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EAN : 9782755690026
529 pages
Hugo Publishing (10/11/2021)
3.48/5   52 notes
Résumé :
Donald Kane, historien, et Virginia Carft, anthropologue, sont invités à récupérer des objets ayant appartenu au célèbre bluesman Robert Johnson. Aux côtés d'un doigt momifié et d'une amulette, ils découvrent un manuscrit où le chanteur transcrivait ses chansons ainsi que des notes disparates. Ils cherchent des indices sur leur signification alors qu'une série de morts suspectes ravage Memphis.
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
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Le professeur Donald Kane est prêt à tout, même à l'abandon de la sacro sainte rationalité héritée de sa formation de médiéviste.
Heureusement Hervé Gagnon, son créateur, lui a conféré un sens de l'humour à toute épreuve, il lui fait voir l'incarnation de Lucifer comme « Yoda en plus grand et sans les oreilles »…
Trève de plaisanterie ! Quand Babelio m'a informé que j'allais recevoir Crossroads de Hervé Gagnon aux éditions Hugo, dans le cadre d'une masse critique spéciale, j'ai sauté au plafond.
La première fois que j'ai entendu parler du bluesman Robert Leroy Johnson c'est en écoutant le LP Des Rolling Stones, Let it bleed, où Keith Richards donne aux accords de la chanson Love in vain (chanson posthume de Johnson) une coloration si particulière, faisant sonner sa guitare comme un musicien du Delta du Mississipi, a tel point qu'on peut se poser la question de la validité de la théorie de l'appropriation culturelle. Un blanc peut-il jouer la musique issue des années d'oppression des esclaves africains américains ? Question omniprésente dans les lignes du roman de Gagnon.
Donald Kane médiéviste, amateur de Blues, joueur de guitare, il possède une Martin 15 (rien que ça !), et disserte avec brio de la structure du blues en 12 mesures (le fameux 12 bars blues), de la technique de la walking bass, des différents « open tuning » des cordes pour sortir du banal MI LA RE SOL SI MI et se risquer à des tonalités de RE donnant aux accords ce déhanchement et cette dimension dramatique qui convient au blues.
Donald Kane est blanc. Un petit blanc. Un p'tit lait comme l'appelle Cornelia l'arrière grand-mère de Virginia Craft une anthropologue africaine américaine, spécialiste de la culture populaire du Delta du Mississipi.
Le roman se déroule à Memphis Tennessee. La ville qui a vu naître de nombreux genres de musique américaine comme le blues, le gospel, le rock 'n' roll, la soul et la musique country.
Gagnon rappelle incidemment que le blues noir américain est l'ancêtre du Rock et de la Country. Une vérité qu'il ne faut pas hésiter à ré-asséner.
Donald et Virginia venus à Memphis pour rencontrer la fille de Ellie Mae, une femme que Johnson a connue. Elle veut leur remettre une boite de souvenirs qui auraient appartenue au bluesman.
En bons universitaires Ils échafaudent une stratégie qui leur permettra d'écrire « le livre » sur Johnson et permettre à Ollie Mae de valoriser cet héritage à sa juste valeur.
Voeu pieux.
Personne n'est sensé être au courant de l'existence de cette boite de souvenirs, mais la réalité est tout autre.
Dès lors qu'ils entrent en possession de la boite, les ennuis commencent.
Ils vont se retrouver pris dans un tourbillon mystérieux où le blues fait ressurgir son côté obscur, le Hoodoo (sorte de Vaudou local) l'utilisation du mojo (amulette prenant la forme d'un sac de flanelle contenant divers objets magiques) capable du pire comme du meilleur ,et du mess (envoutement dans le rite Hoodoo).
Cette histoire fantasmée de la vie de Robert Johnson, basée sur la réalité de sa légende et de sa mort à l'âge de 30 ans, se lit avec passion, même pour ceux qui ne sont pas fans de blues…
On y trouve dosés avec subtilité par l'auteur, du blues, c'est à dire, de l'angoisse, du mystère de la religion de la magie et un soupçon de sexe.
Gagnon met en scène avec bonheur ce qui fonde le blues, la force du destin, la désillusion que peut procurer la religion et la recherche d'expédients plus ou moins admissible pour réussir, bien jouer de la guitare et séduire un maximum de femmes.
On y retrouve le bayou et la route 66 symboles s'il en est de cette musique.
Mais la réalité n'est pas absente de ce roman bien ancré dans le XXIème siècle.
