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EAN : 9782365771221
496 pages
Urban Comics Editions (09/11/2012)
4.36/5   242 notes
Résumé :
Morpheus, le seigneur des rêves, a été emprisonné en 1916, par un groupe occulte. Après avoir fomenté son évasion pendant presqu’un siècle, il réussit à s’échapper et se lance dans une quête pour redevenir le Maître des songes. Hantant les cauchemars et les désirs des hommes, il ira jusqu’en enfer retrouver son dû. (contient Sandman # 1-16)
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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C'est la série télé qui m'a convaincue de me lancer dans ce cycle de comics considérés comme le chef-d'oeuvre de Neil Gaiman. Et passer de l'un à l'autre était effectivement un excellent moyen de se familiariser avec le format des comics, qui peut être déroutant quand on y est peu habitué.e.

Morpheus est la personnification du concept de rêve. Au cours de la Première guerre mondiale, il est capturé par un groupe d'occultistes et enfermé pendant 70 ans. Lorsqu'il parvient finalement à se libérer, il cherche à récupérer ses pouvoirs et à réparer les dégâts causés par sa trop longue absence.

Voilà le point de départ d'une série d'histoires plus ou moins longues, centrées autour du personnage de Morpheus, alias le Maître des rêves, Sire Modeleur, Sandman, etc. Au fil des tomes se déploie peu à peu une mythologie (voire une méta-mythologie) extrêmement riche et vertigineuse où paraît tout le talent de Neil Gaiman.

Le tout n'a rien de décousu. À mesure que l'on enchaîne les tomes émerge peu à peu un fil rouge qui éclaire peu à peu l'ensemble de la série : les mythes, quoique profondément ancrés dans l'inconscient collectif, finissent immanquablement par évoluer et par être compris différemment au fil des générations, jusqu'à parfois atteindre un point de rupture (un thème que Neil Gaiman reprendra, d'une manière différente, dans son roman American Gods).

D'une certaine façon, on peut aussi lire cette série comme une célébration du pouvoir des histoires et de l'imagination : je trouve habituellement ce thème éculé, mais peut-être parce que personne ne le traite avec autant de richesse, de subtilité et de profondeur que Neil Gaiman.

C'est très érudit et bourré de références sans jamais être indigeste (à mon sens), ça flirte parfois avec l'horreur - eh oui, les rêves, ce sont également les cauchemars - et c'est bourré de personnages truculents, dont le rigide et implacable Morpheus n'est pas le moindre. Bref, c'est une réussite absolue.

Pourquoi seulement quatre étoiles, alors? Eh bien, après avoir lu la totalité de la série, je trouve que le premier tome est le moins réussi. J'ai beaucoup de difficultés avec le style du premier dessinateur, Sam Kieth - celui-ci sentait d'ailleurs que sa vision artistique ne concordait pas avec le projet, qu'il finira par quitter. Par ailleurs, on sent que Neil Gaiman tâtonne encore pour trouver le ton juste. le fait qu'il doive raccorder son univers avec celui de DC comics n'aide pas vraiment à atténuer cette impression (il s'en affranchira par la suite, à mesure que le succès de la série lui laissera plus de liberté créative).

Aussi, passé ce premier tome encore un peu rugueux, une fois qu'on a pris ses marques, la suite de la série coule toute seule et se mérite un cinq étoiles.
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« HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!!!!!!!!!! Neil Gaiman, Neil Gaiman, NEIL GAIMAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

-Déidamie ?

-Sand-man ! *taptaptap* Sand-man ! *taptaptap* Sand-man ! *taptaptap*

-Ah ouais, alors ça va vraiment pas mieux, hein…

-Sandman est le meilleur comics de tous les multivers !!!! Si je pouvais rouler des pelles à une série, ce serait celle-là !

-OK… ben, je vais faire l'intro, hein, j'espère que tu seras un peu calmée après… Salut les moches, aujourd'hui, on va parler du premier tome de Sandman, une BD américaine scénarisée et écrite par Neil Gaiman, dessinée par plein de gens, Sam Kieth, Mike Dringenberg, Michael Zulli...

Bon, alors, ce qu'on vous critique, c'est la réédition. Vous tenez donc un bouquin intenable, excessivement lourd, épais et peu maniable. Impossible de lire ça dans les transports en commun.

-Mais tout à fait possible dans le confort du lit ou du canapé ! En revanche, la première édition est plus légère. N'hésitez pas si vous la trouvez en bibliothèque.

