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paraty62
  09 avril 2016
Tout d'abord la couverture m'a intriguée et ensuite le résumé, j'avoue avoir pensé à une sorte de Gomorrah bis.

Mais ce roman est différent en effet le héros est un "anti-héros" de toute sa vie il n'a jamais voulu combattre la 'Ndrangheta et est toujours rester sous le radar à traiter des petites affaires sans importances. Seulement voir l'un de ses meilleurs amis tué dans son immeuble et son fils s'éloigner lui donne envie d'agir pour une fois et il trouve le courage de mener une vrai enquête.

Il se rend compte assez rapidement qu'autour de lui peu de personnes ont envie de l'aider et de poser des questions, tout le monde est plus ou moins mêlé à cette mafia dans la région (pour ne pas dire le pays).

J'ai aimé le style de l'auteur qui a réussi à ajouter de l'humour dans son récit, et à nous rendre tous les personnages humains... Même si parfois j'ai été un peu perdue et que je n'ai pas aimé le personnage principal.

Voilà, dans l'ensemble je n'ai rien a reprocher à ce livre, le style, l'enquête .... sont de qualité. Oui mais voilà je n'ai pas accroché, ça arrive parfois. J'essaierai peut-être de le relire plus tard, qui sait ? je pourrai changé d'avis.
Lien : http://lemondedeparaty62.ekl..
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encoredunoir
  19 mars 2016
Giorgio Maremmi est un procureur qui n'a pas froid aux yeux et qui refuse de se laisser impressionner par la ‘Ndrangheta. Lorsqu'il est abattu dans le hall de son immeuble après avoir été menacé au tribunal par un ‘Ndranghetiste, c'est tout naturellement vers l'onorata società que se tournent les soupçons. Alberto Lenzi, juge noceur de ce petit parquet de Calabre et ami de Maremmi décide de venger son camarade de soirées et de poker en mettant le ou les coupables sous les verrous. Mais don Mico Rota, chef de bâton local incarcéré que Lenzi interroge dans sa prison, sans vouloir clamer son innocence, semble vouloir signifier au juge que le coupable est peut-être à chercher ailleurs. Et, de fait, les indices qui accusent la ‘Ndrangheta sont peut-être trop ostensibles, trop bien semés. Et Lenzi, petit juge sans envergure et plus connus pour ses conquêtes féminines que pour ses affaires résolues, commence à ouvrir des placards, à soulever quelques voiles qui révèlent des choses dont beaucoup de monde aimerait qu'elles demeurent dissimulées.
Premier roman d'une série annoncée, La revanche du petit juge est une incontestable réussite. Moins pour la trame de son enquête, relativement classique et utilisant des leviers assez habituels du polar, que pour sa description de la société d'une petite ville de province sous la coupe de la ‘Ndrangheta. le polar, ici, s'efface en grande partie derrière l'étude de moeurs et le portrait d'une région où la justice est plus rendue par le biais de coutumes anciennes détournée par la criminalité organisée que par un parquet isolé et impuissant à tirer quoi que ce soit de la population locale. Ce qui permet d'ailleurs à Lenzi d'avancer, c'est le fait qu'il est lui-même originaire de la région, connaît les codes et sait en jouer.
Portrait acerbe et parfois désabusé d'une Calabre livrée à tous les trafics et dans laquelle le population courbe l'échine sous le joug de la ‘Ndrangheta, La revanche du petit juge est cependant – et peut-être paradoxalement – aussi un roman d'une grande ironie. Ironie qui explose lors des réunions du cercle des officiers, club où les notables de la ville commentent les événements et en tirent leurs conclusions en semant les ragots et en analysant les relations tendues entre les différents membres de la communauté. Car tout le monde a toujours quelque chose à reprocher à quelqu'un ou à se reprocher. Ainsi en va-t-il de ce pauvre don Peppino qui trouve un cadavre broyé sous la meule de son moulin à huile et cherche à savoir s'il s'agit d'un signe qui lui est envoyé et, si tel est le cas, par qui :
