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EAN : 9791022612470
400 pages
Editions Métailié (17/03/2023)
3.99/5   58 notes
Résumé :
Des membres humains sont retrouvés dans une friche de Bogotá, mais leur propriétaire est vivant et emprisonné pour avoir tué sa femme. Le procureur Edilson Jutsiñamuy et son équipe sont chargés de l’enquête. La journaliste Julieta et sa secrétaire Johana, une ex-guérillera, vont les rejoindre pour remonter toute une chaîne de crimes atroces qui les amènera à …... L’intrigue captive le lecteur dans un jeu fascinant de miroirs entre réalité et fiction…..
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Je poursuis mes tribulations avec les cadavres, Caramba, une main de macchabée ! Les pluies font remonter à la surface le crime des assassins dans ce pays ravagé par la violence et le sectarisme qu'est la Colombie. Un pays où ce qu'une minorité appelle « ordre » , n'est autre chose que la soumission des plus pauvres, où parler de justice et d'avenir bouché est suspect et où il vaut mieux se taire pour ne pas finir en machabée. Pays comptant le plus de foyers d'infections ouverts de façon simultanée : narcotrafiquants, guérilla, paramilitaires, mafias de l'émeraude , mafias d'exploitations minières illégales, contrebandiers de pierres précieuses , fonctionnaires corrompus qui volent l'Etat et une classe politique transformée en bacille propagateur de la maladie.

Gamboa est un excellent auteur. le suc de ses récits vient de tout petits détails tout simples, souvent insignifiants pour le cours de l'histoire , mais délicieux. le sexe, l'alcool , la violence, les médiums, les dédoublements de personnalité …..tout y est, parfaitement inséré, et je dirais élégamment , sans jamais tomber dans le vulgaire, le bancale. Dès les premières pages , alors qu'une soirée bat son plein chez les riches de Bogota, la jeunesse friquée et débridée qui s'y trouve tombe par hasard sur une main de machabée ….. on pourrait l'imaginer comme sujet d'un polar quelconque acheté dans un kiosque de gare, eh bien non nous sommes en présence d'une plume de haut niveau couplée d'humour et d'analyses socio-politiques d'un pays où la violence fait partie de sa culture , «La violence est culturelle et ne progresse pas, elle reste statique . Seules progressent les idées qui la nourrissent , c'est pourquoi le crime nous impressionne . Certaines choses paraissant inconcevables .Le temps ne coure pas toujours en avant. Pas pour tous, ni de la même manière »
A travers l'histoire de la violence qui sévit son pays, l'auteur croque avec humour tout une galerie de portraits d'hommes et de femmes . Les hommes machos interpellent leurs conjointes, « ma reine », « ma princesse ». Les femmes ont presque toutes des c….. donc ne se laissent pas faire, et les rôles sont interchangeables à tout moment, sans parler des personnages à multiples ressorts dont le Colombian Psycho 😵‍💫, Marlon Jairo Mantilla, féminicide, narco, paramilitaire, psychopathe et victime, «  un compatriote exemplaire », fruit vénéneux de l'environnement social profondément malade. Les manières de tuer utilisées sont pire que celles dans les abattoirs ; il parait qu'elles sont culturelles et tiennent à d'anciennes pratiques héritées, eh ben !

Gamboa après une entrée corsée en charcuteries, souvent aux détails scabreux limites qui passent super bien chez lui, nous sert son plat de résistance , une mise en abyme , autopsie d'un écrivain , que je vous laisse découvrir…. Et le livre devient encore plus passionnant ! Là aussi dommage que la quatrième de couverture soit trop bavarde…. « Ce qu'on écrit, si réel que ce soit, finit par se transformer en fiction. »,
Merci Bison, « j'ai besoin de boire un coup pour me nettoyer, le désinfecter l'esprit et revenir à la réalité . Ça te dit ? »
Santé 😁!

