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ISBN : 291859735X
Éditeur : Les liens qui libèrent (07/09/2011)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Un texte brillant et passionnant de Galbraith, considéré comme l’un des plus grands économistes du 20eme siècle, mort en 2006, qui montre comment toute société cherche à ignorer ses pauvres. Aujourd’hui, à travers un capitalisme financier outrancier qui privilégie la rente au détriment des pauvres et du travail. Un texte promis à devenir un grand classique. Par l’auteur de livres cé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  26 mai 2015
Les éditions du Monde Diplomatique présentent à leurs lecteurs une compilation légère sur le thème du chômage. La préface de Serge Halimi (l'auteur des Nouveaux chiens de garde) nous dit déjà presque tout sur le sujet. Il renouvelle le point de vue sur le chômage en accord avec le principe de dénonciation de la collusion des média et des hommes de pouvoir et nous montre comment ces derniers essaient de diviser les travailleurs de l'intérieur afin de faire croire que le chômage est responsable des problèmes économiques actuels.

John Kenneth Galbraith avait dénoncé ce stratagème dès 1985 dans son article intitulé « L'art d'ignorer les pauvres ». Son discours suivait alors de peu l'établissement d'un workfare state à la fin des années 70, après la mort de Keynes, pour éliminer la politique du welfare state qu'on accusait d'avoir tissé un réseau d'institutions trop protectrices pour le salariat, les chômeurs et les pauvres, ce qui aurait provoqué les maux des économies occidentales à la fin des Trente Glorieuses. Après une rapide historiographie de la pensée du workfare, il résume ironiquement la logique absurde que revendiquent ses partisans :

« Les aides publiques opèrent un transfert de revenu des actifs ver les oisifs et autres bons à rien, et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désoeuvrement des paresseux. […] Donc, en prenant l'argent des pauvres et en le donnant aux riches, nous stimulons l'effort et, partant, l'économie. »

Laurent Cordonnier prolonge la réflexion sur le workfare state dans un article publié en 2006 et intitulé « Economistes en guerre contre les chômeurs ». John Kenneth Galbraith ayant démontré l'absurdité logique du workfare state, Laurent Cordonnier se propose de dénoncer les intérêts de ceux qui la promeuvent.

La compilation s'achève enfin avec un petit extrait des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift au nom bien choisi « du bon usage du cannibalisme » -version à peine adoucie des théories de David Ricardo ou de Malthus selon lesquels les pauvres devaient s'en prendre à leur chaud-lapinisme pour expliquer leur situation économique. Ce texte grinçant est judicieusement placé en fin de corpus, si bien qu'on le trouve à peine plus immoral que les procédés dénoncés dans les chapitres précédents.

