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EAN : 9782809703160
352 pages
Editions Philippe Picquier (10/02/2012)
3.5/5   50 notes
Résumé :
En 1943, l’armée impériale japonaise laisse derrière elle quatre chiens sur une île déserte. Ils la quitteront, et leurs descendants se répandront sur la terre pour chercher, au fil de leur généalogie chaotique, un lieu où ils puissent se sentir véritablement à leur place. Leur terre promise à eux.
Ils participeront à toutes les aventures du XXe siècle, sur terre, sur mer, et même au-delà, pour nous donner à lire, dans un prodigieux renversement de valeurs, u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Je ne sais plus pourquoi ce livre s'est retrouvé dans ma PAL. C'est peut-être son argument original qui m'avait attirée. Il faut dire que le concept du roman de Furukawa a de quoi intriguer. "Alors Belka..." narre le destin de toute une lignée de chiens depuis 1945 jusqu'aux années 90. Cette saga canine au coeur de la grande Histoire aurait pu être passionnante. Hélas ! Même si j'ai trouvé l'aspect historique intéressant, cette lecture s'est avérée fastidieuse et ennuyeuse.

Tout d'abord, l'histoire en elle-même ne m'a pas séduite. J'ai eu le sentiment que l'auteur oubliait qu'il écrivait un roman. Je me suis retrouvée face à une énumération de faits, qu'ils relèvent de la grande Histoire ou de la petite. Tel chien engendre tel chien qui se retrouve à tel endroit tandis que tel fait historique se produit, puis ce chien engendre une pelletée d'autres chiens qui vont se retrouver à tels endroits... et ainsi de suite. Mais où donc sont les personnages ? On pourrait me dire qu'il n'est pas évident d'écrire un roman dont le héros n'est pas un humain mais d'autres l'ont fait. Et bien en plus ! Avec une vraie caractérisation des personnages non humains, de l'émotion, des sentiments. Rien de tout ça dans "Alors Belka...". le récit est totalement désincarné, sans affect.

Cette impression est renforcée par le style de l'auteur. Je n'ai pas du tout été séduite par la plume de Furukawa. Déjà, une grande part du roman est écrite au présent et si ça peut parfois fonctionner, j'avoue qu'en général je n'aime pas ça.
Et quand je lis un roman, et d'autant plus quand il s'agit d'une saga sur plusieurs générations, j'aime oublier que je lis un livre, j'aime être pleinement immergée dans l'histoire, ce qui demande une écriture fluide, qui semble couler toute seule et qui semble naturelle, ce qui n'empêche pas une certaine recherche dans le style ou les procédés narratifs. L'écriture de Furukawa m'a parue si artificielle qu'à aucun moment je n'ai oublié que j'étais en train de lire, à aucun moment je n'ai été emportée par le récit. le style de l'auteur a ajouté une distance supplémentaire entre son histoire et moi.

Je me suis souvent ennuyée au cours de cette lecture. J'ai même été parfois agacée par les longueurs ou par le style artificiel. le bon côté des choses : me voilà débarrassée de ce relativement gros bouquin qui encombrait ma PAL depuis quelques années.

Challenge Multi-défis 2017 - 28 (item 44 : un livre dont le titre est une question)
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Hideo Furukawa est-il un écrivain comme les autres ? Moi je dis non.
Belka est-il un livre comme les autres ? Moi je redis non, et c'est pourquoi tu vas l'adorer, lecteur !

Ton futur ami Hideo - car oui, ami babéliote, Hidéo Furukawa VA devenir ton ami dès que tu auras ouvert son livre - parle aux chiens.
"Eh les chiens, où êtes-vous ?"
Il les appelle quand il les perd de vue, leur pose même des questions tout au long de son roman. Roman qui, eh oui, traite de la destinée d'une lignée de 4 chiens de combat japonais et américains, dont la descendance va traverser la seconde moitié du XXème siècle et participer à toutes les guerres asiatiques - Corée, Vietnam, Afghanistan - en tant que chiens de combat. Mais aussi se faire chiens de traîneau, chiens renifleurs de drogues ou vedettes de concours canins et essaimer dans le monde entier.