-Oh si, hésitez. Franchement, hésitez. Sandman, la première fois que je l'ai lu, je me suis cassé les dents dessus. Ca ne ressemble à rien de connu. Je ne comprenais rien du tout !

-Et comme je suis têtue, je l'ai aussitôt relu, pour vérifier qu'il ne voulait rien dire… et là… paf ! L'illumination ! C'est avec cette série que j'ai fait la connaissance de Neil Gai…

-Oui, ça va, on sait qui l'a écrit Déidamie, on va pas répéter son nom cinquante mille fois. Tu fais le résumé, maintenant que tu as arrêté de sauter partout ?

-Oui, j'y vais. Or donc, Sandman, ou Morphée, le roi des rêves, est capturé par des humains qui lui volent ses outils et l'enferment pendant 70 ans. Quand enfin il parvient à s'échapper, il part en quête de deux choses capitales : ses outils et une bonne vengeance bien sentie.

Vous l'aurez compris, on nage en plein fantastique, mais un fantastique qui est ancré à la fois dans notre monde, pour les allusions à l'histoire, dans notre littérature, pour tous les clins d'oeil et citations, et dans l'univers du comics : les allusions aux super héros sont nombreuses et explicites. Et, non seulement la BD joue avec ces strates, mais elle en ajoute une supplémentaire avec le fonctionnement de l'univers.

-Le fonctionnement de l'univers, rien que ça ?

-Mais oui. Qui est Sandman ? le roi des rêves. Il a donc un travail, une fonction à accomplir. En quoi consiste-t-elle ? Comment s'y prend-il ? A-t-il des ennemis ? Qui d'autre s'occupe de l'univers ? La BD répond à ces questions et je trouve passionnant de voir le fonctionnement de la vie et de l'au-delà avec une perspective immortelle (ou presque).

-Mouais, alors, la partie sur la mort, hein… je suis dubitative.

-Oui, je vois pourquoi, une des cases fait particulièrement mal… On pourrait craindre un propos comme « la mort fait partie de l'ordre de la vie, faut l'accepter et puis c'est tout », mais la narration reste à taille humaine là-dessus : c'est nécessaire, mais c'est aussi putain de douloureux et injuste. La souffrance infligée par la mort n'est pas occultée.

-Je tiens quand même à répéter que le bouquin n'est pas facile d'accès. le dessin est… discutable. Les planches sont saturées de détails, avec des médaillons, des bandeaux, des arrière-plans étranges.

-Je trouve que c'est magnifique !

-Je trouve que c'est lourdifique ! Les couleurs sont parfois criardes. Quant au découpage des planches, il n'a rien d'intuitif. Parfois, tu comprends du premier coup d'oeil, quand il s'agit de mettre deux personnages en situation d'affrontement, d'autres fois les cases imitent les cassures d'une céramique, pour traduire la détresse ou le danger, et là, bonne chance pour t'accrocher. Sans compter les fois où tu dois retourner le livre pour trouver le sens de lecture, comme pour le rêve de Rose Walker.

Tiens, en parlant de Rose Walker, son histoire m'avait bien déboussolée, aussi.

-Ah bon ? Pourquoi ?

-Parce qu'elle est censée chercher son petit frère perdu, Jed (je ne vous spoile pas, c'est la base de l'histoire). Et tu ne la vois jamais faire ! Tu la vois prendre un appart', aller au théâtre… pourtant, elle le cherche, hein ! Simplement les images ne le montrent pas explicitement. Ce genre de décalage entre l'image et la narration rend la lecture ardue.

-Quoi qu'il en soit, cela reste très impressionnant. Rien n'est laissé au hasard, la richesse de la représentation est telle que tu trouves sans cesse une nouvelle métaphore dessinée, un détail qui t'avait échappé, une citation oubliée. Moi, j'aime beaucoup les lunettes qui ont l'air d'ajouter une autre paire d'yeux au personnage.

-Ah, et si vous n'aimez pas l'horreur, ne lisez pas, hein. Surtout, ne lisez pas ! L'histoire du Dr Dee est… difficile et le personnage du Corinthien commet des choses vraiment répugnantes.

-Qu'est-ce que tu racontes ? J'ai horreur de l'horreur !

-Oui, mais là-dessus, t'as eu du bol, elle est représentée juste-assez-moche-mais-pas-trop pour qu'elle reste supportable selon tes critères à toi. Cependant, on en voit assez pour comprendre ce qui se passe, et rien que ça, ça peut être difficile selon votre sensibilité.

