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EAN : 9782822220903
144 pages
Éditeur : Jungle ! (30/08/2017)
3.83/5   3 notes
Résumé :
Syd a quitté la maison de La Voix avec quelques autres rebelles décidés à s offrir une nouvelle vie. Elle s'installe avec eux dans une nouvelle maison, elle retrouve leurs vrais noms et leur offre un avenir. Le bonheur n'est pas loin. Mais pendant ce temps les choses s'agitent autour d'eux. La police enquête sur les bizarres incidents de l'Hôpital. Syd et ses amis attirent malgré eux l'attention d autres groupe de jeunes avec les même capacités qu'eux.
Mais c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Presence
  02 septembre 2017
Ce tome fait suite à No future (épisodes 1 à 6) qu'il faut impérativement avoir lu avant. Il contient les épisodes 7 à 12, initialement parus en 2015/2016, écrits par Eric Stephenson, dessinés et encrés par Simon Gane, avec une mise en couleurs de Jordie Bellaire (c'est-à-dire la même équipe créative que pour le tome 1).
Un mois a passé depuis la fin du tome précédent. Les adolescents et jeunes adultes qui étaient sous l'emprise de The Voice (Stephen) ont pris leur indépendance et se sont établis dans une autre maison. Ils s'appellent maintenant par leur vrai nom, et plus par les noms de code imposés par The Voice : Dawn Thomas (Blurgirl), Chuck Taylor (Gruff), Danny Reyes (Loog), Chris Dean (Runt), Tabitha Nicols (Syd), et Jonah Kendrick (Wire). Dawn est encore sous le choc des révélations relatives aux manipulations de The Voice, et se repose alitée la majeure partie de la journée, avec le réconfort de l'amitié de Tabitha Nicols qui lui donne à lire un exemplaire de le mage (1965, The Magus, en VO) de John Fowles.
Malgré tout, tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. En particulier, Tabitha Nichols a du mal à croire que les autres lui ont caché que The Voice avait développé une relation amoureuse avec Dawn Thomas. Les 4 garçons sortent boire un coup en ville, pendant que Tabitha reste pour veiller sur Dawn. Elle reçoit la visite d'Heasley, un autre individu doté de pouvoirs psychiques. Pendant ce temps-là, Stephen (The Voice) s'est installé dans une autre maison, avec Maise et Fagen. le capitaine de police D. Hall a demandé à l'inspectrice Raskin d'enquêter sur la disparition de Tabitha Nicols et elle s'aperçoit en interrogeant ses parents qu'ils n'ont aucun souvenir de leur fille. En outre, il semblerait que d'autres jeunes gens dotés de capacités psychiques circulent en ville.
Cette série a repris son cours après une petite interruption de 2 mois entre les épisodes 6 et 7, pour le plus grand plaisir du lecteur, accroché à cette idée de jeunes gens disposant de pouvoirs mentaux, dépourvus de toute velléité de jouer les superhéros. Il s'agit d'individus trop contents de pouvoir utiliser leurs capacités pour masquer leur existence, vivre aux crochets de la société, en s'établissant dans des maisons inoccupées et en grugeant pour dérober de l'argent, sans avoir recours à la violence. Finalement ils vivent le rêve de tout adolescent normalement constitué : pouvoir vivre à leur guise, sans souci matériel, sans compte à rendre, sans avoir à se soucier des conséquences, sans avoir à se plier aux contraintes de la société bâtie par leurs parents et par les générations précédentes. Ils ont même réussi à se débarrasser de la tutelle de The Voice qui leur avait imposé des règles et un mode de vie particulier.
Le lecteur retrouve donc les personnages les plus sympathiques un mois plus tard, tranquillement installés dans une nouvelle villa, en train de récupérer. Ils finissent de se débarrasser de l'influence de The Voice en revenant à leur vrai nom. Tout n'est pas oublié, et certains d'entre eux ont besoin de temps pour récupérer. Il faut aussi évacuer le ressenti négatif accumulé en mettant les choses à plat et en disant ce qui doit être verbalisé. La narration ne bascule cependant pas dans une comédie de situation, et les jeunes peuvent profiter de cette vie débarrassée de la tutelle des adultes. Mieux encore, ils peuvent se faire respecter, à commencer par les abrutis qui leur cherchent des poux dans la tête dans le bar. Néanmoins, ils n'agissent pas comme des enfants gâtés, et évitent les affrontements physiques.
Lors de ces épisodes, le lecteur apprécie le caractère bien trempé de Tabitha Nicols qui ne se laisse impressionner par personne, qui répond à tout le monde et qui sait ce qu'elle veut. Elle n'agit pas comme une tête brûlée, mais comme une personne qui sait qu'elle dispose des capacités nécessaires pour affronter toutes les situations. Mais le lecteur se rend également vite compte que la personnalité des autres protagonistes (même les membres de la bande) ne bénéficie pas de la même exposition, du même degré de développement. En fait le scénariste privilégie nettement l'intrigue, reléguant à l'arrière-plan ce qui faisait la spécificité de la série, à savoir des jeunes adultes capables d'agir comme bon leur semble en profitant de tous les avantages de la société, qu'ils n'ont qu'à prendre sans rien devoir grâce à leurs capacités.
