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EAN : 9782290231074
192 pages
Éditeur : J'ai Lu (17/02/2021)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Comment se « développer » quand on est sans cesse « enveloppé » par des coachs ? Comment le développement serait-il « personnel » quand guides et manuels s'adressent à chacun comme à tout autre ? La philosophe Julia de Funès fustige avec délectation les impostures d'une certaine psychologie positive. « L'authenticité en 5 leçons », « La confiance en soi : mode d emploi », « Les 10 recettes du bonheur »... Les librairies sont envahies d'ouvrages qui n'en finissent pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  30 mai 2020
Julia de Funès étant à la philosophie ce que Michel Cymes est à la médecine, une star omnisciente et charismatique du petit écran, j'étais jusqu'à présent sous le charme de ses fort nombreuses prestations télévisées durant lesquelles elle déboulonne avec aisance les arnaques, promesses, impostures, mensonges perpétrés par les coachs. Car ils sont nombreux les vendeurs de rêve, de pensée positive, de bien-être, de liberté, de sois-toi-même et prends-soin-de-toi aux Narcisse 2.0 des temps modernes, avides de maîtriser les techniques d'apprentissage rapide du bonheurisme, du jeunisme et autres épanouissements personnels, abondamment déclinés dans une offre éditoriale illimitée.

Je viens de terminer la lecture du best-seller le développement (im)personnel qui a produit sur moi l'effet inverse de celui que j'attendais : contrairement à toute attente, Julia de Funès me rend les coachs, sur qui je portais pourtant un regard sévère, très sympathiques. Pourquoi, comme dirait n'importe quel philosophe pour qui le questionnement est un réflexe... Parce que, réponds-je dans un tac-au-tac vertigineux... En premier lieu, j'ai détesté son ton sarcastique et méchant, son ironie à l'égard des coachs, c'est son job, mais également des coachés en qui elle voit des individus à la vie étriquée, sans courage ni volonté, à qui l'on apprend à voir leurs pieds ou à alléger leur maquillage appliqué à la truelle. En ce qui concerne les coachs, elle n'admet pas qu'un diététicien pèse 130 kilos, qu'un lourdé-licencié donne des conseils à d'ex-collègues, que des divorcés soient conseillers conjugaux, des célibataires conseillers matrimoniaux, que des super-nanny n'aient jamais eu d'enfants, ou que des impuissants soient sexologues (je n'invente rien) ! Si l'on approfondit son raisonnement, un cancérologue doit-il avoir eu un ou plusieurs cancers, ou un homme ne peut-il être gynécologue que s'il possède un utérus ? Point d'interrogation.

En second lieu, je trouve Julia de Funès idéologiquement floue, prônant insidieusement un retour à la morale en déclin, à la religion effondrée, au goût de l'effort et du travail, à une saine discipline qui formate l'esprit. Tout n'était-il pas mieux avant, quand il y avait du Dieu et des maîtres qui nous assignaient une place, car cette revendication « ni Dieu ni maître » est subversive, non ? Point d'interrogation. Tout n'était-il pas mieux que cette idéologie de la toute puissance ou chacun peut penser que tout est accessible instantanément sans difficultés ? Point d'interrogation. Julia fustige à juste titre le manque de compétences des coachs et rappelle que « les concours de médecine ou les examens de psychologie demeurent réservés aux plus travailleurs d'entre nous ». Et non pas aux fainéants. Ce qui est dérangeant, n'est-ce pas que chacun, même maladroitement, revendique de se prendre en charge dans une démarche d'indépendance, d'autonomie ? Point d'interrogation.