Ne manquerait peut-être à ce livre qu'une modeste liste de suggestions pour approfondir la réflexion –quand même bien légère.
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ATOS
  23 février 2016
"  les riches seraient plus entreprenants s'ils payaient moins d'impôts ; les pauvres seraient plus travailleurs s'ils recevaient moins de subsides » ...parole libérale ( qui ne libère que ceux qui la défende) , parole de l'école de Chicago, parole de Républicain texan, parole de l'OCDE, parole doctrinale et ne reposant sur rien. de Benjamin Franklin, à Pinault ( propriétaire du Point), à Dassault ( propriétaire du Figaro), le pauvre est pauvre parce qu'il n'est qu'un vaut rien, à traduire par : un coûte rien et à faire travailler beaucoup.
Et tous les partisans de cette doctrine placent leur morale là où il place leurs intérêts. Car il est bien connu qu'il faut mieux fiscaliser les indemnités journalières versées aux victimes d'accident du travail que se soucier de l'évasion fiscale de nos grandes entreprises. Parce que le pauvre si il doit surtout toujours ignorer combien il rapporte il doit bien comprendre et très tôt qu'il a un coût.
Toi qui passe les portes de l'usine, baisse ton regard en baissant la tête !
de Malthus, à Spencer, de John D. Rockfeller à Coolidge de Hoover à Milton Friedman,éleveur de Chicago boys : La main-d'oeuvre est une masse, le chômage le garant de son obéissance. La masse salariale est une charge, la liberté que pourrait engendrée une augmentation des revenus salariés est un danger. Il faut maintenir un taux d'obéissance et de passivité à la hauteur du taux de rentabilité des activités économiques. le profit n'est pas destiné à celui qui le produira mais à celui qui détiendra les outils de sa production. Il faut donc inciter les masses au travail sans pour autant que cela leur permette de s'élever, de sortir de la masse.
Alors on maintient les salaires bas, on incite au travail sans pour autant le valoriser, on scalpe les assurance chômage. La machine a besoin de bras. Il faut embaucher. Il faut alimenter la chaudière. Quite à crever de faim que ce soit à la tâche et pas sur une barricade. L'armée de réserve du Capital tel était le nom que Marx donnait aux chômeurs. Mais les chicago boys de s'écrier : » comment ! Mais les allocations de chômage créent le chômage ! Allons réfléchissez, le pauvre est un fainéant de naissance » ! Voici donc la doctrine du workfare. Et on s'étonne de voir l'économie mondiale vaciller… « Institution imaginaire d'une altérité radicale et fautive des déchus ». Voilà pénible vérité. «  ce n'est pas le fait d'étudier qui crée des emplois qualifiés, de même ce n'est pas le fait de partir à la cueillette ds champignons qui fait pousser les champignons, ce n'est pas le fait de chercher un emploi qui crée de l'emploi. Voilà le côté pleine face de la vérité.
Quite à te faire crever que le système te face crever de honte, allons mon pauvre un peu de dignité!
«  La bonne foi pourrait même conduire à admettre , lorsque l'emploi fait défaut, et face à l'amoralisme des prélats de la corvée, que la rationalité économique la mieux pensée commande de proclamer l'institution du chômage volontaire. En effet lorsque la pénurie s'installe, mieux vaut frustrer ceux qui en ont le moins besoin du « bien » tant désiré. Nous avons remis les clés de la maison depuis deux siècles à l'économie d'entreprise privée, pour le meilleur et pour le pire. Quand survient le pire la raison libérale au sens vrai du terme commanderait d'adoucir au maximum la peine de la collectivité, de laisser les individus choisir qui doit être au chômage et qui doit occuper un emploi. Depuis longtemps, les peuples savent que c'est avec le produit de leurs impôts qu'on les envoie faire la guerre.La nouveauté radicale est qu'en finançant l'OCDE ils lèvent des armées contre eux mêmes. »
Il est sujet de devenir de nos multitudes. « D'ici à 2025, 2 milliards d'être humains vont venir grossir la population mondiale. La quasi totalité d'entre eux naîtront dans les pays pauvres du Sud et Car ces connaîtront une enfance misérable avec de graves carences en matière d'alimentation, d'eau potable, de logement, d 'éducation et de santé. » Quelles seront nos réponses ? Nos solutions ? Car n'en doutons pas les réponses seront à notre charge pas à la charge de ceux qui n'auront pas cessé d'aggraver, d'amplifier la catastrophe. Ils continueront d'entretenir l'art d'ignorer les pauvres, derrière les murs qu'ils auront pris bien soin d'ériger.
Galbraith ? au combien d'actualité ! le texte de Laurent Cordonnier et le pamphlet de Swift ne le sont pas moins.
Donc lecture à partager entre tous comme on doit se doit de partager son travail comme son pain.
Et puis lecture à expliquer à celle et ceux qui demain décideront de porter atteinte au Code du travail. Ignorer les pauvres est peut être un Art, sous réserve qu'un crime puisse relever d'un art..
Alors quitte à crever sans dollars sans euros ni kopeck , autant crever avec un livre en poche et les mots de Galbraith en tête !
Astrid Shriqui Garain
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brigetoun
  28 septembre 2013
Un petit livre édité par le Monde diplomatique (éditions Les Liens qui libèrent) avec une préface de Serge Halimi introduisant ces textes qui montrent avec quel cynisme tranquille et quels raisonnements absurdes les propriétaires fonciers irlandais, les économistes de l'école de Chicago ou de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) justifient l'ignorance, ou pire, du sort fait aux pauvres.
Livret qui reprend d'abord un article, paru en novembre 1985 dans Harper's Magazine, repris en octobre 2005 dans le Monde diplomatique, de Galbraith L'Art d'ignorer les pauvres (le titre est retenu pour chapeauter l'ensemble) qui fait la généalogie de ceux qui ont installée l'idée qu'il ne fallait pas avoir mauvaise conscience devant la pauvreté... depuis la récompense dans un monde futur promise par la Bible, en passant par l'utilitarisme (si on crée de la richesse, cela justifie le sort de ceux laissés à l'écart), par Ricardo et Malthus (ils sont responsables parce qu'ils font trop d'enfants), le darwinisme social, et puis, pour être moins cruel, par Coolidge et Hoover : l'aide publique aux pauvres entrave l'économie... Article qui énumère les quatre façons actuelles de ne pas se sentir concernés.
Suivi par un article de Laurent Cordonnier, rebondissant à la suite de Galbraith, dans le Monde diplomatique de décembre 2006 : Économistes en guerre contre les chômeurs" qui détaille l'application qui est faite de cette justification du mauvais sort fait aux pauvres et plus précisément aux chômeurs, en mettant en avant paresse, risque de plaisir dans l'assistanat (cet horrible mot qui ne s'applique qu'à eux, et aux aides diverses, jamais aux mesures de" "soutien" à l'économie), en reprenant un florilège de citations de l'OCDE et de leurs traductions dans les journaux économiques d'où elles ruissellent dans les médias de grande diffusion, les premières se caractérisant par la franchise qui disparaît ensuite progressivement - une lecture qui devrait faire l'objet d'une plus grande publicité pour que se dissipent les raisonnements qui nous sont doctement assénés pour affaiblir l'école, la protection sociale en général etc... et ne surtout jamais envisager de revenir sur les baisses d'impôt, mais, à la rigueur, de recourir aux taxes... pour que nous ne perdions pas de temps en luttes sur des détails, en petites victoires qui sont toujours des reculades vers ce qui a été décidé à Lisbonne et dans autres réunions. et, ce que devraient savoir ceux qui se laissent aller à croire qu'ils sont différents de ces assistés : "Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés."
Livret qui se clôt, renforçant l'ironie qui assaisonne ces articles par "Du bon usage du cannibalisme" de Jonathan Swift et son humour coléreux.
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grztnn
  27 avril 2019
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critiques presse (1)
LeMonde   16 septembre 2011
Que leur humour soit doux ou noir, Galbraith et Swift séduiront les lecteurs au-delà du cercle des partisans de Jean-Louis Mélenchon (Parti de gauche) et de Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste).
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   29 mai 2015
« Quand on est RMiste, relevait ingénument Le Point du 28 septembre 2006, on a aussi droit à : l’allocation-logement à temps plein ; la suspension de ses dettes fiscales ; l’exonération de sa taxe d’habitation, de sa redevance, de sa cotisation à la couverture-maladie universelle ; l’accès gratuit à la complémentaire santé de la CMU ; la prime de Noël ; le tarif téléphonique social ; la réduction dans les transports, la gratuité des musées, diverses allocations supplémentaires (en fonction de son lieu d’habitation) ». […]
Ni M. François Pinault, propriétaire du Point, ni M. Serge Dassault, propriétaire du Figaro, n’ont habitué les lecteurs de leurs publications à entourer d’autant de faveurs les contrôles de l’Etat, qu’en général ils jugent tatillons, bureaucratiques, inquisitoriaux, surtout quand ceux-ci concernent les grosses entreprises et les riches. Mais il est vrai que MM. Pinault et Dassault comptent au nombre des cent plus grosses fortunes du monde... Avec 11,5 milliards de dollars pour le premier, 9,3 milliards de dollars pour le second, l’un et l’autre disposent d’un montant presque équivalent à ce que coûte chaque année le RSA pour la totalité des Français.
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lesptitchatslesptitchats   07 juin 2014
Au Portugal, en particulier, on a pris soin de libéraliser l'intérim et les contrats à durée déterminée (CDD) avant d'élargir les motifs de licenciement admissibles pour les contrats à durée indéterminé (CDI) et d'abolir l'autorisation préalable pour les licenciements collectifs.
Cette bataille menée en bon ordre, conclut l'OCDE, "a probablement placé les travailleurs titulaires d'un contrat permanent dans une position de faiblesse pour s'opposer aux réformes dans la mesure où travailleurs temporaires et chômeurs étaient relativement nombreux". Dans cette stratégie d'approche par les flancs, visant à percer le front par les lignes de moindre résistance, on comprend rapidement que le plus efficace consiste à s'attaquer en premier lieu aux chômeurs eux-mêmes.
Le rationnel est l'ami du bien : "Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés." Les travaux de l'OCDE coûtent très cher aux contribuables, mais ils sont francs.

