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EAN : 9782702497470
478 pages
Éditeur : Le Masque (15/01/2003)
3.68/5   170 notes
Résumé :
Une femme d’une cinquantaine d’années, la veuve Lerouge, est retrouvée sauvagement assassinée dans sa maison. Tous les indices conduisent à un jeune homme de bonne famille : les preuves matérielles sont accablantes.

L’assassin paraît tout désigné et l’affaire bouclée, quand le doute s’immisce dans l’esprit de l’un des enquêteurs, le père Tabaret.

Certains faits le poussent à envisager le meurtre sous un autre angle, et ses découvertes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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cmpf
  05 juin 2016
Premier roman d'Émile Gaboriau, et à mon sens première réussite. Non pas que l'intrigue soit si complexe qu'on ne puisse deviner le coupable assez tôt et même une partie de la vérité, mais j'aime beaucoup sa façon de narrer les évènements. Et il y en des évènements, des retournements, qui même s'ils ne surprennent pas complètement ont pour moi un charme indéniable.
Et puis l'écriture, et l'humour. le portrait de la dame Arlange dont voici un extrait est un plaisir « La plus grande preuve d'amitié qu'elle lui donnât était d'articuler son nom comme tout le monde. Elle avait conservé cette affectation si comique de ne pouvoir retenir le nom des gens qui ne sont pas nés et qui par conséquent n'existent pas. Elle tenait si fort à les défigurer que si, par inadvertance, elle prononçait bien, elle se reprenait aussitôt. Dans les premiers temps, à la grande réjouissance du juge d'instruction, elle avait estropié son nom de mille manières. Successivement elle avait dit : Taburon, Dabiron, Maliron, Laliron, Laridon. Au bout de trois mois elle disait net et franc Daburon, absolument comme s'il eût été duc de quelque chose et seigneur d'un lieu quelconque. » Ce n'est pas la seule description qui m'ait parue très savoureuse.
Le départ de ce policier est l'assassinat d'une femme, la veuve Lerouge. Ce fait réel ne fut jamais expliqué, Gaboriau brode donc allègrement dessus. Amours contrariés, paternité reconnue ou pas, maitresses avides… ou non, honneur du nom auquel on sacrifie tout, c'est bien l'ambiance 19ème siècle que j'aime tant.
Un coup de blues, un Simenon et ça repart, je pense que je pourrais dire la même chose pour Gaboriau, c'est ma deuxième rencontre avec lui, après monsieur Lecoq, et elle me donne envie de le revoir régulièrement.
Challenge 19ème siècle
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belette2911
  01 septembre 2013
Conan Doyle faisait dire à Sherlock Holmes, dans "Une étude en rouge" : "Lecoq n'était qu'une misérable savate ! Son unique mérite était de posséder une énergie indomptable. [...] Il s'agissait d'identifier un prisonnier inconnu. Je l'aurais fait, moi, en vingt-quatre heures. Lecoq y a mis un mois ou presque. Cet ouvrage pourrait constituer à l'usage des détectives un livre élémentaire destiné à leur apprendre ce qu'il faut éviter".
Ayant lu le livre, je ne peux pas dire qu'il avait tort... Lecoq est en effet plus énergique qu'un cycliste du Tour en train de monter le Ventoux à plein gaz. Mais Lecoq, ancien repris de justice, suit souvent des fausses pistes !
D'ailleurs, dès le départ, lors de la découverte du corps, certains protagonistes de l'enquête se lancent des suppositions un peu vaseuses !
Le corps ? Mais de quel corps je parle ? À Bougival, au hameau de la Jonchère, Célestine Lerouge, veuve, est retrouvée égorgée avec une sauvagerie effroyable.
Si ce roman est tiré d'une histoire vraie, le véritable assassin ne fut inquiété car jamais découvert.
Gaboriau tira un roman de ce crime non résolu et, puisque conseillé par le vieux policier de la sûreté chargé de l'affaire, l'inspecteur Terabat (surnommé Tirauclair), il a brodé sur la réalité pour nous offrir ce qui fut le premier roman policier, Gaboriau étant considéré avec Poe et Conan Doyle comme les pères du policier.
Roman policier qui prenait la poussière depuis des lustres sur mes étagères. Son prix étant en euros, je dirais que cela fait 10 ans qu'il m'attend, au moins.
Que dire si ce n'est que je me suis un peu ennuyée, lors de ma lecture, suite à de nombreuses digressions au niveau des pensées de certains personnages qui deviennent lourdes.
D'accord, elles sont importantes parce qu'elles mettent tout en place. Il est un fait certain que Daburon, le juge d'instruction, ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Cela ralentit fortement l'action du roman et j'ai failli le reposer sur l'étagère qui l'avait conservé durant toutes ces années.
Malgré tout, j'ai persévéré et continué à suivre tout ce petit monde : Gévrol, le chef de la sécurité; Lecoq, son aide de camp qui le méprise et voue une admiration extatique au père Tabaret, dit Tirauclair.