Gênée par sa philosophie pasteurisée et expurgée, je suis allée jeter un oeil sur son pedigree à Julia. Docteur en philo, diplômée en management des ressources humaines. Autrement dit, le mariage de la carpe et du lapin ? Point d'interrogation. J'ai compris pourquoi, plusieurs fois au cours de cette lecture, j'ai eu l'impression d'assister à une conférence en techniques manageriales donnée (non, vendue) à Canal Plus ou Axa pour asservir leurs cadres, en appliquant le concept de "servitude volontaire". Trop fort ! C'est malin de faire croire que le capitalisme est philosophe, et pourquoi pas humaniste tant qu'on y est. Julia s'est aussi éditorialement unie à Nicolas Bouzou, qui sauf erreur de ma part, n'est pas un économiste particulièrement atterré. Je sais, je chipote, mais tous ces détails me chiffonnent un peu, il faut que je trouve un coach en déchiffonage. D'ailleurs, Julia se garde bien de replacer le coaching et les coachés dans un contexte social ou économique délabré, ou encore de détresse familiale... Elle se garde bien de plaindre toutes les personnes gravement malades, qui, faute de réponse thérapeutique ou tout simplement d'espoir, se tournent parfois en désespoir de cause vers des médecines parallèles comme l'homéopathie qu'elle arrose de son mépris très macronien.

Julia questionne : Est-ce qu'une prise de conscience du négatif amène nécessairement au positif ? Est-ce qu'il suffit de voir le bien pour le faire ou de voir le mal pour l'éviter ? Moi Michelle, philosophe hahnemannienne auto-proclamée depuis ce matin à 5h17, je lui réponds : Suffit-il de dénoncer les méthodes des nouveaux prêtres ou gourous du développement personnel pour que la réponse apportée soit honnête, dépourvue de tout relent libéral ou sournoiserie réactionnaire ?

Au final, une lecture immensément décevante emballée dans un jargon pseudo-philosophique, qui comme tout jargon a la fonction de créer une distance entre celui qui le maîtrise et l'ignorant. Pour conclure, je cite Julia : « Ce langage ressemble à ce qu'Aristote nomme le « verbiage», cherchant à noyer l'interlocuteur dans un flot de paroles pour qu'il n'y décèle pas les contradictions. L'absence de définition et de précision est à son comble dans ce type d'approche. » Elle parle du langage des coachs, n'allez pas confondre avec le sien.

Allez, n'étant pas une spécialiste de la maïeutique, de l'herméneutique ou de la fonction heuristique, je file retrouver mon coach de yoga. Il me fait du bien.
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ODP31
  13 octobre 2019
Ce livre n'est pas un essai. C'est une réussite.
Julia de Funes (petite-fille de Louis), docteure en philosophie, après avoir chassé les têtes, cible les mirages de la vie en entreprise qui se réfléchissent dans le désert de la bien pensance.
Clap final sur les transcendances. Nous sommes devenus nos propres dieux. le bonheur est obligatoire, dans sa vie, comme dans son travail. La mélancolie est devenue une maladie honteuse, la solitude une tare sociale et la tristesse une réfugiée encombrante.
Mais du coup, quand la machine se grippe, quand sa vie ne ressemble pas à celle d'un milliardaire bronzé écologiste sans gluten, à qui la faute ?
Pour "photoshoppé" sa vie, Panoramix a concocté une nouvelle potion magique : le développement personnel. Ces nouveaux évangiles, blobs des librairies, promettent le bonheur éternel, une vie sexuelle de star du porno, transfusent de la confiance en soi façon tsunami en 15 jours, décorent nos apparts comme des Palaces et transforment nos potagers en jardins de Versailles en moins d'une saison. Quelle jouissance dans les diners d'annoncer que j'ai fait pousser des butternuts !
Cette nouvelle religion a ordonné ses apôtres : les coachs, ces labradors autoproclamés, souvent d'anciennes victimes de Burn Out, Bore Out, Brown out qui du coup redeviennent « In » en partageant leur boîte de kleenex. Des quinquas qui accompagnent notre crise existentielle de la quarantaine. C'est la positive attitude. Tout va bien, je vais bien, comme le disait Dany Boon.
Hamlet, tu es ringard. La question n'est plus Être ou ne pas être ? mais bien-être ou mal-être ?
Julia de Funès dresse un portrait sans concession de cette profession.
