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Paul Watson (Autre)
EAN : 9782374252421
208 pages
Éditeur : Rue de l'échiquier (17/09/2020)
4.72/5   9 notes
Résumé :
« L'espèce humaine tue consciemment, volontairement, chaque minute dans le monde, plus de 2 millions d'animaux. Autrement dit, elle massacre en une semaine 50 fois plus d'animaux que l'ensemble des victimes humaines de toutes les guerres de l'histoire de l'humanité. »
Dans ce nouvel essai, Jean-Marc Gancille expose un tableau sans concession de la relation que l'être humain a nouée avec le monde animal, fondée sur la domination et l'exploitation, et ce dès av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
gouelan
  02 mars 2021
Il est petit, sa peau est fragile, il n'est pas très fort, pas très rapide.
Il a des fusils, des filets, des buldozers.
Il a une forme d'intelligence.
Il invente, fabrique, achète, jette.
Il communique sur la toile, jusqu'aux étoiles.
Il ne sait plus qui il est, à quoi il sert. Il s'illusionne.
Il se propage, presque aussi vite qu'un virus.
Il tue, brûle, pollue, fore, écrase, gaspille.
Il mange, devient obèse, anorexique, déprimé, puéril.
Il affame, assoiffe, fait l'autruche.
Il est poète, philosophe, tractoriste, actionnaire, rêveur, briseur.
Il rit, il pleure. Il oublie. Recommence.
Il parque les lions, les girafes. Pour leur survie. Il paie pour les abattre entre les barbelés, se sent puissant, fait une photo le sourire en gâchette.
Il admire les dauphins, les requins, les méduses, dans leurs prisons de verre.Trop étroites, un goût de béton, aucun horizon aquatique. Il les soigne, les protège de l'océan ratissé jusqu'au corail par les grands chalutiers. Il est humain.
Il apprend aux enfants comment vivent ses cousins les chimpanzés, et aussi les éléphants, les tigres..., toute la belle faune sauvage, si loin de chez elle. Il singe la réalité. Il la soigne, la protège des chasseurs de trophées, de la sécheresse, de la déforestation.
Il multiplie cochons, moutons, veaux, poules. Et même les visons, juste pour la douceur de leur fourrure. Les abattoirs, c'est pas comme les aquariums, ils n'ont pas de vitres.
Plus de 7 milliards d'êtres humains à nourrir. Ils vont pas brouter de l'herbe, c'est pas des moutons. "La viande et le poisson c'est bon, quand-même ?"
On pourrait penser autrement la vie, notre rapport à ce qui nous entoure, tous les êtres, les plantes, les fleuves, la terre. On pourrait manger autrement, partager, préserver. On pourrait.
Juste après cet essai, j'ai lu le roman de Jørn Riel : le jour avant le lendemain.
Le peuple des Inuits savait vivre en harmonie avec les autres espèces. On ne pourrait plus vivre comme le faisaient ces tribus indigènes, ou comme le font encore quelques tribus isolées, notre culture est trop éloignée de la leur. Mais on peut réapprendre à écouter le monde, à ne plus piétiner, asphyxier, essorer la planète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vers de terre, d'abeilles, de krill. Peut-être bien qu'on vivrait plus heureux. Qui sait ?
Je remercie Les Éditions Rue de l'Échiquier et Babelio pour cet essai percutant. Un portrait sans concession de l'homme, ce sauvage qui ravage tout sur son passage. Un vrai carnage.


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JerCor
  13 novembre 2020
Après Ne Plus se mentir, pamphlet sur notre inertie face à la crise environnementale, Jean-Marc Gancille reprend la plume pour défendre la cause animale, celle qu'il défend sur le terrain quotidiennement. Nettement plus étoffé que son premier titre, Carnage présente toutefois une bibliographie encore trop peu fournie pour pouvoir prétendre peser dans le débat théorique. Mais, la conviction sincère et engagée de l'auteur, sa faculté à surmonter les positions clivantes, ainsi que sa lucidité devraient toutefois faire de ce livre une référence incontournable pour la cause animale, et potentiellement permettre une remise en cause de nos pratiques, jusqu'à interroger notre propre humanité.

