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EAN : 9782707318855
121 pages
Éditeur : Editions de Minuit (15/09/2004)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Le Gailly nouveau ? Merveilleusement musical, de plus en plus pictural, toujours en quête du moment de grâce qui nimbe la rencontre de deux êtres appelés à devenir, l’espace d’un instant, « un beau couple ».
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  27 septembre 2016
Encore un roman. Dernier Amour. Beau et tendre à la fois. Un couple séparé. Certes quelques beaux restes, ils s'aimaient pourtant. Oui mais la mort inéluctable. Surtout ne pas la voir au travers des yeux de l'être aimé. "Il y aura encore des jours. Personne ne sait combien. Au moins un. Celui-ci. Un autre nouvel aujourd'hui. Il commençait. Etait commencé. Déjà bien entamé. Il était onze heures du matin. L'heure la plus lumineuse. La plus douce, la plus agréable quand il fait beau. Il faisait beau." p.90 Encore une critique.
J'avais vraiment aimé Un soir au club. Je crois avoir préféré celui-ci. Qui vient le compléter. En quelque sorte car ce n'est pas une suite. Mais quel plaisir de retrouver par hasard Simon et Debbie. Bien des années plus tard. Ce n'est plus le feu ravageur de la passion. Enfin ils sont mariés. Ont un club. Lui joue du piano. Elle chante. Belle surprise de les retrouver ainsi à la fin du périple de Paul. Quel bonheur d'avoir suivi le conseil avisé de les lire dans cet ordre.
Mais ce récit est bien celui de la vie de Paul Cédrat. le flop de son quatuor à cordes. L'interruption par les huées lors de sa première à Zurich. Il est déjà au-delà. Avec Christian Gailly tout se devine. Se révèle peu à peu. La montée dans l'ascenseur du Grand hôtel international avec une jeune femme aux yeux injectés de sang. Susurre à mon subconscient Ascenseur pour l'échafaud. Puis vient la confirmation : deux ou trois jours. Sauf erreur médicale. Dans un sens comme dans l'autre. L'auteur assume la narration, parfois hors champ. Forte impression de cinéma. Et comme Hitchcock vous le reconnaîtrez peut-être. Très furtivement.
Les thèmes se répètent et d'avoir lu l'un avant l'autre se font échos à distance. Sur des rythmes différents ils font vibrer les mêmes cordes. Sensibles tout autant. Les mêmes thèmes d'autres temps.
Désormais hors propos le swing. Et même le vibrato. Les mêmes images. Un homme marche en tenue de ville sur une plage poussé par le destin. Un peu hagard mais très digne. Une curiosité.
Debbie s'installe toujours en bout de plage. A droite là où commencent à s'amonceler les rochers. Elle nage. "Elle fait partie de ces femmes qui s'en vont loin nager longtemps. Elle est mince, grande, elle ruisselle. Athlétique, non, pas spécialement." p.65
Et les souvenirs s'ajoutent aux souvenirs. de loin en loin les ricochets ont laissés des traces à la surface de l'eau. Autrement paisible. Et je finis par entendre tout là-bas ... La Fanette.
"Faut dire qu'on ne nous apprend pas
Mais parlons d'autre chose." (*)
Tout le monde n'aimera pas. C'est certain. Voilà pourquoi : " le quatuor de Paul comprenait six mouvements. Tous très lents. Que des adagios. Une élégie. Une sérénade. Un intermezzo. Un nocturne. Une marche funèbre. Un épilogue." p.15 A moins de le lire dans la douceur d'un début d'automne. C'est si beau. L'automne. Et celui de la vie. Toujours trop courte la vie. Une belle mélodie à la portée de tout un chacun. Que l'on retient. Que l'on voudrait toujours retenir. Encore une petite minute.
Bye bye blackbird.
(*) Jacques Brel
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cuisineetlectures
  27 septembre 2013
Paul est compositeur mais ce soir le public du festival d'été de Zurich a conspué sa dernière oeuvre. Il rentre à l'hôtel se reposer avant de rejoindre Les flots bleus, sa maison au bord de la mer. Il ne lui reste que quelques jours à vivre. C'est un homme élégant, digne face à la maladie qui a décidé s'éloigner de sa femme Lucie, pour s'éteindre seul.
C'est un joli peignoir gris trouvé sur la plage qui va colorer une dernière fois son existence. Et qu'importe si c'est porté par les circonstances, il décide d'aimer une femme rencontrée par hasard, ce sera son « dernier amour ».
