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ISBN : 2360543857
Éditeur : Le Mot et le reste (18/05/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Dans les territoires immenses du Montana, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même et maltraité par l'existence, tente de renouer avec ses origines. Il fouille le passé d'un père décédé dans l'ascension du mont Denali et d'une mère internée. II découvre au fil des jours une vie qu'il ne soupçonnait pas, partagé entre admiration et stupeur. Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est habité par une rage qui le mettra en travers de sa quête et le conduira à com... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
vidalfamily19
  13 décembre 2018
L'histoire. Nous sommes de nos jours, dans un coin perdu dans les vastes espaces du Montana. Dans un ranch appartenant à sa grand-mère, Matt Weldon, quatorze ans, apprend à quel point la vie est rude, dure et implacable. Il vient de perdre son père d'une manière brutale. Depuis c'est la descente aux enfers. Au milieu d'une nature foisonnante et impitoyable, il va encaisser les coups et entamer une quête pour comprendre les évènements, fouiller le passé, trouver la vérité, survivre.
Denali, c'est un roman que j'avais repéré il y a plus d'un an. Une blogueuse qui deale des lignes en avait parlé de manière élogieuse et la couverture du livre m'avait happé. Il avait donc rejoint naturellement ses autres petits copains sur le bois peint de mes étagères presque frappées d'apoplexie tant la surpopulation atteignait un niveau record. Il y a quelques jours il m'a appelé, comme les autres, son tour était venu. Il n'a pas duré longtemps. Plutôt bon signe ça.
Pour commencer j'ai appris une chose, pourquoi Denali. J'en étais resté à mes cours de géographie du collège, et pour moi le plus haut sommet d'Amérique était le mont Mc Kinley qui culminait à plus de 6000 mètres d'altitude. le 28 août 2015, à la demande des populations autochtones d'Alaska, les Etats-Unis ont redonné à ce mont son nom traditionnel en langue vernaculaire, Denali. Voilà pour la petite histoire qui montre aussi à quel point ce pays est pétri de vents contraires. 140 ans après avoir éradiqué les indiens de leurs territoires, les descendants des colons rebaptisent leur plus haut sommet avec le nom indigène de ceux qui étaient là bien avant eux. La boucle est bouclée, mais elle a fait des dégâts.
En lisant ce roman abrupt, c'est l'effroi qui m'est tombé dessus d'abord. L'effroi d'assister, impuissant, à la lente et douloureuse déchéance de Matt, ce jeune garçon très attachant, gentil, trop peut-être, plein de rêves et d'espoir. En quelques semaines, Matt va perdre tout ce qui compte dans une vie, je veux dire ce qui compte vraiment. Et c'est une douleur réelle qui a couru sous ma peau au fil des pages. La narration « témoignage » à la première personne du singulier augmente toujours chez moi l'empathie pour les personnages, et j'avais beau me rassurer en me disant que si Matt racontait son histoire c'est qu'il avait survécu, qu'il s'en était tiré. Mais nous savons vous et moi que les auteurs possèdent des trucs, qu'ils actionnent des procédés mystérieux qui peuvent malgré tout faire passer la réalité de vie à trépas. J'étais donc sans cesse en éveil, méfiant, inquiet de retrouver Matt mort au détour d'une page giflée de sang. Mon impression sur ce roman est ambivalente. J'ai ressenti une très grande affliction en suivant le récit de Matt, ce qui lui arrive est si terrible, Oliver Twist peut aller se rhabiller. le nombre de catastrophes qui lui tombent sur le coin de la gueule est si important, et d'une telle ampleur que parfois je me disais « non, là trop c'est trop ». Mais en même temps nous sommes en Amérique, et tout est donc possible. Et si la vie m'a appris une chose, c'est que parfois la réalité dépasse la fiction.
