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Claude Couffon (Traducteur)
EAN : 9782266120883
480 pages
Pocket (12/11/2001)
4.28/5   127 notes
Résumé :
Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers.
On ne s'étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d'îles solitaires qu'est l'Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Hardiviller
  23 janvier 2017
Tout comme dans " Une histoire populaire américaine " d'Howard Zinn , ce qui nous est raconté ici n'est pas la version officielle de l'histoire , mais la triste réalité .
C'est l'histoire d'un pillage systématique s'étendant sur cinq siècles . Dès l'arrivée de Christophe Colomb , les crimes contre les autochtones voire leur mise en esclavage iront en s'amplifiant au gré de l'arrivée d'autres explorateurs .
Quand après avoir parcouru divers pays de ce continent au mains de quelques sanglants dictateurs ( souvent soutenus par la CIA ou financièrement aidés par des multinationales occidentales ) pour emmagasiner la documentation de l'ouvrage , son livre se voit censuré dans son pays ( Uruguay ) et lui contraint à l'exil .
A tout ces crimes contre les population locales , les envahisseurs trouvent comme toujours des justifications morales et s'appuient sur celles de l'église . L'homme blanc croit en sa supériorité sur les " sauvages " .
Si un continent aussi riche a engendré tant de misères , de pauvreté , d'esclavage et de sous-développement c'est du a la cupidité sans limites des différentes puissances colonisatrices . Car dès que les richesses minières sont mises à jour , modes de vie et systèmes de subsistances sont bouleversés . Les européens dans un premier temps puis les américains , économiquement et politiquement mettent en place au détriment des activités traditionnelles , la rationalisation de l'énergie humaine disponible pour l'exploitation des mines ou des cultures ( or , argent , pétrole , sucre ,cacao , salpêtre . Les peuples asservis creusent les mines et y meurent par millions tandis que les intérêts occidentaux rapatrient les richesses . Ce continent , vache à lait des dominants voit sa survie encore aggravée lorsque les Etats-unis entrent dans la danse . La main-mise stratégique par le biais d'une politique de choc , de manoeuvres " barbouzardes " d'éliminations d'opposants , permirent à l'oncle Sam d'achever le pillage .
Un livre très instructif donc sur les " bienfaits de la civilisation "et dont le déroulement peut aisément s'appliquer à l'Afrique ou plus près de nous , au pillage de la Grèce .
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Dez54
  15 février 2020
Les veines ouvertes de l'Amérique latine de l'auteur uruguayen Eduardo Galeano relate la longue et douloureuse histoire de ce continent depuis sa découverte par les européens jusqu'au début des années 1970.

On y lit les autochtones décimés, l'esclavage à une échelle industrielle, les guerres fratricides, le pillage des ressources par les pays plus avancés… mais le livre ne se résume heureusement pas à une longue liste de malheurs. L'auteur en profite pour développer des idées intéressantes notamment :
-Sur la "malédiction" des matières premières : quelques années avant que ne se développe en économie le concept de "dutch desease", l'auteur démontre comment l'exploitation des matières premières dans les différents pays de la région les ont enfermés dans une spirale de sous-développement empêchant la constitution d'une industrie compétitive.
-Sur le libre échange imposé par les pays développés à divers pays d'Amérique Latine pour maintenir une division internationale du travail qui leur est favorable.
-Sur la notion de "sous impérialisme" l'auteur explique comment les plus grandes nations latino-américaines reproduisent un schéma de domination économique (qu'ils subissent eux-mêmes), vis à vis des autres pays moins puissants de l'Amérique du Sud et Centrale.
-Sur la captation discrètes des richesses des colonies espagnoles par l'empire britannique puis par les USA, processus commencé avant même l'indépendance de ces pays.
Si ces différents points évoqués peuvent être sujets à débat, ils ont le mérite d'être développés de façon originale et convaincante par E. Galeano.