S'agissant des « Chefs Happiness Officer », clowns de service en charge du bien-être et espèce en voie de développement dans toute société innovante, l'auteure n'hésite pas à parler d'emplois fictifs partant du postulat que le bonheur n'entre pas dans le champs de compétence d'un employeur. Ce qui rend heureux Paul, peut peiner Robert. le bonheur est un sentiment qui relève de l'intime qui fluctue au jour le jour. Il n'a rien à faire dans une salle de réunion.
Les recettes du bonheur réclament du sur mesure. Il n'y a pas de taille standard.
Autre constat. Alors que jamais les entreprises ne se sont autant emparées de la question du bien être au travail, jamais l'absentéisme n'a été aussi élevé. Il ne suffirait donc pas d'un cours de sophrologie entre midi et deux, d'un Chief Happiness Officer, d'un séminaire annuel de cohésion et d'une table de ping-pong à la cantoche pour remonter le moral de nos employés. Quelle découverte !
L'auteure remet donc en cause ces hochets narcissiques et préconisent des remèdes de grand-mère qui ont fait leur preuve. Se responsabiliser, réussir par l'effort, ne pas s'éparpiller, donner du sens au travail, accepter nos limites, notre champ d'incompétence.
Miroir, mon beau miroir, suis-je une personne développée ?
Instagram me répond toujours oui.
Mon coach me répond que la réponse est en moi.
Julia de Funes prend Nietzsche, Ricoeur et Bergson à témoin, et me dit « Si développement personnel il devrait y avoir, ce serait au sens d'aider les êtres à devenir des personnes, c'est-à-dire des singularités libres ».
Je ne suis pas plus avancé, mais j'ai davantage confiance dans une science vieille de 3000 ans que dans une « sagesse de supermarchés ».
Je ne mets pas 5 étoiles car la démonstration est à sens unique, parfois caricaturale et il faut reconnaître que ces « cures » de développement personnel produisent parfois des résultats. Mais est-ce un effet placébo ? En outre, si les charlatans ne manquent pas, certains coachs ou C.H.O sont efficients et d'une grande honnêteté.
A lire aussi de cette auteure « La Comédie (in)humaine » et « Socrate au pays des process ».


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coincescheznous
  13 novembre 2019
Bon, sujet très touchy que celui-ci, quand on sait le nombre de coachs qu'il y a en France et dans mes proches, j'ai peur de commettre une méga boulette ;-)
Soyons sans détour : les méthodes de développement personnel ont le vent en poupe depuis 20 ans avec une envolée ces 6 dernières années. Il suffit d'aller à la FNAC pour voir l'ampleur du rayon développement personnel, qui fait un peu peur et qui, pour aller dans le sens de l'auteure, reprend les mots clés super trendy comme acceptation (très important ce mot chez les coachs), résilience (la vache celui-là aussi), réussite (tendance américaine), alignement (je ne le supporte plus) ou encore l'expression à 1 million de dollars : « être soi-même » ou encore mieux « devenir soi ». Bon, je dois le reconnaître, le coaching et les méthodes de développement perso me sortent par les trous de nez, mais c'est une déformation professionnelle et personnelle (je crois en la philosophie et en la psychanalyse, alors forcément…). Ceci étant, quand je vois le succès de ces méthodes ou des « accompagnements » (c'est comme ça qu'on dit chez les coachs, et oui), j'en conclue que cela aide bien des gens donc je me tais et tant mieux si les gens vont mieux (mais ça veut dire quoi aller mieux, en fait ?).
Néanmoins, quand j'ai su qu'une philosophe – Julia de Funès donc – écrivait son point de vue sur le sujet, je me suis ruée dessus. Je savais que j'allais trouver une critique dans le sens de mes perceptions. Mais en fait, pas complètement. Mais je vais y revenir.
Qui est Julia de Funès, déjà ? Je ne la connais pas mais je sais que c'est une philosophe un peu bankable parce qu'elle a publié plusieurs essais dont un avec un écho plutôt favorable écrit avec l'économiste Nicolas Bouzou. Pour le reste, je ne sais rien. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'une auteure qui ne fait pas dans la dentelle, au style un peu agressif voire un peu injuste, ce qui selon moi a affaibli la portée de ses arguments, pour lesquels j'étais pourtant favorable.