« Qui pouvait le haïr à ce point ? Il n'avait pas d'ennemis. Vu qu'il ne pouvait certainement pas considérer Curma comme son ennemi au seul motif que, l'année précédente, il lui avait repris un fonds de propriété en échange de l'annulation de ses dettes ; ni Titaro juste pour lui avoir barré le seul passage carrossable vers ses champs au moyen d'une chaîne plus grosse que celle qui tient l'ancre des navires ; ni Alfonso qu'il avait dénoncé quelques mois plus tôt aux autorités pour construction abusive ; ni Concetto, qui le soupçonnait d'une lettre anonyme et avait même osé la lui reprocher en face – d'accord, c'était bien lui qui l'avait envoyée, mais l'autre ne pouvait pas le savoir et, puisqu'il ne pouvait pas le savoir, il n'avait pas à se permettre de l'accuser […]
Maintenant certain de son innocence, il ne s'en faisait pourtant pas une raison. »
Noir, cruel et léger à la fois, La revanche du petit juge est un roman que l'on lit avec délectation et qui se veut aussi instructif que divertissant. Une invitation à vite lire le prochain livre de la série.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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vincent34380
  20 septembre 2016
Giorgio Maremmi, juge d'une petite ville de la province Calabraise est menacé de mort par le prévenu, en pleine audience. Ultime bravade d'un criminel, pense le juge, qui ne prend pas la menace très au sérieux. La suite lui donnera tort. Quelques jours après, il est abattu dans le hall de son immeuble. le juge Alberto Lenzi, son collègue et meilleur ami, est choqué par cette mort brutale et injuste.
« Même s'ils étaient radicalement différents. Alberto pétillait, faisait la ribouldingue, les quatre cents coups, toujours en quête de sensations fortes, de nouveautés, de moments qui mettent de l'effervescence dans la vie de tous les jours. Presque tous les matins il arrivait au tribunal les yeux gonflés pire qu'un crapaud des marécages, sa tête manquant de s'écrouler brusquement de sommeil. Et des bâillements à n'en plus finir. »
Alberto est divorcé de Marta, qui a la garde de leur fils Enrico. Sa relation avec son fils est lointaine, voire inexistante. de plus Marta ne manque pas une occasion de dénigrer Alberto devant le petit garçon, ce qui rend encore plus difficile le contact entre les deux, lors des rares moments qu'ils passent ensemble.
« Enrico leva le nez de sa glace. « Toi, t'es un juge, hein ? demanda-t-il à son père.
– Ben oui, répondit Alberto.
– Mais t'es un juge comme ci comme ça…
– Qu'est-ce que ça veut dire, que je suis un juge comme ci comme ça ?
– C'est maman qui dit que t'es un juge comme ci comme ça. » Et il fit pivoter la paume de sa main ouverte, imitant certainement un geste de sa mère. »
En un sens, il y avait un fond de vérité dans ce que disait le garçon. Alberto Lenzi était davantage connu comme un macho, jouisseur, plus intéressé par la fréquentation du sexe opposé que celle des dossiers criminels. Mais la révélation de la piètre opinion que son fils a de lui, ajoutée au réel chagrin d'avoir perdu un ami très cher, va transformer son indolence en une sainte colère. Il va tout mettre en oeuvre pour trouver le coupable, et se découvrir de réelles qualités d'enquêteur. de plus, étant originaire de la région, il y est comme un poisson dans l'eau, et décrypte aisément les codes en vigueur dans cette petite ville.

