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Anne-Marie Meunier (Traducteur)
EAN : 9782757815731
352 pages
Éditeur : Points (19/11/2009)

Note moyenne : 2.96/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Victor Silanpa tient la rubrique des faits divers d'un quotidien colombien, il est aussi détective privé et très amoureux de Mánica. Il enquête sur l'identification d'un cadavre horriblement empalé et crucifié, en compagnie d'un petit fonctionnaire doté d'un grand bon sens qui recherche son frère disparu. Couple don quichottesque, les deux hommes fréquentent une communauté naturiste et mettent à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  07 décembre 2017
« - Allô ? Silanpa tenait le récepteur entre le pouce et le petit doigt.
- Je sais que c'est dimanche, mais la chose est grave, admit la voix du capitaine Moya. Cinquante-cinq ans environ, empalé sur une croix sur les bords du lac Sisga, nu comme Mercure en goguette. Pas de papiers. Pas de trace de vêtements. Rien. »
D'un côté, donc, Victor Silanpa, journaliste à Bogota et accessoirement un peu détective. de l'autre le capitaine Aristophane Moya, hippopotamesque officier de police. le premier va enquêter, le second nous raconter sa vie d'ogre se découvrant une vocation pour une carrière de policier dans laquelle, si l'on en croit sa propension à embaucher Silanpa pour travailler à sa place, il excelle beaucoup moins que dans l'ingestion de babas au rhum géants.
À partir de là, Santiago Gamboa nous délivre un roman en forme de matriochkas dans lequel chaque suspect en révèle un autre tandis que Silanpa, assisté par Emir Estupiñan, employé de bureau à la recherche de son frère disparu, tente d'identifier à la fois la victime et le mobile du crime.
Sans surprise, Perdre est une question de méthode charrie son lot de trafiquants d'émeraudes, d'avocats véreux et de politiciens corrompus trempant tous dans le même bouillon de culture. Ce qui fait sa particularité et son charme se situe ailleurs, dans la manière dont Gamboa s'attarde sur les états d'âmes de ses personnages principaux ; l'introspection de Silanpa, loser même pas magnifique handicapé par de sévères crises d'hémorroïdes et incapable d'aimer comme il le voudrait les femmes de sa vie, la quête d'Estupiñan, la confession professionalo-alimentaire de Moya… tandis que s'agitent autour d'eux les guêpes dont le seul fait de pousser un peu leur enquête a fait exploser le nid et ouvre la voie à toutes les suspicions, à toutes les trahisons et à tous les quiproquos.
Alliant une forme de mélancolie à un humour qui va de la plus parfaite ironie aux limites du grand guignol, Perdre est une question de méthode est un polar étrange qui semble utiliser des ficelles a priori usées : on pense à la Moisson rouge de Hammet, si ce n'est que la manière dont les différents partis sont ici montés les uns contre les autres relève moins de la volonté de Silanpa que de coups qu'il lance à l'aveuglette. La méthode du titre est donc de tout mettre en oeuvre pour que rien ne fonctionne. Mais les chemins du hasard étant ce qu'ils sont, ils peuvent parfois mener accidentellement à une certaine forme de résolution. C'est la manière dont tout cela finit par s'emboîter et la pathétique humanité de ses personnages qui rendent la lecture du roman de Santiago Gamboa aussi plaisante.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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keisha
  14 décembre 2011
Troisième rencontre avec Gamboa mais en demi tinte cette fois. le journaliste Victor Silanpa travaille dans un quotidien de Bogota. par ailleurs il est détective privé (version photographier des couples en flagrant "délit" ou du plus lourd). Dans ce roman, il s'intéresse à un cadavre retrouvé empalé et crucifié au bord d'un lac. Qui est-ce? Dans quelles conditions est-il mort? Qui l'a transporté là? Autant de questions qu'il tente de résoudre, aidé par un petit fonctionnaire à la recherche de son frère disparu. Ce couple improbable va sillonner Bogota d'aventures en aventures, sans guère le temps de souffler.
Le lecteur suit d'autres personnages, avocats, conseillers, promoteurs, découvre les dessous de pas mal de magouilles, et, pour ma part, s'y perd un peu. Pas vraiment de suspense, donc. Mais beaucoup d'allant. le policier en charge de l'enquête, lui, se contente de raconter sa vie, de façon plutôt amusante et intéressante d'ailleurs. Là j'ai retrouvé le Gamboa que je connais.
Un poil déçue donc, mais un auteur à connaître tout de même!
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scor13
  12 mars 2011
Nous avons affaire à deux narrateurs. le premier est un narrateur omniscient. Il décrit l'enquête à laquelle se livre Silanpa, un journaliste qui arrondit ses fins de mois comme détective privé. Tous les deux ou trois chapitres environ, le narrateur omniscient laisse sa place à Aristophane Moya, le capitaine de la 40e brigade de police de Bogota, qui a une addiction à la nourriture et qui décrit cette addiction dans le cadre de la Dernière Cène, une association évangélique, une sorte de groupe de parole.
J'ai eu du mal avec les très nombreux personnages du livre. Il a même fallu que je prenne des notes pour arriver à dénouer les liens que l'auteur tisse entre eux. Et puis rapidement tout devient clair : entre les avocats véreux, les hommes d'affaires, les politiques corrompus, le journaliste désabusé qui mène l'enquête à la place du flic qui en profite pourtant pour tirer la couverture à lui, ce roman concentre tous les ingrédients nécessaires à la confection d'un bon polar. Malgré tout j'ai regretté que ma prise de notes rendue nécessaire par la multiplicité des personnages ne me dévoile très rapidement l'intrigue. Et c'est là que le bât blesse: le livre manque cruellement de suspense. de plus, l'alternance entre les deux narrateurs casse trop le rythme à mon goût. On arrive à se passionner un peu pour l'histoire qui est complexe, puis Aristophane arrive et il nous raconte sa vie...qui n'a en plus aucun intérêt dans l'histoire sauf évidemment à la fin. Donc pour ma part, je vois cette narration plus comme un prétexte pour justifier la fin qu'avec un réel intérêt.

