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ISBN : 2702497535
Éditeur : Le Masque (18/06/2003)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Un crime odieux a été commis dans un infâme bouge parisien baptisé La Poivrière. Après Une longue filature, l'inspecteur Lecoq arrête un saltimbanque prétendant s'appeler Mai. Le policier se demande alors si ce curieux individu ne pourrait être le duc de Sairmeuse, mêlé à une ancienne et ténébreuse affaire.
L'enquête nous entraîne à rebrousse-temps vers le théâtre d'un complot entre deux familles et aux sources d'une énigme passionnante qui s'impose par l'an... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
bilodoh
27 novembre 2016
Un voyage dans le temps pour découvrir cet ancêtre des polars, un récit qui met en scène un jeune enquêteur qui relève des indices, un véritable précurseur de la police scientifique.

Dans ce roman publié pour la première fois en 1869, le héros est aussi un détective qui ne dort plus, obsédé par la piste à suivre. C'est fascinant de constater que ces traits de personnalité de ce Lecoq sont tout à fait semblables à ceux des héros de nos polars modernes. Il faut ajouter que les oeuvres de Gaboriau ont même inspiré sir Conan Doyle pour la création de son Sherlock Holmes !

La deuxième partie est fort différente, elle place le lecteur dans un contexte historique et raconte l'origine du meurtre à travers des troubles sociaux du dix-neuvième siècle, va-et-vient d'insurrections et de répressions. Cette section m'a un peu déroutée, car venant de l'autre côté de l'Atlantique, je n'avais jamais réalisé à quel point l'histoire de France comporte des moments où les Français se battent contre un ennemi si proche : d'autres Français…

Finalement, même si elle date d'un autre siècle, la prose de Gaboriau n'a rien de vieillot. Malgré une partie historique un peut longuette, l 'intrigue est pleine de rebondissements et réjouira les amateurs de polars d'aujourd'hui comme elle a séduit les lecteurs d'autrefois.
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gill
08 mai 2013
En 1869, devançant d'une petite vingtaine d'années le célèbre détective britannique sherlock Holmes, monsieur Lecoq aime à penser que découvrir le coupable d'un crime est un jeu d'enfant.
Deux cadavres dès la première page, un troisième dans la suivante qui sont, bien entendu, des morts violentes : pistolet puis poignard et poison en sont les instruments.
Il y a dans ce livre de quoi contenter tout amateur de roman policier.
Emile Gaboriau, son auteur, est généralement considéré comme le père de ce genre littéraire. Il eût, avant de devenir à Paris le secrétaire de Paul Féval et de découvrir le journalisme, une vie mouvementée qui le mena jusqu'en Afrique dans un régiment de hussards.
Quel est donc ce monsieur Lecoq ? Il aurait pu être le grand-père d'Arsène Lupin, mettant au service de la police la même ingéniosité et le même dynamisme.
C'est un policier moderne et atypique qui ne cesse de prendre des risques et de compromettre à tout instant sa carrière, n'hésitant pas à faire évader son coupable pour mieux le confondre et se débarrassant par le ridicule des
embûches tendues par la jalousie et l'incompréhension de ses collègues.
Lecoq est un vrai personnage. Il est jeune, fougueux, brillant, ambitieux. On pressent, qu'en des jours lointains, il deviendra préfet de police.
Jeune homme, il gagnait sa vie comme secrétaire d'un astronome et imaginait, durant ses loisirs, des crimes parfaits, des meurtres impunis et des cambriolages impeccables. A l'aveu des fâcheuses rêveries du jeune homme, le vieux sage épouvanté lui dit : "Devenez policier, sinon vous serez bandit..."
Ainsi monsieur Lecoq entra dans la police....et le lecteur d'aujourd'hui peut le suivre, grâce au talent d' Emile Gaboriau, dans une série d'enquêtes où l'énigme n'est qu'un prétexte. L'action, pleine de rebondissements se déroule sous la Restauration. L'Empire est mort mais les excès de la nouvelle monarchie vont contribuer à créer la légende "napoléonienne".
Tout aspire, ici, au plaisir du lecteur, dans ces nouveaux mystères de Paris....
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cmpf
26 octobre 2014
Situation de départ : lors d'une ronde à la barrière d'Italie, lieu particulièrement mal famé de Paris, des policiers sont attirés par des cris dans un bouge. Là deux hommes sont étendus morts, un troisième ne tarde pas à les rejoindre. Une femme, la cabaretière se cache la tête sous son tablier, un autre homme en travers de la porte d'une petite salle qui offre une issue de secours pointe son pistolet sur les policiers et prononce une phrase étonnante : « Perdu ! C'est les Prussiens qui arrivent. »
Pour l'inspecteur Gévrol la chose est simple, c'est un règlement de compte entre coquins.
Mais un jeune policier, intrigué par la phrase, ne croit pas les choses si évidentes. Ce jeune policier, c'est Lecoq, qui deviendra monsieur Lecoq.
Pour comprendre cette scène, il faudra se transporter en province et remonter jusqu'à certains évènements de la Révolution et à leurs conséquences au retour des émigrés. Mais il n'est pas si facile de faire le lien entre quelques personnages de cette époque et de celle des meurtres.
Il y a en quelque sorte deux livres en un seul : le roman policier et cette longue analepse qui ressemble plutôt à un roman historique. Gaboriau est surtout apprécié pour la qualité de ses enquêtes mais je n'ai pas trouvé que la partie historique soit à dédaigner.
Les descriptions de personnages n'échappent pas aux clichés. Peut-être est-ce d'ailleurs volontaire pour ne pas égarer les lecteurs de ce nouveau genre le roman judiciaire. Et cela a été à mes yeux un charme de plus.
Le Masque, éditeur de la collection Labyrinthe qui publie des romans historiques à suspense a eu raison de ressortir ceux de monsieur Gaboriau.