Don Mico Rota, « chef de bâton » (entendez par là parrain) de la branche locale de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, est emprisonné depuis 14 ans. Agé et malade (selon ses dires), il demande à bénéficier d'un allègement de sa détention, pour finir ses jours chez lui. Son avocat lui obtient une entrevue avec le juge Lenzi. Bien qu'emprisonné, le vieux chef mafieux garde toujours la main mise sur sa région, et il tient à faire savoir que son organisation n'est en rien impliquée dans cet assassinat. Après une entrevue toute en faux-semblants (genre je vous dis, mais je n'ai rien dit), il va aiguiller Lenzi sur la voie de la vérité, distillant avec parcimonie des paraboles énigmatiques.

Au sein d'institutions gangrenées par la corruption, le juge Lenzi va petit à petit,
dévider l'écheveau, découvrant des mobiles qui vont bien plus loin que les menaces adressées à l'encontre de Giorgio, son collègue assassiné, et mettre à son tour sa vie en danger.
Avec une écriture vivante et imagée, parsemée d'expressions empruntées au dialecte local, Mimmo Gangemi nous décrit le spectacle d'une société calabraise gangrenée, mise en coupe réglée par la ‘Ndrangheta, et dans laquelle à tous les niveaux, par habitude ou par lâcheté, on s'accommode de cet état de faits.
Cette démission collective est bien illustrée par les réunions au cercle culturel Vincenzo Spatò, où les notables du village passent leur temps à ragoter sur les uns et les autres, pour combler la vacuité de leurs existences.
« …mieux aussi que le soir où était tombée la nouvelle comme quoi la fille du docteur Scuto, encore demoiselle – mais seulement des oreilles, selon le qu'en dira-t-on – avait dans le four une miche mitonnée par le fils d'un cordonnier qui était plus souvent à la cave que dans son échoppe, nouvelle ensuite démentie par les actes officiels, le fruit du péché n'ayant jamais paru, mais dont tout le monde savait qu'elle était vraie, le four ayant été nettoyé nuitamment. »

C'est aussi l'occasion pour l'auteur de nous gratifier d'une galerie de personnages secondaires hauts en couleurs, au premier rang desquels Don Mico Rota, un mafieux « à l'ancienne », du temps où les bandits avaient encore un certain code d'honneur.
« Don Mico n'avait pas eu le coeur à ça. Les autres, les nouveaux, qu'ils fassent ce qu'ils voulaient, lui, sur les femmes, les vieux et les enfants, il ne levait pas le petit doigt, quand bien même on lui prouverait par a plus b que ces enfants, une fois adultes, n'auraient pas ce genre de scrupules envers lui.
Maintenant, c'est d'ici qu'il était obligé de diriger ses troupes. Ce n'était pas la même chose. D'ailleurs, il était souvent obligé d'intervenir pour réparer les conneries que faisaient ses enfants et petits-enfants, trop désinvoltes et trop violents. Il avait mis un vrai gâchis, Roijo, en se repentant. »
A côté de certaines descriptions particulièrement « gore », telle la découverte d'un cadavre écrasé sous la meule du moulin à huile de Don Peppino Salemi, on trouve certains passages plus drolatiques, comme la croustillante relation des amours caprines de Rocco Scorda, dont je vous ferai grâce ici.

« Don Mico en prison, ça n'avait été utile à personne, pas même à la Loi. À lui en tout cas, qui ne savait même plus à quoi ressemblait une femme, sûr que non. Et ça, c'était la poisse. Insupportable. Il en avait vu passer sous son nombril à n'en plus finir. Avant. Ça, c'était la belle vie. S'il obtenait la détention à domicile, ses petits-enfants penseraient à lui faire un gentil petit cadeau, histoire de vérifier au passage si le vieux maîtrisait encore sa canne – avec sa vieille, même pas la peine d'y songer, elle était trop dure à cuire et son chapelet s'était incrusté dans sa main. »

En conclusion, un roman policier très agréable, conté dans une langue vivante, imagée et peuplé de personnages attachants. Même le juge Lenzi, s'il ne nous est pas très sympathique au début, prend de l'épaisseur et se révèle plus humain au fur et à mesure de l'avancée du roman.
C'est également une peinture sociale de l'Italie du sud, particulièrement pauvre, soumise à l'influence de la ‘Ndrangheta, qui profite largement de la déréliction de l'État, et de la corruption et des compromissions érigées en système à tous les niveaux de la société italienne.
Un très bon moment de lecture, en compagnie du juge Lenzi, que je compte bien retrouver dans d'autres enquêtes.

Lien : https://thebigblowdown.wordp..
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BobPolar
  18 juin 2015
Avec « La revanche du petit juge » la mafia est de nouveau sous les feux de la rampe. Mais ce qu'elle n'aime pas la mafia c'est de ne pas maîtriser les affaires. C'est sur ce thème que le récit va prendre une tournure inattendue avec la participation finaude du patron local. Je recommande vivement les scènes se déroulant dans le « cercle culturel Vincenzo Spatò » où les notables refont l'actualité et s'emploient à étaler leur morgue. Sinon Giorgio Maremmi était sur une affaire louche, il avait demandé sa mutation. C'est le point de départ.