« …cette sensation permanente qu'en Colombie il pouvait arriver quelque chose d'invraisemblable, de définitif, d'irrévocable….Cette sensation de vivre au bord de l'abîme . »
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Trois jours de pluie, non-stop.
Le ciel est chargé, noir sombre. La lumière reste obscure, de jour comme de nuit. Grise et triste. L'eau coule, coule, coule, du ciel, des toits, sur les réverbères, sur un terrain abandonné. La terre devient boue, marron sale, des corbeaux, peut-être même des vautours volent au-dessus de cette coulée, en cercle parfait. Des bouts d'os sont déterrés, blanchis par la pluie, par le temps. Deux jambes, puis deux bras. Parfaitement découpés. Pas de tronc, pas de tête. Un cordon de sécurité est mis en place, à la recherche du reste.

L'eau tombe, tombe, tombe. Comme si elle avait besoin de laver tous les péchés de Bogotá. Une ville violente, des crimes atroces et cette envie de s'enfermer dans son appartement, se servir un verre de Gin, un zeste de citron, trois glaçons. Gordon's, Bombay Sapphire ou Hendrick's. Au second verre, je réfléchis à la situation : on a retrouvé le propriétaire des membres chirurgicalement découpés, il est toujours vivant et il est en taule depuis quelques années... L'air interrogatif, à défaut d'être songeur, je prends un troisième verre pour encaisser le coup, pendant que la pluie cogne toujours à la fenêtre, comme le sang frappe à la tempe.

Au delà du roman noir et poisseux de l'âme humaine, l'auteur Santiago Gamboa m'invite quelques heures de lectures à Bogotá sous la pluie. Et quelle invitation ! Boire du gin et du rhum, regarder les couvertures en cuir de sa bibliothèque, discourir ainsi du bien et du mal, surtout du mal dans ce pays, au milieu de tueurs et de militaires où l'un est l'autre ne font d'ailleurs qu'un, autour de quelques références littéraires, de Gamboa à Cheever. Et sous cette pluie battante et s'abattant sur la ville, il m'ouvre les portes de sa Colombie, entre Bogotá et Paris. Je dois ainsi faire confiance à un procureur aidé de deux belles journalistes pour élucider le mystère de ces membres retrouvés dans la boue qu'une pluie à mis à nus. Mais quand va donc cesser l'impunité toute puissante de ces milices paramilitaires, et de ces exécutions gratuites, semble me chuchoter au coin d'une oreille - pas trop fort, je dois être sur écoute -, la pluie de Bogotá.
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De l'écrivain colombien Santiago Gamboa, né à Bogota dans les années soixante, on dit qu'il est un auteur de romans policiers, de romans réalistes et de romans historiques. Dans Colombian psycho, il mérite bien ces trois qualificatifs. Il faut toutefois reconnaître que le contexte régional des péripéties du livre s'y prête particulièrement.

La Colombie sort — ou espère sortir — de soixante années de guerre civile. Un conflit armé ultra-violent et sanglant ayant fait plusieurs centaines de milliers de morts et de disparus, entraîné le déplacement de plusieurs millions de personnes, sans compter les viols, les mutilations et autres sortes de tortures pratiquées par les belligérants. Se sont affrontés sans merci les guérilleros d'extrême gauche appartenant aux FARC ou à L'ELN, l'armée gouvernementale, et les milices paramilitaires d'autodéfense d'extrême droite intervenant en supplétifs masqués de l'armée. Sur un fond politique de lutte et de réaction provoquées par les inégalités — effectivement immenses dans le pays —, les vrais ordonnateurs du jeu sont les cartels de la drogue, l'enjeu étant d'une part la maîtrise des cultures du coca, de l'autre la préservation des flux financiers colossaux générés par le narcotrafic. La Colombie détint un temps le record mondial de la criminalité, elle reste le premier pays producteur de cocaïne.

Voilà donc un excellent fondement historique. Il aura suffi ensuite à l'auteur d'avoir la plume un peu lourde sur les turpitudes des personnages, sur leur sexualité et sur la perversité des meurtres, de placer le tout sous le ciel brumeux et pluvieux de la sinistre mégapole de Bogota, pour donner à son livre un caractère réaliste. Un réalisme qui devient terrifiant, lorsqu'est évoqué le scandale des « faux-positifs » : l'enlèvement au hasard de milliers de jeunes gens prétendus activistes, puis leur assassinat dans des mises en scène de combats, afin de toucher des primes. Un scandale sanctionné par de lourdes condamnations… suivies d'amnisties généreuses.