Est-ce tout ? Que nenni, le roman traite aussi de LA grande histoire de ce siècle, qui est, comme chacun sait, le siècle du chien.
- Peut-on aimer les chiens et ne pas lire ce livre ? Moi je dis non (mais en même temps je préfère les chats).
- Peut-on aimer l'astronautique russe et ne pas lire ce livre ? Je redis non, et tu verras bien pourquoi dans le livre.
- Peut-on aimer les livres de yakuzas et ne pas lire ce livre ? Je dis encore non, et c'est mon dernier mot.

Un livre bizarre, mais jubilatoire par moments, une saga canine qui englobe l'histoire de l'humanité, bien modeste en comparaison. Alors Belka, tu n'aboies plus ? est une expérience à part.
Merci à MC pour le conseil de lecture :)
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Déconcertant, passionnant, surprenant... ce ne sont pas les adjectifs qui manquent pour tenter de définir ce roman.
L'écriture est fluide, rythmée, parfois hachée, parfois lyrique. Elle s'adapte parfaitement au contenu et aux différentes voix qui se font entendre, aussi bien humaines que canines.

L'alternance des chapitres fonctionne bien : d'un côté celle qui vieux (soldat, dresseur) qui enlève puis s'attache à la jeune japonaise, de l'autre la généalogie de ces chiens soldats qui s'éparpillent aux quatre vents et vivent des destins extraordinaires. J'avoue que, dans un premier temps, le récit du vieux m'a davantage retenue, car d'emblée plus rythmé, plus intriguant : mais enfin, que veut-il cet Archevêque ? Puis l'histoire des chiens a vraiment éveillé mon attention. Malgré quelques passages lents mais inévitables afin de suivre la généalogie de nos chiens, leurs destins sont assez incroyables et les liens tissés avec les humains assez éloquents pour que tous retiennent l'attention : chien de traineau luttant contre la mort après qu'un crétin prétentieux a cru pouvoir maîtriser le froid ou la glace ; jolie chienne deux fois décorée par l'armée mais vendue parce que bon, ça commençait à faire cher quoi, chien enterré en pleine guerre du Vietnam qui doit survivre dans les galeries souterraines, chien devenu double de son maître (ou l'inverse) et à la relation fusionnelle avec lui.

Certes il y a de l'anthropomorphisme, mais qui n'a jamais parlé à son animal de compagnie ou su interpréter ses regards ? Cet anthropomorphisme-là ne cherche pas à nous raconter la vie secrète des bêtes ou à créer des histoires d'amour au pays des toutous. Au contraire, l'auteur appelle un chien un chien et n'attribue pas outre mesure des comportements humains aux animaux. Les rares fois où l'auteur se risque à ce jeu, une remarque humaine "valide" (ma lecture humaine m'oblige à cette validation) la situation canine en montrant que les sentiments des chiens sont visibles même des hommes.
De plus, la quatrième de couverture ne ment pas : la vision humaine est renversée. Non seulement, ce sont les chiens qui sont au coeur du récit, mais ce sont eux qui dominent le monde, car ce sont bien les chiens des missions Spoutnik qui font la nique aux Etats-Unis, et qui posent leur regard sur le monde, d'en haut, et qui envoient un message à leurs frères terriens : vis, engendre, sois fier d'être chien. Ces messages et ce regard divins ont tout de même plus de panache que la formule de Gagarine "la terre est bleue" !