Une extinction ou une extermination délibérée ?
On pourrait croire que les temps modernes tendent vers un rapprochement entre animaux et humains (animaux de compagnie, zoos, multiplication des parcs naturels, programmes de préservation des espèces...). En réalité, la modernité scelle un divorce sanglant. Carnage nous en dresse l'implacable panorama.
Rien que pour notre alimentation, selon une étude de la FAO portant sur la seule année 2012, le nombre d'animaux terrestres élevés et mis à mort dans le monde pour l'alimentation se montait à quelque 67 milliards. Des chiffres qui s'élèvent probablement à plus de 1000 milliards pour les poissons.
Encore faut-il ajouter à cela, la surpêche, les zoos, la disparition des insectes, la chasse, les déforestations, la chasse d'animaux sauvages et le trafic d'organes d'animaux.
L'essai de J.M. Gancille va tenter de comprendre pourquoi nous restons indifférents à ce massacre, pourquoi il faudrait que cela change, et comment.

Un massacre dispensable et préjudiciable
Cet état de fait est-il inéluctable ? La première objection faite aux animalistes consiste à dire que tous ces animaux ne sont pas tués pour le plaisir mais pour l'alimentation de plusieurs milliards d'individus.
L'auteur réfute cette assertion.
Le carnage a effectivement pour but principal l'alimentation humaine. Il est pourtant largement établi que les protéines animales ne sont pas nécessaires pour une alimentation saine. Bien au contraire, les risques de maladies sont multipliés par rapport à une nourriture végétale.
Mais, l'argument majeur est que l'élevage monopolise des espaces considérables : « L'élevage mobilise 80 % des surfaces agricoles en France et 70 % au niveau mondial, à travers les pâturages et les cultures destinées à l'alimentation animale (alors qu'il ne produit que 18 % des calories alimentaires et 37 % des protéines consommées dans le monde) » (p115).
Ainsi J.M. Gancille reprend les mots de Levi-Strauss : « Si l'humanité devenait intégralement végétarienne, les surfaces aujourd'hui cultivées pourraient nourrir une population doublée ».
Il faut donc comprendre qu'il en va de notre survie dans des conditions humaines de réorienter notre alimentation :
« Orienter l'agriculture vers la production végétale apporterait de nombreux bénéfices : une meilleure santé publique, une réduction de très nette des impacts écologiques de l'alimentation, la possibilité de récupérer des terres pour créer des puits de carbone et, bien sûr, une réduction drastique de la souffrance des bêtes. Pour toutes ces raisons, tuer des animaux pour le plaisir égoïste et dispensable de les manger devrait être interdit. Ceux qui considéreraient cette position comme scandaleusement liberticide devraient comprendre qu'aucune liberté ne peut découler d'une posture de domination. Mais ils devraient aussi se forcer d'imaginer combien le laisser-faire nous conduit à un monde invivable plus certainement liberticide que celui résultant du choix en conscience d'enrayer cette machine infernale d'extermination du vivant » (p164).

Malgré les rapports scientifiques, les vidéos insoutenables dans les abattoirs, le massacre continue, au grand désespoir des militants de la cause animale. Malgré un débat public intense sur la question, la consommation de viande n'a par exemple pas changé entre 2010 et aujourd'hui. Pourquoi ?
Selon J.M. Gancille, le premier frein est le travail d'invisibilisation effectué par tous les acteurs du carnage. On peut aussi voir une collusion entre ces acteurs privés et les institutions publiques, un faisceau d'intérêt solidement enchevêtrés.

