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EAN : 9782840498322
272 pages
Seguier Editions (28/04/2022)
4.14/5   7 notes
Résumé :
« Patrick Procktor avait-il seulement existé ? N’était-il pas plutôt un pseudonyme de David Hockney, une construction ? […] Les ressemblances entre certaines œuvres des deux artistes étaient si extraordinaires, au niveau de l’inspiration, de la mise en scène du modèle, de la technique, des matériaux employés comme du choix des couleurs, que s’ouvrait sous nos pieds un possible mystère tel que l’histoire de la peinture sait parfois en engendrer. »

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
J'ai eu envie de lire ce livre car je connais les oeuvres de David Hockney mais n'avais jamais entendu parler de Patrick Procktor ; c'est pourtant lui dont le nom est écrit en gros sur la couverture de cette biographie, rejetant à l'arrière-plan celui de David Hockney.
Fabrice Gaignault a peut-être ainsi voulu rendre hommage à ce peintre, dont le talent égalait, voire surpassait celui de son contemporain et qui est tombé dans l'oubli, déjà de son vivant.
Pourquoi deux amis, qui se sont rencontrés en 1962, à la fin de leurs études d'art, fusionnels pendant une dizaine d'années, se nourrissant artistiquement l'un de l'autre, ont-ils pris des chemins si éloignés, l'un vers la lumière et la gloire, l'autre vers la déchéance et l'oubli ? Telle est la question que pose l'auteur, à laquelle il va tenter d'apporter une réponse en interviewant tout ceux qui ont connu Patrick Procktor et en particulier, le plus célèbre d'entre eux, David Hockney, retiré en Normandie mais peignant toujours autant. Il ne donne pas de réponse définitive car il n'y en a probablement pas mais nous fait approcher au plus près l'amitié entre les deux hommes, la longue descente en enfer de Patrick Procktor sur fond des années 60, les Swinging Sixties, le hippie chic, le Pop Art qu'incarnent en particulier Andy Warhol et David Hockney avec leur exagération, leur bouillonnement culturel.
Patrick Procktor est né à Dublin le 12 mars 1936 et s'éteint le 23 août 2003 à 67 ans dans un complet dénuement. Ayant perdu son père très jeune, il est confié à ses grands-parents excentriques et anticonformistes. Par manque d'argent, il est inscrit dans une école d'art mineure. Mais son talent le fait connaître très vite et lui offre le succès. En 1962, il rencontre David Hockney et naît entre eux une amitié profonde, fusionnelle, qui durera une dizaine d'années, à tel point qu'ils sont été surnommés « Prockney ». Les deux hommes s'éloigneront peu à peu pour ne pratiquement plus avoir de contact à partir de 1975 et Patrick Procktor rentrera dans une spirale d'autodestruction qui le conduira à la misère et à la maladie.
Les explications sur les chemins divergents des deux hommes varient selon les personnes interviewées mais on retrouve des constantes :
*Patrick Procktor ressentait le syndrome de l'imposteur et avait un complexe d'infériorité qui le rendait soit exagérément timide, soit exagérément agressif
*Patrick Proctor a vu progressivement son ami entrer dans la lumière du Pop Art et de l'hyperréalisme alors que lui était rejeté dans l'ombre, peignant des aquarelles magnifiques mais qui n'étaient plus à la mode
*Patrick Procktor reste en Grande-Bretagne alors que David Hockney s'installe à Los Angeles où sa renommée éclate.
*Patrick Procktor était un dandy dilettante, aimant la fête, qui se mit à boire beaucoup après l'échec d'une exposition aux Etats-Unis alors que David Hockney aime être au calme, travaille beaucoup et était ambitieux.

Cette biographie, sur fond d'une période un peu folle, est passionnante, truffée de références artistiques ; j'avoue que j'ai dû aller en chercher certaines sur Internet, apprenant ainsi de nombreuses choses fort intéressantes. le destin de Patrick Procktor est magnifiquement rendu par Fabrice Gaignault qui, par sa belle écriture, redonne vie à un artiste oublié.

Je regrette que l'auteur se soit vu refuser, au dernier moment, l'autorisation d'insérer des photos des oeuvres de David Hockney et de Patrick Procktor par la société artistique du premier et les détenteurs des droits pour le second alors qu'elles sont accessibles sans difficulté sur Internet.
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Dans Patrick Procktor, le secret de David Hockney, Fabrice Gaignault nous emmène à la découverte du peintre britannique Patrick Procktor, quasi inconnu du grand public, mais à l'oeuvre riche mêlant aquarelle (principalement) et peinture à l'huile. Mais plus qu'un voyage dans l'oeuvre et la vie du peintre, entre biographie et commentaire sur ses oeuvres, le sous-titre du livre, le secret de David Hockney, annonce le véritable sujet de cet ouvrage fort bien documenté par une connaissance précise et érudite des oeuvres et de la période et le privilège d'entretiens avec les principaux intéressés encore en vie. En effet, si le livre évoque en premier lieu la vie et le caractère de ce peintre tombé dans l'oubli, le véritable intérêt réside plutôt dans la relation artistique forte qu'il noua avec le peintre contemporain le plus célèbre du moment et superstar des enchères, David Hockney, avec lequel Patrick Procktor partagea une amitié aussi intense que brève alors qu'ils n'étaient tout deux que de jeunes étudiants en école d'art.