Reste la dimension « polar ». le roman commence par la découverte macabre de jambes et de bras enterrés. Leur ex-propriétaire, devenu homme-tronc par la force des choses, est bien vivant et purge une longue peine de prison. Quelques jours plus tard, découverte d'un meurtre sanglant, puis d'un autre. Des indices semblent montrer un lien entre les affaires…

Le procureur Edilson Jutsyñamuy, chef du service des Investigations spéciales, gère l'enquête avec un sang-froid et un opportunisme non dénués d'humour. Quand les procédures judiciaires ne lui permettent pas d'intervenir — car la Colombie bénéficie d'une vraie constitution démocratique —, il peut compter sur les aptitudes intuitives et relationnelles de Julieta, une journaliste d'investigation qui fume et qui boit trop, mais qui se maintient en vie, au bord de la crise de nerfs.

On subodore rapidement que les meurtriers sont des paramilitaires, aux ordres d'hommes politiques détenteurs d'intérêts financiers indirects dans le narcotrafic. L'intrigue est complexe, structurée, cohérente et l'on en suit avec plaisir et curiosité le long et patient détricotage par les policiers.

L'auteur a ajouté une part inattendue d'autofiction, puisque l'écrivain Santiago Gamboa fait partie des personnages du roman ! Les enquêteurs découvrent même que les événements de Colombian psycho sont inspirés de précédents ouvrages de l'auteur. Comment l'auteur se sortira-t-il de cette situation très originale ? Voilà qui rajoute du sel à la lecture.

Le livre est très long, mais sa construction en dix parties elles-mêmes décomposées en courts chapitres permet de le lire sans effort. L'écriture n'est pas sophistiquée, ce qui peut heurter au début si l'on sort d'une lecture plus littéraire, mais on s'habitue. Elle cadre en tout cas avec le caractère policier, réaliste et historique de Colombian psycho.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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La première partie du roman (il y en aura dix) s'ouvre sur une scène de sexe torride, décrite très crûment, mais avec beaucoup de dérision, et un regard déjà critique, politisé, sur une partie de la société colombienne. Un couple a fui une fête pour s'isoler et découvre là, juste à côté, une main qui sort de terre. Les deux jeunes préviennent la police qui, après de longues recherches sous une pluie battante (il pleuvra pendant tout le roman !) finit par découvrir deux bras enterrés. Puis, un peu plus loin, deux jambes... La police prévient donc le procureur Edilson Justiňamuy.
***
Bon, avec ce titre en forme de clin d'oeil, Colombian Psycho, il ne fallait pas s'attendre à une bluette, mais là… L'extrême noirceur du roman et l'évidente politisation de l'auteur sont soulignées d'entrée par de nombreux aphorismes, de l'humour noir et des sarcasmes, comme par les personnages parfois outrés qu'il met en scène. le dépaysement est total : l'omniprésence du religieux, les vendeurs d'émeraudes à la sauvette dans les rues de Bogota, le poids des cent mille disparus, le gouffre entre les classes sociales, les souvenirs de la guerre civile, la rancoeur très vive entre les paramilitaires et le reste de la population, l'inimaginable cruauté de certains protagonistes, la banalisation de la violence la plus extrême, la misère sans fin du plus grand nombre, le total mépris de la vie humaine… On peut ajouter à cette liste la corruption de certains politiques et la morale élastique de quelques policiers, mais c'est plus habituel… Seuls petits moments de répit pour les policiers ainsi que le procureur et les deux journalistes qui vont l'aider à mener cette enquête difficile et particulièrement tordue : les petits-déjeuners. Il est d'ailleurs rarement question des autres repas, et les Colombiens semblent accorder une importance particulière à ce très copieux et apparemment roboratif rituel matinal.
***
Santiago Camboa se joue de son lecteur et s'amuse à brouiller les frontières entre réel et imaginaire. Par exemple, il utilise un élément d'une enquête qu'il tire d'un de ses romans précédents pour bâtir l'intrigue de celui-ci. Il n'hésite pas à s'autociter, là encore avec beaucoup de dérision. Cette mise en abyme devient vertigineuse quand il introduit Santiago Gamboa, écrivain, comme personnage du roman, une sorte de double fictionnel, mais qui partage beaucoup de points communs avec l'auteur. Il lui (il se ?) réserve d'ailleurs une aventure sentimentale et un destin spectaculaire ! L'intervention de l'écrivain comme partie prenante permet de nombreuses considérations sur la littérature, la vraisemblance, la réalité, etc. Par ailleurs, il laisse une place importante à la superstition, à l'irrationnel et à la maladie mentale. Un roman dérangeant, mais passionnant d'un écrivain dont je lirai d'autres oeuvres, assurément.
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🖤Chronique🖤