A ce sujet, J.M. Gancille étrille la politique de l'actuel gouvernement :
« les avancées législatives sur la question animale sont timides et symboliques, quand elles ne sont tout simplement pas en régression. L'examen en 2018 du texte issu des états généraux de l'alimentation a vu rejeter l'ensemble des amendements favorables aux animaux, notamment ceux qui traduisaient des engagements de campagne du Président de la République (mise en place du contrôle vidéo dans les abattoirs, fin des élevages de poules en cage) et ceux relatifs aux pires pratiques d'élevage et d'abattage (fin du broyage des poussins mâles, interdiction de la castration à vif) » (p128).
On peut y ajouter les cadeaux incessants aux chasseurs, le renoncement à la lutte contre les néonicotinoïdes, etc. le plus alarmant reste toutefois la criminalisation de la cause antispéciste (cellule Demeter de la gendarmerie) et l'assimilation de toutes formes d'activisme écologique à du terrorisme.

Le paradigme de l'animalité humaine
Après avoir analysé ce qu'on pourrait appeler les causes extérieures de notre inertie, J.M. Gancille, va pointer une cause plus intime. Second mouvement de l'argumentation, la vieille conception anthropocentrique est accusée d'être à l'origine de l'indifférence générale au massacre des animaux.
L'idée est de nous rapprocher des animaux pour nous permettre de mieux les respecter. Pour cela on va mettre en avant ce qu'on appelle la sentience animale. Comme les êtres humains, les animaux sont des êtres sensibles.
Il faut ici remarquer que l'auteur est en droite ligne avec la plupart des éthiques animales qui tentent de substituer à l'anthropocentrisme un zoocentrisme. Pour cette raison, son propos prête le flanc aux critiques comme celle d'Etienne Bimbenet dans son essai le Complexe des trois singes.
On peut ainsi craindre que l'animalité de l'homme ne devienne un énoncé presque indiscutable, comme un fétiche, au détriment d'une analyse rationnelle. Non pas que l'animalité humaine soit fausse en soi. Elle est simplement incomplète. Depuis Darwin, nous avons renoncé à une définition surnaturelle de l'être humain. Doit-on pour autant croire que l'animalité épuise le sens de notre humanité ?
Le philosophe E. Bimbenet constate à juste titre que les éthiques animales ont tendance à se fonder sur les données de la biologie, primatologie, éthologie, etc., en tournant ostensiblement le dos aux sciences humaines.
Et Carnage ne déroge pas à la règle : « une autre étude de 2018 confirme que les animaux communiquent entre eux de manière similaire aux humains. La prise de parole à tour de rôle était auparavant considérée comme un élément distinguant le langage humain de la façon dont les animaux se parlent, mais ce travail de recherche a révélé que la caractéristique existe dans tout le règne animal » (p120).
Or, si J.M. Gancille s'appuie ici sur un article d'une revue généraliste (Independent.co.uk), on remarque rapidement que la distinction proposée entre langage humain et communication animale n'est que peu représentative, se cantonne à un énoncé éthologique, et ignore les thèses des sciences humaines. Ainsi, par exemple, le chercheur en sciences cognitives Peter Gärdenfors suggérait dans son Comment Homo est devenu Sapiens que ce qui démarque le langage d'une simple communication relève du symbolisme, c'est-à-dire de la possibilité de se référer à quelque chose hors du contexte dans lequel le locuteur est inscrit. Lorsqu'un primate communique avec un autre, cela peut être par exemple pour demander de l'aide pour attraper un fruit. Mais cela n'est jamais pour échanger sur un souvenir ou un rêve lointain. Dans toute communication animale, il y a toujours un intérêt immédiat ou un enjeu imminent.
Un texte majeur, évoqué par les tenants du zoocentrisme, et que cite J.M. Gancille – la Déclaration de Cambridge de 2012 – utilise des termes comme : perception consciente, comportements émotifs, niveaux de conscience quasi-humains, capacité de se livrer à des comportements intentionnels.
Or, il est patent qu'en aucun cas n'est évoquée une conscience réflexive.
Les éthiques animales mettent en avant les points communs, mais éludent les différences. Or, cette manière de procéder présente le risque de nous replonger dans une sorte de métaphysique inversée où l'on nie la spécificité humaine. A terme d'aboutir à une forme de misanthropie, dont est toutefois totalement exempt, il faut le souligner, le texte de J.M. Gancille.
On peut malgré tout accorder à l'auteur la nécessité de prendre ses distances par rapport à un anthropocentrisme nécessairement inadapté à toute envie de prendre en considération la vie animale. Il s'agit maintenant de voir comment y travailler.