Lu dans le cadre du challenge ABC 2014 - 2015
Et dans le cadre du challenge Pavés
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Epictete
02 février 2014
"Monsieur Lecoq" a d'abord été publié, comme c'était fréquent à l'époque, sous forme de feuilleton dans le "Petit journal" que dirigeait M. Millaud. Celui-ci, au flair infaillible, est l'inventeur à sa façon, de l'idée de stratégie commerciale et du marketing.
Il est pour beaucoup dans la promotion des oeuvres d'Emile Gaboriau, qui pour certaines d'entre-elles, ont été rééditées en permanence depuis le dix-neuvième siècle.
Monsieur Lecoq utilise tous les outils de l'enquête policière standard : recherche et analyse des indices matériels, déductions, filatures, interrogatoires,
D'abord roman populaire (paru en feuilleton) c'est aussi un roman psychologique avant d'être un policier.
Un crime a été commis dans un bouge parisien. Après une longue filature, l'inspecteur Lecoq, un fils d'une famille ruinée, obligé de travailler pour gagner sa vie, va arrêter un vagabond nommé "Mai".
Lecoq fait le rapprochement avec une ancienne affaire impliquant le duc de Sairmeuse. Il s'agit de l'opposition entre deux familles qui conduit à une analyse de caractères très fine.
Ce roman, qui vu le nombre de pages et la police utilisée peut paraître un peu dilué, est cependant semé de rebondissements. Même si l'énigme ne pose pas un problème insoluble... il se passe toujours quelque-chose chez Gaboriau.
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neutrinou
03 mars 2017
"Un livre de 700 pages, c'est long.
Un livre siamois :
- avec une partie policière, dont je ne dirai pas qu'il est dans la tradition du polar : il FONDE cette tradition - avec les indices, les déductions... il aura notamment une postérité dans Sherlock : elementary, mon cher lecteur…
- et une partie romanesque dans la forme des grands feuilletonistes du XIX° siècle qui aurait pu exister indépendamment, au prix d'une chirurgie limitée - et qui aurait eu en soi de l'intérêt.
Il faut avoir l'oeil de l'historien en lisant ce livre. On y perçoit les tensions fortes entre l'ancien régime, les bonapartistes et plus accessoirement, les républicains après le renversement de Napoléon, donc pendant les premières années de la Restauration - on oublie volontiers que la France était à l'époque sous occupation étrangère. [...]
Il faut aussi avoir l'oeil de l'économiste en lisant ce livre. [...] Dans cette France sans inflation, le capital est aussi immobile que les champs, bois et prairies qui le constituent, il ne change de main qu'aux mariages et aux enterrements..."
Ainsi commence ma critique de ce livre pour lequel je fais des recommandations de lecture TRES spécifiques... Si tu veux en savoir plus, libre à toi... Si l'envie t'en prend consulte le bref article de mon blog que je lui consacre - adresse ci-dessous