L'absence de reproduction des oeuvres des deux artistes (pour des questions de droits d'auteur mystérieusement refusés) n'empêche pas une méticuleuse étude des oeuvres des deux artistes, aux ressemblances aussi flagrantes que profondément troublantes. Avec comme question: « De Procktor ou de Hockney, qui avait été le précurseur de l'autre ? » Cette question, que l'auteur tente d'élucider à la manière d'un détective frôlant parfois l'enquête à la Agatha Christie lorsqu'il recueille successivement les témoignages de David Hockney et d'anciens témoins, rend l'ouvrage intéressant de bout en bout.

Le temps fort du livre est d'ailleurs le long entretien réalisé par l'auteur avec David Hockney dans sa résidence en Normandie. Cette rencontre, qui arrive environ à la moitié du livre, est moins l'occasion d'évoquer son ancien ami disparu Patrick Procktor, que d'échanger sur sa pratique artistique et sa vision de l'art. Si le sujet principal de l'ouvrage n'est jamais loin, ces quelques pages de digression de David Hockney apparaissent comme infiniment précieuse de la part d'un artiste habituellement peu bavard et discret. Elles sont l'occasion pour l'artiste de livrer sa vision de l'art actuelle et future et notamment des propos très éclairants sur l'infinie richesse de la peinture par rapport à la photographie.