Une question politique
Sur le plan juridique, le Code Civil français reconnaît, depuis 2015, l'animal comme « un être vivant et de sensibilité » (article 515-14). Pourtant, dans les faits, nous en sommes loin.
Comme dans Ne plus se mentir, J.M. Gancille appele à prendre la mesure du problème et agir en conséquence : « Le droit ne saurait en effet suffire [...] On ne réglera pas l'Holocauste animal par une énième loi, non appliquée, sur le bien-être dans les abattoirs. » (p147). Il faut à tout le moins des mesures plus fortes et plus radicales que celles tentant de simplement ménager la peine des animaux (Welfarisme 1) !
Il s'agit de tendre vers des relations moins injustes avec les animaux, leur permettre de vivre une existence pleine et entière libérée de l'assujettissement et renoncer à les mettre à mort.
Cela nécessite une rupture radicale dans notre conception du monde : considérer que les animaux sont également des sujets de droits. J.M. Gancille prend en exemple le projet porté par Sue Donaldson et Will Kymlicka dans leur ouvrage zoopolis2. En situant la question animale sur un plan politique, plutôt que moral, on ouvre des perspectives radicalement nouvelles.

Conclusion
Ce deuxième essai de J.M. Gancille invite à la remise en cause de notre quotidien. Dans un monde en proie à une crise environnementale de plus en plus aiguë, il ne s'agit pas simplement de changer de régime alimentaire, de devenir 'végan'. Il s'agit de rompre avec notre inertie face à un carnage aux proportions inouïes qui signe notre propre déshumanisation.
Au final, Carnage représente sans doute l'une des plus percutantes introductions à la philosophie animaliste et en démontre toute la pertinence dans le contexte de crise actuelle. Son auteur peut ainsi conclure :
« La cause animale n'est pas un délire d'extrémistes mais précisément l'inverse : elle est la cause de l'humanité, la clé d'une reconstruction éthique, écologique, sociale et politique potentiellement susceptibles de nous sauver de nous-mêmes » (p194)
Plus de détail sur le Blog Philo-analysis