-En conclusion, si vous voulez vous lancer dans l'aventure de Sandman, sachez que ce n'est pas une lecture passive. Elle nécessite votre implication pour suivre les planches et les histoires. Les histoires au pluriel, oui : l'oeuvre est semblable aux matriochkas et contient une foule d'intrigues différentes enfermée dans une plus grande. A vous de faire l'effort de vous souvenir de ce qu'il s'est passé avant pour tout reconstituer ensuite.

Et si vous terminez le livre en vous disant « ça y est, tous les noeuds sont dénoués », sachez que vous vous trompez. Ce premier tome peut se lire seul, oui… vous pouvez considérer que l'histoire se termine, oui. Pourtant, il lance d'autres intrigues, à la fois antérieures et postérieures à ce tome. Quel farceur, ce Neil Gaiman !

J'ajoute en dernier lieu que Sandman constitue une oeuvre qui gagne à être relue, pour mieux en comprendre l'architecture, aussi bien visuelle que narrative. Et pour apprécier les différents échos qu'elle provoque en vous selon votre âge et votre vie littéraire.

Et bonus d'entre les bonus : cette édition propose à la fin des commentaires par NEIL GAIMAN ! HIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!!! »
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A la fin de la Première Guerre mondiale, un passionné de sciences ésotériques qui s'est auto-proclamé "mage" décide d'invoquer la Grande Faucheuse pour l'enfermer et ainsi la contraindre à lui rendre son fils aîné mort à la guerre. Sauf que, ce n'est pas la Mort qu'il capture, mais son frère, Rêve (autrement dit Morpheus). Ce dernier ne pouvant bien entendu pas lui rendre ce que Mort lui a pris reste enfermé , mutique, pendant près d'un siècle. Jusqu'au jour où il est libéré, certains mortels ne rêvent plus si bien, ou ne se réveillent plus. Pour Morpheus, sa sortie de sa prison de verre ne sera pas une simple formalité pour remettre de l'ordre dans ce qui a été troublé. Mais aussi une quête pour retrouver ses artefacts et de comprendre pourquoi il a été emprisonné à la place de sa soeur.

C'est un comics dont l'histoire n'est pas simple à raconter, qui compte de nombreuses ramifications. le moins qu'on puisse dire, c'est que Sandman est un projet ambitieux - du point de vue narratif autant que graphique, même si on retrouve bien sûr beaucoup des codes du comics avec une ambiance presque psychédélique parfois qui a de quoi dérouter le lecteur. Avec Sandman, le marchand de sable, autre nom "populaire" de Morphée, Neil Gaiman utilise la mythologie qu'il revoit un peu à sa façon pour nous parler de notre société actuelle, de ses peurs archaïques et de ses parts d'ombre. Et le résultat n'est pas toujours très beau à voir... La preuve en est que l'adaptation qu'en a fait Netflix a édulcoré certains passages, même si la série reste globalement fidèle voire parfois très fidèle à l'oeuvre originale (reprenant in extenso des répliques du comics).

C'est une lecture qui aura été surprenante et prenante. J'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteur utilise des figures archétypes ou mythologiques connus de façon personnelle et originale pour servir son récit, avec brio d'ailleurs.
Pas sûre qu'après ce gros bébé de presque 500 pages je lirai les six autres tomes, mais j'en garderai indéniablement un bon souvenir.
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Ce gros pavé, qui n'est pourtant qu'un parmi toute une série, m'attendait depuis plus d'un an dans ma Pile à Lire. C'est qu'on ne peut pas l'amener partout ce livre. Et l'objet paraît tellement étrange que l'on se demande de prime abord si ça va le faire.

Eh bien oui, chez moi aussi ça a fonctionné. J'aurais dû m'en douter avec Neil Gaiman aux commandes !

Sandman est tout simplement magnifique d'imagination. L'histoire est ingénieuse, les personnages terriblement étranges, en demi-teintes. Certains monstrueux, d'autres beaux, mais tous "humains" en ce qu'ils sont parfaitement nuancés. Ils évoluent au fil du récit, se cherchent, cherchent leur place au sein de ce monde, ou plutôt de ces mondes devrais-je dire. Car en plus du monde réel, il y a les mondes des Infinis : celui du Rêve, les Enfers, le royaume de Désir etc...

Neil Gaiman interroge en fait l'essence de l'humanité. Qu'est-ce qu'être un être humain ? C'est la question que se pose le Sandman et qui est source de ses actions ou de ses silences.