L'ouvrage bénéficie en outre d'une riche iconographie composée essentiellement de photos de Patrick Prochtor et David Hockney qui permettent au lecteur de se représenter les deux artistes au travers des différentes époques. Fabrice Gaignault sait nous faire partager son enthousiasme pour le peintre et son oeuvre et contribue assurément de part son ouvrage éclairé, pédagogique et documenté à une réhabilitation progressive de Patrick Procktor.
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J'aime bien le romancier Fabrice Gaignault : d'"Aspen Terminus" en passant par "Vies et mort de Vince Taylor", "Bobby Beausoleil et autres anges cruels" et "La vie plus douce", je suis son parcours littéraire et j'y trouve matière à réflexion, à apprendre.
Ici, l'auteur nous présente un illustre inconnu (enfin du moins pour moi) : Patrick Procktor, surgi à Londres dans les années 60, était un "jumeau" d'un point de vue pictural d'un blond à lunettes, qui lui ramait à l'époque : David Hockney. Procktor aussi grand que Hockney, aussi brun qu'il est blond (enfin maintenant blanc), a connu très vite la célébrité artistique, mais contrairement à Hockney, a disparu du paysage artistique, même au Royaume Uni.
Irlandais de Dublin, cultivé, c'était une personnalité extravagante, pleine de charme, qui faisait trop la fête, tentait trop d'expériences et qui s'est égaré. Si Hockney et Procktor sont tous deux allés aux USA, seul Hockney saura gérer et trouver une voie picturale qui fera son succès.
L'auteur a pu s'entretenir avec Hockney qui réside en Normandie et utilise maintenant d'autres supports pour créer, ainsi qu'avec d'autres personnalités qui ont connu Procktor.
On croise dans ce texte : Ossie Clark, créateur de mode, Lucian Freud, Francis Bacon, Gilbert et Georges, la princesse Margaret et tant d'autres ... Agrémenté de photos de Procktor, mais sans ses peintures, ce texte résonne comme un souhait de remise en orbite du travail sous-estimé de ce peintre qui se plongea dans les techniques de l'aquarelle au cours d'un tour du monde dans les années 90, pour en explorer toutes les facettes. Sa mort en août 2003, alcoolique, d'une embolie, solitaire, met le terme à une vie et à un parcours inachevé.
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Merci aux éditions Séguier pour l'envoi de cette enquête que j'ai beaucoup appréciée.
Mais qui est Patrick Procktor ? Artiste iconoclaste, dandy sublime, meilleur ami de David Hockney pendant des années. Fréquentant la princesse Margareth, et les grandes figures de la culture pop, puis disparaissant de la lumière peut être de sa propre volonté.
Personnage mystérieux et certainement incompris, aquarelliste magique, bref un homme difficile à cerner qui finira seul et sans argent.
Une enquête très bien menée et passionnante sur un homme peu connu.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Patrick Procktor adorait observer la ménagerie humaine, avec ses petitesses, ses turpitudes, et parfois aussi ses merveilleuses insolences, une habitude qui tenait autant d’un réflexe de peintre que d’une gourmandise de socialité avide de tout ce qui pouvait nourrir son imaginaire et son carnet d’adresse.
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Le destin malheureux de Patrick Procktor explique-t-il sa déchéance - provisoire - en tant qu’artiste important de son temps ? Ou son oeuvre s’est-elle fait l’écho peut-être trop hyperréaliste de sa descente aux enfers et éloigne-t-elle les amateurs d’art, comme un mauvais oeil, à l’image de ces poupées vaudoues de la rue des Beaux-Arts qui lui faisaient face le temps de l’accrochage chez Love&Co ? Toute oeuvre gagne en intérêt à la lumière de ses zones d’ombre et des secrets qu’elle renferme.
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« Il est impossible de représenter vraiment la réalité. […] Je voulais de mon côté divertir le spectateur, avec des pointes d’intensité et d’humour, pour que le spectateur me suive dans cette tentative et cet échec, à la fois inévitable et comique, de représenter parfaitement le monde. Malgré tous les efforts que vous pouvez fournir, la seule chose à laquelle on ne peut échapper est le désir que cette image soit parfaite, mais dès le premier coup de pinceau, vous êtes déjà dans l’erreur. »
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Ses derniers moments d’errance et de désespérance sont tellement tristes… C’était au fond un garçon très spécial qui n’a jamais su apprivoiser le bonheur. J’ai longtemps craint qu’il soit oublié, ce qui serait affreux parce que c’est un superbe artiste. Je suis heureuse de constater que beaucoup de jeunes amateurs d’art le découvrent et le chérissent. Personne ne doit jamais oublier Patrick.
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Chez Procktor, une grande partie du travail a été effectuée avec une économie de moyens. […] Il y a, chez lui, quelque chose de l’ordre de la tendresse qui est très beau. Il est plus affectif, je dirais même plus adolescent que Hockney et cela apporte un charme en plus. Il y a plus d’émotions dans son dessin que chez Hockney qui reste plus froid.
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Videos de Fabrice Gaignault (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabrice Gaignault
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/ Fabrice Gaignault est un nom bien connu du milieu littéraire parisien. Responsable des pages culture dans plusieurs magazines féminins, on le retrouve aussi dans le mensuel « Lire » où il chronique l'actualité du Livre. Mais Fabrice Gaignault est aussi écrivain. Outre deux beaux livres sur des périples en Inde et en Ethiopie, on lui doit en 2007 un « Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs » où avec ironie et pertinence, il partage son amour des Lettres. Mais l'autre passion, c'est aussi le rock et le courant qui y était associé dans les années 60 et 70. « Vies et mort de Vince Taylor », « Bobby Beausoleil et autres anges cruels » et « Egéries sixties » sont quelques uns de ses titres sur le sujet sans oublier « Aspen Terminus », l'histoire de cette petite frenchie qui va vivre dans l'entourage des Rolling-stones jusqu'à s'approcher trop près du soleil et tuer son amant. Au-delà de ce côté sexe, drogue et rock'n roll, la bibliograhie de Fabrice Gaignault se complète de ce roman en 2012, « L'eau noire » et de son « La vie la plus douce ». C'est le jeune Adrien que nous allons suivre, de son enfance à son entrée dans le monde adulte, du soleil d'Algérie à la grisaille parisienne. Une famille issue de la bonne bourgeoisie mais où on vit à l'heure de la liberté factice des années 60 et 70. Un père démissionnaire, un mère artiste qui sombre dans la folie, un frère aîné dont les addictions entrainent la violence et tout un tas de personnages plus ou moins connus qui font de ce livre une autobiographie qui ne dit pas son nom. Fabrice Gaignault le dit sans ambage, c'est un roman, une fiction librement inspirée de sa propre vie et le jeune Adrien lui ressemble furieusement. Un livre écrit comme une évidence, peut-être pour être enfin en paix avec soi-même. Un livre qui raconte une adolescence malmenée dans laquelle le jeune garçon observe ce monde baroque, interlope, parfois sulfureux dans lequel on le fait grandir. Mais où est l'affection et comment grandir quand les ombres des disparus prennent tant de place ? Avec une écriture dans laquelle l'émotion est à fleur de peau, les scènes cocasses succèdent aux passages délicats où chaque être montre sa fragilité. L'histoire d'un gamin qui cherche sa place dans un monde d'adultes qui eux-mêmes passent à côté de leurs vies. « La vie la plus douce » de Fabrice Gaignault est publié chez Grasset.
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