« Et elle, la chroniqueuse de drames humains, sera là, fouinant, prenant des notes. »

Et je vous conseille d'en prendre aussi, parce que, en Colombie, la pluie n'en finit pas de tomber et d'effacer les traces…Les morts ne sont pas morts, les vivants seront peut-être des réplicants et les poètes se sont barrés dans l'obscure vallée, fuyant cette ville d'enfer plus vite que leurs ombres…Retourner ou rester dans Une maison à Bogotà? Vivre ou mourir? Cette ville est faite de tragédies fantômes aux senteurs pestilentielles de corruptions, de dictatures et de violences. Alors comment fait-on pour être heureux? Cela reste l'éternelle question, qui obsède autant Julieta que moi, ou le reste du monde, j'imagine…La suggestion du jour, serait peut-être de lire Santiago Gamboa…C'est très personnel comme suggestion, je vous l'accorde, mais en même temps, son génie se réplique dans ses oeuvres, se répondent entre elles, et font rejaillir les voix des invisibles ou les pleurs des oubliés…Il a un don et une volonté de transmettre par le biais de l'écriture, toutes les émotions paradoxales et pluridimensionnelles d'une génération marquée par la guerre civile…
C'est tellement étrange d'écrire et de percevoir la fin du monde, de regarder la soirée s'avancer, d'attendre le jour d'après, les yeux écarquillés, se perdre dans l'abîme…Écrire l'injustice, l'horreur, l'effroyable. Écrire entre réel et fiction, le monde nu, noir, et saccagé. Écrire les corps mutilés, les corps disparus, les corps damnés. Écrire l'insensible, l'imperceptible, le nuisible. Je crois qu'on n'aurai pas assez d'une vie, pour aller fouiner dans tous les immondices du conflit armé colombien. J'imagine qu'autant de traumatismes, marquent une carrière et quelques idéalistes durablement pour laisser, quelques mots préventifs et des histoires bouleversantes à aimer démesurément. C'est tellement étrange de vivre, aussi, en ces temps incertains. Même en faisant appel à une medium, nous ne saurons jamais pourquoi il faudrait être heureux, pourquoi il faudrait savoir, pourquoi est-ce qu'on est là, mais je décide ce matin, de prendre des notes…Et d'écrire cette chronique Coup de coeur ❤️. On ne sait jamais dans quelle intrigue on peut être coincé, dans quelle situation on ne pourra se tirer, mais on peut faire confiance à Santiago Gamboa, pour nous éblouir de sa poésie…Avec Colombian Psycho, j'ai été subjuguée encore une fois…Ce roman noir est un hommage aux différents miroirs, et dans chaque réflexion, j'y ai vu le courage, la grandeur, la lumière…
Cette histoire nous emmène au coeur d'une enquête complexe, dans des averses diluviennes, où le bien et le mal n'en ont jamais fini de se tirailler, en troublant les pauvres âmes orphelines…Addictif et puissant. Intelligent et fascinant. Je reste une inconditionnelle fan de la plume de Santiago Gamboa, et j'aspire à d'autres moments aussi heureux, que de lire un de ses romans, et ça tombe bien parce que tout laisse présager une suite à Colombian Psycho