Tirauclair, qui est une sorte de précurseur à un Sherlock Holmes version "vieil homme riche" a une marotte inavouable en société : résoudre les énigmes les plus embrouillées grâce à sa méthode infaillible, à savoir partir du connu vers l'inconnu. Ce qu'il fit de manière brillante lors de l'analyse de la scène de crime chez la veuve Lerouge. Diable, on aurait dit Holmes dans ses déductions, donnant même la marque du cigare fumé.
Lorsque celui qu'ils pensent être le coupable est arrêté, à priori, il n'y a pas de doute : les preuves sont retrouvées chez lui.
C'est une fois l'arrestation faite que le reste va avancer un peu plus vite jusqu'au dénouement... après moult rebondissements. Lecoq ne fut pas le seul à se lancer sur des fausses-pistes, Tabaret aussi a fait des erreurs, mais il les a réparées.
La fin du roman a rattrapé son départ laborieux avec un retournement de situation auquel je ne m'attendais point.

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Myriam3
  17 septembre 2018
D'abord publié sous forme de feuilleton, ce roman noir du dix-neuvième siècle est un précurseur dans son genre, et l'enquête est rondement menée, même si le coupable apparaît très vite. Finalement, se douter de son identité dès les premières pages n'est pas si gênant que ça car il reste encore tout le plaisir de voir les événements s'intriquer et les différents enquêteurs tourner en rond autour de fausses pistes.
L'intrigue: l'épouse et la maîtresse du comte Commarin donnent chacune naissance à un garçon la même semaine. le comte étant fou amoureux de sa maîtresse décide de faire échanger les deux bébés par la nourrice pour que ce soit le bâtard qui hérite de son nom et de sa fortune.
20 ans plus tard, le fils légitime, élevé par la maîtresse , découvre le pot aux roses dans la correspondance des deux anciens amants et décide évidemment de réclamer son dû. Quelques jours plus tard, la nourrice est retrouvée assassinée.
Le père Tabaret, alias Tirauclair, s'empare officieusement de l'enquête et trouve très vite le coupable, grâce à ses capacités de déduction à faire pâlir Sherlock (oui j'exagère, mais il a quand même été l'un de ses modèles).
Le tout se lit facilement et surtout très agréablement grâce au ton distancé et un brin ironique du narrateur qui nous fait visiter un dix-neuvième siècle aristocratique d'après 1789, très intéressant.
Une belle découverte due totalement au hasard d'une après-midi de farniente sans autre livre à portée de main.
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gill
  15 juin 2013
En 1864, lorsque paraît la traduction définitive des "Histoires extraordinaires" d' Edgar Poe, Émile Gaboriau, retrouvant la nostalgie de sa jeunesse, voulut écrire un brillant pastiche du "Double meurtre de la rue Morgue" qu'il intitula "L'affaire Lerouge".
Tout près de la porte d'Italie, une veuve, Célestine Lerouge, fut égorgée avec une sauvagerie effroyable.
Le romancier, chargé par son journal, d'enquêter sur ce fait divers atroce, suivit l'affaire de très près et se prit d'amitié pour le vieux policier de la sûreté chargé de l'affaire, l'inspecteur Terabat, surnommé Tirauclair.
Le véritable assassin ne fut jamais découvert mais conseillé efficacement par le policier et brodant sur la réalité, Gaboriau tira un roman de ce drame affreux.
Le vieux Terabat accepta de figurer dans l'ouvrage à condition que son nom soit modifié. Il devint Tabaret dit Tirauclair.
La première parution, sous forme de feuilleton dans le journal "le pays" fut un échec. Une deuxième tentative, dans les pages du "soleil" fut un succès immédiat.
Du jour au lendemain, le jeune auteur connut la célébrité.
Le roman policier était inventé. Il s'appelait alors le roman judiciaire.
Gaboriau, s'étonnant de l'immense effet produit par son livre sur le public, résumait son art par ces quelques mots : "Le rôle du lecteur est de découvrir l'assassin, le rôle de l'auteur est de dérouter le lecteur".
Pour atteindre ce but, Gaboriau s'appuyait sur une imposante bibliothèque composée de rapports policiers, de manuels de médecine légale et de traités scientifiques.
Tabaret et Lecoq, sans jamais innover, ont été les premiers à introduire des détails techniques dans le roman judiciaire et policier.
Ce qui a fait dire, quelques années plus tard à Maurice Dekobra : "Je parie une livre sterling contre un os à moelle et un dollar contre un tuyau de pipe que Maurice Leblanc et Conan Doyle avaient lu Émile Gaboriau de haut en bas".
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Mimeko
  02 avril 2016
La veuve Lerouge est retrouvée assassinée dans sa petite maison, un peu à l'écart de Bougival. La police fait les premières constations et s'invite rapidement Tabaret dit Tirauclair, un jeune retraité qui, ayant hérité d'une fortune colossale, consacre désormais son temps libre à suivre et éventuellement résoudre des énigmes policières. Grâce à sa capacité de déduction hors pair, Tirauclair, au vu de quelques détails passés inaperçus sur la scène de crime, élabore rapidement la genèse du crime, qu'il fait partager au juge Daburon...Une enquête rondement menée, un peu trop rapidement peut-être, car au fur et à mesure de la progression des interrogatoires et des vérifications d'alibis, les premières hypothèses s'infirment progressivement.