Malgré tout il décrit particulièrement bien la corruption liée à l'immobilier (qui sévit aussi bien en Colombie qu'ailleurs dans le monde). Et je me suis surprise à avoir plusieurs fois le sourire aux lèvres car certaines scènes décrites sont particulièrement savoureuses.
Bilan
Un premier livre qui aurait pu être beaucoup plus intéressant que çà. Il souffre de quelques longueurs, alors que la fin elle même est précipitée. C'est dommage car il disposait malgré tout de bons atouts.

Lien : http://uneanneeetplusdelivre..
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Plumisa
  19 avril 2012
Voici une enquête qui requiert pour le moins toute l'attention du lecteur car il en faudrait très peu pour perdre le fil...
Il y a donc un corps, retrouvé empalé ; un flic obèse qui raconte sa vie un chapitre de temps en temps ; un journaliste amoureux qui fait équipe avec un homme dont le frère a disparu et qui joue aussi au "privé" en quête de flagrants délits ; un lot comprenant avocats, promoteurs et politiques véreux ; une très jeune prostituée qui souhaiterait faire de la chanson ; un "club" de naturistes et bien évidemment une histoire de gros sous sur fond de spéculation immobilière... sans parler des personnages secondaires comme les familles, la secrétaire, des hommes de main, un ancien rédacteur en chef, une poupée fétiche, etc.
En multipliant histoires, intrigues et personnages, l'auteur entraîne ses lecteurs au fin fond de la corruption qui touche son pays, la Colombie.
Le personnage principal est Silampa le journaliste car c'est lui qui mène l'enquête, faisant le travail de la police en sillonnant Bogota. Curieusement, il bénéficie de toutes les entrées possibles sur les scènes de crimes grâce à une "complicité" particulière avec le capitaine Moya.
Si le lecteur n'est pas toujours certain de savoir qui est qui, il faut reconnaître que le roman est plein d'allant et se laisse lire d'un bon rythme, cadencé par les confessions personnelles et pour le moins originales du capitaine de police.
Sans être totalement convaincue par cette histoire, je reconnais à l'auteur beaucoup de talent : dans l'écriture, le style et l'humour. Je n'hésiterai donc pas à tenter un autre titre.

Lien : http://isabelle-passions.ove..
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emeralda
  02 décembre 2009
Dès les premières lignes du roman, j'ai eu du mal à savoir si Victor Silanpa était un journaliste ou un flic.
Ses méthodes sur le terrain, ses attitudes et surtout l'accès privilégié auquel il a droit sur les scènes de crimes, dans la morgue… sont troublantes, voir déroutantes. J'avais sans cesse l'impression d'avoir raté un élément qui aurait pu me permettre de le situer impeccablement. À ce moment, les frontières étaient par trop perméables à mon goût.
« Noir, c'est noir » comme le chante si bien Johnny Hallyday, mais dans ce cas précis, on débute quand même avec un crime particulièrement sordide. Accrochez-vous !
A noter que j'ai eu la désagréable impression au cours de ma lecture que je manquais des étapes. Je relisais donc certains paragraphes, mais rien n'y faisait. Il manquait des phrases, des transitions, que la présentation n'était pas adéquate, que sais-je encore. Des détails, mais qui m'ont un peu agacé car ils me laissaient un arrière-goût d'insatisfaction.
Cela ne m'a pas gêné au point de ne pas pouvoir suivre l'intrigue, mais j'étais moins enthousiaste à poursuivre.
Très vite page 47, on trouve la justification du titre de cet ouvrage. Victor garde certaines citations dans les poches de sa poupée : « J'ai perdu. J'ai toujours perdu. Ça ne m'irrite pas, ça ne m'inquiète pas. Perdre n'est qu'une question de méthode : Louis Sepulveda. »
Cela tient aussi au caractère de ce journaliste pas banal : « Se battre avec une femme, c'est un combat perdu d'avance. Napoléon, qui a réussi à conquérir la moitié de l'Europe, a eu cette phrase pleine de sagesse : « Les batailles contres les femmes sont les seules qu'on gagne en fuyant ».
- Mais je n'ai pas envie de gagner.»
Tout est dit, non ?
La suite sur
Lien : http://espace-temps-libre.bl..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
SophieChalandreSophieChalandre   23 novembre 2016
Il sortit de là tout triste, en maudissant la fichue faiblesse génétique de ses glandes lacrymales qui lui interdisait d'être à la hauteur de ce qu'il éprouvait.
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berouneberoune   04 janvier 2013
Il n'aimait pas aller au bistrot et pour ce qui est des femmes, il se contentait du minimum, juste ce qu'il faut pour ne pas faire mentir la rubrique "sexe masculin" de sa carte d'identité.
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art-bsurdeart-bsurde   04 mars 2016
N'aie pas peur. Tu es un homme cultivé, Victor. Tu sais que la vie commence derrière la vérité.
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art-bsurdeart-bsurde   04 mars 2016
La réalité lui devenait si exagérément hostile qu'il ne pouvait pas ne pas vouloir l’altérer.
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Vidéo de Santiago Gamboa
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