Si le ton de l'auteur est souvent engagé, son travail de recherche est palpable et les références abondent. En dépit de cela, Eduardo Galeano me semble parfois manquer des nuances nécessaires au travail d'historien. Ainsi on apprendra au détour d'une phrase (p 267) que "l'empire esclavagiste de Pedro II, dont les troupes se nourrissaient d'esclaves et de prisonniers gagna cependant des territoires", l'affirmation de cannibalisme concernant l'armée brésilienne n'est précédée ni suivie d'aucun élément de contextualisation ni d'aucune nuance comme si les soldats brésiliens du XIXème siècle mangeaient quotidiennement de la viande humaine... le même manque se fait également sentir sur d'autres aspects et particulièrement vis à vis des personnages historiques qui semblent invariablement se situer soit dans un axe du mal ou au contraire dans le camp du bien. C'est pour moi le principal défaut du livre.

Plus anecdotiquement, pourra regretter l'absence de comparaison avec d'autres région du monde comme l'Afrique ou l'Asie (où certains pays comme Taiwan ou la Corée du Sud avaient déjà tirés leur épingle du jeu en 1970 et progressaient vers un réel développement).
Enfin, on remarquera bien sur l'âge avancé du livre lui-même écrit il y a près de 50 ans (1971) … Bien que les crises économiques (Argentine, Mexique) et politiques dans les années qui ont suivies ne démentirent pas son constat amer.

En dépit de quelques défauts, c'est donc un livre édifiant pour qui souhaite découvrir l'histoire de l'Amérique latine. Je profite de cette critique pour recommander également à ceux qui s'intéressent à l'histoire de cette région les récentes émissions de France Culture sur les "héritages" de Christophe Colomb et de Simon Bolivar (Série « Concordance des temps », émissions radios écoutables et téléchargeables gratuitement).
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Belem
  01 septembre 2013
L'Amérique latine, c'est cette formidable partie du continent américain qui s'étend au sud de la frontière des USA, du Mexique à la pointe d'Ushuaïa, en Argentine. Cette terre fertile, luxuriante par endroits, pourrait être un paradis terrestre pour les humains qui y vivent aujourd'hui. Mais voilà, l'arrivée des européens, à l'aube du développement du mode de production capitaliste, en a fait un enfer pour des millions de pauvres. C'est l'histoire d'un continent saigné à blanc. (Et on pourrait décliner le titre à d'autres régions du monde : les veines ouvertes de l'Afrique, les veines ouvertes de l'Inde, essais qui restent à écrire, ou qui existent, mais sous une multitude de titres...)
C'était inéluctable, couru d'avance ? C'est la loi : du plus fort/de la nature/de l'innovation technologique/de la compétition économique/du capitalisme ? Pourquoi la rencontre entre une civilisation dotée de la puissance technologique avec des civilisations plus faibles sur ce plan devrait nécessairement se solder par la domination et l'asservissement ? N'y-a-t-il pas de place pour une rencontre fraternelle, humaine, faite d'échanges et de coopération ?
Ce formidable travail de Galeano est une mine d'arguments contre ceux qui rejettent les difficultés actuelles (ou passées), sur les opprimés eux-mêmes. Les conditions « naturelles » initiales ne doivent pas occulter la responsabilité des envahisseurs. Certes, les amérindiens, avant 1500, ne connaissaient ni le fer, ni la roue, ni le cheval. Ils ne purent donc pas cultiver efficacement la terre, et créer ainsi les conditions qui permirent au « Croissant fertile » méditerranéen, par exemple, d'émanciper une classe sociale des contingences matérielles (oligarchie romaine ou grecque, noblesse, clergé, puis bourgeoisie). Mais quand la rencontre, puis la dépendance permanente, d'une société plus puissante qui exploite, pille, et pire, empêche tout développement indépendant (ou tout développement tout court), alors ce ne sont plus les conditions initiales, ou la prétendue « paresse » des peuples opprimés qui sont en cause, mais bien la domination d'une classe sociale sur toutes les autres. C'est ce que montre Eduardo Galeano, avec une quantité d'exemples. A la lecture de ce formidable essai, fruit d'un travail remarquable, on comprend tous les rouages (dont la corruption des élites n'est pas la moindre) de l'asservissement total de peuples entiers.
Dans les années 1980, l'Amérique Latine était considérée comme une « poudrière sociale »... plus de trente ans après, il reste encore beaucoup à faire...