J'ai eu un peu de mal à me faire aux illustrations, qui tiennent des comics américains, que je ne connaissais guère pour ne pas en avoir lu jusqu'alors. Les contours sont épais, les couleurs assez sombres, il y a beaucoup de gros plans et peu de détails. Mais comme cela sert parfaitement le récit, je m'y suis fait très vite.

Si ce n'était le prix de chaque tome, je me serais déjà acheté toute la série !
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The Sandman fait partie de ces histoires génialement irracontables. Chaque tome raconte une aventure à part entière et, mis bout à bout, ils explorent un univers immense, sombre, glauque, violent, onirique, merveilleux et mythologique, avec en plus quelques clins d'oeils à des super-héros bien connus (Batman, que fais-tu là ?!).

Il y a d'ailleurs comme une étrangeté familière. On reconnaît de nombreux éléments de cet univers : les codes des comics, du folklore (le marchand de sable éponyme, entre autres), des références à diverses mythologies, et des environnements connus tels que les rues d'une métropole, un parc public ou une maison de poupée. Mais ces éléments sont liés ensemble de manière très étrange, car ils ne suivent pas logique de notre monde mais bien celle des rêves. On n'a donc souvent aucune idée d'où on va et quelles sont les lois de cet univers. Et même après de nombreux tomes, le personnage principal de Rêve reste encore difficile à cerner.
Au lieu d'être un obstacle à l'immersion, on est au contraire complètement immergé dans ce chaos onirique, où le banal côtoie le cauchemardesque et le merveilleux ; sur lequel Rêve règne en seigneur tout-puissant.

Dans la mythologie de cet univers, les « Infinis » incarnent des concepts qui touchent à ce qu'il y a de plus universel : les rêves, le désir, le désespoir, la mort... Ils sont au delà des dieux des religions, ces derniers disparaissant lorsque le dernier de leurs croyants décède.
The Sandman a beau être un comics américain, les Infinis n'ont rien de manichéen, et encore moins de super-héroïque malgré leur omnipotence. Ils nous font comprendre et ressentir ce qu'il y a de plus beau et de plus horrible dans chaque facette de l'humain. Sandman a en effet toute une dimension philosophique et métaphysique.

Avoir des personnages représentant des concepts permet d'allier la puissance de la narration à celle des idées.
Ainsi, pour sortir de l'Enfer, Rêve doit vaincre un démon lors d'une bataille de mots, où chacun peut devenir ce qu'il dit être. Rêve dit être l'espoir. En effet, rien ne peut l'éradiquer entièrement car il survit toujours sous une forme ou une autre.
L'espoir plus fort que tout, donc... mais est-ce une bonne chose ? Malgré la victoire de Rêve, Lucifer refuse de le laisser sortir de son royaume, et lui fait remarquer que face à des milliers de démons qui le séparent de la sortie, il n'a aucun pouvoir en ces lieux. Rêve rétorque que l'enfer n'a de pouvoir que si les âmes qui y sont enfermées peuvent rêver du paradis. L'espoir, qui ne parvient jamais à s'éteintre totalement, est alors le pire de leurs tourments.
(Mon petit coeur de fan est attristé que ce ne soit pas Tom Ellis qui joue Lucifer dans cette scène, mais je comprends complètement la démarche artistique. Gwendoline Christie convient beaucoup mieux au rôle pour cette adaptation, aussi bien physiquement que dans son jeu d'actrice. Elle joue l'orgueil dans la prestance là où Ellis le jouait dans l'irrévérence.)

Un autre passage qui m'a beaucoup marquée est celui où John Dee, obsédé par l'idée de rendre le monde plus honnête, acquiert un artefact qui lui permet d'arriver à son but. La conclusion de ce tome soulève quelque chose d'intéressant. Les humains se mentent en permanence à eux-mêmes et c'est cela que l'on appelle les rêves. Ils tiennent grâce à eux, ils ont un besoin vital de ces histoires fausses pour se rassurer, donner du sens au monde et un but à leurs vies. Ces mensonges ne sont pas une mauvaise chose en soi.
Après les atrocités que John Dee a commises en poursuivant son but mégalomaniaque, Rêve ne le punit pas. Sa mission est de maintenir l'ordre dans son royaume et non de rendre justice. Car la Justice est un rêve humain comme un autre.

