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Claude Couffon (Traducteur)
ISBN : 2266120883
Éditeur : Pocket (12/11/2001)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent qui fait prendre tragiquement conscience d'une humiliation concertée comme celle d'une personne humaine. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers.

Après l'âpreté des découvreurs débarqués des caravelles, la cruauté épique des conquistadors puis celle, s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Hardiviller
  23 janvier 2017
Tout comme dans " Une histoire populaire américaine " d'Howard Zinn , ce qui nous est raconté ici n'est pas la version officielle de l'histoire , mais la triste réalité .
C'est l'histoire d'un pillage systématique s'étendant sur cinq siècles . Dès l'arrivée de Christophe Colomb , les crimes contre les autochtones voire leur mise en esclavage iront en s'amplifiant au gré de l'arrivée d'autres explorateurs .
Quand après avoir parcouru divers pays de ce continent au mains de quelques sanglants dictateurs ( souvent soutenus par la CIA ou financièrement aidés par des multinationales occidentales ) pour emmagasiner la documentation de l'ouvrage , son livre se voit censuré dans son pays ( Uruguay ) et lui contraint à l'exil .
A tout ces crimes contre les population locales , les envahisseurs trouvent comme toujours des justifications morales et s'appuient sur celles de l'église . L'homme blanc croit en sa supériorité sur les " sauvages " .
Si un continent aussi riche a engendré tant de misères , de pauvreté , d'esclavage et de sous-développement c'est du a la cupidité sans limites des différentes puissances colonisatrices . Car dès que les richesses minières sont mises à jour , modes de vie et systèmes de subsistances sont bouleversés . Les européens dans un premier temps puis les américains , économiquement et politiquement mettent en place au détriment des activités traditionnelles , la rationalisation de l'énergie humaine disponible pour l'exploitation des mines ou des cultures ( or , argent , pétrole , sucre ,cacao , salpêtre . Les peuples asservis creusent les mines et y meurent par millions tandis que les intérêts occidentaux rapatrient les richesses . Ce continent , vache à lait des dominants voit sa survie encore aggravée lorsque les Etats-unis entrent dans la danse . La main-mise stratégique par le biais d'une politique de choc , de manoeuvres " barbouzardes " d'éliminations d'opposants , permirent à l'oncle Sam d'achever le pillage .
Un livre très instructif donc sur les " bienfaits de la civilisation "et dont le déroulement peut aisément s'appliquer à l'Afrique ou plus près de nous , au pillage de la Grèce .
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Belem
  01 septembre 2013
L'Amérique latine, c'est cette formidable partie du continent américain qui s'étend au sud de la frontière des USA, du Mexique à la pointe d'Ushuaïa, en Argentine. Cette terre fertile, luxuriante par endroits, pourrait être un paradis terrestre pour les humains qui y vivent aujourd'hui. Mais voilà, l'arrivée des européens, à l'aube du développement du mode de production capitaliste, en a fait un enfer pour des millions de pauvres. C'est l'histoire d'un continent saigné à blanc. (Et on pourrait décliner le titre à d'autres régions du monde : les veines ouvertes de l'Afrique, les veines ouvertes de l'Inde, essais qui restent à écrire, ou qui existent, mais sous une multitude de titres...)
C'était inéluctable, couru d'avance ? C'est la loi : du plus fort/de la nature/de l'innovation technologique/de la compétition économique/du capitalisme ? Pourquoi la rencontre entre une civilisation dotée de la puissance technologique avec des civilisations plus faibles sur ce plan devrait nécessairement se solder par la domination et l'asservissement ? N'y-a-t-il pas de place pour une rencontre fraternelle, humaine, faite d'échanges et de coopération ?