Lien : http://philo-analysis.over-b..
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EmmanuelleCarpenter
  08 décembre 2020
"Pour en finir avec l'anthropocentrisme".
De la pêche artisanale aux safaris-chasse en passant par les delphinariums, la domestication des animaux ou les rituels sacrificiels, Jean-Marc Gancille décortique tout. Nous sommes une espèce génocidaire. Génocidaire parce que "anthropocentrée".
L'espèce humaine est persuadée d'être dans son droit quand elle asservit et tue des milliards d'animaux chaque jour, détruit des habitats pour en réquisitionner les surfaces, bricole la génétique des espèces pour assouvir ses plaisirs.
Mais l'espèce humaine sait trier. le chat, le chien ou le cheval nous émeuvent plus que d'autres. Pourtant, les massacres perpétrés dans les abattoirs chaque jour pour remplir nos assiettes ne sont pas moins atroces que ceux perpétrés contre les chevaux français dans nos champs, ou contre les dauphins dans nos eaux territoriales. Penser qu'un cheval a plus de valeur qu'un cochon est ce que l'on appelle du "spécisme".
Jean-Marc Gancille, dans des chapitres courts, à l'écriture particulièrement efficace, abordable dès l'adolescence, décortique l'état des lieux, avec des chiffres vertigineux, depuis que l'homme a domestiqué les animaux, jusqu'à nos jours. Il cherche ensuite les justifications à ce carnage en les démontant une par une, pour enfin proposer des solutions viables, tant pour notre planète que pour notre santé, mais surtout pour les animaux.
J'ai été conditionnée à ce massacre, à trouver des excuses plus ou moins valables au spécisme, à me complaire dans cet anthropocentrisme millénaire: "Oui, mais c'est tellement bon. Puis les animaux ont été créés pour nous!" Aaah, les fameuses idées judéo-chrétiennes.
Il m'aura fallu 15 ans pour m'éduquer grâce à des Gancille, convaincre mes proches, encaisser les moqueries, sortir du "Oui, mais c'est bio et local", mais aussi tâtonner pour déconstruire les repas "à la française", apprendre de nouvelles recettes.
Quand j'ai commencé il y a 20 ans, c'était par conviction. Aujourd'hui, il y a urgence.
Si vous aussi êtes irrité par le "Mais on a toujours fait comme ça", lisez cet excellent essai. Éduquez-vous. On s'éduque tous les jours.
Lien : https://carpentersracontent...
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emilie31
  30 mars 2021
Dans le cadre de la masse critique non fiction, j'ai lu l'essai de Jean-Marc Gancille Carnage : en finir avec l'anthropocentrisme aux éditions de l'Echiquier. Lors des premières pages, j'ai cru que c'était une incitation bien menée pour basculer dans le veganisme – je n'ai absolument rien contre les végétariens, les vegans, les végétaliens mais je suis un peu lassée des leçons de morale qui pleuvent ça et là.
Couverture du livre « Carnage ; pour en finir avec l'anthropocentrisme » de Jean-Marc Gancille aux éditions Rue de L'echiquier
Cependant au fil des pages, on apprend avec chiffres et sources à l'appui les ravages que l'homme est capable de produire, volontairement ou involontairement sur l'espèce humaine.
Dans son essai, Jean-Marc Gancille éveille et bouscule les consciences, met devant nos yeux le carnage que les hommes perpétuent au nom des traditions.
Cependant faire bouger les choses est souvent un défi difficile et j'avoue la première que je ne me vois pas renoncer à l'alimentation raisonnée et raisonnable que j'ai. Certains diront que cette alimentation n'est pas suffisante mais je fais un peu à mon échelle et ce qui m'a un peu gênée dans cet essai c'est la thèse parfois extrêmement culpabilisante de l'homme figure de destruction…
En résumé : un essai intéressant qui interroge et bouscule mais dont je ne serai pas encore le porte étendard. Mais réfléchir et penser n'est pas déjà une façon d'agir ?
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Octopussy
  11 mars 2021
Ouch...
Je ne vois vraiment pas d'autre mot pour définir ce livre! OUCH! Et en majuscules s'il-vous-plait.
L'uppercut reçu en pleine face de l'être humain que je suis me laisse totalement KO.
Non pas que je ne me sois jamais intéressée à la cause animale et aux dégâts causés par l'Homme sur notre planète mais là, les chiffres sont si vertigineux en terme de massacres, de carnage, de tueries ignobles, que j'ai vraiment du mal à penser leur ampleur.
À la lecture de ce bouquin on pourrait se dire qu'on a affaire à un lobby de la protection des animaux ou je ne sais quelle secte végane délirante. Mais voilà, tout est annoté et sourcé. Alors je ne vous raconte même pas le malaise...
Carnage nous dépeint en moins de 200 pages le calvaire des animaux (de toutes les espèces) sous le joug de l'humain depuis des millénaires. Les détails sont parfois effarants. Certaines infos sont à peine croyables. Et pourtant véridiques.
Comment lire ce livre sans ressentir un grand malaise et une forte culpabilité? Je dois le confesser, je n'ai pas réussi.
Pourtant vais-je arrêter à 100% de manger de la viande? Probablement que non. Je ne m'en sens pas encore capable. Et j'en suis malade de honte! Mais si vous voulez comprendre pourquoi cela est absolument nécessaire pour notre survie, lisez ce bouquin. Après cela vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   26 février 2021
À l'instar des zoos, les aquariums et les parcs aquatiques tentent de convaincre le grand public du bon traitement de leurs pensionnaires ou de leurs efforts en matière de conservation. Ces allégations sont tout simplement mensongères. La plupart des poissons présents dans les aquariums ont été capturés dans la nature avec des techniques qui nuisent aux écosystèmes qui les abritent(1). En Chine, pays dépourvu de loi sur le bien-être d'animaux captifs, les delphinariums possédant des animaux capturés à l'état sauvage sont en plein boom. À lui seul, l'empire du Milieu détient 700 des 3000 dauphins captifs des parcs aquatiques dans le monde(2). Les cétacés contraints d'y effectuer des numéros contre nature souffrent de conditions de vie déplorables, développent de nombreuses pathologies et meurent bien en deçà de leur espérance de vie normale. Arrachés à leur habitat tropical, tous parcourent des trajets de milliers de kilomètres jusqu'aux basins en béton ou en verre, souvent trop petits et incompatibles avec leurs besoins vitaux. Des dizaines de milliers d'entre eux succombent chaque année lors de ces voyages vers leur tragique destin. Dans les aquariums, les pertes sont également légion. Pour preuve, s'il en fallait encore, la mort en avril 2019 du dernier des requins-marteaux capturés en Australie pour le compte de Nausicaa, le plus grand aquarium d'Europe. En 2011, celui-ci avait déjà prélevé dans leur milieu naturel 20 requins-marteaux juvéniles ; en 2018, une dizaine de bébés supplémentaires avaient déjà été capturés dans une nurserie. Les 30 sont morts dans ses bassins.