Omniprésence lancinante des idées semées par le milliardaire qui devint par hasard président des USA, et réactions d'une partie de l'opinion, wokisme, black live Matter, victoire de Joe Biden.
Le récit alterne entre des faits survenus du vivant de Johnson et la réalité de 2021. Des passages en italiques figurent des rêves des personnages ou parfois l'expression de leur subconscient.
L'ensemble est très réussi, même si parfois des expressions de français canadien peuvent sonner bizarre, comme chaise berçante pour fauteuil à bascule, mais ce n'est pas bien grave et ça n'a aucune incidence sur le déroulé du récit.
Un rebondissement inattendu en fin de roman surprend le lecteur et donne toute sa saveur à ce roman.
Si vous aimez le blues, Memphis, le bayou, la road 66, le polar, le whisky Jack Daniels, vous allez être comblé.
Si vous n'aimez rien de tout ça, il est grand temps de vous y mettre.
Merci encore aux éditions Hugo et à Babelio pour l'envoi de ce roman.
Ecoutez love in vain :
https://www.youtube.com/watch?v=yZYhhjyGXoU
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Tous les amateurs de blues connaissent le nom de Robert Johnson, ce guitariste et chanteur de blues qui a inspiré bien des artistes mondialement connus tels Jimmy Hendricks, Eric Clapton, Bob Dylan et bien d ‘autres encore. Une des légendes qui accompagne l'histoire de cet homme disparu bien trop jeune est le pacte qu'il aurait passé avec le diable pour devenir le virtuose que l'on sait.
C'est autour de cette figure du blues qu'Hervé Gagnon a écrit « Crossroad, la dernière chanson de Robert Johnson ».
Cette histoire se déroule principalement à Memphis, ville baignée par le Mississippi et aussi considérée comme la capitale du blues, du soul et bien sûr du rock'n roll.
Le personnage central, Donald Kane (amusant, je viens de terminer un polar irlandais de Sam Millar dont le personnage principal se nomme Karl Kane), est historien et particulièrement intéressé par l'histoire du blues.
Il se voit confier par une vieille dame un coffre contenant des objets qui auraient appartenus à Robert Johnson. A partir de ce moment, Kane va se retrouvé mêlé à une curieuse aventure sur fond de blues mais arrosée à la sauce hoodoo (ou vaudou si vous préférez)
Une histoire sympathique, mais assez prévisible pour ma part en ce qui concerne les différents rebondissements qui vont se succéder.
Encore merci à Babelio et aux Editions Hugo Roman pour l'envoi de ce livre.



Challenge Mauvais Genres 2021
Challenge Pavés 2021
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Surprise et belle découverte ont été les maitres mots de ce thriller assez unique dans son genre dont j'ai pu profiter dans le cadre d'une Masse Critique spéciale de Babélio.

Je ne suis pas personnellement adepte de la musique américaine ni du blues en particulier mais ce roman d'Hervé Gagnon se lit autant qu'il s'écoute musicalement parlant. Il y est question de la collaboration entre le professeur Kane (médiéviste) et une anthropologue répondant au nom de Craft, choisis par une vieille dame pour être destinataire d'objets ayant appartenu à une légende du blues dans les années 1930 et disparu depuis, et dont bien des rumeurs circulent quant aux raisons de sa mort. Et dés l'ouverture de la fameuse boite remise, nous assistons à une véritable course contre la montre tant les événements surnaturels ou empreints de superstition s'accumulent ainsi que le danger et la mort en personne autour de nos chercheurs. Ésotérisme, culture propre au Delta du Mississippi, environnement des bluesmen sont autant de sujet évoqués et traités pour rendre le récit authentique, bien que parfois on se perde un peu ... et que l'on soit noyé sous des phrases et/ou formules à répétition (à commencer par la qualité du fameux Jack Daniel's !).
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Heureusement qu'il y a le blues. Hervé Gagnon est passé maître pour nous en parler. Tous les musiciens qui sont passés par Memphis pour en jouer, cette ambiance de fête arrosée de bourbon. oui on ressent bien ça. Mais pour le reste du récit...
On a Kane l' historien et Craft l'anthropologue qui héritent, d'une vieille dame, d'une boite en fer blanc contenant des objets ayant appartenus à Robert Johnson. Pas que des objets, un carnet de chansons aussi. Ces objets sur les marchés spécialisés peuvent valoir une petite fortune. INos deux alliés ne seront donc pas au bout de leur peine entre ceux qui veulent s'enrichir et ceux qui veulent leur âme.