Ce formidable travail de Galeano est une mine d'arguments contre ceux qui rejettent les difficultés actuelles (ou passées), sur les opprimés eux-mêmes. Les conditions « naturelles » initiales ne doivent pas occulter la responsabilité des envahisseurs. Certes, les amérindiens, avant 1500, ne connaissaient ni le fer, ni la roue, ni le cheval. Ils ne purent donc pas cultiver efficacement la terre, et créer ainsi les conditions qui permirent au « Croissant fertile » méditerranéen, par exemple, d'émanciper une classe sociale des contingences matérielles (oligarchie romaine ou grecque, noblesse, clergé, puis bourgeoisie). Mais quand la rencontre, puis la dépendance permanente, d'une société plus puissante qui exploite, pille, et pire, empêche tout développement indépendant (ou tout développement tout court), alors ce ne sont plus les conditions initiales, ou la prétendue « paresse » des peuples opprimés qui sont en cause, mais bien la domination d'une classe sociale sur toutes les autres. C'est ce que montre Eduardo Galeano, avec une quantité d'exemples. A la lecture de ce formidable essai, fruit d'un travail remarquable, on comprend tous les rouages (dont la corruption des élites n'est pas la moindre) de l'asservissement total de peuples entiers.
Dans les années 1980, l'Amérique Latine était considérée comme une « poudrière sociale »... plus de trente ans après, il reste encore beaucoup à faire...
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GabyH
  16 novembre 2012
Livre emblématique de la pensée de la gauche sud-américaine, "Les veines ouvertes de l'Amérique Latine" est le plus célèbre des ouvrages de l'uruguayen Eduardo Galeano.
Dans ce livre, l'auteur décrit un à un et dans toute leur complémentarité les éléments historiques, politiques et géographiques qui ont débouché sur le sous-développement ou le mal-développement de cette région, pourtant très riche, pendant des siècles.
Le titre est ainsi très évocateur : il s'agit pour l'auteur de faire la démonstration que l'Amérique Latine a été vidée de son sang, c'est-à-dire de ses ressources vitales, de l'extérieur, qui s'est appuyé pour cela sur les faiblesses internes de la région. Il faut donc bien garder à l'esprit qu'il s'agit d'un discours militant, à charge, ce qui ne lui enlève cependant pas de sa pertinence factuelle.
S'il permet de comprendre les mécanismes qui ont abouti à des dictatures et à l'appauvrissement de ce continent, ce livre est aujourd'hui daté mais il reste un référent indispensable pour comprendre la politique et les sociétés sud-américaines.
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Aela
  22 janvier 2011
"Les veines ouvertes de l'Amérique latine" (las venas abiertas de America latina) livre écrit par l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano en 1971 mais actualisé depuis... C'est un peu la chronique d'un pillage annoncé..Galéano analyse les raisons du sous-développement de nombreux pays d'Amérique du Sud, et le scénario est souvent le même: monoculture, monoproduction industrielle, détournement des richesses minières par les pays occidentaux. Livre-symbole de la nouvelle gauche sud-américaine, à lire absolument si on veut meiux comprendre tout ce qui passe actuellement dans cette zone du monde...
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michdesol
  31 août 2019
L'Amérique du sud est pillée depuis les temps de la colonisation. Les colonisateurs sont partis, mais sur le fond rien n'a changé. Le continent est riche de son sous-sol et de son sol, mais cette richesse ne lui profite pas : elle s'en va vers les anciens pays colonisateurs. Tel est le constat que faisait au début des années 70 Eduardo Galeano dans ce livre indispensable à celui qui s'intéresse à ce continent. Certes le livre date un peu : la mondialisation s'est accentuée, le libéralisme est – provisoirement ? - vainqueur, l'Opep et les nouvelles techniques d'extraction du pétrole sont passées par là. Certains chapitres devraient donc être repris et actualisés.