Il y a plus de 10 000 zoos dans le monde entier. Si l'on extrapole les chiffres français - soit entre 60 000 et 100 000 individus détenus dans environ 300 zoos ou établissements assimilés -, le nombre d'animaux captifs des zoos sur la planète s'établit aux alentours de 3 millions. Pour ce qui est des aquariums publics et des delphinariums, le chiffre approche probablement plusieurs centaines de millions, voire des milliards d'individus de par le monde. Autant de vies brisées et d'écosystèmes appauvris pour enrichir des intérêts privés : derrière chaque delphinarium ou zoo, il y a une banque, un holding, un fonds d'investissement, une multitude d'entreprises financières qui engrangent d'énormes sommes d'argent grâce au travail forcé des animaux captifs et maltraités.(3)

Cofondateur de Deep Green Resistance, Derrick Jensen résume parfaitement la situation : "Les zoos commettent au moins quatre péchés impardonnables. D'abord, ils détruisent les vies de ceux qu'ils emprisonnent. Ensuite, ils détruisent notre compréhension de qui et de ce que sont les animaux et les habitats. Puis, ils détruisent notre compréhension de qui et de ce que nous sommes en réalité. Et enfin, ils détruisent les possibilités de relations mutuelles, non seulement avec ces animaux encagés mais aussi avec ceux qui sont encore sauvages(4)."

(1) Les plongeurs immobilisent les poissons avec du cyanure pour les attraper facilement, mais les conséquences sont graves. Lorsqu'ils lâchent du cyanure sur un récif coralien, la moitié des poissons empoisonnés meurt, et 40% de ceux qui survivent meurent avant d'atteindre un aquarium. Ce taux de mortalité ne tient pas compte des ravages produits sur les coraux, ni sur les invertébrés, ni sur les autres poissons touchés indirectement par le poison. Voir l'article "Le commerce des poissons d'aquarium", Pour la Science, n°288, 1er octobre 2001

(2) On y compte déjà 78 parcs de mammifères marins, et 26 autres sont en construction. Voir national Geographic, n°237, mai 2019

(3) Le rapport suivant s'est penché sur les profils d'entreprise de certains grands delphinariums en Europe, au Mexique, en Asie, aux États-Unis et au Moyen-Orient : WAP, Behind the Smile : The Multibillion-Dollar Dolphin Entertainment Industry, https://www.worldanimalprotection.us/sites/default/files/media/us_files/behind_the_smile_-_dolphins_in_entertainment_report_us.pdf