Et pour rendre compte de cette vision et de ces destins, il faut prendre le temps de croiser ou d'éloigner les lignées, de traverser le monde afin que les chiens de latitudes opposées puissent enfin se rencontrer.
Cependant, à vouloir se montrer précis, l'auteur perd parfois en rythme. Ainsi, quand on a perdu de vue un chien depuis quelques pages, Furukawa le resitue intégralement dans la généalogie et dans la propre histoire du chien, ce qui est évidemment important afin que le lecteur s'y retrouve, mais qui est vraiment pénible à la lecture en étirant le récit au moment ou il faudrait au contraire le relancer par un second souffle. Logiquement, l'auteur applique la même méthode aux humains dont l'histoire géopolitique est rapportée fidèlement (mais où s'arrête la fiction, où commence la réalité ?) et donc avec ses longueurs.
Longueurs d'autant plus complexes que l'on s'attend à comprendre vraiment les objectifs du vieux à partir de cette histoire de la Russie et du monde. Mais tout contribue au contraire à brouiller les repères jusqu'à la toute fin. C'est pour cette raison, sans nul doute, que la lecture m'a plu mais me laisse un peu....perdue ? perplexe ? le vieux léniniste qui veut faire imploser la nouvelle Russie, la nouvelle Stelka qui s'en va pour le paradis des chiens... il va me falloir un peu de temps pour digérer ce livre et, peut-être mieux le "saisir" avec du recul.
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Un roman absolument déconcertant. Pour être claire, j'ai beaucoup aimé... mais vais avoir du mal à l'expliquer clairement. Dans un premier temps, j'ai soupçonné que le lieu de naissance de l'auteur (Fukushima), plus que son talent ou sa cohérence, avait suscité les nombreuses mentions de cet ouvrage au moment du dernier salon du livre... Car dès les premières pages, le doute s'intalle : où l'auteur veut-il en venir ? D'une part, nous avons un récit proche du thriller, ou un mystérieux vieillard semble décidé à manipuler les différentes mafia de l'ex-URSS à ses propres fins, et de l'autre, une longue généalogie de chiens. Mais attention, pas n'importe quels chiens : ceux qui ont été sélectionné pour faire des combattants, des chiens d'attaque ou de traineaux. de ces animaux, soumis et discrets, qui ont été de toutes les batailles de la deuxième moitié du 20e siècle. Des témoins muets et actifs de l'absurdité des guerres, des créatures dangereuses et opprimées... Et au fil de l'accumulation de ces vies de chiens, le lecteur se fait sa propre intérprétation. Car ils sont des symboles. Symboles de l'absurdité, de l'aliénation, de la violence ? A vous, lecteur, de choisir. Mais attention, la fin du roman viendra sans doute remettre votre lecture en cause. Et si je vous ai convaincu de lire ce livre, je serai ravie d'échanger avec vous à son propos !
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Je tiens d'ores et déjà à dire que ce n'est pas du tout le genre de livres vers lequel je me tournerais en temps normal. Toutefois, la couverture m'a paru attrayante tout comme la quatrième de couverture qui évoque un "roman polyphonique au rythme trépidant et d'une insolence extravagante qui remet en cause l'autorité naturelle de l'humanité sur le monde".

Le début de ce récit se situe en 1943 sur les îles Aléoutiennes, archipel du Pacifique nord. Une garnison japonaise y est passée et a laissé sur place trois chiens : Masaru, Kita, Masayû et Explosion. Ce sont les points de départ d'une incroyable chevauchée à travers L Histoire, à travers les continents et à travers les générations successives. Bien loin de dépérir, ils vont procréer mais aussi diversifier leurs champs d'action. Après avoir été soldats, ces chiens-là et leurs descendants vont devenir chiens de traineau, chiens de garde, chiens de race (pour concours de beauté), renifleurs de drogue... destins hors-norme pour des chiens d'exception. D'ailleurs, l'un des leurs aura aussi le privilège de découvrir l'univers.

Mais ce n'est pas uniquement l'histoire des chiens qui nous occupe même si c'est le sujet transversal autour duquel tout gravite. Il y a une alternance de narration avec un mystérieux personnage, dresseur de chien mais follement intrigant car on ne comprend pas bien qui il est ni le pourquoi de sa cause. C'est troublant car son récit, croisé à celui d'une jeune japonaise retranchée chez lui, nous parait trouble, délicat et plein de non-dits. Certes, les chiens sont le lien de tout mais ils sont aussi un formidable vecteur pour révéler toute humanité qui sommeille en nous. J'ai été particulièrement touchée par un passage où une chienne adopte une tripotée de bâtards laissés à la rue par une mère renversée sur la route. La voilà qui les prend avec elle, les entraine sur les chemins et fait son domicile d'un vieux wagon "abandonné". Lorsque le propriétaire arrive, c'est ému qu'il accorde la place à cette famille atypique. Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout une amie des chiens. Moi c'est les chiens alors il en fallait beaucoup pour m'attendrir. Mais ça a été le cas avec ce récit, avec des situations les mettant en scène en toute intelligence à travers L Histoire mais aussi écumant la planète, braves et valeureux, ne reculant jamais devant les épreuves.