Donc la compassion. Pour Matt. Ce que l'auteur lui met dans la tronche ! Bon sang, je me demandais ce qu'avait bien pu faire Matt dans une autre vie pour mériter ça. Là où cela devient bizarre (dans mon ressenti je veux dire), c'est qu'au fil des pages, dans les méandres des chapitres courts, je descendais avec Matt vers les enfers mais à aucun moment je n'ai vécu ce roman comme un objet d'une grande noirceur, un truc si terrible qu'il vous fout en l'air, vous broie le moral et disperse les miettes autour de votre cadavre encore chaud. Pourtant ce roman trempe dans la tristesse. Alors je me suis interrogé (sans me lire mes droits au préalable et sans être assisté d'un baveux). Je suis certain que cela vous arrive, en plein milieu d'un livre, allongé sous la couette, de poser votre bouquin sur la tranche et de fixer un point indéterminé dans la pièce, cherchant l'explication à vos émotions, aux sensations dichotomiques déployées par le récit. Ma chérie a l'habitude, en général, quand je fais ça, elle pose sur moi un regard un peu blasé et amusé et s'en retourne à sa lecture en se trémoussant un peu sous la couette qui n'est jamais assez chaude. (Là, je digresse gravement).
Bref, au bout d'un moment j'ai trouvé. Ce grand écart émotionnel, il vient de l'écriture et du décor. Ce Montana sauvage, si reculé, cette nature exponentielle et autonome, qui vit sa vie sans aménité mais sans haine, la présence de cette rivière, la Bitterroot, comme point d'ancrage au jeune Matt, les pins ponderosa plantés sur les versants comme des soldats prétoriens veillant sur les Bitterroot Mountains et leurs sommets chenus. Si l'histoire est triste, la narration regorge de couleur, de vie au milieu de la mort, elle nous tartine le visage de couleurs sauvages et éphémères, elle nous envoie des fragrances tenaces de mousses et d'aiguilles de pins, de roche réchauffée au soleil et de truites qui grillent sur un bout de bois sentant la résine. Il y a les pygargues qui passent dans des froissements d'ailes légers, presque des fantômes, il y a les ours, les cougars, les chevaux, l'odeur du foin. Et quelques humains qui méritent ce titre.
Il y a l'écriture de Patrice Gain, à la fois économe et inspirée, légère quand il le faut, plus présente aux moments propices. Elle raconte les paysages et s'y imbrique en même temps, comme une sorte de tricot de lettres et d'herbe, de mots et d'écorce. Cette écriture exprime avec justesse les sentiments de Matt, sa souffrance, sa perdition, ses doutes et ses hésitations. Son grand coeur aussi, son indéfectibles amour pour son frère Jack, tombé du côté obscur.
Ce roman est une analyse sur les sentiments et le pouvoir immense des bons moments de l'enfance, ceux qui se gravent pour l'éternité dans la matière humaine, ceux que même le temps ne peut dénaturer. C'est l'examen des liens familiaux, des souvenirs qui tiennent la distance, et aussi des décisions qui font tout basculer et des mauvais actes commis qui vous poursuivent toute la vie pour réclamer réparation et justice. Et quand seule la conscience les entend il se passe des choses incontrôlables.
Je suis sorti de ce roman à la fois vanné et léger, avec l'envie d'aller traîner ma canne à pêche du côté du Montana, là où coule une rivière. Et si je tombais sur Matt, je ne serais qu'à peine surpris.
Quelques pépites pour la route :
« La nuit porte les vibrations aussi. Elles rebondissent sur sa masse obscure et parcourent ainsi de folles distances. »
« Thanksgiving rouvrait des plaies sur lesquelles les longues journées glissant vers Noël déversaient leur lot de sel. »
« La neige avait gommé les irrégularités du paysage. Elle les recouvrait de rondeurs charnelles. »

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Jazzynewyork
  03 juillet 2017
" Jack avait raccroché. L'espace autour de moi s'était démesurément agrandi. Il était sans limite. Seul. Rien autour, rien à l'horizon et rien à attendre. Seul. Abominablement. La crainte d'un enfant abandonnique qui prend corps. J'aurais aimé pleurer. J'avais déjà tellement peur que je redoutais plus encore les heures à venir. Alors pleurer, c'était un stade déjà dépassé. J'étais retourné dehors et j'avais noyé mes angoisses dans mon livre. Me concentrer sur le texte. S'y fondre. Si j'avais su que Christopher McCandless devait mourir à la fin, j'aurais sûrement balancé le bouquin. Mais à cet instant, ma solitude avait trouvé un écho et cela m'avait été d'un grand réconfort. "
Matt Weldon 14 ans vient de perdre son père. Sa mère anéantie par cette disparition s'éffondre et se retrouve placée en hôpital psychiatrique. À cela s'ajoute la fuite de Jack son frère aîné. Il refusait de partir avec lui chez leur grand-mère qui vit toujours dans le Montana, où son père a grandi.