Mais sur le fond le constat reste valable : l'Amérique du sud reste un continent pauvre et exploité. L'auteur en analyse avec beaucoup d'acuité les raisons : le poids de la colonisation par l'Espagne et le Portugal, relayés rapidement par le libéralisme anglo-saxon, la trahison des « élites » locales uniquement soucieuses de leur confort à court terme et n'hésitant pas à user de la force la plus brutale et la plus bestiale pour garder le pouvoir. Un livre terrible.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
BelemBelem   01 septembre 2013
« Le moindre geste de protestation implique ici la prison ou la mort. Pour incroyable que cela paraisse, les salaires des travailleurs haïtiens ont perdu, entre 1971 et 1975, un quart de leur très faible valeur réelle. Il est significatif qu'on ait vu un nouveau flux de capitaux nord-américains entrer dans le pays pendant cette période. (…) En fin de compte, les tueries du général Videla ne sont pas plus civilisées que celles de 'Papa Doc Duvalier' ou de son héritier, même si la répression en Argentine se situe à un niveau technologique supérieur. Caractéristique essentielle : les deux dictatures travaillent au service du même objectif : fournir de la main-d'œuvre à très bas prix à un marché international qui exige des produits peu coûteux. »
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BelemBelem   01 septembre 2013
« Les indiens de l'Amérique totalisaient pas moins de soixante-dix millions de personnes lorsque les conquistadors firent leur apparition : un siècle et demi plus tard, ils n'étaient plus que trois millions et demi. »
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michdesolmichdesol   31 août 2019
Voilà un peu moins d'un siècle, un homme à demi mort de faim se barrait avec les roches dans la désolation de l'altiplano bolivien. Il fit exploser sa cartouche de dynamite. Lorsqu'il s'approcha pour ramasser les blocs de pierre attachés par l'explosion, il resta fasciné. Il tenait dans ses mains des morceaux étincelants de la veine d'étain la plus riche du monde. Le lendemain à l'aube, il sella son cheval et se rendit à Huanuni. L'analyse des échantillons confirma la valeur de la découverte. L'étain pouvait passer directement de la mine au port d'expédition sans avoir à subir un quelconque traitement. Cet homme devint le roi de l'étain et, lorsqu'il mourut, la revue Fortune affirma qu'il était l'un des dix milliardaires les plus importants de la planète. Il s'appelait Simon Patiño. Pendant nombre d'années, de ses résidences en Europe, il fit et défit les présidents et les ministres de Bolivie, planifia la faim de ses ouvriers et organisa les massacres, diversifia et développa sa fortune : la Bolivie existait pour lui, elle était à son service.
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michdesolmichdesol   01 septembre 2019
On prétend qu'à l'époque de l'apogée de la ville de Potosi même les fers des chevaux étaient en argent. En argent aussi les autels des églises et les ailes des chérubins dans les processions : en 1658, pour la célébration de la Fête-Dieu, les rues de la ville furent dépavées, du centre jusqu'à l'église des Récollets et entièrement recouvertes de barres d'argent. Á Potosi, c'est l'argent qui permit d'élever des temples et des palais, des monastères et des tripots ; il engendra la fête et la tragédie, fit couler le vin et le sang, enflamma la cupidité et multiplia le gaspillage et l'aventure. L'épée et la croix s'avançaient côte à côte dans la conquête et le pillage colonial. Pour arracher l'argent à l'Amérique, capitaines et ascètes, cavaliers en armes et apôtres, soldats et moines se donnèrent rendez-vous à Potosi. Fondus en blocs et en lingots, les viscères de la riche colline alimentèrent de façon substantielle le développement de l'Europe.
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art-bsurdeart-bsurde   28 mai 2014
Mais plus on accepte de liberté dans les affaires, plus il faut bâtir de prisons pour ceux qu'elles défavorisent.
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Videos de Eduardo Galeano (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Galeano
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=53065&motExact=0&motcle=&mode=AND
PAROLES D'EXIL
Treize auteurs latino-américains témoignent
Marianne Boscher-Gontier, Mathieu Vicens
Documents Amériques latines
Cet ouvrage regroupe les témoignages de treize écrivains latino-américains, exilés politiques au temps des dictatures de 1960 à 1990. D'origines multiples, ils évoquent les circonstances de leur départ, leurs souffrances physiques et morales, leur résilience dans les pays d'accueil et les vertus de l'écriture comme autre forme de combat. Autant de destins qui donnent à relire les périodes les plus sombres de l'Amérique Latine. Parmi eux : Isabel Allende, Zoé Valdés, Carlos Liscano, Eduardo Galeano, Sergio Zamora...
Broché ISBN : 978-2-343-11164-3 ? mars 2017 ? 162 pages
+ Lire la suite
>Economie>Economie>Conjoncture et conditions économiques (134)
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