En définitive c'est un livre qui vous captivera de par son contenu historique mais aussi de par l'incroyable arbre généalogique canin qui se dessinera devant vous, toutes nationalités confondues (mais un tableau récapitulatif, en début de livre, vous aidera à vous situer). le panel de leurs aptitudes mais aussi leurs voyages vous garantiront un excellent moment de lecture, hors du temps et garanti 100% évasion.
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critiques presse (1)
Telerama
07 mars 2012
Des années plus tard, les descendants de cette meute errante cherchent un asile sur la Terre. Nerveuse, essentielle, l'écriture d'Hideo Furukawa leur offre un refuge hyperven­tilé, jusqu'au vertige.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Hé ! Les chiens ! O chiens, où aboierez-vous cette fois ?

Wouff ! Wouff !

En 1975, un chien se trouve à Hawaï, un autre au Mexique. Pour parler plus concrètement, une femelle se trouve sur l'île d'Oahu à vingt et un degrés de latitude nord, et un mâle à Mexico City à vingt degrés de latitude nord. Leurs noms : Good Night et Cabron. Good Night est un berger allemand de race pure ; quant à Cabron, son père -autrement dit sa semence - est un boxer de race pure, mais sinon c'est un bâtard. Nous avons déjà exposer la généalogie de Good Night : DED, mort en 1968 dans la péninsule Indochinoise, dans les profondeurs du dix-septième degré de latitude nord, était son demi-frère.DED, égorgé pendant son sommeil par une chienne de l'Armée populaire de libération de la descendance de Jubilee.Jubilee, aïeule à la cinquième génération, autrement dit de l'arrière-arrière-arrière-grand-père de Good Night et de DED. Et Cabron, le bâtard de Mexico City, de quelle lignée est-il issu ?
D'une lignée de bâtards.
Aucun lien de sang avec la lignée de Bad News. Mais en remontant quatre générations par les femelles, on trouve une arrière-arrière-grand-mère qui avait six oncles et tantes maternels. Soit une fratrie de sept chiens en incluant la mère de ladite arrière-arrière-grand-mère.Ces chiens avaient eu deux mères. Leur mère de sang, qui avait mis au monde les sept frères et soeurs dont pas un ne ressemblait à l'autre. Et qui les avait nourris de son lait, pendant une demi-lune environ. Et leur mère de lait, qui les avait nourris de son lait pendant plusieurs semaines jusqu'à leur sevrage, puis continua à les élever. Pour leur mère de sang, ils étaient sa quatrième portée. Mère de sang qui se nommait Ice et dont le père tait un hokkaïdo, le mère une husky de Sibérie, et l'une des grand-mère une samoyède. Le hokkaïdo en question, vous l'avez compris, c'est Kita. Leur mère de lait, quant à elle, n'eut plus aucune autre portée après les avoir adoptés. C'était une superbe berger allemand du nom de Summer. Fille de Bad News.
Soeur de Jubilee.
(p.261-2)
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La gamine était au courant. Elle savait qu'il était inutile de se rendre à la cage, les chiots n'y seraient pas. Dire que je les avais à ma main, fait chier. Tu les as sortis pour les dresser, c'est ça ? Voleur. C'étaient mes clebs à moi, voleur. Elle savait qu'ils seraient ramenés à leur cage d'ici une demi-heure à une heure. Mais elle n'avait pas envie d'attendre. Elle prit le chemin de l'entraînement.
Sans hésiter.
Elle enfila le manteau, enfonça la toque contre le froid jusqu'aux oreilles et se remplit la tête des pires grossièretés qu'elle put trouver. (p.141)
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Début d'été.
Anonyme a un ennui. Anonyme est en bonne santé... Il a bien grandi. Autrement dit, il n'est plus un chiot. Il n'a plus la taille d'un chiot. Son corps s'est bien développé. C'est ça l'ennui. Pourquoi le monde a-t-il rétréci? De nombreuses galeries au niveau quatre sont devenues trop étroites pour qu'il puisse passer.
"Pourquoi?" se demande anonyme, et ça lui fait mal.
"Pourquoi le monde rétrécit-il?" se demande-t-il.
Il crie. "C'est tout serré !"
Un monde tout petit comme ça, ça ne suffit pas ! (p. 255)
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