" Ma mère me manquait. Mon père me manquait. Jack me manquait aussi, mais à cet instant, je le détestais. Il était devenu imprévisible depuis l'internement de notre mère. Il avait agi en lui comme un électrochoc. Pas de ceux qui vous ramènent vers la réalité des choses et des sentiments. Non, de ceux qui vous enfoncent dans un tourment acide et violent, qui vous isole du monde. "
Il arrive chez sa grand-mère avec " un passé douloureux et un futur incertain". Livré à lui-même, il y découvre l'autre vie de son père, celle qu'ils n'avaient pas connue, ni lui ni Jack, et ce ne sera pas sans surprise.
"Appréhender la douleur avant la mort c'est souffrir deux fois. Une fois par l'esprit et l'autre par la chair. Je voulais vivre et si possible qu'avec de rares et fugaces tourments. Gommer les derniers mois, les dernières heures et redessiner les jours heureux. "

Poursuivit par la malchance, sa quête interrompue par le retour innopiné de son frère habité par la rage, il sera confronté à une violence qui le mènera à commettre l'irréparable.
" Ce serait rassurant, déculpabilisant, de pouvoir justifier chacun de nos actes par des influences passées, des éléments malveillants dont on n'a même pas idée, tapis au fond de notre subconscient et s'affranchir ainsi des plus sombres."

Denali est un roman noir nature-writing envoûtant aussi magnifique que les romans de Ron Rash ou David Vann pour ne citer qu'eux. Et pourtant Patrice Gain est une plume française.
Et quelle plume ! Si belle que je n'ai pas cessé de noircir mon carnet de toutes les belles citations que l'auteur nous offre dans ce roman.
" Seul le présent compte... Quand on ne sait pas profiter de la vie aujourd'hui, il ne faut pas s'attendre à le faire demain. "
Dés le départ j'ai senti un attachement féroce pout Matt, confronté si jeune à tant de douleur. Impossible de lacher ce récit chargé de rage, de colère, de fureur mais aussi d'amour, de fraternité, d'amitié, où seule la communion avec la nature apportera un peu de plénitude et permettra aux lecteurs un peu de répit dans la folie des hommes.
Un roman nerveux, puissant, vibrant, une écriture aussi belle que les paysages du Montana et qui dégage à elle seule une montagne d'émotions. Un formidable voyage dans les grands espaces américains en compagnie d'un jeune garçon en quête de réponse.
" Un petit bonheur pour habiller une tranche de vie, pour exalter le présent. "
Immense coup de coeur.


Un auteur à suivre absolument.


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Noemie67
  31 mars 2019
J'ai découvert ce livre par le biais du concours "Complètement Livres ! - 10 eme édition" auquel j'ai participé dans ma bibliothèque.
Il est arrivé 2eme. Un très beau placement pour un magnifique livre.
Matt, un ado, à la suite de la mort de son père, va vivre les plus terribles épreuves que l'on puisse vivre... Son monde, son passé, son avenir... tout s'écroule au fur et à mesure autour de lui sans qu'il ne puisse rien y faire.
Il essaye avec sa naiveté d'ado de faire face, de comprendre, de trouver des solutions...
Comment ne pas être largué avec toutes ces questions sans réponses ? Comment ne pas vouloir mourir quand tout part en vrille ?
Matt va montrer une époustouflante envie de vivre, une vraie force...
Ce personnage central est beau, touchant, fort... Il va faire face à toutes les épreuves que la vie va lui imposer...
L'auteur nous embarque avec facilité dans l'Amérique profonde, celle des pionniers, des braconniers, des durs à cuire, des paumés, des ado laissés à eux-même, des américains du monde ultra-rural... On y plongé corps et âme !
