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Jean-Louis Laroche (Traducteur)Françoise Tcheng (Traducteur)
EAN : 9782220037233
153 pages
Desclée de Brouwer (01/08/1986)
4.04/5   113 notes
Résumé :
"L'amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Qu'il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c'est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu'elles ne font qu'un l'une avec l'autre en ne faisant qu'un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité. Il n'y a qu'une seule preuve de la présence de l'amour : la profondeur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Erich Fromm est un psychologue humaniste ou positiviste, je ne sais plus, mais vous voyez le genre. En d'autres termes, il pense que la séparation de l'homme d'avec lui-même et d'avec les autres est la conséquence d'un péché qui s'appelle névrose, tout contingent donc, et que ce péché peut être surmonté avec un peu de bonne volonté tirée d'un manuel et de quelques paroles encourageantes. Ce type d'approche, toute humaniste qu'elle soit, conduit en réalité à se forger une humeur sombre et morose : toute la meilleure volonté du monde ne suffit pas en effet à atteindre l'idéal qu'elle décrit. Nous nous sentons abattu, et nos meilleures convictions ont chu, nous emportant dans leur sillon.

Erich Fromm avance quelques thèses sur l'amour qui ne sont pas inintéressantes. L'amour commence selon lui lorsque nous sommes capables d'aimer plutôt que d'être aimé. Il nous enjoint à ne pas croire que le déficit d'amour concerne l'objet mais il nous encourage plutôt à nous interroger sur notre capacité à aimer. Enfin, il estime que l'amour ne devrait pas être un besoin mais ce qui vient de surcroît, confirmant ainsi le fameux dicton : charité bien ordonnée commence par soi-même.

Pour aussi juteuses que soient ces injonctions, pleines d'un bon sens que personne ne saurait critiquer, il les fonde sur des arguments qui sont plus moraux que logiques. Nous ne sommes donc pas surpris de le voir s'égarer dans des considérations portant sur la difficulté de concilier amour et capitalisme, vantant au passage un matriarcat fantasmé, ou de faire l'éloge de l'amour porté à l'univers entier alors qu'il s'agit pourtant de la forme d'amour la plus illusoire et imaginaire qui soit, c'est-à-dire la moins réelle.

Joli petit ouvrage romantique qui nous parle de ce qui devrait être plutôt que de ce qui est, cet essai constitue un bon remontant pour toutes les périodes que nous traversons d'un coeur sombre, au risque de nous conduire à sombrer plus encore tant son propos échoppe contre le réel de ce qui peut parfois déterminer l'amour.
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Bien que je ne partage pas tout, j'ai trouvé cette essai fort intéressant.
Fromm nous parle de l'amour dans tout et partout (surtout de son absence, de fait), dans la société, dans la religion, ce que nous en avons fait.
Il est clair que sur le fond, je suis plutôt d'accord avec lui, on vit dans une société qui tente de faire de nous des automates, moi je dis des esclaves, ce qui revient au même...
Après, je trouve qu'il est trop exigeant. Je m'explique. Justement, dans une société qui a plus ou moins éradiqué l'amour de sa base, de ses fondations, il est déjà ultra-difficile de le trouver.
Qualifier l'amour de couple d'égotisme à deux, c'est aller un peu loin dans la critique. Quand un couple tient sur la durée dans notre culture de "kleenex", c'est déjà énorme. Critiquer ça dans un livre sur l'amour, c'est quand même un brin se foutre de la gueule du monde et ne faire que rabâcher. de nos jours, un couple qui tient sur la durée est plus ou moins obligé d'évoluer, on ne tient pas sur la durée sans cela. Bon après le livre date un peu, déjà, et c'est vrai qu'il y a 50 ans, nos grands-parents se sclérosaient à deux...
Mais il aurait pu, au lieu de s'inspirer du déjà-dit, déjà-lu, déjà-vu dans les philosophies bouddhiste et zen, proposer quelque chose de plus à la portée du "péquin de base" dont j'estime faire partie, et quelque chose de plus applicable dans le quotidien... La "Foi" c'est bien joli, mais ça n'a rien d'évident.
Dans ce livre, si l'étude est intéressante, les "solutions" sont totalement illusoires, faut pas rêver, je ne suis pas une "sage", personne ou pas grand monde ayant grandi ici ne l'est, et c'est pas en nous disant qu'il faudrait "le devenir" qu'on va faire avancer le schmilblick. Cela reste bien trop théorique, comme toujours. Essayez un peu de n'avoir "que des conversations authentiques" avec les gens autour de vous, qu'on rigole. Je le sais, vu que j'ai un peu de mal avec la superficialité et que je n'apprécie guère les relations que je qualifie de "mensongères" et volontairement "aveuglées sur elle-mêmes", même avec des très proches, du coup je suis plus ou moins paria dans ma propre famille... On ne change pas les gens ni le monde avec des théories...
Bref, c'est un peu décevant pour moi, mais j'en ai peut-être déjà trop lu sur le sujet.
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"L'art d'aimer". Un titre pareil, il faut oser ! Se montrer à la hauteur.