Dès le début on comprend tout et on s'attend à ce qui suit. Voodoo, âmes perdues, meurtres sordides, ambiance que l'on veut mystérieuse mais j'ai eu l'impression d'être passé à côté de quelque chose. J'ai trouvé que ce récit manquait de chair, d'envergure. Difficile d'y adhérer. Par contre l'auteur s'y connait en musique et ça c'était bien. Lire et aller écouter les chansons mentionnées dans le roman. Lire et entendre chanter.
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Un historien et une anthropologue, tous les deux jeunes, beaux et talentueux évidemment, sont contactés par une très vieille dame qui dit posséder une boite contenant des effets ayant appartenu au célèbre chanteur de blues Robert Johnson.
La vie de ce dernier étant mystérieuse, la légende prétend qu'il aurait passé un pacte avec le diable, nos deux héros sont donc intrigués et ravis par cette découverte. L'histoire se déroule à Memphis, haut lieu du blues.
L'idée de départ me plaisait beaucoup, aimant le blues et les chansons de Robert Johnson, mais je ne suis pas entrée du tout dans ce roman.
Plusieurs raisons à cela : d'une part, j'ai trouvé l'écriture trop simple, j'ai pensé que le roman devait s'adresser à un public adolescent (ce que la couverture laissait présager d'ailleurs), ensuite, l'attirance qui naît entre les deux protagonistes est non seulement attendue mais assez nunuche, ce qui, là encore m'a conforté dans l'idée que le roman était à destination d'un public jeune, et les évènements surnaturels ou non qui vont avoir lieu n'ont rien d'effrayants et sont assez prévisibles, bref l'ensemble est assez mou, sans surprise, sans grand suspense et assez convenu.
J'ai lu d'autres romans de cet auteur, que j'avais apprécié, mais là, je suis restée totalement extérieure à cette histoire, que je me suis forcée à lire mais cela m'a fortement ennuyé.
Je remercie toutefois Babelio et les éditions Hugo pour cet envoi.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
L’homme se planta solidement devant eux. Il dépassait Kane de quelques pouces et, sous une considérable couche de graisse uniformément répartie, il avait une carrure à l’avenant. Il portait un costume gris anthracite d’une parfaite élégance dont il gardait le veston stratégiquement ouvert sur une pense spectaculaire, qui le précédait d’un bon pied et demi. De près, il dégageait de violents effluves de Brut de Fabergé, dans lequel il semblait s’être immergé avant de se présenter.
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Hagard, Kane était sonné comme ce boxeur qui avait reçu un coup de trop. Ce qu’il venait d’énoncer contredisait fondamentalement tout ce en quoi il croyait. Il venait d’écarter la raison au profit du mythe, le réel au profit de la superstition. Il venait de régresser à l’état de croyant terrifié. Mais il devait admettre l’évidence : le surnaturel et la magie s’infiltraient dans la réalité et l’influençaient, qu’il l’accepte ou pas.
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La pauvreté changeait de visage et de forme, mais elle ne disparaissait jamais, malgré les belles paroles des politiciens.
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L’interdit est un instrument de tentation dont le diable joue en virtuose.
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Surtout de nos jours où des légions d’imbéciles ont autant droit de parole des Prix Nobel.
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Videos de Hervé Gagnon (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Gagnon
Trois entre­vues en solo et en rafale avec des auteurs autour d'un même sujet: la musique dans la lit­téra­ture. Quand des auteur·rice·s men­tion­nent des titres musi­caux ou ajoutent des paroles dans leurs pages, cela ampli­fie notre com­préhen­sion de l'univers du livre et nous amène sou­vent vers la nos­tal­gie. Pour dis­cuter de musique dans la lit­téra­ture québé­coise, le Salon a invité Hervé Gagnon (Cross­roads: la dernière chan­son de Robert John­son), Richard Ste-Marie (Stig­mates) et Marie Hélène Poitras (La désidéra­ta) à des entre­tiens express. Ani­ma­tion: Valérie Roberts.
Avec: Hervé Gagnon, Auteur·rice Marie Hélène Poitras, Auteur·rice Richard Ste-Marie, Auteur·rice Valérie Roberts, Animateurrice
Livres: Désidérata (La). Stigmates Crossroads
Le Site Web du #SalonDuLivreDeMontreal : https://www.salondulivredemontreal.com/
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