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ISBN : 2330030819
Éditeur : Actes Sud (02/04/2014)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Évocation subjective et captivante de la vie, de l’œuvre et de l’engagement si singuliers du peintre Roman Opalka, le sculpteur du temps, qui éclaire de façon inattendue la création romanesque de Claudie Gallay, et établit une filiation secrète entre les deux œuvres.
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  25 mars 2016
Quand j'ai vu un tableau d'Opalka pour la première fois dans un musée d'Art moderne,blanc sur blanc ,je n'ai vu qu'un tableau blanc. Ce n'est seulement en m'approchant, que j'ai réalisé les multitudes de chiffres peintes les uns à côté des autres.Par la suite ,j'en ai vu d'autres ,toujours des nombres les uns à côté des autres,du noir au blanc.Comme l'auteur de ce livre ,Claudie Gallay, avec le temps j'ai été fasciné par cette oeuvre bâti sur une seule idée ," le temps ", que l'artiste creuse obstinément.
Dans ce petit livre passionnant,Gallay nous plonge dans les coulisses de cette oeuvre d'une vie, qui débute avec un premier tableau en 1965, avec des chiffres peints en blanc sur fond noir de 1 à 35327. Il continuera ainsi , éclaircissant le fond noir avec un soupçon de blanc , peignant les chiffres toujours en blanc, à chaque tableau; jusqu'à ce que le fond noir de sa toile aura été tellement dilué qu'il sera devenu blanc.Par la suite quand "les tableaux seront proches de l'effacement, il utilisera deux blancs différents, le blanc de titane pour l'écriture des chiffres et le blanc de zinc( mêlé au noir ) pour le fond.Ainsi, le tracé des nombres restera lisible sous certaines lumières ".
En 1968 il ajoute une variante à son concept, se prendre en photo à la fin de chaque séance de travail,toujours avec la même chemise blanche,même lumière et sans expression. "Les photos suspendent le temps.Mais dans la réalité,le temps est toujours en mouvement , il ne s'arrête pas", nous commente Gallay ( cette démarche photographique d'Opalka , se présente comme détails, dans ses divers romans). La même année ,il ajoutera une autre variante,s'enregistrer,énonçant en polonais-sa langue maternelle -le nombre qu'il est en train de peindre.....
Comme dit Gallay,l'oeuvre d'Opalka n'a rien d'esthétique, "ce n'est pas une peinture de décoration ni de dessus de divan.... Elle est monotone et ne représente aucun motif reconnaissable ...C'est une pensée emmêlée au temps." Tout ça a l'air trés abstrait, pourtant même moi qui ne raffolle pas de l'Art conceptuel,ça me fascine, et ce livre qui approfondit les différentes phases du concept ,éclaire en faites un concept de vie, qui me touche par sa structure solide et intègre, une structure bâtie avec les chiffres," La vie par les nombres". Un concept mélange de philosophie et de mathématiques qui matérialise le passage du temps.
Gallay nous rapproche encore plus d' Opalka, en y intégrant l'influence de l'artiste sur sa vie et ses propres livres et y attachant ses propres réflexions,expériences et anecdotes.
J'ai adoré ce livre. Je suis une inconditionnelle de Gallay,et une fois encore je la remercie infiniment pour ce plaisir de lecture qu'elle nous offre.
Je terminerais avec les propres mots d'Opalka, qui considère son travail sa connerie, "une connerie, parce que la vie en est une".
p.s.J'adore le petit chien qui plaisait tant à Opalka, du magnifique tableau de Carpaccio " la vision de Saint-Augustin"( disponible sur Internet,et....dans le livre,tout à la fin !)
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jostein
  14 mai 2014
" Opalka a consacré toute sa vie à raconter la fuite du temps, il en a creusé l'idée, l'a développée, ramifiée jusqu'à sa philosophie et complète perfection, pour en faire un programme, une oeuvre d'art qui illustre parfaitement l'idée qu'un artiste qui travaille au plus près de sa vie peut rejoindre un universel qui nous concerne tous."
Opalka, peintre polonais né en 1931 consacre son oeuvre à la sculpture du temps. de 1965 à sa mort, il écrit en peinture blanche sur un fond noir les nombres de 1 à son infini atteint lors de sa mort. Enfermé dans le noir d'un camp de concentration, élevé dans l'attente, sa vie influence son oeuvre. le fond noir de ses toiles sera atténué de tableau en tableau avec 1 pour cent de blanc jusqu'à devenir "ce mur blanc" vers lequel nous avançons. Très vite, il associe à ses tableaux, une photo de son visage vieillissant toujours dans la même exposition et la même tenue. Puis la voix de l'artiste égrenant cette succession de nombres peints rythmera la monotonie de l'épreuve.