(4) Derrick Jensen, Zoos. Le cauchemar de la vie en captivité, op.cit.

p.58
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gouelangouelan   24 février 2021
CHASSE, PÊCHE, TORTURE ET TRADITIONS (p.75)

Chaque année, 45 millions d'animaux sont tués par les chasseurs français. Ce chiffre n'englobe pas le piégeage (autorisé) ni le braconnage, mais bien la chasse légale et déclarée. Par clientélisme électoral, les gouvernements français ont pris l'habitude d'octroyer les plus généreux quotas de chasse en Europe : 91 espèces, un record sur le Vieux Continent. Parmi les cibles autorisées, un tiers d'espèces d'oiseaux en mauvais état de conservation (1). Un seul week-end de chasse dans l'hexagone équivaut à une marée noire de l'Erika : environ 300 000 oiseaux tués. Une hécatombe.

Seule une minorité de tirs trouve une éventuelle justification dans la nécessité de régulation dont se prévalent "les premiers écologistes de France". Selon les estimations, environ 46% du petit gibier tué (faisans, perdrix, lapins, lièvres) fait suite à une réintroduction, c'est-à-dire, qu'il a été élevé puis lâché dans la nature. En effet, 20 à 30 millions de bêtes sont "produites" chaque année pour assouvir le loisir morbide des chasseurs. Surtout des faisans (14 millions), des perdrix grises et rouges (5 millions), mais aussi des canards colverts, des lièvres et même des cerfs. Un animal sur quatre tués à la chasse est né dans un élevage. Et les conditions d'élevage de ce gibier échappent encore davantage à la réglementation que celles des animaux de rente. La concentration des animaux y est massive, l'automutilation, l'agressivité, le cannibalisme que suscite la promiscuité fréquents.

Lâchés au démarrage de la saison de chasse, au prix d'un fort taux d'échec de l'ordre de 30% (les individus ne se sont pas habitués à la vie sauvage), les animaux survivent rarement au-delà de quelques heures, voire quelques jours, de liberté. Ils sont d'ailleurs souvent tirés à proximité des cages.

Les lâchés d'élevage incontrôlés, s'ils génèrent des problèmes sanitaires en milieu sauvage, contribuent également à la pollution génétique et à la prolifération des animaux en bouleversant le processus de régulation naturels. La surpopulation de sangliers que les chasseurs ont tant à cœur de "réguler" est principalement liée à leur réintroduction massive. Véritables pompiers pyromanes, les chasseurs sont aujourd'hui dépassés par leurs pratiques incontrôlées. Qu'importe, ils prennent hypocritement prétexte de leur contribution à la gestion durable du patrimoine faunique pour assouvir leur passion. En 20 ans, le nombre de cerfs abattus annuellement est ainsi passé de 10 000 à 57 000, de chevreuils de 100 000 à 551 000, de sangliers de 90 000 à 780 000 (2). peut-être en viendront-ils comme au Texas à solliciter les services de touristes détenteurs d'un permis d'armes à feu pour les aider à massifier les mises à mort de cochons redevenus sauvages, fusils d'assaut et hélicos à l'appui ?

Un scénario de "touristification" pas si éloigné de la réalité : il y aurait entre 1300 et 1500 parcs et enclos de chasse en France, réunissant 50 000 à 100 000 ongulés "prêts à être tués" (3). Les chasseurs-consommateurs peuvent y pratiquer leur passion de la mort sans effort. Les gros ongulés (sangliers, cerfs, daims, biches, chevreuils...) sont concentrés dans des enclos qui proposent des chasses faciles moyennant 550 euros le sanglier, 800 euros la biche et 1200 à 3000 euros le cerf. Depuis un mirador ou un quad,il est facile d'abattre des animaux qui n'ont aucune chance de s'enfuir.


