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ISBN : 2822215979
Éditeur : JUNGLE EDITIONS (11/01/2017)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 6 notes)
Résumé :
C'est décidé, c'est aujourd'hui que « Syd » mettra fin à ses jours. Elle n en peut plus d entendre toutes ces voix dans sa tête, de ressentir toutes les émotions de la foule... Elle recherche le silence, la paix, et l'unique moyen de l'obtenir est de sauter du haut de cet immeuble.
Mais Syd n'est pas folle, elle est juste télépathe. Et comme d'autres, elle doit apprendre à contrôler ses pouvoirs. C'est pour cette raison que le mystérieux The Voice apparaît de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Presence
17 janvier 2017
Ce tome correspond au début d'une nouvelle série, indépendante de toute autre. Il comprend les épisodes 1 à 6, initialement parus en 2014/2015, écrits par Eric Stephenson, dessinés et encrés par Simon Gaine, avec une mise en couleurs de Jordie Bellaire.
Tabitha s'apprête à se suicider en s'élançant depuis le haut du toit d'un immeuble. Un individu se faisant appeler The Voice lui enjoint de ne pas le faire. Plus tard il vient la chercher dans sa chambre d'hôpital et l'enlève purement et simplement des mains du personnel soignant.
The Voice emmène Tabitha (à qui il attribue le surnom de Syd) dans une belle demeure. Il lui présente 8 autres jeunes adultes, tous portant un nom de code : Fagen, Wire, Runt, Blurgirl, Moon, Mysery Kid, Maise et Gruff. Ils forment une petite communauté, vivant dans une maison qu'ils se sont appropriée, volant comme bon leur semble, grâce à leurs capacités spéciales. Ils ne sont pas comme nous, ils sont différents.
Eric Stephenson est l'éditeur en chef d'Image Comics, mais aussi un scénariste à part entière (par exemple Nowhere Men). Avec cette série, il reprend un point de départ très classique dans les comics : des jeunes (ici plutôt 18-20 ans) disposent de capacités exceptionnelles et cherchent leur place dans la société. Néanmoins, cette série ne s'inscrit pas le registre des comics de superhéros : pas de costume, pas de supercriminel, pas de tort à redresser, pas d'organisation gouvernementale clandestine, pas de musculature délirante, pas de poitrine hypertrophiée. Certes, cette dizaine d'individus a adopté des noms de codes. The Voice explique qu'il s'agit d'une nécessité pour couper définitivement les ponts avec leurs parents, leurs familles, pour disparaître des registres de la société.
Tabitha/Syd se trouve embarquée sans consentement dans cette communauté aux coutumes étranges. Elle se trouve dans la position embarrassante de découvrir des individus ayant enduré des difficultés similaires aux siennes (personne ne comprend ce que c'est que d'être télépathe), mais suivant des règles immorales. Eric Stephenson impressionne le lecteur en prenant un point de départ maintes fois utilisé dans les comics, et en le développant dans une nouvelle direction. À la fois ces individus sont incompris et rejetés par la société (oui, comme les mutants), à la fois il s'agit de jeunes adultes pour qui l'avenir devrait recéler de nombreuses promesses.
Pourtant il n'y a qu'à peine 2 combats, pas d'utilisation pyrotechnique de superpouvoir, pas de pulsion d'accomplir le bien au péril de sa vie. Il n'y a pas non plus de cynisme de façade ou de racolage pour capter l'attention du lecteur. le mode de fonctionnement de cette communauté repose sur des règles claires, avec un chef qui impose sa vision de la société. Il n'en profite pas pour abuser des autres membres, du moins pas de manière physique ou morale. Mais il leur impose bien un mode de vie, qui fait que le prix à payer pour pouvoir vivre sans crainte est assez élevé, dans un environnement bienveillant.
Le scénariste amalgame habilement la propension à la révolte des adolescents, avec la place que leur réserve la société des adultes. Non seulement, les différents ne sont pas compris par les adultes, incapables d'imaginer que leurs troubles proviennent de capacités exceptionnelles, mais en plus ils anticipent avec pertinence que si d'exception un adulte serait en mesure d'envisager leur capacité, son premier réflexe serait de voir comment en tirer parti, sur le dos du différent. La métaphore avec la situation de jeunes adultes dans la réalité est immédiate et pas forcément si biaisée que ça.
D'un premier abord, les dessins de Simon Gane ne sont pas très agréables à l'oeil. Il faut un peu de temps pour comprendre pourquoi : il ajoute de courts traits fins et secs pour figurer une partie des textures (en particulier sur les vêtements, et dans une moindre mesure sur les visages). Cela donne une apparence un peu chargée et un peu cassante, pas très esthétique. Puis le lecteur constate que ce dessinateur évite aussi bien que le scénariste, tous les poncifs visuels des comics de superhéros. Effectivement tous les personnages ont une morphologie normale, sans muscle surnuméraire, sans courbes voluptueuses.