A peu de choses près, la thèse défendue par Julia de Funès est la suivante : « le développement personnel, c'est super naze, et je vais vous le démontrer ». Et je dois reconnaître que les arguments sont pour la plupart plutôt bons, mais forcément j'ai un parti pris.
Que dit-elle en résumé (en très raccourci car cela reste de la philo) ?
1) L'effondrement du religieux et le déclin des valeurs humanistes poussent les hommes à un individualisme sans nom. Ce n'est pas une caractéristique psychologique, c'est devenu véritablement une donnée sociale. Livrés à lui-même, sans Dieu ni maître, avec un rapport au temps complètement différent (il faut tout maintenant, si je ne suis pas heureux je me barre c'est scandaleux !), l'individu n'a plus que cela à faire que de s'individualiser, c'est-à-dire que le seul et unique critère d'une vie réussie devient le « moi ». Et le moi doit être bien à tout moment.
2) le bonheur est devenu une fin en soi. Il faut être heureux à tout bout de champ, ce qui est accentué par une impatience moderne. Pour beaucoup de philosophes, bonheur, malheur, tout ça, c'est le long chemin de la vie. Tout est à prendre et à éprouver. Mais aujourd'hui, non. On peut (on doit ?) changer si ce n'est pas « au top » : de femme, de job, de maison. Comme il n'y a plus trop les valeurs humanistes d'effort et de construction lente, on part se « réinventer » dès que possible, on va « devenir soi » en prenant plusieurs tangentes. Il faut reconnaître que c'est une très grosse tendance de nos sociétés occidentales.
3) le développement personnel rebondit sur ces tendances en vous promettant de vous aider quand cette quête. Mais comme dit l'auteure, à force de proposer des méthodes clés en main (lève-toi à cinq heures du mat, médite tous les jours 10 minutes, fais toutes les semaines quelque chose pour la première fois, pars cinq jours seul, tiens un journal de bord, et blabla, et blabla), on s'éloigne grandement de l'apport hyper individualisé. Même le coach qui vous accompagne est formaté à suivre la grande tendance dominante et va vous parler d'acceptation (accepte ton passé bordel !!), de capacité de résilience (c'est magnifique ce que tu as fait), de rupture (parfois il faut passer du temps seul pour savoir qui on est), le tout bien sûr avec une grande qualité d'écoute. Julia de Funès dit que les coachs sont des quadras voire quinquas qui ont un peu raté leur carrière ou leur vie pro et qui décident, après avoir vu la vierge lors de leur reconstruction, d'aider les autres à vivre la même chose qu'eux (bon ça, c'est souvent un peu vrai). Mais elle devient carrément méchante en continuant de dire que ce sont quand même des flemmards qui auraient pu se taper les 5 ans d'études de psycho plutôt que la formation courte en deux ans maximum payée une fortune (et oui, toujours cette recherche d'immédiateté et de lutte contre le temps). Attention, amis coachs, ce livre va vous faire bondir…
4) Sous des airs de vous écouter et de vous comprendre, et donc de laisser parler vos sentiments, le développement personnel parle à votre raison et contribue à vous endoctriner dans le « toujours heureux, tout le temps et très vite, puisque moi, moi, moi ». Par conséquent, il conditionne votre raison à percevoir votre vie d'une certaine façon, et à agir en cohérence avec cette vision. Finalement, ce ne sont pas forcément vos sentiments qui parlent, mais votre raison qui influe sur votre perception des sentiments. Je caricature mais c'est un peu le coach qui répète : « Mais Jacques, tu vois bien que tu n'es pas heureux comme ça », alors que Jacques n'a rien demandé. Mais dans trois mois, Jacques sera convaincu qu'il est malheureux, alors il prendra une décision. Or, pour la philosophie, raison et sentiment doivent en permanence s'affronter car c'est le propre de la condition humaine. Dire qu'il faut privilégier l'un au détriment de l'autre n'a pas de sens, car l'un ne vit que parce qu'il y a l'autre.