C'est une très belle lecture et une très belle découverte... J'ai aimé que l'auteur nous fasse vivre toutes les émotions de Matt : le désespoir, la peur, la douleur, l'espoir et tant d'autres...
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LeaTouchBook
  05 juillet 2017
Lorsque Benoît Minville conseille un roman, il faut que je le lise ! Denali ne fait pas exception à la règle : voici une très belle lecture !
Patrice Gain réussit un pari très difficile : celui d'écrire comme les grands romanciers américains, celui de s'imprégner de tout l'héritage écrasant des grands classiques de la littérature américaine et sortir du lot, rendre hommage tout en donnant sa voix à cet ensemble. Denali est une lecture très forte du fait du personnage central mais aussi de ses nombreuses et terribles péripéties.
Dès le départ le ton est donné, Denali est un drame percutant : le jeune héros, Matt, va devoir affronter la violence des autres et notamment de son frère depuis la mort de son père, de sa grand-mère et la dépression de sa mère. Sans protection d'un parent proche et bien aimant, cet adolescent va découvrir un monde hostile rempli d'êtres effroyables au point de lui enlever toute forme de candeur. J'ai été vraiment touchée par cette suite d'événements tragiques qui frappent ce protagoniste, rien ne lui est épargné, tout est fait pour le forger, il est peut-être la preuve littéraire que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
Face à Matt il y a des êtres pour la plupart malveillants et le plus terrible est sans aucun doute son frère du fait de son indifférence, de son égoïsme et de sa haine intrinsèque. Matt n'abandonnera jamais espoir envers Jack, à un tel point que cela devenait presque insupportable, le lecteur espérant secrètement que ce petit frère se révolte et prenne conscience de la nature profonde de son aîné. Il y a aussi quelques petites touches de lumière, des êtres bienveillants que je vous laisse découvrir.
Ainsi en plus de portraits très charismatiques, Patrice Gain rend hommage aux grands espaces américains, au nature writing avec des paysages magnifiques du Montana qui amènent une certaine forme de sérénité partielle dans le récit, nécessaire pour que le lecteur et le héros se ressourcent quelques instants avant de repartir dans la dureté cruelle de l'existence à laquelle est confrontée Matt.
En définitive, un très beau roman : puissant, percutant et émouvant !
Lien : https://leatouchbook.blogspo..
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wagner67
  08 juin 2018
Livre très poignant.
Matt 14 ans a rejoint sa grand-mère après le décès de son père lors de l'ascension du mont Denali, de l'internement de sa mère et de la fugue de son bien aimé frère. A la mort de la grand-mère tout bascule chez Matt, le voilà livré à lui-même et ce n'est pas son frère Jack drogué qui va l'aider mais plutôt le dépouiller.
Matt cherche à connaitre la vie d'alpiniste de son père et il va découvrir des vérités qui ne sont pas agréables à entendre.
Heureusement qu'il y a cette nature merveilleuse qui entoure Matt et apaise le lecteur.
J'ai adoré me promener dans la forêts de pin ponderosa, pêcher à la mouche dans la rivière et me baigner dans le lac, quelle bouffée d'oxygène.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   01 juillet 2017
Un premier opus haletant, riche en rebondissements, à l’écriture alerte et rythmée, auquel il ne manque pas grand-chose (un travail éditorial plus serré) pour être un grand livre.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
vidalfamily19vidalfamily19   13 décembre 2018
« Il avait plu la veille et toute la nuit suivante. Les nuages se déchiraient dans un ciel limpide et froid. Les plus hauts sommets apparaissaient, gigantesques et fantasmagoriques dans les brumes aqueuses chauffées par un soleil toujours plus bas. Dans le fond de la vallée, la Bitterroot s’écoulait dans un sillon coloré ambre et carmin qui tranchait avec le vert sombre des conifères. Malgré la distance, je pouvais par moments sentir l’odeur organique de la rivière, comme j’entendais rouler ses eaux gonflées par les pluies d’automne. »
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julienraynaudjulienraynaud   08 juillet 2017
Il ne nous restait rien. "Que les vieilles chaussettes de votre père et son insondable égoïsme(...)", disait-elle.
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