Le premier épisode est donc consacré aux mises au point entre les 6 personnes du groupe. le deuxième épisode est essentiellement constitué de la conversation entre Heasley et Tabitha Nicols sur ce qu'on peut attendre de la vie, sur l'inéluctabilité du changement, sur le fait que les êtres humains normaux sont encore plus démunis que des individus dotés de pouvoir pour faire face à l'inattendu du lendemain (voire du jour même), et sur la question de ce que l'on veut accomplir avec les capacités dont on dispose (comment les utiliser au mieux). Il ne fait que provoquer la réflexion de Tabitha vers les questions qui se posent à chaque adulte, essayer de lui faire prendre conscience qu'il lui appartient de faire des choix, de décider quoi faire. Mais le lecteur ne discerne pas les conséquences de cette discussion dans ce tome. Il ne voit pas de changement de comportement d'attitude s'opérer en Tabitha.
Simon Gane utilise un trait légèrement ondulé pour détourer les formes, ce qui donne un air un peu dégingandé aux personnages, parfaitement adapté à leur approche décontractée de la vie, de leur place dans la société. Chaque individu dispose d'une apparence spécifique qui permet de le reconnaître au premier coup d'oeil, ce qui aide à la narration dans la mesure où le scénariste ne rappelle pas souvent les noms de ses personnages. le dessinateur privilégie des silhouettes longilignes, avec parfois une carrure d'épaule un peu plus importante pour une poignée de personnages masculins. le langage corporel est naturel, sans être forcé, et les expressions des visages restent mesurées sans être sur-jouées. En regardant la conversation entre Hearsey et Tabitha, le lecteur éprouve l'impression de voir 2 personnes différentes qu'il pourrait potentiellement rencontrer dans la rue.
Comme dans le tome précédent, Gane apporte un soin réel à l'ameublement de chaque endroit, avec des meubles présentant des particularités, à l'opposé de ceux à monter soi-même, sans personnalité. Il apporte le même soin à concevoir des intérieurs de maison, avec des dispositions de pièces différentes, des escaliers différents, sans oublier les plantes d'appartement. Il montre ce que font les personnages pendant qu'ils parlent, et il est aussi à l'aise pour installer une conversation dans une petite pièce que pour montrer des jeunes sur une piste de danse ou en train de se faire face. le lecteur est donc aux cotés des 2 groupes (celui de Tabitha Nicols et celui de Kenna Gabriel) quand ils font face dans la discothèque qui s'est vidée de ses clients. le scénariste prend ses lecteurs par surprise en consacrant 2 épisodes à cet affrontement. L'histoire se fixe sur cette rencontre qui montre 2 groupes en train de se mesurer pour savoir qui aura le dessus. L'affrontement prend une forme particulière du fait de leurs capacités psychiques, sans pour autant virer à la bagarre ou à la démonstration de capacités extraordinaires façon superpouvoirs. le dessinateur gère sans difficulté le positionnement de chaque personnage de manière à ce que leur posture n'ait pas l'air factice et qu'il y ait quelque chose à voir.
Pendant cette longue séquence, le récit ne fait que 2 diversions : l'une assez déconcertante quand Misery Kid (il faut se souvenir de lui dans le premier tome) se rend à la police pour une raison indéterminée (cela donne quand même lieu à une interrogation sarcastique sur le nombre d'individus qui se masturbent en cellule), l'autre très brève relative à The Voice. À nouveau les dessins descriptifs permettent de rendre ces lieux tangibles et concrets.
Dans les 2 derniers épisodes, Eric Stephenson rapatrie Moon (un autre personnage doté de capacités psychiques apparu dans le premier tome), fait avancer l'enquête de l'inspectrice Raskin, et introduit un nouveau personnage Wildcat Will le temps du dernier épisode. Simon Gane rend compte du confort douillet de la maison d'Heasley, de l'aménagement fonctionnel du bureau du Capitaine D. Hall (avec ses armoires de classement) et du bazar régnant dans la maison occupée par Tabitha Nicols et les autres, envahie par les chats. le lecteur absorbe ces différentes nouvelles situations sans pouvoir déterminer la direction générale de l'intrigue qui n'arrive pas à son terme avec ce deuxième tome.
Dans le premier tome, Eric Stephenson avait créé un groupe de jeunes gens dotés de pouvoirs psychiques pour une rébellion profitant pleinement de l'avantage donné par ces pouvoirs : pouvoir profiter des bienfaits de la société des adultes sans avoir à supporter ses inconvénients (ni les conséquences de ses actes). le lecteur est donc très curieux de découvrir comment ces jeunes (débarrassés de leur mentor trop autoritaire) vont pouvoir enfin jouir de la vie sans entrave, ni responsabilité. Ils sont bien sûr rattrapés par quelques conséquences. le scénariste étoffe également cette société de surdoués, diluant le thème principal dans ce deuxième tome. La mise en image reste professionnelle, riche et personnelle.
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Pixie-Flore
  09 décembre 2017
La rébellion de Syd et de ses amis leur offre une nouvelle liberté mais celle-ci va très vite se retourner contre eux. Traqués par différents groupes de personnes "spéciales", ils ne vont plus savoir à qui faire confiance.
L'auteur brouille les pistes. Quelque chose se trame mais on ne sait pas quoi, on ne sait pas qui. de nouveaux personnages apparaissent mais on ne sait pas si on peut leur faire confiance. On sait qu'ils sont tous liés mais on ne sait pas si ils sont ensemble ou si ils se battent les uns contre les autres. C'est perturbant mais grisant. Et ça me donne envie de lire le prochain tome.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Pixie-FlorePixie-Flore   09 décembre 2017
Le monde entier semble se faire la guerre, alors que les autres sont tout ce que nous avons.
[...]
Chacun est meilleur que son voisin en quelque chose, et le seul truc qui compte vraiment - qui devrait vraiment compter - c'est l'usage que nous faisons des dons qui nous ont été accordés.

[p41]
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