5) On ne peut pas devenir maître de soi, ce que vous promet le développement personnel. Qui est soi d'ailleurs ? et pourquoi soi aurait une cohérence, une linéarité ? croyance absurde.
6) La philosophie est bien plus intéressante, elle pose des bonnes questions en sachant qu'il n'y a pas de réponse. A chacun d'éprouver par tâtonnement sa vision des choses au moment même où il y est confronté. le développement personnel apporte des réponses, des méthodes, des outils, à des questions mal posées, mal formulées, trop anticipées. Il prive l'individu d'une liberté d'interprétation du monde au profit d'un conformisme individualiste dominant. Bref, il est naze.
Voilà, en très schématisé je vous l'accorde, les propos de l'ouvrage.
Sur le fond, je l'ai dit, je suis un peu d'accord. Et il est très dur d'aller contre l'individualisme dominant et de se recentrer sur son chemin à écrire. Je reconnais une forme de lassitude quand quelqu'un me dit qu'il est coach ou qu'il lit tel bouquin de développement perso, mais je ne suis pas nécessairement objective après 15 ans de psychanalyse et une centaine d'essais de philosophie lus.
Sur la forme, je trouve ça trop violent. Avoir des convictions, c'est ok. Mais démonter des individus pour asseoir ses propos ne me semble ni nécessaire, ni intelligent. Cette agressivité m'a dérangée tout au long de l'ouvrage. Parce que dans le fond, comme le dit cet excellent article de France culture, les ambitions des uns et des autres restent les mêmes : faire en sorte que les individus trouvent un sens, des sens, des références dans leur vie. Inutile donc de partir en guerre.
Bref, je ne dirai pas, comme Julia de Funès, que le développement personnel est une imposture. Mais je dirai qu'il manque de profondeur et rend un peu les individus homogènes, incolores.

Jo la Frite

Lien : http://coincescheznous.unblo..
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Olivius
  22 septembre 2019
Le livre de Julia de Funès est absolument extraordinaire ! Cette réflexion très intelligente et fort bien argumentée qu'elle nous propose ici est stupéfiante ! Elle y "attaque" la "falaise" du développement personnel avec brio, en démontant une à une les composantes de ces méthodes. Pour moi c'est d'une rare lucidité, et d'une justesse impeccable. J'ai beaucoup apprécié son analyse, certes un peu ardue parfois mais l'effort en vaut la peine ! Parce que nous ne pouvons pas faire n'importe quoi avec notre confort psychique, émotionnel, il est nécessaire de savoir à quoi s'en tenir quand on entre dans ces démarches. Pour moi ce livre est salutaire, presque vital ! A vrai dire il y a même longtemps que je n'avais pas eu le plaisir de lire un ouvrage aussi intelligent et lucide sur le marché des méthodes d'aide. Un livre utile à mes yeux, et qui, petit plus non négligeable, nous inflige une petite piqûre de rappel contenant toutes les idées passionnantes des philosophes du passé ! Un vrai livre de réflexion sur la manière dont nous abordons l'aide psychologique.
Il me semble aussi que Julia de Funès y dénonce cette sorte d'abrasion qui s'effectue sur les traits de personnalité via ce "développement personnel". Comme si l'on confondait "trait de personnalité" et "trouble psychique" ! La légitimité de nos émotions et nos expressions intimes ne doit pas être "culpabilisée" par des méthodes censées nous apporter joie et bonheur, et l'autrice nous le dit bien, ne se perd-on pas en conjectures inutiles dès lors que l'on se culpabilise d'être simplement soi-même ?
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sophie7169
  27 juillet 2020
Ayant été récemment (et à plusieurs reprises) déçue par le monde du développement personnel à tendance ésotérique, j'étais plus que bien disposée à l'égard de cet essai qui devait démontrer que ce domaine prend généralement les gens pour des benêts. Malheureusement (ou heureusement, je ne sais pas) j'ai plutôt eu l'impression que c'est l'auteure qui nous prend pour des bécasses (bécassons). En lisant ces arguments, on a vraiment le sentiment que les lecteurs d'ouvrages de développement personnel sont de gros naïfs qui ne réfléchissent pas et cela me semble non seulement réducteur mais un peu injuste.