Dans un premier temps, l'introduction de 10 personnages que leurs capacités rendent différents intimide un peu le lecteur qui craint de ne pas tous les différencier (d'autant que 8 d'entre eux sont présentés sur la même page). En fait, cette crainte n'est pas fondée, car Gane leur donne des caractéristiques qui permettent de les identifier facilement, sans qu'ils n'aient l'apparence de phénomène de foire.
Les expressions des visages sont assez variées pour faire passer des émotions nuancées, mais parfois un peu répétitives (en particulier Syd qui a souvent la bouche entrouverte). La mise en scène dépasse le simple niveau fonctionnel, mais les scènes de dialogues comprennent quand même un quota élevé de cases occupées uniquement par le buste de l'individu en train de s'exprimer.
Simon Gaine se révèle être un costumier et chef décorateur très doué. Chaque personnage dispose de sa propre garde-robe, avec des vêtements ordinaires et crédibles, sans qu'ils soient passepartouts ou génériques. le scénario explique comment ces différents s'approvisionnent en vêtements, et le lecteur apprécie l'élégance des costumes de The Voice, ou encore la jupe et le chemisier de Maise.
Le dessinateur réalise des décors avec une forte personnalité. La première page permet d'observer le bâtiment fonctionnel en béton gris qui abrite la clinique où séjourne Tabitha. La façade et l'architecture de la demeure cooptée par The Voice en font un pavillon plein de charme. L'aménagement intérieur permet d'admirer un mobilier choisi avec soin et goût, ainsi que les tableaux accrochés aux murs. Gane passe également un temps certain à représenter les équipements présents dans une chambre d'hôpital.
Grâce aux qualités des dessins, le lecteur voient des personnages normaux et vivants, évoluer dans des endroits crédibles dont les détails viennent confirmer et enrichir la narration. La mise en couleurs est réalisée par la star montante en la matière (dans le courant des années 2010), à savoir Jordie Bellaire. Elle utilise une approche naturaliste, utilisant des couleurs représentant réellement celles du monde décrit. Elle se restreint sur l'usage de l'infographie, n'ajoutant pas des textures ou des volumes à base de dégradés, à tirelarigot. Elle n'utilise ces nuances, et ces couleurs dominantes qu'à bon escient quand le scénario en fait ressentir le besoin. Elle se met donc entièrement au service des dessins, les couleurs servant également à mieux faire ressortir les surfaces, les unes par rapport aux autres.
Le lecteur referme ce tome, le sourire aux lèvres. Il a pu apprécier une histoire originale, avec des personnages attachants, évoluant des environnements clairement établis, avec une narration fluide. Il est aussi rassuré de constater qu'il existe des créateurs capables de présenter une vision personnelle sur un concept que l'on croyait usé jusqu'à la corde. Eric Stephenson et Simon Gane présentent des jeunes adultes disposant de capacités exceptionnelles qui les ont jusqu'alors surtout fait souffrir et mis à l'écart de la société. Une partie d'entre eux décide de prendre les choses en main, et de se constituer en société avec ses propres règles.
Toutefois, il n'y a pas de solution magique, ou d'avenir tout tracé. Cette nouvelle communauté dispose elle aussi de règles imposant des exigences vis-à-vis des individus qui la constituent. La nouvelle venue se pose à son tour des questions sur ce prix à payer, sur ce mode de fonctionnement, sur ce qu'elle souhaite. Stephenson a réussi à insuffler une forme de réflexion sur le traumatisme que les jeunes adultes doivent subir pour trouver leur place dans la société, mais aussi sur la place que leur réserve les adultes.
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sultanne
03 juillet 2017
La première de couverture, de prime abord, n'engage pas la puriste que je suis : traits gras, multitude de personnages noyés dans la masse, dont certains restent dans l'anonymat du noir et blanc alors que d'autres, élus du dessinateur, bénéficient du multi chrome ; mais cet élément prend tout son sens à la lecture du tome.
A première vue, donc, le public visé ne me concerne que de loin et l'incipit, qui met en scène une jeune adolescente suicidaire, confirmera cette impression diffuse.
On peut néanmoins noter un certain don pour créer un univers à part entière, moite et mystérieux à souhait, et dont les ficelles se délient au fur et à mesure d'une lecture qui devient vite addictive : le lecteur, placé dans la peau de l'héroïne principale, se mue en détective qui cherche à comprendre les rouages de cette société secrète séductrice et castratrice tout à la fois. le ton est froid et austère, peuplé de quelques scènes à sensation qui interrogent avec pertinence le jeune adolescent sur ses rapport familiaux, sur sa propre particularité, sur sa soif de liberté absolue et sur sa place dans le monde… de quoi, peut-être, alimenter une bonne copie de philo. Encore que : les scènes s'enchaînent à une vitesse vertigineuse et les clés, données en très peu de temps, n'ont pas le goût qu'une vraie quête aurait dû laisser. Reste plus, donc, qu'à acquérir le tome suivant, dont, devine-t-on, les éléments s'enchaîneront eux aussi à la vitesse grand V, sans laisser au lecteur le plaisir de se questionner suffisamment longtemps sur sa propre quête identitaire. Frustrant, tout de même, et c'est bien dommage !