La suite : http://bobpolarexpress.over-blog.com/2015/06/de-l-huile-des-huiles-et-des-dechets.html
Lien : http://bobpolarexpress.over-..
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Sharon
  27 mars 2016
Le quatrième de couverture compare ce roman aux ouvrages d'Andrea Camilleri. Je suis bien d'accord, non seulement pour le style, mais aussi pour l'humanisme des personnages.
Prenez Alberto Lenzi, le petit juge qui donne son nom au roman. Il est « petit » au tout début du roman. Il mène une vie des plus agréables avec sa dernière conquête en date. Pas question de s'attacher, ou de vivre ensemble, oh non ! Simplement, ils se rencontrent, régulièrement, pour le plaisir, et rien d'autres. Il est divorcé, ne voit pas son fils très souvent, et n'en souffre pas. Il voit ses amis, joue aux cartes avec eux. Les affaires ? Pas la peine de trop se fatiguer. Il est juge mais…ne fait pas de zèle ni de vague. Il n'est pas mauvais, ni corrompu, non, il ne s'investit pas dans son métier.
Seulement, un jour, un événement bouleverse tout : l'assassinat de son meilleur ami. Son tort ? Faire son métier de juge, et c'est tout. Alberto n'est même pas chargé de l'affaire, pas véritablement. Il va cependant tout mettre en oeuvre pour trouver qui a tué son ami, et qui en a donné l'ordre. Une affaire pour révéler qui il est vraiment, pas aux autres, non, à lui-même, et à son fils aussi. Cette enquête, qui ressort tout ce qui peut y avoir de pourri dans le monde contemporain, est aussi pour Alberto l'occasion de faire un examen de conscience. Il n'est ni l'homme idéal, ni un père acceptable, ni même un juge potable. Il n'est guère qu'en amitié qu'il n'a pas failli, et ce n'est pas maintenant qu'il va commencer.
Il faut dire aussi que Giorgio Maremmi n'est que le premier sur une liste de victimes qui s'allonge peu à peu. Nous pourrions même nous croire dans des temps pas si anciens, où les repentances succédaient aux règlements de compte. Les codes du milieu sont respectés, ils le sont tellement que même les vieux de la vieille sentent que cela fait beaucoup, cela fait trop. On pourrait tromper des membres de base de l'organisation, des petits juges. On peut difficilement tromper un vieux renard rusé, et un juge bien décidé à ce que la lumière soit faite, que la justice soit rendue.
Le rythme de ce roman est particulièrement prenant, donnant la parole à beaucoup de personnages sans que jamais l'on ne se perde dans l'intrigue. Tel un choeur antique et goguenard, les sociétaires du cercle culturel Vincenzo Spato et leurs interventions ponctuent l'action quasiment jusqu'à sa conclusion. Et si le « petit juge » a une vie privée, elle ne parasite jamais le récit.Le juge est un homme comme les autres. Et c'est ce qui le fait devenir un juge bien plus pugnace que les autres – jusqu'au final.
Mimmo Gangemi : un nouveau nom à retenir dans la littérature policière italienne.
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MarieC
  01 mars 2016
Au procès d'un petit exécuteur de basses oeuvres de la mafia calabraise, l'accusé, furieux, menace le juge de mort... Cela prête à sourire, le personnage est insignifiant. Mais quelques jours plus tard, le juge est assassiné. Vengeance du frère de l'accusé, de la Ndrangheta ? le juge Giorgio Maremmi, connu surtout jusqu'ici pour son indolence et son inefficacité se fait nommer sur l'affaire, pour venger son ami.

Ce livre est un véritable roman noir, comme je les aime, avec une intrigue à rebondissement ponctuée de morceaux de bravoure décrivant la Calabre : la mafia locale, ses codes, sa hiérarchie, ses ambiguités, le "club" local, où les notables s'entredéchirent sous couvert de respect, les paysans enrichis, durs à la peine... Tout un monde misogyne, cabochard, souvent lâche, mais décrit avec beaucoup d'affection. Et un personnage principal fort attachant, à la fois maladroit avec les femmes, souvent de mauvaise foi, pas toujours très subtil, mais honnête et sympathique. Bel exploit de l'auteur de réussir à donner vie à toute cette société !

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Belecture
  24 juillet 2015
Mon avis : J'avais un petit peu peur à la lecture du résumé car je ne suis pas fan des histoires de mafia, j'ai toujours peur qu'elles se transforment en mauvais roman noir, alignant règlements de comptes, initiation d'un petit jeune ou poursuite en voitures. Oui je sais, j'énonce plusieurs stéréotypes...Quoi qu'il en soit, mes craintes ont été très vite apaisées et j'ai trouvé ce roman policier au contraire très fin.