Toutes les citations qui se rapportent à l'OCDE sont extraites d'OCDE, Perspectives de l'emploi de l'OCDE (2006). Stimuler l'emploi et les revenus, Paris, 2006.
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colimassoncolimasson   10 juin 2015
La bonne foi pourrait même conduire à admettre, lorsque l’emploi fait défaut, et face à l’amoralisme des prélats de la corvée, que la rationalité économique la mieux pensée commande de proclamer l’institution du chômage volontaire. En effet, lorsque la pénurie s’installe, mieux vaut frustrer ceux qui ont le moins besoin du « bien » tant désiré.
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lesptitchatslesptitchats   07 juin 2014
Nous vivons une époque où les allégations d'incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l'exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale. La seule forme de discrimination toujours autorisée - pour être plus précis, encore encouragée - aux États-Unis est la discrimination à l'endroit des employés du gouvernement fédéral, en particulier dans les activités relevant de la protection sociale. Nous avons de grandes bureaucraties d'entreprises privées, regorgeant de bureaucrates d'entreprise, mais ces gens-là sont bons. La bureaucratie publique et les fonctionnaires sont mauvais.
En fait, les États-Unis disposent d'une fonction publique de qualité, servie par des agents compétents et dévoués, honnêtes dans leur quasi-totalité, et peu enclins à se laisser surfacturer des clés à molette, des ampoules électriques, des machines à cafés et des sièges de toilettes par les fournisseurs. Curieusement, quand de telles turpitudes se produisent, ce fut au Pentagone...
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FioHFioH   11 août 2015
 Émissaire de la révolution américaine à Paris et rédacteur de la Déclaration d'indépendance, Benjamin Franklin estimait en 1776 que, « plus on organise des secours publics pour prendre soin des pauvres, moins ils prennent soin d'eux-mêmes et, naturellement, plus ils deviennent misérables. Au contraire, moins on fait pour eux, plus ils font pour eux-mêmes, et mieux ils se tirent d'affaire. » En somme, abandonner les indigents à leur sort serait un moyen de leur rendre service. L'avarice devient ainsi une forme intellectuellement avancée de générosité humaine, voire, osons le mot, d'aide sociale.
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