Lien : http://brikbrakbrok.blogspot..
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf26 octobre 2014
Tout en parlant, elle attachait des regards enflammés à une mauvaise photographie suspendue au mur et qui représentait un affreux garnement à l’œil louche, à la bouche grimaçante à peine ombragée d’une légère moustache, portant des mèches de cheveux bien collées aux tempes. C’était là Polyte.
[…..]
C’était bien, de la tête aux pieds, de la casquette de toile cirée aux pantoufles de tapisserie à dessins voyants, c’était bien l’homme du portrait que la pauvre Toinon-la-Vertu enveloppait de ses regards passionnés.
Seulement, le portrait était flatté.
La photographie n’avait pu fixer l’expression de basse astuce de ce visage de coquin, l’impudence du sourire, la lâche férocité de l’œil fuyant. Elle n’avait pu rendre ni le teint flétri et plombé, ni le clignotement inquiétant des paupières, ni les lèvres minces, pincées sur des dents courtes et aiguës.
Du moins devait-il lui être difficile de surprendre son monde.
Le voir, c’était le juger à sa valeur.
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gillgill08 mai 2013
Le 20 février 18..., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d'agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l'ancienne barrière d'Italie.
La mission de cette ronde était d'explorer ce vaste quartier qui s'étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu'aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu'ont aujourd'hui les carrières d'Amérique.
S'y aventurer de nuit était réputé si dangereux que les soldats des forts venus à Paris avec la permission du spectacle, avaient l'ordre de s'attendre à la barrière et de ne rentrer que par groupe de trois ou quatre.
C'est que les terrains vagues, encore nombreux, devenaient, passé minuit, le domaine de cette tourbe de misérables sans aveu et sans asile, qui redoutent jusqu'aux formalités sommaires des plus infimes garnis....
(extrait du premier chapitre du volume paru à "La bibliothèque mondiale" en 1954)
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SZRAMOWOSZRAMOWO27 janvier 2015
C’est là précisément ce que se disait M. Segmuller. Mais il n’était ni surpris ni ébranlé par tant de présence d’esprit.

— Résumons-nous, dit-il. Persistez-vous, prévenu, dans vos affirmations ?

— Oui, monsieur.

— Eh bien !… je suis forcé de vous le dire, vous mentez.

Les lèvres de l’homme tremblèrent très-visiblement, et il balbutia :

— Que ma première bouchée de pain m’étrangle si j’ai dit un seul mensonge.

— Un seul !… attendez.

Le juge sortit de son tiroir les clichés coulés par Lecoq et les présenta au meurtrier.

— Vous m’avez déclaré, poursuivit-il, que les deux femmes avaient la taille d’un cuirassier… Or, voici les empreintes laissées par ces femmes si grandes. Elles étaient « noires comme des taupes, » prétendez-vous ; un témoin vous dira que l’une d’elles, petite et mignonne, a la voix douce et est merveilleusement blonde.