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GabyH
  16 novembre 2012
Livre emblématique de la pensée de la gauche sud-américaine, "Les veines ouvertes de l'Amérique Latine" est le plus célèbre des ouvrages de l'uruguayen Eduardo Galeano.
Dans ce livre, l'auteur décrit un à un et dans toute leur complémentarité les éléments historiques, politiques et géographiques qui ont débouché sur le sous-développement ou le mal-développement de cette région, pourtant très riche, pendant des siècles.
Le titre est ainsi très évocateur : il s'agit pour l'auteur de faire la démonstration que l'Amérique Latine a été vidée de son sang, c'est-à-dire de ses ressources vitales, de l'extérieur, qui s'est appuyé pour cela sur les faiblesses internes de la région. Il faut donc bien garder à l'esprit qu'il s'agit d'un discours militant, à charge, ce qui ne lui enlève cependant pas de sa pertinence factuelle.
S'il permet de comprendre les mécanismes qui ont abouti à des dictatures et à l'appauvrissement de ce continent, ce livre est aujourd'hui daté mais il reste un référent indispensable pour comprendre la politique et les sociétés sud-américaines.
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Aela
  22 janvier 2011
"Les veines ouvertes de l'Amérique latine" (las venas abiertas de America latina) livre écrit par l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano en 1971 mais actualisé depuis... C'est un peu la chronique d'un pillage annoncé..Galéano analyse les raisons du sous-développement de nombreux pays d'Amérique du Sud, et le scénario est souvent le même: monoculture, monoproduction industrielle, détournement des richesses minières par les pays occidentaux. Livre-symbole de la nouvelle gauche sud-américaine, à lire absolument si on veut meiux comprendre tout ce qui passe actuellement dans cette zone du monde...
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
AmericaLatinaLoverAmericaLatinaLover   29 décembre 2019
Les touristes adorent photographier les indigènes de l'altiplano avec leurs costumes typiques, mais ils ignorent que ces derniers leur furent imposé par Charles III à la fin du XVIII siècle. Les vêtements féminins que les Espagnols obligèrent les Indiennes à porter étaient claqués sur les costumes régionaux des paysannes d'Estrémadure, d'Andalousie et du Pays Basque, de même que la coiffure divisant les cheveux par une raie centrale fut ordonnée par le vice-roi Toledo. En revanche, l'usage de la coca ne vient pas des Espagnols puisqu'il existait déjà au temps des Incas. Il est vrai qu'on la distribuait avec mesure; le gouvernement inca en avait le monopole et ne permettait son emploi qu'à des fins rituelles ou pour les durs travaux des mines. Les Espagnols stimulèrent vivement son développement. C'était un commerce florissant. Au XVI siècle, on dépensait autant à Potosi en vêtements européens pour les oppresseurs qu'en coca pour les Indiens opprimés. Quatre cents marchands espagnols vivaient à Cuzco de son trafic; il entrait annuellement dans les mines d'argent de Potosi cent mille paniers, soit un million de kilogrammes de feuilles. L'Eglise percevait des impôts sur la drogue. L'Inca Garcilaso de la Vega nous dit dans ses Commentaires royaux que la majeure partie des rentes de l’évêque, des chanoines et autres ministres du culte à Cuzco provenait des dîmes sur la coca, et que le transport et la vente de ce produit enrichissaient beaucoup d'Espagnols.
Avec les quelques pièces de monnaie qu'ils recevaient en échange de leur travail, les Indiens achetaient des feuilles de coca au lieu de la nourriture : en les mâchant, et en abrégeant ainsi de leur propre vie, ils pouvaient mieux supporter les travaux inhumains qu'on leur imposait. Les indigènes consommaient aussi de l'eau-de-vie, et leurs maîtres se plaignaient de la propagation des "vices maléfiques". A notre époque, les indigènes de Potosi continuent de mâcher la coca pour tuer la faim et se tuer eux-mêmes, et ils se grillent encore les entrailles avec de l'alcool pur. Ce sont les revanches stériles des condamnés. Et dans les mines boliviennes, les ouvriers n'ont pas aboli le nom de mita pour désigner leur salaire.
