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EAN : 9782823616330
108 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (05/03/2020)
3.29/5   39 notes
Résumé :
Quin est licencié de la maison d'édition new-yorkaise où il travaille depuis de longues années. Il est accusé par plusieurs femmes de conduite « inappropriée ». Pourtant, il peine à comprendre ce qu'on lui reproche.
Margot est sa meilleure amie. Si elle approuve la punition infligée à Quin, elle ne peut s'empêcher d'y voir une sorte d'injustice.
Au fond, que désirons-nous vraiment, et pourquoi ? Qu'est-ce que le consentement ?

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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Verdure35
  12 août 2020

J'ai gardé un lointain mais bon souvenir d'un livre de cette autrice, c'était "Véronica" je crois.
"Fais moi plaisir" est un petit livre d'une centaine de pages, une longue nouvelle donc qui parle desrelations hommes-femmes plus .Ici il s'agit de flirts plus ou moins poussés, mais Quin, le monsieur incriminé, éditeur de son état est bien certain de ne jamais avoir trompé sa délicieuse épouse.
C'est Margot, une de ses amies qui raconte ce qui a mené Quin à la déchéance et surtout comment; Elle a elle même subi un jour un geste déplacé de cet impénitent séducteur, elle l'a vertement renvoyé dans les cordes, et terminé, ils sont devenus amis donc.
Quin ne peut s'empêcher d'aborder le sexe opposé, pour rendre service, pour consoler,ce n'est pas un pervers , mais Me Too est passé par là, une pétition trouve vite des signataires, certaines même gênées de le faire, et c'est la fin sociale de Quin, et en privé beaucoup de casse.
M.Gaitskill (65ans)s'emploie à déblayer cette zone grise qui existe entre entre hommes et femmes, elle le fait finement, et en conclusion, Margot(ou l'autrice)constate que ces jeunes femmes manquent de caractère, et ne résistent pas à l'infantilisation.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  22 juin 2020
Il fallait une nouvelliste de talent pour aborder, encore, un sujet d'actualité ô combien brûlant car il touche à la liberté de chacun, à la liberté d'expression et finalement à l'ambiguïté comportementale de certaines personnes.
L'exercice est réussi, avec brio, sans tabou, sans a priori et sans jugement afin de nous permettre de réagir à une situation qui pourrait paraître flou, à dessein, afin de souligner notre difficulté à cerner le consentement, notre indiscutable et problématique difficulté à percevoir ce qui est permis, ce qui est interdit et ce qui flotte dangereusement entre ces deux notions déjà peu aisées à discerner.
J'entrevois, à ce stade, deux problématiques dans l'oeuvre de Mary GAITSKILL. La première fait référence au mouvement #metoo. L'oeuvre s'exécute au travers d'un mouvement de balancier entre Margot, amie indéfectible et Quinn, une sorte de pervers narcissique ne comprenant pas pour quelles raisons sa "faculté" d'empathie ne l'autoriserait pas à être d'une franchise certes ragoutante, mais uniquement verbale puisqu'il ne concrétise (quasi) jamais ses approches par l'acte sexuel.
Son amie Margot le comprend, bien qu'il soit plus que limite dans ses rapports avec les femmes. Il a su s'en justifier à ses yeux, et la sanction qui le condamne et le met dans le même sac que d'autres prédateurs plus pervers au sens pénal ne se justifie pas (pour elle).
Il n'y a pas d'ambiguïté à mes yeux, mais ce sont les miens. En revanche, celle-ci réside évidemment dans la perception de l'autre, très personnelle, et son évolution dans l'espace/temps. C'est l'apport majeur de cette belle nouvelle car elle ne laisse pas indifférent.
Margot elle-même se prend à réfléchir sur les actes de son ami après cette affaire, et son opinion évolue à juste titre. Idem pour l'écrivaine qui a signé la pétition, avec impulsivité, regrettant de ne pas avoir lu plus attentivement la liste des supposés pervers.
Les rapports entre les personnes, que nous ne limiterons pas aux hommes et femmes adultes, mais également entre adultes et enfants/adolescents sont difficiles car trop souvent axés sur l'égocentrisme de chacun.
La seule limite qu'il ne faudrait pas franchir est celle que donnera consciemment ou non notre interlocuteur. Mettre en place des règles est imbécile, à mon sens. Seule la délicatesse doit nous orienter dans des échanges ou l'introduction d'une certaine agressivité ne peut qu'être mal interprétée, tout en gardant un esprit d'ouverture dans nos relations sociales.