Il chercha les yeux de l’homme, les trouva et lentement ajouta :

— Et ce témoin est le cocher dont les deux fugitives ont pris la voiture rue du Chevaleret…

Cette phrase fut pour le prévenu comme un coup d’assommoir ; il pâlit, chancela et fut contraint, pour ne pas tomber, de s’appuyer au mur.

— Ah !… vous m’avez dit la vérité !… poursuivit le juge impitoyable, qu’est-ce alors que cet homme qui vous attendait pendant que vous étiez à la Poivrière ? Qu’est-ce que ce complice qui, après votre arrestation, a osé pénétrer dans le cabaret pour y reprendre quelque pièce compromettante, une lettre, sans doute, qu’il savait être dans la poche du tablier de la veuve Chupin ? Qu’est-ce que cet ami si dévoué et si hardi, qui a su feindre l’ivresse, à ce point que les sergents de ville trompés l’ont enfermé avec vous ? Soutiendrez-vous que vous n’avez pas concerté avec lui votre système de défense ? Affirmez-vous qu’il ne s’est pas assuré ensuite le concours de la Chupin ?…

Mais déjà, grâce à un effort surhumain, l’homme était redevenu maître de soi.

— Tout ça, fit-il d’une voix rauque, est une invention de la police !…

Si fidèle qu’on suppose le procès-verbal d’un interrogatoire, il n’en rend pas plus l’exacte physionomie que des cendres froides ne donnent la sensation d’un feu clair.

On peut noter les moindres paroles ; on ne saurait traduire le mouvement de la passion, l’expression du visage, les réticences calculées, le geste, l’intonation, les regards qui se croisent, chargés de soupçons ou de haine, enfin l’angoisse émouvante et terrible d’une lutte mortelle.

Pendant que le prévenu se débattait sous sa parole vibrante, le juge d’instruction tressaillait de joie.

— Il faiblit, pensait-il, je le sens, il s’abandonne, il est à moi !…
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cmpfcmpf26 octobre 2014
Mais déjà, grâce à un effort surhumain, l’homme était redevenu maître de soi.
– Tout ça, fit-il d’une voix rauque, est une invention de la police !…
Si fidèle qu’on suppose le procès-verbal d’un interrogatoire, il n’en rend pas plus l’exacte physionomie que des cendres froides ne donnent la sensation d’un feu clair.
On peut noter les moindres paroles ; on ne saurait traduire le mouvement de la passion, l’expression du visage, les réticences calculées, le geste, l’intonation, les regards qui se croisent, chargés de soupçons ou de haine, enfin l’angoisse émouvante et terrible d’une lutte mortelle.
Pendant que le prévenu se débattait sous sa parole vibrante, le juge d’instruction tressaillait de joie.
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EpicteteEpictete02 février 2014
C'est que les terrains vagues, encore nombreux, devenaient, passé minuit, le domaine de cette tourbe de misérables sans aveu et sans asile, qui redoutent jusqu'aux formalités sommaires des plus infimes garnis.
Les vagabonds et les repris de justice s'y donnaient rendez-vous. Si la journée avait été bonne, ils faisaient ripaille avec les comestibles volés aux étalages. Quand le sommeil les gagnait, ils se glissaient sous les hangars des fabriques ou parmi les décombres des maisons abandonnées.
Tout avait été mis en oeuvre pour déloger des hôtes si dangereux, mais les plus énergiques mesures demeuraient vaines.
Surveillés, traqués, harcelés, toujours sous le coup d'une arrestation, ils revenaient quand même, avec une obstination idiote, obéissant on ne saurait dire à quelle mystérieuse attraction.
Si bien que la police avait là comme une immense souricière incessamment tendue, où son gibier venait bénévolement se prendre.
Le résultat d'une perquisition était si bien prévu, si sûr, que c'est d'un ton de certitude absolue que le chef de poste cria à la ronde qui s'éloignait:
- Je vais toujours préparer les logements de nos pratiques. Bonne chasse et bien du plaisir !
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