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Critiques sur Seule Venise (119)
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latina
25 décembre 2016
Comment dire ?
Comment vous dire l'atmosphère distillée par ce livre, étrange, froide, silencieuse.
Venise en hiver...
Les rues désertes. L'eau envahissante, suintante, qui s'étale.
L'île aux fous, l'île des morts, l'île des chats.
Les cafés sur les places, où on boit le chocolat chaud, puis plus tard, le cognac.
La pension tenue par Luigi, prévenant, espérant la venue de ceux qu'il aime.
Ses hôtes : le prince russe, très vieux, immobile, nostalgique, malheureux, digne.
La danseuse vive et tourmentée, et son amoureux. Heureux ?
La librairie, enfin. le seul vrai but de la narratrice, le seul point d'attache. Car Dino à la voix rauque et au regard pénétrant la trouble. Elle qui s'est réfugiée à Venise après une histoire d'amour tronquée.

Cette atmosphère, seule Venise peut la livrer. Et je l'ai aimée.
Mais la narratrice, cette femme trompée, m'a énervée. A quarante ans, elle ne croit plus à l'amour, elle le dénigre, et pourtant elle en veut encore. Sa manière d'être, de parler m'exaspère. Elle a l'air de ne comprendre rien à rien, de ne pas savoir se comporter, dans n'importe quelle circonstance.
Ou est-ce le style avec lequel cette histoire est racontée qui m'irrite ? Je ne sais pas, mais voilà que les petites touches, les silences, tout ça me laisse sur ma faim.

Seule Venise parle d'amours malheureuses, sauf une...mais je ne vous dirai pas laquelle. Elle est là, cachée dans les pages, et se révèle peu à peu. C'est cette histoire-là que j'ai aimée, uniquement celle-là.

Mais l'atmosphère de Venise en hiver, elle, je ne l'oublierai jamais. Elle m'a prise, m'a emportée, au point que j'en oubliais la Noël ici, maintenant.
A ce propos...je vous souhaite un Noël paisible, limpide, serein. Et peut-être un voyage à Venise ?
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araucaria
05 janvier 2013
Un livre que j'ai beaucoup aimé... Presque un coup de coeur! J'aime cette découverte de Venise en hiver. Les promenades dans cette superbe ville, dans la brume ou sous la neige. Est-ce parce que je suis amoureuse de cette ville? mais cette première rencontre avec Claudie Gallay me laisse une forte impression et je suis sous le charme de ce beau roman.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Bookycooky
12 août 2015
Venise en hiver,fin décembre,triste,grise,désertée,glaciale ....mais si belle...Je ne sais pas si c'est l'endroit idéal pour noyer son chagrin d'amour en hiver, mais c'est ce qui se présente , un peu par hasard à l'héroïne de Gallay.
Une pension dans un vieux palais,un vieux aristocrate russe en chaise roulante,un bouquiniste qui voue une passion pour un peintre juif ayant peint l'holocauste ,la brume, les gondoles,le chocolat chaud du café Florian...et trois histoires d'amours en chassé-croisé.
Gallay a bien planté son décor,aussi bien comme ville, que comme locations et personnages,une splendeur en décadence et beaucoup de nostalgie.Splendeur d'antan de Venise,de Russie,de la jeunesse bref de tout ce qui est déjà dans le passé et dont le souvenir est beaucoup plus éblouissant que le présent.En contraste,cette femme de quarante ans à la recherche d'une consolation, ce russe qui vit dans le passé,ce propriétaire de pension qui attend sa fille qui tarde à venir, dans cette Venise sous l'acqua alta,la neige,repliée sur elle-même ,dans son sommeil d'hiver.
Tout est effleuré,même l'amour avec une poésie d'une douceur infinie.....
Trés beau texte,inconditionnelle de Gallay,je n'ai rien à ajouter.
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Eve-Yeshe
30 octobre 2015
C'est l'histoire d'une femme qui vient d'être abandonnée par son compagnon, et sombre dans un profond désespoir. Elle liquide son compte en banque, quitte tout, direction Venise en plein hiver…

Revenir dans une ville où l'on a été heureux, sur les traces de l'Amour, qu'elle cherche encore au travers de ses rencontres, arpentant chaque coin et recoin de la ville, elle nous entraîne dans sa quête et l'on va s'installer avec elle dans la pension de famille, plus ou moins confortable.

On va partager ses promenades, ses rencontres : un vieux prince russe en fauteuil roulant, un couple étrange, une danseuse Carla et son amant, Valentino pour qui amour ne signifie parfois que possession de l'autre, passion donc une porte ouverte vers la violence. Peu à peu, l'histoire s'installe, et on s'installe en elle, comme on se glisse dans les méandres de Venise.



