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Philip Craig Russell (Adaptateur)Patrick Marcel (Traducteur)
ISBN : 2914082894
Éditeur : Semic (16/09/2007)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
A son allure, on n'aurait jamais deviné que l'homme assis sur le banc était un ange déchu, depuis des éternités descendu des cieux parmi les hommes pour conter une histoire qui se doit d'être entendue. Une histoire des premiers temps, quand la Terre n'était qu'une idée dans l'esprit divin, quand le péché n'était pas encore connu, une histoire du premier et du plus indicible des crimes perpétrés dans le nouvel univers façonné par Dieu.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
terryjil
  16 juillet 2015
Cette BD est l'adaptation d'une nouvelle radiophonique de Neil Gaiman, qui s'attaque au mythe de la création de l'univers par Dieu et les anges. On commence par un type ordinaire dont on ne connaîtra jamais le nom, un Anglais, coincé en Californie par la météo. Il retrouve une ex à Los Angeles et passe la soirée avec elle, puis retourne à son propre hotel. Avant de rentrer se coucher, il passe une cigarette à un vieil homme qui déclare vouloir le payer en lui racontant une histoire. le récit de cet homme - est-ce bien un homme? - porte sur le tout premier meurtre parmi les anges. Après quoi, il embrasse l'Anglais sur la joue, et ce dernier repart par avion le lendemain.
Si vous avez déjà lu par exemple Neverwhere, Sandman, ou même de bons présages, vous savez déjà que chez Neil Gaiman, les anges ne sont pas forcément très recommandables... Raguel est l'ange de la vengeance, réveillé pour punir l'assassinat de Carasel. Il interroge pour cela Zephkiel, Phanuel, Lucifer et Saraquael . Raguel découvrira bien le coupable et appliquera sur lui la justice du Seigneur, mais personne n'en sort indemne, surtout pas Lucifer, et Raguel lui-même, déboussolé par ce qu'il a été amené à faire. Raguel est un très beau personnage, plein de doutes, de mélancolie et de nostalgie d'une innocence perdue, avec son espoir de rentrer un jour chez lui. Mais en disant cela, je suis injuste envers les autres, qui sont tous très intéressants avec chacun leur caractère et leur personnalité pleine de failles. Russell leur a donné un physique très américain: la tenue beige de sheriff ou de marshall irait très bien à Raguel, Phanuel fait petit cadre mesquin et timoré malgré la grandeur de sa tâche. Saraquael quant à lui a un tête de surfeur ( l'histoire est racontée en Californie après tout!). Seuls Zephkiel, et Lucifer ( à la peau bizarrement mauve) correspondent plutôt aux canons des modèles de renaissance italienne, traits doux et fins, cheveux longs.
Le dessin de Russel peut sembler sommaire, voire décevant, à première vue; mais il dit l'essentiel avec beaucoup d'efficacité, tout comme sa narration. Pas d'hypertrophie graphique comme dans beaucoup de comics mainstream. Il complète les infos du texte sans redondance, sans trop en dire non plus, exercice plutôt compliqué quand on travaille sur un tel matériau littéraire. le dessin a la simplicité de ceux qui n'ont pas besoin d'en dire plus, sans esbroufe, ce qui correspond parfaitement à l'esprit du texte... Il évoque bien, sobrement, le décor du paradis... ainsi que la construction des concepts auxquels travaillent les anges. Bien distincts dans leurs physiques, les anges, certes asexués, ont un corps clairement masculin, et sont pratiquement tous nus; la bd en tire un certain côté gay, sans compter l'explication du meurtre et le baiser fait à l'Anglais... Mais ça n'est que mon avis! Il exploite aussi les possibilités de la bd avec cette bande blanche, écho du trou de mémoire du personnage principal, ou les petites cases de dialogue, où l'on se rend compte de l'importance des détails d'une discussion, ou encore la colorisation des bulles de Raguel lorsqu'il est possédé par sa fonction.
L'écriture de Neil Gaiman est subtile ( enfin, je n'en sais trop rien avec le double filtre de l'adaptation de P.Craig Russell et la traduction par Patrick Marcel) , avec cette touche distanciée qui fait l'humour de ses histoires. L'importance du non-dit est une plaisante confiance dans l'intelligence du lecteur. Cela en fait aussi une histoire fantastique au sens de Todorov: à la lisière de la réalité, sans qu'on sache si le surnaturel est bien présent ou pas. le vieil homme a-t-il bien été jadis Raguel, cet ange vengeur et bouleversé, et a-t-il réellement effacé la mémoire de l'Anglais pour une raison qui n'appartient qu'à lui, ou est-il simplement un vagabond à l'imagination mystique et l'Anglais juste très fatigué comme il le reconnaît lui-même? La mise en abyme prend tout son sens à la fin...
Pour résumer, il s'agit d'un très bon one-shot, qu'on peut lire de multiples fois sans en épuiser le pouvoir d'interprétation, et avec un plaisir renouvelé tant l'association texte-image fonctionne bien.
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critiques presse (1)
BDZoom   05 septembre 2016
Un trésor pour les fans… S’ajoutent à tout ceci quelques croquis, planches, recherches qui parachèvent cette réédition en beauté. Très chouette !
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
terryjilterryjil   16 juillet 2015
"- Bâti en 1930. Incroyable de penser qu'il est encore là. J'aurais aimé connaître cette époque.
- 1930? Ah. Tu n'es jamais allée en Angleterre, si?
- Non. Pourquoi?"
J'ai fait une réponse polie, en tentant de prendre la mesure d'une ville où soixante ans représentent une longue durée.
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terryjilterryjil   16 juillet 2015
Le manque de sommeil m'avait poussé en cet état misérable où tout paraît plat et égal, où rien n'importe; où la réalité semble râpée jusqu'à la trame, élimée.
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terryjilterryjil   16 juillet 2015
S'il est vrai que tous les sept ans, chaque cellule du corps meurt et est remplacée... alors, j'ai bel et bien hérité ma vie d'un mort... et les méfaits de ce temps-là ont été pardonnés... et enterrés avec ses os.
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terryjilterryjil   16 juillet 2015
Je me sentis me transformer. Je ne sais pas vraiment comment t'expliquer, mais soudain, je n'étais plus moi - j'étais autre chose de plus grand. J'étais transfiguré. J'étais ma fonction.
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terryjilterryjil   16 juillet 2015
- C'est beau, n'est-ce pas? La cité, vue de si haut? Et les ténèbres... Au-delà.
- Oui. Il n'y a rien d'autre.
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