J'ai été énormément touchée par le personnage de la Mort. En décalage complet avec ses habituelles représentations effrayantes, elle est ici jeune et belle et a un caractère enjoué un brin espiègle. Et surtout, lorsqu'on la rencontre, elle donne l'impression familière de l'avoir toujours connue, comme si elle faisait partie de nos vies. Sa mission est profondément triste et injuste. Et pourtant elle s'en acquitte, afin qu'aucun humain ne soit jamais seul pour son départ vers l'Après.

Enfin, parlons des graphismes. le trait est assez classique des comics américains, du moins de ce que j'en connais (c'est-à-dire assez peu, n'ayant lu que quelques Iron Man et X-Men récents).
L'ambiance des dessins change radicalement d'un chapitre à l'autre, tantôt merveilleux, tantôt anxiogène, occulte, gore, kitsch, exotique, enfantin, historique... Quelques visuels sont vraiment bien trouvés pour illustrer le récit et les idées, et il y a un jeu avec le cadre des images.
Je dois aussi vous parler des couvertures qui sont tout simplement sublimes. Glauques et magnifiques, c'est-à-dire la même dualité supposément paradoxale que l'on retrouve tout au long du récit, dans les rêves et dans la vie. C'est sur cette frontière floue — peut-être inexistante — entre rêve et cauchemar.

Pour conclure : c'est décidé, je lirai l'intégrale. J'ai adoré ce comics. Il m'a fait passer par toutes les émotions existantes et je trouve les idées qu'il aborde extrêmement puissantes et brillamment traitées. Il y a encore tellement de thématiques qui n'ont encore été qu'effleurées que je ne sais pas si 2000 pages seront suffisantes pour explorer toutes ces réflexions passionnantes.

Je vous le recommande très chaudement, même si son étrangeté et sa violence risquent de ne pas convenir à tout le monde.
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critiques presse (1)
Telerama
12 décembre 2022
Avant de devenir une série sur Netflix, Sandman a été — et demeure — une BD capitale dans l’histoire des comics. Publiée entre 1989 et 1996, l’œuvre de l’Anglais Neil Gaiman et d’une pléthore de dessinateurs n’a rien perdu de sa pertinence, ni de sa poésie. Son intégrale est à découvrir en français, dans une très belle édition.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Si mon rêve était vrai, alors, tout ce que nous savons, tout ce que nous croyons savoir est faux. Ça signifie que le monde est à peu près aussi solide et fiable qu’une couche d’écume à la surface d’un puits d’eau noire qui plonge sans fin, et il y a dans ses profondeurs des choses auxquelles je ne veux même pas penser. Ça signifie que nous sommes des poupées. Nous n’avons aucune idée de ce qu’il se passe réellement, nous nous imaginons que nous contrôlons notre vie, alors qu’à une feuille de papier de là, des choses qui nous rendraient fous si nous y réfléchissions trop jouent avec nous, nous déplacent d’une pièce à l’autre, et nous rangent le soir quand elles sont fatiguées, ou qu’elles s’ennuient.
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Dream : Je suis un monde… la vie.
Choronzon : Je suis une nova, l’explosion d’une étoile incinérant les planètes
Dream : Je suis l’univers… appréhendant tout chose, protégeant la vie.
Choronzon : Je suis la non-vie, la bête du jugement dernier, l’obscurité à la fin de toute chose. La fin des univers, des dieux, du monde… de tout.
Et alors, que serez-vous, Monseigneur ?
Dream : Je suis l’espoir.
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—Dites, vous, je ne sais pas qui. Vous savez ce que Freud dit des rêves de vol ? Ça veut dire qu'en fait, on rêve de faire l'amour.
—Vraiment ? Alors, dites-moi, que signifie un rêve où l'on fait l'amour ?
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L'amour n'appartient pas au monde des rêves, mais au désir, qui est toujours cruel.
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- Que lui avez-vous fait ?
- Elle a de vieux fantômes, que je lui ai montrés. Ses pareils errent dans un ressac de vies qu'ils ont sacrifiées à leurs buts, jusqu'à ce que, seuls et sans amis, ils doivent faire le sacrifice suprême.
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Vidéo de Neil Gaiman
Dead Boy Detectives | Bande-annonce officielle VF | Netflix France
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Coraline découvre un autre monde qui semble plus agréable que la réalité. Mais pour y rester, il faut...

offrir son âme à une sorcière
manger une araignée vivante
se coudre des boutons à la place des yeux
oublier son passé
chanter du karaoké

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