Claudie Gallay a aussi ce rapport au temps dans ses romans. Dans Seule Venise, la narratrice se photographie chaque mois et dans Une part de ciel, Carole photographie chaque jour une même scène. L'intérêt de l'auteur pour ce peintre de l'infini ne pouvait donner qu'une belle rencontre.
Dans ce court récit, Claudie Gallay m'a fait découvrir un artiste que je ne connaissais pas, m'a intéressée à son analyse de l'oeuvre grâce à une réflexion pertinente sur le passage du temps, sur l'art conceptuel, sur le sens de la vie d'un artiste.
Et l'excellence de l'auteur est de savoir communiquer sa passion pour un artiste qu'elle n'a jamais osé rencontrer mais qui guide son oeuvre, de parvenir à insuffler un rythme et même un suspense dans ce récit de la vie d'Opalka en décrivant " l'allant tenace d'un homme qui s'avance vers la mort."
Un peu déçue par le dernier roman de Claudie Gallay, Une part de ciel, je retrouve ici une auteur qui sait communiquer ses passions, provoquer le questionnement du lecteur, émouvoir par ses doutes et son acharnement à comprendre.
" J'aime l'art quand il me raconte une histoire, qu'il m'égare, m'enivre, me trouble ou me dérange, pas quand il va dans le mur en une surenchère qui frise la supercherie."
Si je remplace "l'art" par "un livre", vous comprendrez pourquoi j'ai vraiment aimé cette lecture.
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som
  24 août 2014
Roman Opalka commence en 1965 une oeuvre unique dans le monde de l'art : traduire de façon délibérée dans la peinture la trace irréversible du temps grâce à un dispositif à la fois simplissime et sophistiqué. Jusqu'à sa mort en 2011, il peint, sur des toiles de taille identique, les chiffres de 1 à l'infini. Il complexifie son concept en introduisant peu à peu du blanc sur son fond noir afin de tendre à la dissolution ultime des deux teintes.
L'opuscule de Claudie Gallay n'est en aucun cas une biographie conventionnelle (même si elle présente les étapes clefs de la vie de l'artiste), pas plus qu'une étude érudite de l'oeuvre. Il s'agit d'une tentative d'approcher au plus près les mécanismes de la démarche plus existentielle qu'artistique d'Opalka, puis d'en traduire l'impact et les résonnances dans sa propre vie d'écrivain. L'ouvrage de Claudie Gallay tient autant de l'hommage, de l'admiration que d'une enquête sur l'homme et son oeuvre. Avec sa langue terriblement précise et pudique, l'auteur nous livre en creux sa propre recherche personnelle et exprime avec un talent fou combien la création bouleverse et donne sens à la vie de tous. Une réflexion indispensable sur l'acte artistique et le temps qui passe.
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isabroot
  09 janvier 2015
Je n'appréciais pas vraiment l'oeuvre d'Oppalka, je la trouvais même un peu simpliste, voire même facile. du genre "il a trouvé le bon filon pour vendre n'importe quoi très cher ce type". Cet ouvrage m'a fait découvrir l'artiste autrement, avec les yeux d'une passionnée et cela fait du bien d'être confrontée à un autre point de vue. Bon, je ne suis pas devenue fan d'Oppalka, mais je regarde son oeuvre d'un autre oeil désormais. Très belle réflexion sur le temps qui passe et le sens de la vie
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Espresso
  10 septembre 2014
Fascinée par l'oeuvre du peintre Roman Opalka, Claudie Gallay établit dans ce cours récit un parallèle entre peinture et écriture. Elle nous invite à découvrir l'oeuvre magistrale d'Opalka qui, avec ses "Détails" et ses "Autoportraits", a voulu peindre et fixer le temps qui passe inexorablement. En plongeant dans l'intime de la création, l'auteur nous offre une très belle réflexion sur la créativité artistique et un texte puissant qui nous envoûte dès les premières lignes.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   25 mars 2016
"Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie" a dit Confucius. P.167
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somsom   24 août 2014
P. 147 On sait toujours quand ce sont les premières fois, celles qui touchent au corps ne s’oublient pas, elles s’impriment dans les zones les plus sensibles de la mémoire, on se souvient de l’endroit, du temps qu’il faisait.
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josteinjostein   14 mai 2014
L’art doit rendre heureux. Être questionnée, interpellée, émue, émerveillée, c’est ce que je recherche dans une œuvre.
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somsom   24 août 2014
P. 127 C’est le risque avec les tâches répétitives, on croit que c’est facile, la pensée divague et c’est la faute
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somsom   24 août 2014
p. 21 : Les deux dimensions émotionnelles de l’être sont celles de rencontre et de la séparation.
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Vidéo de Claudie Gallay
Claudie Gallay - La beauté des jours
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Née à Bourgoin-Jallieu en ...

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