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Ein
23 mars 2017
They're not like us - tome 1 : No Future
ATTENTION spoils
Incomprise et au bout du rouleau, Syd saute d'un toit. Elle se réveille très amochée à l'hôpital, où elle est pratiquement enlevée par un type étrange et désagréable. Mais il lui parle dans sa tête...
Encore affaiblie, elle est introduite, au sein d'un vieille maison, auprès d'un groupe disparate de jeunes qui pourtant lui ressemblent.
Auprès d'eux, de leur force et de leur violence, au détriment des autres, elle se reconnaît et tente de se reconstruire.
Mais son "sauveur", chef de troupe et manipulateur, la fait douter de ses choix... Il lui faudra prendre une décision radicale.
BD au trait inhabituel pour des auteurs américains, They're not... parlera à tous les jeunes (et moins jeunes) à coté de leurs pompes. Donnant l'impressions de s'enfoncer dans leur mal-être, ces anti-héros tirerons parti de leurs pouvoirs et comprendrons que d'autres choix sont possibles.
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Miss-Granger01
28 juin 2017
J'ai reçu cette bande dessinée grâce à une masse critique Babelio donc merci à Babelio et aux éditions Jungle comics.
De quoi ça parle? Une jeune fille a des pouvoirs de télépathie mais elle n'en peux plus. Elle n'arrive pas à les contrôler et se sent seule et incomprise. Elle tente de se suicider mais se réveille dans un lit d'hôpital. Là elle rencontre La voix, un homme bien mystérieux qui lui propose son aide pour l'aider à gérer ses pouvoirs. Si elle accepte elle doit couper définitivement les ponts avec ses proches et commencer une nouvelle vie avec une nouvelle identité. Elle ne voit pas d'autres solutions et accepte.
Mon avis? le dessinateur dessine vraiment bien, les différents personnages ne sont pas fades bien au contraires. Ils sont très mystérieux et cachent de lourds secrets… J'ai aimé les citations qui complètent l'histoire, qui complètent les paroles des personnages sur qu'est-ce que le bien et le mal. Cependant, j'ai trouvé que parfois certains passages nous montrait de la violence, sans rien apporter à l'histoire et je ne vois pas l'intérêt de montrer quelqu'un qui est en train de se faire agressé par plusieurs personnes. Je n'étais pas non plus d'accord avec les valeurs mises en avant par le groupe dirigé par La voix soit la violence exagérée, le vol, la supériorité du groupe face au reste du monde, la manipulation…
Je ne trouvais pas non plus que le personnage principale féminin était attachant ou intéressant. Elle tombe bien vite dans le panneau du groupe et c'est dommage.
Une bande dessinée fluide à lire, avec une bonne intrigue et malgré ses illustrations de qualité un peu violente parfois. Un bilan mitigée je ne saurais trop dire si j'ai aimé ou si j'ai peu apprécié ma lecture, à vous de vous faire votre avis.

Lien : https://leslivreriesdemarine..
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Bidib
30 juillet 2017
[...]
On est assez vite intrigué par les histoires du groupe. Bien que leur violence soit écoeurante, et leur mépris des "normaux" puérile, on veut découvrir comment ils ont atterri ici. Tous ont connu l'exclusion, le rejet et parfois même la maltraitance. Mais cette injustice subie suffit-elle à justifier leur mode de vie ? On est à la fois touché par leur fragilité et repoussé par leur égocentrisme. En somme, ils sont très humains. Bien qu'ils soient tous adultes, ils se comportent comme une bande d'ado en pleine rébellion, une rébellion particulièrement violente. Ne serait-il pas tant de grandir ? La venue de Syd sera-t-elle l'étincelle qui engendrera un profond changement ? Suite au prochain épisode ;)
Un bon premier tome qui prends le temps de poser le décor et présenter les personnages avant de nous offrir un cliffhanger sur les dernières pages. de quoi donner envie de découvrir la suite.
Lien : http://mapetitemediatheque.f..
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Les critiques presse (4)
BDGest23 janvier 2017
Intéressant dans son approche, They're not like us use de ficelles un peu trop voyantes pour remporter une pleine adhésion.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi20 janvier 2017
On s’ennuie ferme et on voit assez mal, à l’issue de ce premier tome, ce qui pourrait nous inciter à remettre le couvert pour la suite.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario03 janvier 2017
Une très intéressante découverte qu'il est très agréable de voir enfin traduite en France !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Sceneario10 août 2015
En tout cas, une nouvelle fois, l'écriture de Stephenson est très habile, jouant très intelligemment sur les arguments rabâchés en boucle depuis des décennies par les divers scénaristes Marvel. L'intrigue peine peut-être à vraiment se lancer, c'est vrai, malgré tout l'étude de caractère est passionnante aussi !
Lire la critique sur le site : Sceneario
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