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motspourmots
  25 mai 2020
Il y a eu la déferlante #MeToo, les révélations, les récits, les accusations, les débats, les prises de parole publiques, les mea culpa, les procès, les tribunes, les voix discordantes... Et tout ceci a mis au jour la difficulté d'appréciation et de perception de la réalité d'une relation par les différents protagonistes. On parle de zone grise. D'ambiguïté. de flou. Avec ce très court roman, d'à peine une centaine de pages, Mary Gaitskill parvient à faire percevoir au lecteur toute la complexité du sujet, grâce à une mise en scène d'une étonnante simplicité. Un texte qui donne à réfléchir et renvoie dos au mur tous ceux qui, d'un côté ou de l'autre, seraient tentés de délivrer un jugement trop hâtif. Voire, un jugement tout court.
Deux voix se font entendre, alternativement. Celle de Quinn, un éditeur reconnu qui vient d'être licencié par la maison d'édition où il travaille depuis de nombreuses années et pour laquelle il a découvert de nombreux talents - il est accusé par plusieurs femmes de comportement "inapproprié", et celle de Margot, sa meilleure amie. Excellente idée de départ, cette amitié réelle entre un homme et une femme qui permet de se garder des raccourcis trop faciles en introduisant un lien qui n'est ni de subordination, ni de pure séduction. Quinn est un homme curieux, facétieux, qui aime les femmes dans le sens où il s'intéresse vraiment à elles mais qui ne se rend pas forcément compte de la façon dont ses petites provocations peuvent être perçues. Margot a sur lui le regard d'une amie qui connait sa personnalité, le met parfois en garde mais sait analyser son comportement à l'aune de ce qu'elle sait de lui. Plus on avance, plus on se rend compte de la façon dont tout tient à la perception d'un individu à un instant t. Car nous ne sommes pas dans les extrêmes. Il n'est pas question de viol, ni de menaces ou de pressions. Juste des petits jeux, des petites phrases, des petites choses a priori anodines.
Les questions soulevées par ce récit sont passionnantes et loin de tout manichéisme. Car l'écrivaine fait ici appel à la quintessence de son art : se glisser au plus près de chacun des personnages, sans jamais les juger, avec une intelligence particulièrement fine. Nos désirs sont mouvants, ils varient d'un jour à l'autre et les histoires que nous racontons, aux autres et à nous-mêmes varient avec eux. Une lecture bien troublante...
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Fannynova
  21 septembre 2020
Je crois que je suis passée à côté de ce court livre...
J'aurais voulu que la personnalité fantasque de Quin, l'homme accusé d'abus par de multiples femmes, soit plus développée, qu'il nous en dise plus sur sa façon de voir les choses.
Les chapitres menés par son amie ne m'ont pas éclairée, j'ai eu du mal à croire à cette amitié, et j'aurais préféré avoir la version des femmes qui accusent Quin. Comment mettre l'accent sur la "zone grise" sans évoquer le ressenti des personnes qui se sont senties abusées ?
Finalement, le personnage de Quin m'a "plu" littérairement parlant, il aurait pu à mon sens être le héros d'un livre plus long, mais visiblement, ce n'était pas le propos, et je reste un peu décontenancée...
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cami_mondo
  19 juin 2020
Quand Quin se trouve remercié par sa maison d'édition pour comportement inapproprié, il ne comprend pas ce qu'on lui reproche. Margot, sa meilleure amie tente de comprendre si ces accusatrices jouaient avec Quin ou si elles étaient réellement victimes.
« Qu'est ce que tu crois qu'elle a ressenti? Peut être un peu la même chose. Pas tout à fait du plaisir. Mais un assentiment. Elle comprenait mon besoin ».
Leurs deux voix s'alternent dans ce récit et permettent de mettre en lumière les complexités des relations hommes / femmes et les différentes perceptions. Savait-il qu'il allait jusqu'à la dernière limite de l'acceptable ? Margot elle-même s'est trouvé décontenancée devant cet homme et a du poser ses limites, après qu'il ait eu des gestes déplacés.
Elle dira « c'est là que je ne comprends pas mes propres sentiments. Quand j'explique à mes collègues que ces femmes auraient simplement dû dire à Quin d'arrêter, que moi même je lui avais dit d'arrêter et l'avais fait arrêter, ils me répondent immanquablement que le pouvoir lui appartenait de façon disproportionnée, et que même si en théorie, les femmes auraient pu le repousser, on ne devrait pas attendre ça d'elles, elles ne devraient pas avoir à le faire. »
Pour faire plaisir à l'autre (peu importe qui est l'autre - conjoint, patron, ami, etc), doit-on taire son consentement et tout accepter à ses risques et périls ? Mary Gaitskill livre un court récit percutant, et éclairant sur cette zone grise du consentement qui peut exister (et qui ne devra pas exister). Les femmes ne sont pas des choses que les hommes peuvent manipuler comme ils veulent. Cette époque est révolue.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   24 mai 2020
Des histoires, rien que des histoires, tout ça. Personne n'est fait pour la vie, et c'est pour ça qu'on invente des histoires.
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ZephirineZephirine   24 septembre 2020
Je n'ai pas raconté à grand monde la fois où il a voulu me mettre la main entre les jambes. Si je le faisais, je présentais ça comme une histoire drôle et la plupart des gens riaient. Mais un jour, quelqu'un, je ne me souviens plus qui, m'a dit: " Comment peux-tu avoir envie d'être amie avec un type comme ça?"
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MahaDeeMahaDee   14 septembre 2020
Cela faisait environ cinq ans que je connaissais Quin quand il m’a raconté cette histoire – ce n’est pas vraiment une histoire, à vrai dire, plutôt une sorte d’anecdote – sur une femme qu’il avait rencontrée dans la rue. Quin se croyait capable de percevoir la nature profonde des gens rien qu’en les regardant. Il croyait aussi pouvoir deviner ainsi ce qu’ils avaient vraiment envie d’entendre, ou plutôt, ce qui était vraiment susceptible de les faire réagir. Il était un peu présomptueux quant à ces fameux pouvoirs spéciaux, et c’est ainsi que commençait son histoire.
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Video de Mary Gaitskill (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mary Gaitskill
Un récit percutant à deux voix, nuancé subtile et polémique à la fois. Avec "Faites-moi plaisir", Mary Gaitskill fidèle à elle-même questionne les frontières entre abus et consentement.
Traduction et présentation par Marguerite Capelle. Editions de l'Olivier ( 05 mars 2020 ).
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