Fromm s'en tire très honorablement. Il expose très clairement sa vision de ce qu'est l'amour. Il dépasse les idées freudiennes, les critique ; opte pour une vision eckhartienne, spinoziste de "dieu" ; prône une foi non-irrationnelle qui doit pousser à une "objectivité" et en un amour qui ne se confond pas à un égoïsme, un égotisme, ou un égoïsme-à-deux, sclérosants.
Il réemploie et réattribue dans leur sens les mots bibliques fortement dévoyés : "aime ton prochain comme toi-même."
Fromm refuse le nihilisme, le cynisme, critique également la société capitaliste et son incompatibilité avec l'amour tel qu'il le conçoit. Mais il ne s'arrête pas à un triste constat (qu'il fait déjà il y a plus de 50 ans), il fait de vraies propositions pour développer ses conceptions dans la vie réelle. Il y a de l'espoir dans ses propos.

Bien construit, solide sans être lourd, fin sans être amphigourique, un peu d'espoir car l'amour est (dans l')éveil, (l')activité, (le) travail, partout et potentiellement pour tous ceux qui osent la peine.
(Tiens, une fin de critique paradoxale.)
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Un essai sérieux: pas de recettes, une vue large, sans imposer 500 pages.
Seul reproche (mais c'est certainement le prix de la concision) : certaines affirmations sont peu étayées.

La thèse centrale est que le bonheur se construit, de même qu'une oeuvre artistique n'est pas le résultat d'une illumination soudaine, le fruit du hasard, mais le résultat d'un véritable travail nécessitant implication, persévérance, à l'opposé de l'expression “tomber amoureux(se)”.
Incidemment, cela permet à Erich Fromm de ramener le coup de foudre à … quasiment un épiphénomène fugace et qui ne saurait en rien être l'amour…

J'ai eu un peu peur au début du livre, quand l'auteur prend une définition de l'amour très large, de part le risque peut être d'éparpiller le raisonnement.
Mais en fait malgré cette définition large, et au delà du message principal, cela permet à l'auteur de proposer des points de vue qui méritent de s'y attarder.

Notamment, une thèse centrale est le besoin de chaque être humain de découvrir l'autre ou les autres toujours plus en détail afin d'échapper à une solitude insupportable: “si notre expérience de l'autre personne atteignait plus de profondeur, si nous étions capables de nous ouvrir à son infinité, elle ne nous serait jamais aussi familière- et le miracle consistant à surmonter les barrières pourrait chaque jour se renouveler”.
Ce postulat et ses conséquences peuvent d'ailleurs amener logiquement que l'amour n'est en fait en rien spécifique, presque de le banaliser: finalement il n'est qu'un des moyens , aux côtés de la création artistique, de la recherche des relations que crée le conformisme, des états “orgiastiques”, à échapper à la solitude (Erich Fromm ne mentionne pas les aspects reconnaissance, étonnamment).
Incidemment le raisonnement amène à une séparation très de l'amour nette du désir sexuel (Freud est égratigné à plusieurs reprises!), séparation qu'il tente in extremis de relativiser tant elle paraît trop radicale à l'auteur lui même.