Pour cette dernière partition, tout son être goûte et savoure encore chaque seconde, amplifie chaque émotion, tous ses sens sont en éveil. Christian Gailly détaille chaque scène, les couleurs, les odeurs, les sensations sont à fleur de peau. L'auteur est un musicien de jazz, son écriture est rythmée, elle sonne juste, comme dans « Un soir au club » que j'avais déjà beaucoup apprécié.
Ce roman suggère de magnifiques plans cinématographiques. J'imagine très bien Stéphane Brizé filmé André Dussolier tombant amoureux d'Isabelle Huppert, un brin mystérieuse.
Ce livre court se lit avec plaisir, le temps d'une séance au cinéma …
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Ambages
  18 avril 2016
Quelle joie de retrouver Simon Nardis et Debbie ! Je ne m'y attendais pas. Mais quelle bonne surprise... je ne sais pas pourquoi j'ai eu un flash en lisant ce paragraphe : « entre les deux transats un livre avait été abandonné à même le sol. Mélange de sable et d'herbe rase. Posé comme ça, pas refermé, ouvert et retourné. A en juger par le titre il devait s'agir d'une soirée mémorable dans un night-club. » Là je me dis, ouuuh Monsieur Gailly, je vois qu'on s'amuse bien ! Et j'adore ça ! Et puis voilà que Debbie pointe le bout de son nez, ou plus exactement, elle toque à la porte de Paul pour récupérer son peignoir de bain laissé au bord de la mer...
Et la magie de l'auteur est intacte : « En tout cas ce peignoir est à moi, dit-elle. Et je peux le prouver. J'ai un témoin. Ah bon ? dit Paul. Cause toujours, pensait-il. Tant que tu es là, libre à moi de penser que tu l'es pour moi. D'ailleurs je l'aime déjà. C'est trop tard mais je l'aime déjà. Peu importe pourquoi. Hypersensibilité. Hyper ceci, hyper cela. Coeur hypertrophié. Appelons ça comme on voudra. Ou un sixième sens. Celui de l'urgence. Quoi qu'il en soit. Ça risque de faire mal. C'est sûr. Ça va faire mal. C'est bien simple, j'ai déjà mal. Ne cherche pas à l'éviter. Ce mal-là c'est le plus beau. » Debbie vous faites à nouveau une victime !
J'aime ce style haletant, éprouvant, qui puise au fond des tripes pour dire des vérités essentielles et si simples qu'elles font peur. Cette manière hachée d'écrire est très particulière. Je trouve qu'elle correspond tellement bien à l'état physique et psychique de Paul. Pourquoi je ne parle pas plus du personnage principal, Paul ? C'est difficile parfois quand des sons vibrent trop fort, trop doucement. Alors j'écoute Peggy Lee chanter Bye bye blackbird, et j'entends Debbie fredonner bye bye tout doucement aux oreilles de Paul. J'ai adoré ce court roman, j'ai retrouvé les thèmes qui me plaisaient dans Un soir au club : musique mer mort passion, des histoires contrariées de couples. Et je souffre pour Lucie, « Il est en vie. Merci. »
Une jolie impression de travelling, comme au cinéma dans ce roman. « Pour nous tout à l'heure les hortensias bleus étaient à gauche. Pour elle ils sont à droite. ... de même qu'elle voit à gauche le salon de jardin. le grand parasol écru. Elle voit même le livre abandonné face contre terre entre les deux transats. Elle voit tout ça mais l'émotion. Une crainte confuse. »
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brigittelascombe
  03 mars 2012
Roman d'une rare sensibilité, Dernier amour de Christian Gailly (romancier dont Un soir au club a obtenu le prix Livre Inter et dont L'incident a été adapté au cinéma) nous livre les derniers jours d'un compositeur connu Paul Cédrat "grand spectre osseux" très élégant (que l'on suppose atteint d'une tumeur au cerveau) qui s'en revient épuisé du Festival d'été de Zurich où sa musique a été huée par un public trop jeune pour la comprendre (ce qu'il va admettre en observant un couple d'ados centrés sur eux-mêmes).
Ayant éloigné son épouse Lucie pour la préserver du spectacle de sa mort, le hasard et le peignoir d'une charmante baigneuse (sur la plage proche de sa propriété des Flots bleus) confondu avec celui de Lucie va l'entraîner (entre vertige et évanouissement) dans une ultime promenade et sublime rencontre musicale sur berceuse et piano-jazz.