(1) 45% selon le rapport Lefeuvre sur les populations d'oiseaux [http://gon.fr/gon/wp-content/uploads/2016/07/rapport-lefeuvre-date-chasse.pdf] ; 27% selon la Liste rouge de l'UICN
(2) Selon l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)
(3) D'après les estimations de l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS)
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gouelangouelan   24 février 2021
TOUT DOIT DISPARAÎTRE

Les animaux sauvages sont vendus et achetés en premier lieu pour leur viande. Fait souvent méconnu, la viande de brousse se consomme en quantité importante en France : une tête de gorille ou un porc-épic entier s'achètent respectivement 20 et 40 euros le kilo au Cameroun pour se ventre 50 et 90 euros le kilo dans l'Hexagone. Les Chinois, quant à eux, se vantent volontiers de manger, selon un proverbe de canton, "tout ce qui a quatre pattes sauf les tables, tout ce qui nage sauf les bateaux, tout ce qui vole sauf les avions". À Yulin, plus de 10 000 chiens et 4000 chats sont tués pour être dégustés dans le cadre d'un "festival". Capturés dans les rues, ils sont entassés dans des cages puis acheminés vers la ville où ils attendent des jours avant d'être exécutés sommairement. Ils finiront sur des étals dans les rues ou cuisinés dans les restaurants. À Wuhan, l'épidémie de coronavirus début 2020 a mis la lumière sur le commerce alimentaire florissant d'animaux sauvages "congelés et livrés à votre porte dès l'abattage" depuis le marché : une liste de 112 animaux offerts à la vente s'affiche ostensiblement, comprenant des espèces aussi variées que des rats, des renards, des crocodiles, des louveteaux, des salamandres géantes, des serpents, des paons, des porcs-épics ou des pangolins, ces derniers étant d'ailleurs suspectés d'avoir transmis le coronavirus à l'homme.

p.66
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gouelangouelan   23 février 2021
L'ÉLEVAGE INTENSIF, L'UN DES PIRES CRIMES DE L'HISTOIRE

La métaphore entre cet univers concentrationnaire et les camps de la mort est parfois évoquée. L'historien américain Charles Patterson a même osé donner le titre "Un éternel Treblinka" à son livre sur la condition animale. L'enjeu n'est pas ici de banaliser ou d'offenser les humains qui ont été les victimes de la barbarie nazie, mais de pointer l'analogie des moyens employés pour ce qui relève du transport et de la logistique d'industrialisation de l'extermination. Élisabeth de Fontenay, philosophe reconnue de la question juive et de la cause animale, écrit : " On sait que la grande majorité de ceux qui, descendant des trains, se retrouvaient sur les rampes des camps d'extermination ne parlait pas l'allemand, ne comprenait rien à ces mots qui ne leur étaient pas adressés comme une parole humaine, mais qui s'abattaient sur eux dans la rage et les hurlements. Or, subir une langue qui n'est plus faite de mots mais seulement de cris de haine et qui n'exprime rien d'autre que le pouvoir infini de la terreur, le paroxysme de l'intelligibilité meurtrière, n'est-ce pas précisément le sort que connaissent tant et tant d'animaux ?"

p.106
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gouelangouelan   23 février 2021
LA PLANÈTE DES SINGES

L'homme ne descend pas du singe ; il est un grand singe. Les hommes, comme les grands singes africains (gorilles, chimpanzés et bonobos), appartiennent en effet à une même famille ; nous partageons avec les singes africains l'essentiel de notre patrimoine génétique. Cette parenté biologique pourrait laisser supposer une considération particulière de notre part à l'endroit de ces espèces. D'autant que des chercheurs ont récemment montré que plus un organisme est évolutivement proche de l'homme, plus nous sommes susceptibles de nous reconnaître en lui et plus nous nous émouvons de son sort. Ce n'est malheureusement pas le cas avec nos cousins primates.
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Les grands singes sont les plus proches cousins de l'homme. Si nous n'arrivons pas à les protéger, que reste-t-il à espérer pour le reste de la biodiversité ?

P.93
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