Certains passages m'ont paru moins convaincants comme l'amour de Dieu et la foi, ou comme l' incompatibilité entre système économique et amour. Mais ils ne doivent en aucun cas dissuader un(e) babelionaute intéressé par la thématique de lire cet ouvrage.
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L'amour, ah, l'amour!
Que de pages noircies en son nom.
Que de romans, des bibliothèques entières.
Que de pièces, tragédies Shakespeariennes.
Que de chansons, bluettes d'un été aussitôt oubliées et cependant qu'on garde en mémoire.
Que de bonheur, que de souffrance !
Fromm détaille, entreprend de décrire et de qualifier ce sentiment fort et puissant, si répandu et pourtant si rare.
C'est quasiment un mémoire qui tourne autour des différents aspects de l'amour (maternel, paternel, fraternel, érotique) jusqu'au dernier chapitre qui, s'il ne le propose pas ouvertement, donne quelques pistes pour tenter d'exceller dans cet art.
Car, pour Fromm, l'amour ne doit pas être pris à la légère. C'est un art, tout comme l'exercice de la menuiserie, de la peinture, du piano.
Au-delà des simples sentiments, c'est carrément un précis de philosophie que l'on tient entre les mains, spécialement en ce qui concerne le dernier chapitre, censé nous mettre sur la bonne voie de l'amour. En fait, on ne peut que souscrire à ces préceptes pour la vie de tous les jours : ils s'appliquent à la vie en général, pas exclusivement au rapport amoureux. Des règles de vivre ensemble plus que des modèles amoureux.
Ce précis date de 1956 et on ne peut que regretter que la société, la notre, a fait depuis exactement le chemin inverse de celui préconisé.
Sans prétendre être un donneur de leçon, Fromm parait souvent didactique et cela peut irriter.
D'autant que, à peine a-t-on écumé le premier chapitre que voilà l'impensable, imprimé noir sur blanc, irrévocable et qui m'a fait lire tout le reste d'un autre oeil, plus sévère.
Pour l'auteur, l'homosexualité est une déviance. Voilà une idée nauséabonde, d'un autre âge, indigne d'un cerveau en bon fonctionnement, distillée dans une simple phrase qui ne se démarque même pas de toutes les autres et qui envoie au pilori un auteur par ailleurs tout à fait respectable.
Petite anecdote : je ne sais pas si c'est le fait de la traduction ou un tic de langage, mais Fromm utilise le mot Prémisses à trois reprises sur la même page en début d'ouvrage (ce qui est plus logique que d'en abreuver le lecteur en conclusion, je l'admets) mais on le retrouve maintes fois au fil de la lecture. Un clin d'oeil ? Un pari ?
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Citations et extraits (168) Voir plus Ajouter une citation
La foi dans la possibilité de l'amour comme phénomène social,et non comme phénomène individuel d'exception est une foi rationnelle qui se fonde sur l'intuition de la véritable nature de l'homme.
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Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l'égalité s'est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d'automates ; d'hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd'hui, égalité signifie "similitude" plutôt que "singularité". C'est une similitude d'abstractions, d'hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s'adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
... ...
La proposition de la philosophie des lumières, "l'âme n'a pas de sexe", est devenue d'une pratique générale. La polarité des sexes est en voie de disparaître, et avec elle l'amour érotique, qui se fonde sur cette polarité. Les hommes et les femmes deviennent les mêmes, non des égaux en tant que pôles opposés. La société contemporaine prêche cet idéal d'égalité non individualisée parce qu'elle a besoin d'atomes humains, tous semblables, pour les faire fonctionner dans un vaste agrégat, doucement, sans frictions ; tous obéissants aux mêmes ordres, mais chacun étant néanmoins convaincu qu'il suit ses propres désirs. Tout comme la production moderne en grande série requiert la standardisation des produits, ainsi le processus social requiert la standardisation de l'homme, et cette standardisation, on l'appelle "égalité".
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Le capitalisme moderne a besoin d'hommes qui coopèrent uniment et en grand nombre, qui veulent consommer toujours davantage, et dont les goûts sont standardisés, facilement modelables et prévisibles. D'hommes qui, tout en ayant le sentiment de rester libres et autonomes, de n'être soumis à aucune autorité, règle ou contrainte intérieure, acceptent cependant d'être commandés, d'exécuter ce que l'on attend d'eux, de s'insérer sans frictions dans la machine sociale. D'hommes que l'on peut diriger sans violence, conduire sans chefs, mouvoir sans but, sinon celui de tenir sa place, d'être en mouvement, de fonctionner, de continuer d'avancer.

L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine.