Lucie,de son côté, angoissée par son silence téléphonique, tentant de le rejoindre écoutera avec émotion un chauffeur de taxi inconnu et une dernière déclaration d'amour, avant de se laisser aller à la joie de savoir Paul encore vivant.
Des phrases courtes,précises,concises.Un style percutant et très peu de virgules pour montrer l'obligation de Paul Cédrat de se dépécher de vivre encore un peu.Un roman beau et fort, comme une berceuse tendre offerte en cadeau pour apaiser l'angoisse de mort et illuminer un rêve d'amour plausible si...Lucie... "Encore vivace. Très tendre."...
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LiliGalipette
  17 mai 2012
Dernier amour - Paul Cédrat va mourir. C'est une question de jours. A Zürich, son oeuvre est huée, entre cette de Haynd et de Beethoven. A la veille de s'éteindre, il rencontre une femme mystérieuse, celle qui sera son dernier amour.
Un soir au club - Simon Nardis a arrêté de jouer du jazz en cessant de boire. Il mène une vie rangée d'époux fidèle, et écoute de la musique classique. Mais il suffit de si peu, d'un peu de hasard, pour que la fièvre du jazz le reprenne. Et la fièvre de l'amour aussi, avec Debbie. Une soirée et une journée suffisent pour que tout s'enchaîne, trop vite, comme un swing endiablé.
Comme avec tous les textes de Christian Gailly, il est toujours criminel et dangereux d'en dire trop. Il y a toujours de la musique, des femmes, des clubs de jazz et des destinées sublimées. J'ai lu les deux romans l'un à la suite de l'autre, et j'y ai trouvé une cohérence narrative très intéressante, comme une mélodie qui s'enchaîne...
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critiques presse (1)
Telerama   23 octobre 2013
Livre de silences, de délicieux hasards, d'instants lumineux et ironiques, Dernier Amour est une courte fiction, à la fois banale et exceptionnelle, comme une chanson douce, un refrain qui reste en tête.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
KroutKrout   26 septembre 2016
Et tandis qu'il s'approche du sofa il se débarrasse de sa veste. La jette sur le sofa et pose les yeux sur la table basse. Une lettre pour lui. Un mot de Lucie. [...] Entre autres choses émues. Gentilles et douces. Mots d'amour. Petits noms et paroles intimes qui ne nous regardent pas. Elle lui disait ceci :
Le frigo est plein. Fais-moi plaisir. Essaie de t'alimenter. Je suis sûre que tu n'as rien mangé depuis je ne sais combien de temps. J'ai enregistré le concert à la radio. Si tu veux l'écouter. La cassette est rembobinée. Je l'ai laissée dans le lecteur de la chaîne. [...] Appelle-moi si tu veux. Dis-moi comment tu vas.
+ Lire la suite
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brigittelascombebrigittelascombe   03 mars 2012
C'est tout de même bête d'avoir passé toute une vie avec une femme et de s'apercevoir seulement maintenant qu'on est fait pour marcher au bras d'une autre.L'a-t-il pensé? Senti?Bien sûr que oui.Mais ça n'était que cette vieille envie de vivre.Non pas de recommencer.Juste continuer.
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brigittelascombebrigittelascombe   03 mars 2012
Pas de radio.Pas de musique.Pas de lecture.Restait le téléviseur sur sa console en élévation.Il l'alluma pour bientôt l'éteindre.Se le reprochant.Bien que de courte durée l'image l'avait happé puis revraché.Il se sentit encore plus seul.Dans un vide vraiment vide.C'est toujours comme ça avec la télé.Il ne faut surtout pas l'allumer.
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brigittelascombebrigittelascombe   03 mars 2012
C'est trop rythmé? Cette musique n'est pas rythmée, dit Paul. Elle cogne indéfiniment sur le même temps.Comme une brute sur la tête de son adversaire mort.Une musique rythmée est une musique qui réfléchit sur la diversité et la complexité des rythmes.
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lalahatlalahat   27 octobre 2015
Elle le réveilla en douceur avec une mélodie que moi j'adore. Malheureusement l'écriture ne nous donne rien à entendre. Si je pouvais je vous la chanterais. Mais ceux qui la connaissent vont la reconnaître. Il s'agit de Bye Bye Blackbird. Elle commença par une jolie introduction de huit mesures puis joua la mélodie en même temps qu'elle chantait.
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