n'as pas fait croître, qu'une nuit a vu naître et qu'une nuit a vu périr. Et moi, je, n'épargnerais pas Ninive, cette ville florissante, dans laquelle il y a plus de cent vingt mille personnes qui ne savent distinguer leur main droite de leur main gauche, et aussi beaucoup de bétail ? ». La réponse de Dieu à Jonas est à comprendre symboliquement. Dieu explique à Jonas que l'essence de l'amour est de « se donner de la peine » pour quelque chose et de « faire croître » quelque chose, que l'amour et le travail sont inséparables. On aime ce pour quoi l'on peine et l'on peine pour ce qu'on aime.
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colimassoncolimasson   03 mai 2017
Par « activité », selon l'acception moderne de ce mot, on entend d'habitude une action qui, par une dépense d'énergie, opère un changement dans une situation existante. Ainsi considère-t-on un homme comme actif s'il fait des affaires, étudie la médecine, travaille à la chaîne, construit une table, ou se livre aux sports. Toutes ces activités ont ceci en commun qu'elles visent un but extérieur à atteindre. Ce dont il n'est pas tenu compte, c'est de la motivation de l'activité. Considérons, par exemple, un homme poussé à un travail incessant par un sentiment d'insécurité et de solitude profondes -, ou un autre poussé par l'ambition ou la soif de l'argent. Dans tous ces cas, l'individu est esclave d'une passion, et son activité est en fait une « passivité » parce qu'il est poussé ; il est victime, non « acteur ». D'autre part, un homme qui se tient tranquille et qui contemple, sans autre intention ou objectif que de faire l'expérience de lui-même et de son unicité avec le monde, on le considère comme « passif » parce qu'il n'est pas « en train de faire » quelque chose. En réalité, cette attitude de méditation concentrée représente la plus haute activité qui soit, une activité de l'âme, qui n'est rendue possible que par la liberté intérieure et l'autonomie. Ainsi donc, au sens moderne, le concept d'activité se réfère à une dépense d'énergie en vue de la réalisation d'objectifs externes, tandis qu'en un autre sens, il se réfère à la mise en œuvre de pouvoirs inhérents à l'homme, sans se soucier qu'ait lieu un changement extérieur. Ce second sens du concept d'activité, Spinoza l'a formulé très clairement. Il distingue parmi les affects ceux qui sont actifs et passifs, les « actions » et les « passions ». Dans l'exercice d'un affect actif, l'homme est libre, il est maître de son affect ; dans l'exercice d'un affect passif, l'homme est poussé, objet d'une motivation dont il n'est pas lui-même conscient. Ainsi Spinoza en vient-il à affirmer que la vertu et le pouvoir sont une seule et même chose. L'envie, la jalousie, l'ambition, toute espèce de cupidité, sont des passions ; l'amour est une action, la pratique d'un pouvoir humain qui ne peut s'exercer que dans la liberté et jamais sous l'effet d'une contrainte.
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Bruno_CmBruno_Cm   06 août 2013
Avant-propos
On s'exposerait à la déception en n'attendant de ce livre que de faciles recettes sur l'art d'aimer. Ce que nous voulons montrer en effet, c'est que l'amour n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui : il dépend de notre niveau de maturité. Que le lecteur soit bien persuadé que tous ses efforts en ce domaine sont voués à l'échec s'il ne s'essaie pas assidûment à épanouir sa personnalité en vue d'une orientation productive ; que l'amour individuel ne peut être une source de satisfactions si l'on n'est pas capable d'aimer ses semblables, si l'on manque d'humilité, de courage, de foi, de discipline vraie. Dans une culture où ces qualités sont rares, un amour accompli doit être exceptionnel : demandons-nous seulement combien nous avons connu de personnes réellement aimantes.
Que la tâche soit ardue n'est pas une raison pour s'abstenir d'en explorer les difficultés et les conditions de réalisation. Pour ne pas compliquer inutilement les choses, nous nous sommes efforcés de traiter le problème dans une langue aussi peu technique que possible et nous nous en sommes tenu à un minimum de références à la littérature sur l'amour.
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PiertyMPiertyM   22 août 2015
Si j'aime véritablement une personne, j'aime toutes les autres, j'aime le monde, j'aime la vie. Si je puis dire à quelqu'un : "je t'aime", je dois être capable de dire : "en toi j'aime chacun, à travers toi j'aime le monde, en toi je m'aime également
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Video de Erich Fromm (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erich Fromm
Fabrice Midal, directeur de la collection L'Esprit d'ouverture des éditions Belfond, présente le livre "L'Art d'aimer" d'Erich Fromm. Pour Erich Fromm, éminent psychanalyste, l?amour est un art qui s?apprend et se cultive. Accessible, lumineux, profondément humaniste, "L?Art d?aimer" est un ouvrage majeur, un classique indispensable, plus que jamais en résonance avec notre époque.
Lire un extrait de "L'Art d'aimer" : http://bit.ly/1GJN04S http://www.espritdouverture.fr
>Perception sensorielle, mouvements, émotions>Emotions et sentiments>Amitié, amour, affection (38)
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