Pour aider les gens à rester consciemment inconscients de cette solitude, notre civilisation offre de nombreux palliatifs : en premier lieu, la routine stricte du travail mécanique, bureaucratisé, qui noie dans l’inconscience les désirs humains les plus fondamentaux, le désir nostalgique de transcendance et d’unité. Dans la mesure où la routine du travail n’y réussit pas à elle seule, l’homme surmonte son désespoir inconscient par la routine de l’amusement, par la consommation passive des sons et des spectacles qu’offre l’industrie des loisirs ; à quoi s’ajoute la satisfaction d’acheter des choses toujours nouvelles et de bientôt les échanger pour d’autres. L’homme moderne n’est pas loin de ressembler au portrait que Huxley a tracé dans son Brave New World : bien nourri, bien vêtu, sexuellement satisfait, mais dépourvu de soi, sans autre contact avec autrui que superficiel. (pp. 105-106)
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L'amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ce que nous aimons. Là où manque ce souci actif, il n'y a pas d'amour. Cette dimension de l'amour a été admirablement décrite dans le livre de Jonas. Dieu dit à Jonas de se rendre à Ninive et d'avertir ses habitants qu'ils seront châtiés s'ils ne renoncent pas à leur conduite perverse. Mais Jonas, craignant que le peuple de Ninive ne se repente et que Dieu ne lui pardonne, se dérobe à sa mission. C'est un homme qui possède au plus haut point le sens de l'ordre et de la loi, mais sans amour. Cependant, dans sa tentative de fuite, il se retrouve dans le ventre d'une baleine, symbole de l'état d'isolement et d'emprisonnement auquel l'a conduit son manque d'amour et de solidarité. Dieu le sauve, et Jonas se rend à Ninive. Il prêche aux habitants comme Dieu le lui avait prescrit, et voilà qu'arrive cela même qu'il craignait. Les hommes de Ninive se repentent de leurs péchés, rectifient leur conduite, et Dieu leur pardonne et décide de ne pas détruire la ville. Jonas en conçoit un profond dépit et une vive irritation, il voulait que « justice » fût faite, non miséricorde. Finalement, il puise quelque réconfort à l'ombre d'un arbre que Dieu avait fait croître pour lui afin de le protéger du soleil. Mais quand Dieu fait en sorte que l'arbre se dessèche, Jonas déprimé se plaint avec colère. Dieu lui répond : « Tu te prends de pitié au sujet d'un ricin pour lequel tu n'as pas travaillé, que tu n'as pas fait croître, qu'une nuit a vu naître et qu'une nuit a vu périr. Et moi, je, n'épargnerais pas Ninive, cette ville florissante, dans laquelle il y a plus de cent vingt mille personnes qui ne savent distinguer leur main droite de leur main gauche, et aussi beaucoup de bétail ? ». La réponse de Dieu à Jonas est à comprendre symboliquement. Dieu explique à Jonas que l'essence de l'amour est de « se donner de la peine » pour quelque chose et de « faire croître » quelque chose, que l'amour et le travail sont inséparables. On aime ce pour quoi l'on peine et l'on peine pour ce qu'on aime.
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Par « activité », selon l'acception moderne de ce mot, on entend d'habitude une action qui, par une dépense d'énergie, opère un changement dans une situation existante. Ainsi considère-t-on un homme comme actif s'il fait des affaires, étudie la médecine, travaille à la chaîne, construit une table, ou se livre aux sports. Toutes ces activités ont ceci en commun qu'elles visent un but extérieur à atteindre. Ce dont il n'est pas tenu compte, c'est de la motivation de l'activité. Considérons, par exemple, un homme poussé à un travail incessant par un sentiment d'insécurité et de solitude profondes -, ou un autre poussé par l'ambition ou la soif de l'argent. Dans tous ces cas, l'individu est esclave d'une passion, et son activité est en fait une « passivité » parce qu'il est poussé ; il est victime, non « acteur ». D'autre part, un homme qui se tient tranquille et qui contemple, sans autre intention ou objectif que de faire l'expérience de lui-même et de son unicité avec le monde, on le considère comme « passif » parce qu'il n'est pas « en train de faire » quelque chose. En réalité, cette attitude de méditation concentrée représente la plus haute activité qui soit, une activité de l'âme, qui n'est rendue possible que par la liberté intérieure et l'autonomie. Ainsi donc, au sens moderne, le concept d'activité se réfère à une dépense d'énergie en vue de la réalisation d'objectifs externes, tandis qu'en un autre sens, il se réfère à la mise en œuvre de pouvoirs inhérents à l'homme, sans se soucier qu'ait lieu un changement extérieur. Ce second sens du concept d'activité, Spinoza l'a formulé très clairement. Il distingue parmi les affects ceux qui sont actifs et passifs, les « actions » et les « passions ». Dans l'exercice d'un affect actif, l'homme est libre, il est maître de son affect ; dans l'exercice d'un affect passif, l'homme est poussé, objet d'une motivation dont il n'est pas lui-même conscient. Ainsi Spinoza en vient-il à affirmer que la vertu et le pouvoir sont une seule et même chose. L'envie, la jalousie, l'ambition, toute espèce de cupidité, sont des passions ; l'amour est une action, la pratique d'un pouvoir humain qui ne peut s'exercer que dans la liberté et jamais sous l'effet d'une contrainte.
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Video de Erich Fromm (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erich Fromm
Fabrice Midal, directeur de la collection L'Esprit d'ouverture des éditions Belfond, présente le livre "L'Art d'aimer" d'Erich Fromm. Pour Erich Fromm, éminent psychanalyste, l?amour est un art qui s?apprend et se cultive. Accessible, lumineux, profondément humaniste, "L?Art d?aimer" est un ouvrage majeur, un classique indispensable, plus que jamais en résonance avec notre époque.
Lire un extrait de "L'Art d'aimer" : http://bit.ly/1GJN04S http://www.espritdouverture.fr
>Perception sensorielle, mouvements, émotions>Emotions et sentiments>Amitié, amour, affection (38)
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