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BelemBelem   01 septembre 2013
« Le moindre geste de protestation implique ici la prison ou la mort. Pour incroyable que cela paraisse, les salaires des travailleurs haïtiens ont perdu, entre 1971 et 1975, un quart de leur très faible valeur réelle. Il est significatif qu'on ait vu un nouveau flux de capitaux nord-américains entrer dans le pays pendant cette période. (…) En fin de compte, les tueries du général Videla ne sont pas plus civilisées que celles de 'Papa Doc Duvalier' ou de son héritier, même si la répression en Argentine se situe à un niveau technologique supérieur. Caractéristique essentielle : les deux dictatures travaillent au service du même objectif : fournir de la main-d'œuvre à très bas prix à un marché international qui exige des produits peu coûteux. »
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BelemBelem   01 septembre 2013
« Les indiens de l'Amérique totalisaient pas moins de soixante-dix millions de personnes lorsque les conquistadors firent leur apparition : un siècle et demi plus tard, ils n'étaient plus que trois millions et demi. »
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michdesolmichdesol   31 août 2019
Voilà un peu moins d'un siècle, un homme à demi mort de faim se barrait avec les roches dans la désolation de l'altiplano bolivien. Il fit exploser sa cartouche de dynamite. Lorsqu'il s'approcha pour ramasser les blocs de pierre attachés par l'explosion, il resta fasciné. Il tenait dans ses mains des morceaux étincelants de la veine d'étain la plus riche du monde. Le lendemain à l'aube, il sella son cheval et se rendit à Huanuni. L'analyse des échantillons confirma la valeur de la découverte. L'étain pouvait passer directement de la mine au port d'expédition sans avoir à subir un quelconque traitement. Cet homme devint le roi de l'étain et, lorsqu'il mourut, la revue Fortune affirma qu'il était l'un des dix milliardaires les plus importants de la planète. Il s'appelait Simon Patiño. Pendant nombre d'années, de ses résidences en Europe, il fit et défit les présidents et les ministres de Bolivie, planifia la faim de ses ouvriers et organisa les massacres, diversifia et développa sa fortune : la Bolivie existait pour lui, elle était à son service.
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AmericaLatinaLoverAmericaLatinaLover   07 octobre 2019
Lorsque Christophe Colomb entreprit de traverser les grands espaces déserts à l'ouest de l'écoumène, il avait accepté le défi des légendes. De terribles tempêtes joueraient avec ses navires comme avec des coquilles de noix qu'elles allaient jeter dans la gueule des monstres ; le grand serpent des mers ténébreuses, avide de chair humaine, serait à l'affût. Les hommes du XVe siècle croyaient qu'il ne restait plus que mille ans avant que les feux purificateurs du Jugement dernier anéantissent le monde, un monde constitué alors par la Méditerranée avec ses rivages aux arrières-pays ambigus : l'Europe, l'Asie, l'Afrique. Les navigateurs portugais assuraient que le vent d'ouest apportait d'étranges cadavres et traînait parfois des épaves aux sculpteurs bizarres, mais personne n'imaginait que le monde s'accroîtrait bientôt, ô merveille ! d'un nouveau continent.
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Videos de Eduardo Galeano (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Galeano
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=53065&motExact=0&motcle=&mode=AND
PAROLES D'EXIL
Treize auteurs latino-américains témoignent
Marianne Boscher-Gontier, Mathieu Vicens
Documents Amériques latines
Cet ouvrage regroupe les témoignages de treize écrivains latino-américains, exilés politiques au temps des dictatures de 1960 à 1990. D'origines multiples, ils évoquent les circonstances de leur départ, leurs souffrances physiques et morales, leur résilience dans les pays d'accueil et les vertus de l'écriture comme autre forme de combat. Autant de destins qui donnent à relire les périodes les plus sombres de l'Amérique Latine. Parmi eux : Isabel Allende, Zoé Valdés, Carlos Liscano, Eduardo Galeano, Sergio Zamora...
Broché ISBN : 978-2-343-11164-3 ? mars 2017 ? 162 pages
+ Lire la suite
>Economie>Economie>Conjoncture et conditions économiques (134)
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