Ce que j'en pense :



Je venais de déambuler dans Paris, en 1942 avec Modiano, et à peine remise de mes émotions, j'ai mis mes pas dans ceux de cette femme qui m'a fait découvrir Venise en hiver, sous la pluie, loin des touristes mais avec ses couleurs qui n'appartiennent qu'à elle. Je l'ai visitée dans les pas de Jean d'Ormesson, il y a des années. Il parle si bien de Venise et de l'amour que les deux sont liés dans ma mémoire. La douane de mer, la lagune, San Marco…

Comment rester insensible au charme du vieux prince russe en fauteuil roulant, qui n'a jamais fait le deuil de son amour d'adolescent Tatiana, bien qu'ayant épousé une femme de son rang dont il a eu des enfants. Il apprend à notre héroïne mystérieuse (comment l'appeler autrement puisque l'auteur ne lui a pas donné de prénom) à apprécier les choses, le vin par exemple, qu'il faut garder en bouche, goûter avant de l'avaler.

Il lui apprend aussi que l'exactitude est la politesse des rois, il a été en retard une fois et s'en est voulu toute sa vie, car tout a été chamboulé… comment apprécier la musique…

le libraire, Dino, quant à lui, va lui apprendre bien-sûr les livres, et aussi des mots, l'amour de Venise qui lui fait découvrir outre Marguerite Duras, Tolstoï, Rilke et autres auteurs qui hantent Venise, et la peinture avec Zoran Music, rescapé des camps de concentration, …

Il y a aussi Luigi, qui tient la pension, fait la cuisine pour ses hôtes, attendant sa fille pour les fêtes et décorant le sapin de Noël pour l'accueillir… Clara qui ne vit que pour la danse...

Ce sont tous des écorchés vifs, malmenés par la vie…

J'avais aussi des ampoules aux pieds, tant Claudie Gallay m'a fait découvrir des endroits splendides et méconnus, le peintre Zoran Music ; elle a une façon particulière de nous faire voyager, dans les valises de l'héroïne qui est parfois exaspérante dans sa façon d'aborder les gens, ses questions surprenantes ( « Qui est Euripide ? » ) voire dérangeantes, son manque de pudeur dans sa relation avec les autres, entrant chez eux presque par effraction, en trouvant cela parfaitement normal.

Ce n'est pas une personnalité qui m'attirait au départ, et pourtant j'ai eu envie de la suivre, de la voir s'éveiller aux autres, trouver un sens à la vie, tomber amoureuse. Elle s'oublie peu à peu dans sa rencontre avec les autres et se laisse porter par Venise, par les arts, le brouillard, la pluie, le chocolat chaud, les chats...

Je ne suis pas passée loin du coup de foudre avec ce livre que j'ai beaucoup aimé, par son atmosphère si particulière, impossible à raconter d'ailleurs, et qui me fait penser à Marguerite Duras. Qu'il s'agisse de la ville en hiver, de l'eau omniprésente, tout est intense et remue en profondeur, avec ces phrases courtes, presque lapidaires parfois, entre lesquelles des instants d'émotion pénètrent par effraction eux-aussi… La nostalgie est au rendez-vous…

C'est le premier roman de Claudie Gallay, et déjà l'envie de renouer avec ce style si particulier vient me titiller… comme la bonne odeur du chocolat, boisson dont l'héroïne abuse avec gourmandise…

Merci à Yzabel qui m'a fait découvrir ce livre et cette auteure
un lien pour découvrir Zoran Music
http://www.claude-bernard.com/artiste.php?artiste_id=62


Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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litolff
03 septembre 2012
Il fallait y penser : partir en hiver à Venise quand on a le coeur brisé... plutôt qu'au printemps avec son amoureux, foin des poncifs ! En fait, la narratrice a atterri là par hasard, et bien lui en a pris ! la beauté de Venise en hiver débarrassée de ses touristes et de ses clichés, les rues humides, les dalles glissantes, la lumière pâle, agissent comme un baume sur les âmes chagrines, et les chagrins d'amour, parfois, creusent une brèche propice à de nouveaux sentiments, mais si mais si !Roman d'amour mais aussi roman d'initiation aux vertus de l'autre, qui donnera moins envie de voir Venise pour mourir que pour sourire !
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nadejda
27 novembre 2010
A 40 ans abandonnée par son compagnon elle vide son compte et décide de partir. Où, en décembre et seule ? D'autres auraient choisi un pays lointain, le soleil, la mer. Elle, arrive à Venise, Venise déserte traversée par un vent froid plongée dans la brume. Venise où l'on se rend le plus souvent en amoureux.
Paradoxal ? Pas tant que cela. En enfonçant le clou, elle va pouvoir se retrouver.
Elle s'installe dans une pension où elle va se lier avec un prince russe, vieil original cloué sur son fauteuil roulant, dont elle partagera les repas.
Lors de ses errances dans Venise elle rencontre un libraire d'anciens qui va l'initier à la ville et ses mystères et lui fera aimé Zoran Music peintre vénitien déporté à Dachau dont il a rapporté des dessins bouleversants faits pendant sa détention. Ce libraire va lui permettre de retrouver le désir. Et progressivement au fil de ses rencontres qui lui font pénétrer la vie d'autres êtres blessés elle oublie sa propre détresse.
C'est le premier livre de Claudie Gallay que j'ai lu et J'ai pour suivi la lecture de ses livres toujours avec la même attention et la même plaisir.
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Lune
12 septembre 2008
Quelques heures par jour, partir dans un ailleurs qui au fil des minutes nous devient familier et indispensable. Côtoyer parallèlement des êtres qui nous émeuvent, nous interpellent. Osciller entre réel et irréel. Aimer des phrases, s'efforcer de les mémoriser pour ne pas les perdre. Refermer le livre : "pouh! (soupir), c'est déjà fini... Hésiter pour choisir le suivant. Tourner en rond en lisant d'autres lignes, certes belles, mais il faut un laps de temps pour sortir de cette atmosphère qui nous a envahie et qui perdure et dans laquelle on se plaisait. C'est le propre de tout livre enchanteur. Et celui-ci l'est. Sur fond de Venise hivernale, de chocolats chauds au Florian, de l'eau suintante, des églises désertées, l'auteur, en une prose poétique, faussement simple dans sa modernité qui accroche et dans ses ellipses évocatrices, nous rend palpitant non seulement de la ville mais aussi des héros, de leurs méandres où les sentiments se confondent, se toisent, se désirent, se respectent, se murmurent plus qu'ils ne se disent. Troubles, espoirs : tout se mêle et s'entremêle et nous vibrons au rythme de gens que nous aimerions croiser, d'échanges pudiques qu'il nous plairait d'avoir tant ils font espérer des autres et croire à l'amour qui se trouve là où on ne l'attend pas.

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Vianna
18 décembre 2013
Un de mes coups de coeur de l'année! Je ne connais pas cette ville. J'avais en tête les parfaits clichés: gondoles et flots de touristes. La lecture de ce roman m'a transportée dans une Venise hivernale, brumeuse et humide mais d'une poésie et d'une beauté magnifiques. Claudie Gallay a ce talent de placer les lieux au coeur de ces romans et d'immerger le lecteur dans une atmosphère, une ambiance qui continuent de nous habiter bien après.
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myriampele
01 mai 2013
Ah si pour moi, c'est un coup de coeur! Deuxième livre cadeau et deuxième enchantement...Claudie Gallay sait mieux que personne approcher en finesse le désamour, la peur de vivre, l'ennui et transformer les plus humbles en êtres d'exception! Venise ici n'apparaît pas sous son meilleur profil: il y pleut, il y neige, il y fait très froid et humide mais la passante rencontre Luigi, le père oublié, le Prince cloué dans son fauteuil , Carla la danseuse et Valentino, et puis le libraire, qui lui donnera envie d'aimer à nouveau, après Trevor. Remarquable!
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CelineCDI
19 février 2013
La narratrice, après une rupture amoureuse difficile, plaque tout et part se réfugier à Venise en plein hiver. Dans la pension de famille où elle s'installe, elle côtoie un jeune couple d'amoureux et un vieux prince russe malheureux, comme elle. Elle croise aussi le chemin d'un libraire, avec lequel l'amour semble à nouveau possible...

Un magnifique roman, à l'atmosphère triste comme Venise en hiver, qui nous fait découvrir la ville sous un visage nouveau, pas si loin des clichés touristiques mais avec une nostalgie et un voile qui recouvre tout, comme un brouillard d'hiver. le style dépouillé de Claudie Gallay aide à la construction de cette atmosphère étrange, qui nous serre un peu le coeur mais ne laisse pas le pessimisme s'installer pour autant... C'est à la fois un livre triste et pas complètement fermé, une sorte de parenthèse pour faire le point sur la vie avant de rebondir...
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