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Ève-Marie Fell (Traducteur)Claude Fell (Traducteur)
ISBN : 2070730638
Éditeur : Gallimard (24/03/1994)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Avec La campagne d'Amérique, Carlos Fuentes revient à un récit linéaire, dans la tradition du roman historique ou d'aventures à la Walter Scott, retour assorti d'un clin d'œil en direction de l'ombre tutélaire qui plane sur l'oeuvre de l'écrivain mexicain : Cervantes. Il y a en effet du don Quichotte chez ces trois jeunes Argentins qui, en mai 1810, s'associent à la lutte de leur pays pour la conquête de l'indépendance. Pour l'un d'entre eux, ce combat coïncide avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Erveine
  27 septembre 2014
Beaucoup de plaisir pour cette immersion dans La campagne d'Amérique et la découverte de l'auteur, Carlos Fuentes.
En compagnie de Baltasar Bustos, le principal protagoniste et de ses amis Xavier Dorrego et Manuel Varela, Manuel Varela le narrateur, nous entrons dans une fresque historique et romanesque.
L'histoire se déroule en 1810 dans le fracas de la lutte pour l'indépendance où l'Argentine oeuvre pour sa libération du joug espagnol sous influence de guerres napoléoniennes et autres tentatives de récupérations, outre Manche.
Le déroulement de la conquête y est bien représentatif, d'ailleurs, nous avons de nombreux clins d'oeil et autres corrélations avec de véritables personnages historiques, cependant que, notre élan nous porte davantage vers l'accompagnement romanesque du récit et ce pour plusieurs raisons.
Tandis que Baltasar Bustos est rousseauiste, Xavier Dorrego voltairien et notre conteur Manuel Varela, un fervent admirateur de Diderot, nous pouvons désormais les suivre, la trame du récit étant ainsi posée, dans leurs aspirations qui n'empêchent nullement l'amitié de converger entre les trois. Chacun suivant indépendamment sa route et se retrouvant pour quelques instants dans une correspondance suivie, ou relatant, pour ce qui nous préoccupe et en particulier, l'épopée de Baltasar.
Fils de José Antonio Bustos père et bien qu'attaché à l'illustre paternel vieillissant, autant qu'au signifiant de l'homme pour sa terre, il choisira la lutte pour l'indépendance, et donc la fuite, au contrario de son amour qui l'eût porté encore à rester, pour réintégrer ses origines, l'estancia, les bêtes et la vie ancestrale de la pampa.
On a l'impression que les mots se liquéfient et fondent en des nuances colorées, s'édifiant en une composition picturale où la réalité nous parvient, mais surtout celle de l'intérieur, comme dans cette image, volontairement isolée, pour l'exemple, où Baltasar tue pour la première fois. Il sent ce corps contre lui, tandis qu'une chaleur pareille à la sienne l'envahit, qui insuffle la vie et rappelle des images saugrenues, en apparence, l'eau qui boue... les pommes de terre qui sont longues à cuire... des images qui s'imposent très justement de façon simultanée, soit de la vie qui s'échappe dans ce rappel au quotidien, soit de l'extinction de la vie. Il se veut tueur de l'indien et non du combattant, car il veut se pénétrer de l'acte et de sa portée, sur lui, en tant qu'homme qui tue l'homme ; et puis, cet instant sublime où il regarde l'indien sans parvenir à le voir autrement qu'en un second lui-même, qu'il dépouillera ensuite, un instant nu en son néant, pour lui revêtir ses propres frusques : « grotesquement trop larges... »
Et par ailleurs, l'image des ces prêtres dont l'engagement dépasse celui de l'enracinement au seul ciel, pour l'amour et la liberté des hommes. Et ce regard un peu mixte ou presque équivalent sur la beauté des hommes et donc des femmes.
Ainsi et à plusieurs reprises, c'est dans une joie extrême que nous pouvons lire à travers l'impulsion artistique et le tracé au pinceau de Carlos Fuentes, l'expression d'un humanisme transposé dans une action guerrière où les hommes se perdent et se trouvent en même temps.
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
ErveineErveine   25 septembre 2014
« Je l’ai étreint de toutes mes forces, presque comme si en le tuant je l’aimais et qu’il fût, d’un seul coup, la consommation des deux actes que je m’étais refusé à accomplir dans cette guerrilla. Tuer et forniquer. Je regardai les yeux jaunes, vitreux de l’Indien qui combattait avec les Espagnols et je refusai de me laisser aveugler par la partialité. Je ne le tuais pas parce qu’il était royaliste, mais parce qu’il était indien, faible, pauvre, différent... Je lui ôtais à jamais son destin sans même savoir si je pouvais vraiment (à jamais) l’intégrer au mien...
« Agrippé à lui, je plantai mon poignard au plus profond de son ventre brun, de ses entrailles chaudes comme les miennes, mais nourries d’une autre cuisine ; ici l’eau tarde à bouillir _ pensais-je de façon absurde au moment de le tuer, accroché à son cou, en lui enfonçant mon couteau dans le ventre ; les pommes de terre mettent des heures à cuire...
« Je tuai pour la première fois. Tout se produisit en un instant. Et je fus stupéfait d’être toujours vivant... (p.141)
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ErveineErveine   25 septembre 2014
Quand il retrouva ses esprits, il faisait nuit et les bruits s'étaient tus. La première chose qu'il vit, ce furent les yeux bleus, comme deux traits de lumière, d'un homme barbu qui sirotait son *maté et qui ne cessait de le regarder. Il était hirsute ; sa tignasse noire s'entrouvrait à peine à la hauteur de ses sourcils touffus ; sa barbe et sa moustache montaient jusqu'à ses pommettes et descendaient sur sa poitrine. Sa peau, par contre, était pâle comme la cire. Un teint de saint qui n'a jamais vu la lumière en dehors de l'église, bien que les yeux bleus fussent plus pâles encore que la peau ; pourtant, ils l'illuminaient. Les mains, qui entouraient le pot de maté, étaient la négation même de cette pâleur de cire, non pas par leur couleur, mais par leur rudesse. Et malgré tout il y avait dans ces doigts comme de la pitié, de la gratitude, du sacrifice. (* infusion, p.124)
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Videos de Carlos Fuentes (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Fuentes
Mercredi 20 octobre 2011, Carlos Fuentes reçoit les insignes de Docteur Honoris Causa.
Biographie: Né en 1928 à Panamá où son père était alors Ambassadeur du Mexique, Carlos Fuentes est un des plus grands écrivains du XXe et du XXIe siècle. Sa pensée et son œuvre romanesque ont largement influencé les écrivains et les intellectuels espagnols et latino-américains contemporains. Catégorie Éducation Licence Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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