La lecture de L'affaire Lerouge s'est révélée une très bonne surprise. Ecrit en 1866 par un jeune écrivain, Emile Gaboriau secrétaire de Paul Féval , ce roman jette les bases du roman policier moderne grâce aux déductions ingénieuses et aux raisonnements qui s'appuient sur des constatations scientifiques et techniques relevées sur le lieu du crime. Conan Doyle s'en souviendra au moment de créer le personnage de Sherlock Holmes...
Un style direct et concis, utilisant des images et des métaphores à bon escient pour décrire des situations complexes ou dépeindre telle ou telle psychologie ainsi que de nombreux rebondissements donnent tout son rythme au roman, et même si ce rythme est quelquefois ralenti par des digressions, il faut garder en mémoire que ce roman a été publié sous forme de feuilleton et d'ailleurs ces digressions sont souvent instructives sur la mentalité, les us et les coutumes de l'époque.
L'affaire Lerouge est un roman policier précurseur pour l'époque, qui n'a pas à rougir de la comparaison avec certains polars que j'ai pu lire récemment qui peuvent être poussifs dans leur rythme ou mal ficelés quant à leurs intrigues.
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   15 juin 2013
Le jeudi 6 mars, le surlendemain du mardi gras, cinq femmes du village de la Jonchère se présentaient au bureau de police de Bougival.
Elles racontaient que depuis deux jours personne n'avait aperçu une de leurs voisines, la veuve Lerouge, qui habitait seule une maisonnette isolée.
A plusieurs reprises, elles avaient frappé en vain.
Les fenêtres comme la porte étant exactement fermées, il avait été impossible de jeter un coup d'oeil à l'intérieur. Ce silence, cette disparition, les inquiétaient.
Redoutant un crime ou tout au moins un accident, elles demandaient que la "Justice" voulût bien, pour les rassurer, forcer la porte et pénétrer dans la maison......
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belette2911belette2911   01 septembre 2013
- Retenez bien ceci, vicomte : la puissance a été, est et sera toujours à qui possède la fortune, à plus forte raison à qui détient le sol. Les hommes de 93 ont bien compris cela (1793). En ruinant la noblesse, ils ont détruit son prestige bien plus sûrement qu'en abolissant les titres. Un prince à pied et sans laquais est un homme comme un autre. Le ministre de Juillet qui a dit aux bourgeois "Enrichissez-vous" n'était point un sot. Il leur donnait la formule magique du pouvoir. Les bourgeois ne l'ont pas compris, ils ont voulu aller trop vite, ils se sont lancés dans la spéculation. Ils sont riches aujourd'hui, mais de quoi ? de valeurs de Bourse, de titres de portefeuilles, de papiers, de chiffons enfin.
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belette2911belette2911   30 août 2013
- [...] Les beaux crimes deviennent rares. La race force des scélérats sans peur fait place à la tourbe de nos filous vulgaires. Les quelques coquins qui font parler d'eux de loin en loin sont aussi bêtes que lâches. Ils signent leur crime et on soin de laisser traîner leur carte de visite. Il n'y a nul mérite à les pincer. Le coup constaté, on n'a qu'à aller les arrêter tout droit.
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cmpfcmpf   06 juin 2016
Tout en écoutant d’une oreille distraite les radotages de la vieille dame et ses interminables anecdotes de l’émigration, il regardait Claire comme un fanatique regarde son idole. Il admirait ses longs cheveux, sa bouche charmante, ses yeux qu’il trouvait les plus beaux du monde.
Bien souvent, dans son extase, il lui arrivait de ne plus savoir au juste où il se trouvait. Il oubliait absolument la marquise et n’entendait plus sa voix de tête qui entrait dans le tympan comme une aiguille à tricoter. Il répondait alors tout de travers, commettait les plus singuliers quiproquos, qu’il tâchait après d’expliquer. Ce n’était pas la peine. Mme d’Arlange ne s’apercevait pas des absences de son courtisan. Ses demandes étaient si longues que les réponses lui importaient peu. Ayant un auditoire, elle se tenait satisfaite, pourvu que, de temps en temps, il donnât signe de vie.
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Myriam3Myriam3   09 septembre 2018
On le rechercha pour des qualités plus solides: pour la noblesse de ses sentiments, pour son caractère, pour la sûreté de ses relations. Ceux qui le virent dans l'intimité apprécièrent vite la rectitude de son jugement, son bon sens sain et vif arrivant sans effort au piquant. On découvrit sous une écorce un peu froide un coeur chaud pour ses amis, une sensibilité excessive, une délicatesse presque féminine. enfin, si dans un salon peuplé d'indifférents et de niais il était éclipsé, il triomphait dans un petit cercle où il se sentait réchauffé par une atmosphère sympathique.
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