Un petit juge indolent, Alberto Lenzi se voit confier une affaire qui paraît sans importance, presque résolue. En Calabre, de nos jours, Giorgio Maremmi, substitut du procureur, est retrouvé mort, assassiné. Peu de temps avant il a fait condamner un prévenu lié à la mafia italienne, le condamné le menace à la fin du procès. le procureur en charge de l'affaire de la mort d'un de ses collègues, persuadé que l'on tient le coupable confie donc l'affaire au “petit juge”, soi-disant bien nommé pour son incompétence. Tout est déjà résolu, inutile selon lui, de faire appel à quelqu'un de plus coriace.

Mais dans ce pays calabrais, soumis à la mafia locale, la “ndrangheta”, rien n'est simple. Alberto Lenzi va se révéler être un juge, pour une fois, courageux et tenace. Il va faire de Mico Rota, le patron de la “ndrangheta” son indicateur à la fois précieux et retord. Celui-ci va l'aider, de sa cellule en prison, à résoudre cette affaire complexe où les meurtres s'accumulent. Pas question de lui mâcher le travail, Rota ne lui donne que des énigmes à décortiquer pour avancer. Rota ne fait nullement preuve de compassion, il distille des informations dans l'unique but de blanchir son organisation frauduleuse.

En dehors de l'intrigue, habilement conduite par l'auteur, on découvre une Calabre pittoresque, pleine de charmes. Et on découvre aussi un pays où la mafia règne en maître, où la corruption est reine, où on joue avec les déchets polluants, où les règlements de compte s'enchaînent, où la Justice est souvent bafouée, où les mafieux copinent avec les politiciens véreux. Les enquêtes du petit juge vont se poursuivre pour le plus grand plaisir du lecteur malgré la bizarrerie dont il peut faire preuve, à contrario de la sympathie qu'il dégage parfois.

Mimmo Gangemi réussit dans ce polar à faire ressortir le meilleur d'un homme connu pour sa flemmardise, son désintérêt pour son travail. Il utilise les codes chers à des Sherlock Holmes ou des Hercule Poirot pour rendre l'enquête subtile malgré la violence qui sert de toile de fond.
Lien : http://www.lecturesenb.fr/20..
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clapas
  24 octobre 2016
Excellent
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lacazavent
  24 mai 2016

Premier volume dans lequel on fait la connaissance avec Alberto Lenzi, juge en Calabre amateur de bonne chère et de belles femmes. Il est bien loin d' être un bourreau de travail jusqu' au jour où l' un de ses meilleur ami Giorgio Maremmi, substitut du procureur, est assassiné. Commence alors pour Alberto Lenzi, une enquête où chaque révélation amène son lot d'intimidation et de mort plus ou moins violente, plus ou moins maquillé en suicide ou accident.
Une histoire et une ambiance à placer entre le commissaire Montaldo d'Andrea Camilleri, version calabraise et le Romanzo Criminale de Giancarlo de Cataldo.
Une bonne lecture détente sans prétention ni prise de tête, d'ailleurs j' ai hâte de retrouver tout ce petit monde.
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Rodin_Marcel
  15 mars 2016
Mimmo Gangemi – "La revanche du petit juge" – Seuil/Points, 2014 (ISBN 978-2-7578-5880-6) traduit de l'original italien "Il giudice meschino" (cop. 2009)

Une intrigue assez classique dans un roman policier italien, mettant en scène le milieu napolitain de la "ndranghetta" et sa collusion avec les cercles économiques et politiques de la région.
Cette fois pourtant, l'assassinat d'un petit juge un peu trop curieux irrite profondément ladite 'ndranghetta, au point d'amener l'un de ses caïds à fournir très très discrètement quelques informations permettant de mettre l'enquête sur les bons rails. Les autres juges auront-ils le courage de reprendre cette piste ? C'est que d'autres intérêts, encore plus puissants que ceux des mafieux, pourraient bien en prendre ombrage...

Un récit bien mené, sans grands sermons politico-moralisateurs, une intrigue astucieuse, qui n'est pas parasitée par la vie privée de l'enquêteur (comme c'est devenu hélas si fréquent), des personnages bien vivants et crédibles.
La ville de Naples ici décrite de nos jours ne semble pas avoir tellement changé sur le fond par rapport au tableau qu'en dresse Elena Ferrante dans ses remarquables romans "L'amie prodigieuse" tome 1 et 2, au point qu'il est permis au lecteur de se demander une fois de plus si l'Italie, ce pays à l'origine de tant de beauté et d'originalité dans les arts, sortira un jour de cette corruption généralisée qui le gangrène, mais c'est une autre question...

Un bon moment de lecture.

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