D'abord, l'auteure fonde toute son argumentation sur trois ou quatre ouvrages (dont un qui est à mon sens effectivement une grosse mascarade, destinée plus à faire de l'argent qu'à vraiment faire réfléchir et avancer le lecteur) mais c'est très réducteur ! Elle avance en se basant sur des postulats qui ne sont pas vrais dans tout le domaine du développement personnel et pour couronner le tout, elle nous noie sous des références philosophiques dans lesquelles on finit par se perdre... Donc d'abord, ce n'est pas parce qu'on a une énorme culture générale (et philosophique) qu'on a raison. Et surtout, le principal argument est de dire qu'elle reproche à ces auteurs de donner des directives précises aux lecteurs alors que c'est précisément ce qu'elle fait elle-même pour nous dire comment ne pas tomber dans le piège du développement personnel ! Bref, un peu léger et décevant (j'avais bien aimé ces précédents ouvrages sur le monde du travail) et un peu « prétentieux ». le sujet mérite d'être creusé mais avec, à mon sens, beaucoup plus de lecture de sa part dans ce domaine et une bonne dose de nuance dans le propos...
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   29 mai 2020
Les réseaux sociaux favorisent un environnement relationnel dense, où les interactions sont nombreuses. Mais ces connections multiples n'encouragent pas tant l’attention à l’Autre que le souci du « moi » par rapport aux autres. Il s’agit moins de reconnaître autrui que de se faire reconnaître par autrui. La relation à l’Autre s’en trouve altérée. « Notre société fait qu’il est de plus en plus difficile pour un individu de connaître une amitié profonde et durable, un grand amour, un mariage harmonieux. » Le relationnel s’estompe au profit d’un narcissisme mondain. Les individus connectés les uns aux autres vivent une forme de « détachement émotionnel » :

Né d’un profond malaise dû à la détérioration des relations personnelles, ce mouvement narcissique conseille aux gens de ne pas trop s’engager en amour et en amitié, d’éviter de devenir trop dépendants des autres et de vivre dans l’instant, alors que ce sont précisément ces comportements qui sont à l’origine du malaise.
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namelessnameless   27 mai 2020
Les psychologies positives n’en finissent pas de vanter avec une sympathie solaire, mêlée d’une sottise satisfaite, l’empire de la sérénité, noyant tous les poissons de la négativité et des passions tristes. Les réseaux sociaux débitent des packs de niaiseries confucéennes en série, dans une phraséologie infantile truffée de clichés démagogiques. Les entreprises se lancent dans des marathonades de bien-être, plus stéréotypées les unes que les autres. Il n’y a plus de « malaise dans la civilisation », l’épanouissement personnel est devenu le nouvel « opium du peuple ». L’homme n’est plus « un loup pour l’homme », mais un chaton.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   30 avril 2020
L’épanouissement personnel suppose le refus d’agir sous l’empire de directives extérieures, ou le concept est alors vidé de tout son sens. La manipulation sournoise consiste à donner l’impression d’être pleinement libéré de toute emprise, tout en invitant le lecteur ou le client à accomplir les tâches préconisées.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   30 avril 2020
Se développer, s’épanouir, accéder à soi-même prend du temps et s’inscrit dans une certaine temporalité. C’est grâce au temps que l’organisme s’organise, c’est grâce au temps qu’une conscience de soi peut se préciser, c’est grâce au temps que le « moi » devient lui-même. Être soi ne va pas de soi ! Or toutes ces techniques proposent une instantanéité, car une recette se veut rapide et immédiatement efficace. Les recettes n’entrent pas dans un « développement », un processus de vie évolutif, nécessaire à tout accomplissement.
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ODP31ODP31   13 octobre 2019
Le coaching est à la psychanalyse ce que l'homéopathie est à la médecine.
page 44
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