« -Là est le hic. le mort n'est pas mort. »
Lien : https://fairystelphique.word..
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critiques presse (1)
OuestFrance
21 avril 2023
Un homme, ou ce qu’il en reste, est détenu en prison. Qui est-il pour que tant de gens s’intéressent à lui ?
Lire la critique sur le site : OuestFrance
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
-Ce qu’on est reste en nous, c’est la somme de tout ce qu’on ne dit pas.C’est pour cela que les sages parlent peu.
Johann la regarda, intriguée,
-Mais si les sages n’enseignent pas ce qu’ils savent dit Johana, à quoi ils servent ?À quoi sert leur sagesse ?
Ma médium haussa les sourcils.
-C’est la question clé, petite,à quoi sert le savoir ? Je crois que c’est une des grandes questions de la vie. J’ai lu des traités de philosophie, je ne suis pas experte mais je vous assure que la chose n’est pas très claire, même pour les grands philosophes.
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Una mujer se ha perdido
Conocer el delirio y el polvo
Se ha perdido esta bella locura
Su breve cintura debajo de mí
Se ha perdido mi forma de amar
Se ha perdido mi huella en su mar
Veo una luz que vacila
Y promete dejarnos a oscuras
Veo un perro ladrando a la luna
Con otra figura que recuerda a mí
Veo más, veo que no me halló
Veo más, veo que se perdió….



Si une femme est perdue
Connaît le délire et la poussière
Si a perdu cette belle folie
Sa petite taille sous moi
Si a perdu mon empreinte dans sa mer
Je vois une lumière vacillante
Et promet de nous laisser dans le noir
Je vois un chien aboyer à la lune
Autre signe qui me rappelle
Je vois plus, je vois qu'elle ne me trouve plus
Je vois plus, je vois qu’elle s’est perdue..

(Oléo di mujer con sombrero- Silvio Rodriguez)
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L'eau tombe, tombe, tombe...
La pluie est démocratique, elle mouille tout le monde pensa-t-elle, qui a écrit ça ? Elle se rendit compte qu'elle était encore ivre ("neuf dixièmes de vodka pour un dixième de baise", lui avait dit quelqu'un). Elle ferma les yeux et se laissa gagner par le sommeil et l'envie de renaître dans ce liquide amniotique...
"Adieu Mnémosyne, adieu."
Quel plaisir que le bruit de la pluie quand on est à l'abri dans une autre eau, chaude et maternelle.
Mais dehors ?
La pluie trempe les cheveux sales des ouvriers, les calvities couvertes de bonnets de laine. Elle tombe sur les jeunes filles qui se penchent au balcon et comptent, angoissées, les jours de retard. Elle tombe, glacée, chargée de l'air des montagnes, sur les passants de la strate 2 qui vont travailler dans les quartiers de strate 6 : averses sociales, intempéries, survie. Il pleut contre les ténèbres de la chambre des amants, cachés dans un motel du Nord, loin des épouses et des maris. La pluie tombe sur l'assassin qui marche nerveux et sent le poids du pistolet, et sur la victime, encore vivante, qui ne sait pas que ce sera sa dernière averse.
Et elle, la chroniqueuse de drames humains, sera là, fouinant, prenant des notes.
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…un véritable écrivain a toujours été un crève-la-faim. C’est la place que cette société libre et démocratique lui a assignée: celle du fou , du vagabond ou du bouffon depuis le roi Lear. Et vous savez pourquoi ? Parce que la Littérature compte de moins en moins pour les gens qui ont le pouvoir de diriger les masses et c’est pourquoi , lorsque les masses voient un livre , elles s’éloignent en courant .
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Ils rentrèrent tous deux dans le café.
- Petit-déjeuner national, traditionnel ou de l'altiplano ?
- C'est comment celui de l'altiplano ?
- Œufs brouillés ou sur le plat, corbeille de toasts, pain beurré, galettes de maïs et chocolat au fromage. En supplément, bouillon de côtes.
- Et le national ? demanda Johana.
- Soupe au lait et aux œufs, œufs brouillés ou sur le plat, pain et galettes de maïs. En supplément, chorizo de Santa Fe.
- Très bien, je prends celui-là, dit Johana.
- Et le traditionnel ? demanda Yesid.
- Café au lait, pain et toasts, œufs brouillés à l'oignon et à la tomate, riz aux haricots et galettes de mais.
- Celui-là pour moi, dit Yesid. Avec ce froid, rien de tel qu'une bonne platée de riz aux haricots.
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Videos de Santiago Gamboa (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Santiago Gamboa
29 mai 2019 Interviews de romanciers, d'éditeurs et de professeurs de creative writing traduite en français : http://www.artisansdelafiction.com/bl... L'auteur de romans noirs colombien Santiago Gomboa détaille sa manière de construire des romans noirs.
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